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dimanche 19 juin 2022

L'Autoroute de l'Enfer

 
Titre : L'Autoroute de l'Enfer (Highway to Hell)
Réalisateur : Ate de Jong
Acteurs : Patrick Bergin, Chad Lowe, Kristy Swanson
Date de sortie en France : 
Genre : horreur, action
 
Synopsis : 
Décidés à se marier malgré l'opposition de leurs familles, Charlie et Rachel se rendent à Las Vegas. Mais la rencontre avec le sergent Bedlam, sorte de flic zombie, bouleverse leurs plans lorsque celui-ci enlève la jeune fille et disparaît. Charlie découvre que pour retrouver sa fiancée, il doit se rendre en enfer.
 
Avis : 
Tout le monde connaît le mythe d’Orphée, descendu aux Enfers pour sauver sa bien aimée Eurydice. Mais saviez-vous qu’il y était allé en voiture, afin de retrouver l’élue de son coeur à grands renforts de courses-poursuites et de fusillages ? C’est pourtant ce que nous raconte L’Autoroute de l’Enfer, relecture rock’n roll du mythe façon années 90. 
 

On suit donc les aventures d’un jeune homme, dont la fiancée a été enlevée par un flic démoniaque. Un flic charismatique, au look mémorable, dont le visage est couvert d’inscriptions, gravées à même la peau (façon Livres de Sang de Clive Barker), aborant de remarquables lunettes de soleil, utilisant des menottes vivantes et un pistolet bien particulier. Un formidable personnage, qui aurait sans doute pu devenir un boogeyman récurrent si le film n’avait pas été un flop commercial.

Un personnage qui fait en fait office de « boss » récurrent, dans un film qui semble finalement construit comme un jeu vidéo : le scénario mince et linéaire n’est en fait qu’un prétexte pour des séquences d’action ou des rencontres avec des personnages improbables (on croise notamment Hitler, Cléopatre ou Attila – interprété par le jeune Ben Stiller !). Résultat : on s’amuse assez avec le film, généreux malgré un manque flagrant de moyens.

Le clou du spectacle est évidemment dans la course-poursuite finale, terriblement fun. Et c’est d’ailleurs l’adjectif, très 90s, qui me semble le plus adéquat pour cette Autoroute de l’Enfer : un divertissement sans prétention, que l’on regarde avec un sourire entendu, sans spécialement prêter attention aux nombreux défauts.
 
 


samedi 12 février 2022

Terreur sur la ville

 

Titre : Terreur sur la ville (The town that dreaded sundown)
Réalisateur : Charles B. Pierce
Acteurs : Ben Johnson, Andrew Prine, Dawn Wells
Date de sortie en France : 
Genre : horreur, thriller

Synopsis : 
Texakarna, Texas, à la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Les derniers soldats sont rentrés, les années de rationnement et de pénurie s'éloigne. La ville s'apprête à retrouver calme et prospérité. Mais un mystérieux tueur va s'en prendre aux habitants de la ville. 

Avis : 
Début 1946, la ville de Texarkana fut le théâtre de plusieurs attaques, faisant huit victimes. Ces attaques ont été attribuées au même homme, surnommé le Phantom killer, qui n'a jamais pu être identifié. L'affaire entraîna une importante paranoïa dans la ville et ses alentours, les habitants dévalisant les boutiques d'armes et se barricadant chez eux à la nuit tombée pendant plusieurs mois. C'est de cette histoire que s'inspire Terreur sur la ville de Charles B. Pierce.


Le film adopte le format, assez inédit pour l'époque, du faux documentaire. En effet, une voix-off nous décrit le contexte, les futures victimes, souligne les images, un peu comme l'avait fait, dans un registre néanmoins différent, Deranged en 1974. Une approche qui donne beaucoup de crédibilité au film qui, à l'exception de certains éléments (le final, le célèbre meurtre au trombone) va se montrer très fidèle aux événements. Une vraie réussite à ce niveau, pour un film qui reste encore aujourd'hui assez marquant. 

Car au-delà de l'étiquette "histoire vraie" ou l'accroche "l'assassin se promène toujours dans les rues de la ville aujourd'hui", qui valut quelques problèmes à Pierce, Terreur sur la ville impressionne par des attaques assez brutales et un tueur particulièrement charismatique, alors qu'il porte un simple sac en toile sur la tête (Vendredi 13-2 montrera bien la difficulté d'être crédible avec ce type de costume). En revanche, difficile de comprendre ces (nombreux) passages humoristiques avec l'agent A.C.  "Sparkplug" Benson, qui envoie chier les gens au téléphone, fait preuve d'un zèle grotesque et conduit n'importe comment. 

The Town that dreaded sundown (j'adore ce titre) est un petit classique des années 70, toujours efficace presque 50 ans après. Avec son mélange entre documentaire et fiction, son tueur brutal aux méthodes rappelant celles du Zodiac, la présence de Ben Johnson (Rio Grande, La Horde sauvage, La Dernière séance), Terreur sur la ville est un film à (re)découvrir, et qui donne envie de se pencher sur les autres oeuvres de son réalisateur : j'avoue être particulièrement curieux de voir The Legend of Boggy Creek



lundi 6 juillet 2020

Le Monstre du train




Titre : Le Monstre du train (Terror train)
Réalisateur : Roger Spottiswoode
Acteurs : Jamie Lee Curtis, Ben Johnson, Hart Bochner
Date de sortie en France : 17 juin 1981
Genre : slasher

Synopsis :
Une fraternité d'étudiants universitaires décident de se faire une soirée costumée pendant un voyage en train. Mais un tueur s'est infiltré dans le train, les tuant un par un et récupérant les costumes de ses victimes...

Avis :
Dans le marathon de films d’horreur de Jamie Lee Curtis au début des années 80, il y a clairement du bon (Fog, pour mon préféré) et du moins bon (Le Bal de l’horreur). Parmi le bon, on a ce Monstre du train, slasher comme souvent très classique, mais bourré de bonnes idées.

Côté classique, c’est comme toujours ce groupe d’étudiants, le cadre d’une fête, une histoire de vengeance… On est en terrain archi-connu, d’autant qu’on connaît dès le départ l’identité du tueur. Les bonnes idées, c’est le décor du train, plutôt bien exploité, et ce tueur qui profite de la soirée costumée pour changer de masque à chaque victime et, ainsi, pouvoir s’approcher de ses proies sans difficulté. Une idée d’autant plus séduisante que chacun des masques est très réussi et a une véritable personnalité.


Autre motif de satisfaction, assez inattendu : la révélation finale. Alors même que l’on sait, tout comme les personnages d’ailleurs, qui est l’assassin, le film parvient à nous surprendre totalement, s’assurant même un second visionnage. Ces bons points font presque oublier les défauts du film, dont le principal reste, à mes yeux, un problème de rythme : on passe, comme souvent, trop de temps à suivre les déambulations des étudiants, ou les tours de magie de David Copperfield en pleine promo, ou les hésitations d’un chef de train (Ben Johnson, vu dans des classiques comme Rio Grande ou La Horde sauvage) aux réactions peu crédibles.


Le Monstre du train fait ainsi partie du haut du panier parmi les slashers classiques des années 80, grâce à quelques excellentes idées, qui contrebalancent les défauts habituels des slashers. Encore une sympathique découverte que je dois à Rimini Editions !




lundi 29 juin 2020

Happy birthday - souhaitez ne jamais être invité




Titre : Happy birthday - souhaitez ne jamais être invité (Happy birthday to me)
Réalisateur : Jack Lee Thompson
Acteurs : Melissa Sue Anderson, Glenn Ford, Lawrence Dane
Date de sortie en France : 6 janvier 1982
Genre : slasher

Synopsis :
Victime d'un grave accident de voiture ayant coûté la vie à sa mère, Virginia a retrouvé le lycée et intègre une sorte de confrérie réunissant les meilleurs élèves. Mais les membres de ce petit groupe sont assassinés les uns après les autres dans des circonstances aussi sanglantes que surprenantes.

Avis :
Le slasher est souvent une affaire de vengeance : une blague qui tourne mal (Le Monstre du train, Carnage), un proche tué (Vendredi 13, Le Bal de l’horreur)… Et puis, il y a ceux qui tuent par simple caprice, parce qu’ils ne sont pas contents, un peu comme le meurtrier de ce Happy birthday to me, dont le prétexte vient un peu gâcher un film jusque-là très réussi.


Très réussi, malgré beaucoup d’éléments très classiques : on retrouve l’éternel groupe de jeunes étudiants stéréotypés (le sportif, le blagueur, l’introverti…), adeptes de la fête, et que le tueur s’amusera à massacrer. Pas vraiment de masque ici, mais l’utilisation de la vue subjective, et quelques éléments rappelant le giallo, tels ces gants en cuir ou l’importance donnée à la psychologie de la victime… qui sera rapidement un des principaux suspects pour le spectateur, dans un film qui va s’amuser à redistribuer régulièrement les cartes, jusque dans ses dernières minutes.


Jusque-là, on aura pu apprécier des meurtres assez gentillets mais plutôt originaux. Outre le fameux coup de brochette qui illustre certaines affiches du film, on retiendra également une séance de musculation qui se termine bien mal, une mise à mort à l’aide d’une moto et surtout, surtout, une mise en scène étonnamment macabre pour un tel film, avec des maquillages très réussis.


Jolie découverte pour moi que ce Happy birthday to me, auquel je n’aurais sans doute jamais jeté un œil sans le travail de Rimini Editions. S’il suit largement les ingrédients classiques du slasher, il s’en écarte parfois avec bonheur, avec un tueur plus classique que l’éternel individu masqué et une psychologie un peu plus poussée.


Note : 7/10