Acteurs : Dee Wallace, Danny Pintauro, Daniel Hugh-Kelly
Date de sortie en France : 8 août 1983
Genre : horreur
Synopsis :
Cujo, un gentil saint-bernard appartenant au mécanicien local, est mordu par une chauve-souris enragée. Lorsque Donna et son petit garçon Tad se rendent chez ce dernier pour faire réparer leur Ford Pinto, ils ignorent qu'il vient de se faire attaquer et dévorer par Cujo. Seuls et prisonniers dans leur voiture en panne, ils vont devenir les proies d'un chie bien décidé à ne pas perdre la face.
Avis :
On n’insistera jamais assez sur la nécessité d’être dans de
bonnes conditions pour regarder un film. Lorsque j’ai découvert
Cujo, j’étais encore assez jeune, et j’ai vu le film sur
une VHS éclatée (le son était décalé, l'image merdique…), et en VF. Clairement
pas l’idéal pour apprécier l’adaptation du roman très sombre
et très dur de Stephen King, et ça n’a pas manqué : j’avais
détesté, et lui avais préféré Max, le meilleur ami de l'homme. Heureusement, le film est récemment ressorti en Blu Ray
chez Carlotta, me donnant l’occasion de donner une seconde chance.
Ou plutôt, une première.
Cujo
est l’une des rares excellentes adaptations de Stephen King, une de
celles qui retranscrit le mieux la tension, la violence de l’écrit
vers l’écran, et à sublimer une histoire finalement assez
classique : celle d’un chien enragé qui assiège une famille
piégée dans une voiture. Et si cela fonctionne aussi bien, c’est
pour plusieurs raisons : tout d’abord, le dressage des
saint-bernard, et une science du montage qui donne des attaques
particulièrement violentes et impressionnantes, et font du chien un
monstre puissant et déterminé.
Mais
ensuite, et surtout, c’est le duo de personnages et d’acteurs qui
impressionne. Dee Wallace (Hurlements,
E.T.) et le jeune
Danny Pintauro (Madame est servie)
sont impeccables et dégagent une vraie – et rare –
complémentarité dans le rôle de deux personnages crédibles. Dans
un genre où la crédibilité des acteurs est souvent le point
faible, on est ici dans l’excellence. On y croit, et on tremble
pour eux, d’autant qu’en plus de la menace du chien, la chaleur
et la déshydratation menacent le duo.
Cujo
est donc tout simplement un très bon film, intense et effrayant, et
l’une des œuvres mettant en scène des animaux tueurs les plus
réussies, et l’une des meilleures adaptations de Stephen King. A
redécouvrir !
Titre : Ça (It) Réalisateur : Andy Muschietti Acteurs : Bill Skarsgard, Jaeden Lieberher, Finn Wolfhard Date de sortie en France : 20 septembre 2017 Genre : épouvante, horreur Synopsis : À Derry, dans le Maine, sept gamins ayant du mal à s'intégrer se sont
regroupés au sein du "Club des Ratés". Rejetés par leurs camarades, ils
sont les cibles favorites des gros durs de l'école. Ils ont aussi en
commun d'avoir éprouvé leur plus grande terreur face à un terrible
prédateur métamorphe qu'ils appellent "Ça"… Car depuis toujours,
Derry est en proie à une créature qui émerge des égouts tous les 27 ans
pour se nourrir des terreurs de ses victimes de choix : les enfants.
Bien décidés à rester soudés, les Ratés tentent de surmonter leurs peurs
pour enrayer un nouveau cycle meurtrier. Un cycle qui a commencé un
jour de pluie lorsqu'un petit garçon poursuivant son bateau en papier
s'est retrouvé face-à-face avec le Clown Grippe-Sou… Avis : C'est un film qui avait tout du projet casse-gueule : une nouvelle adaptation du formidable roman de Stephen King, 27 ans après le téléfilm très moyen de Tommy Lee Wallace, par le réalisateur du non moins moyen Mamà, avec un nouveau Pennywise qui semble bien moins réussi que celui interprété par Tim Curry, et qui aura engendré une génération de coulrophobes. Une impression de désastre annoncé renforcée par la seconde bande-annonce, qui laissait deviner un film d'épouvante tel qu'on en voit des dizaines ces dernières années, plus enclin à enchaîner les jump-scares sans saveur qu'à faire naître la peur.
C'est peut-être parce que je n'attendais finalement pas grand chose du film que j'ai été agréablement surpris, alors que beaucoup semblent avoir été déçus. Evidemment, Ça ne sera pas le film de l'année, Ça ne fait pas peur, Ça s'inscrit dans la lignée des films d'épouvante de ces dernières années, Ça multiplie les artifices sonores pour tenter de donner le change. Mais j'ai passé un assez bon moment devant un film finalement assez généreux en scènes horrifiques, par ailleurs assez variées. Aucun ennui, notamment grâce à l'intelligence de l'adaptation qui a su se démarquer du livre, que je connais presque par coeur, pour des coupures ou des modifications généralement pertinentes.
Mais surtout, la vraie réussite du film vient du Club des Ratés. Véritable coeur de l'oeuvre de King, le groupe prend vie sous nos yeux et devient très vite attachant, avec ses stéréotypes, mais aussi avec ses détails plus subtils, comme le fait que Stan reste toujours en retrait ou les complexes de Ben : on retrouve presque les groupes que formaient les Goonies ou les héros de Stand by me. Mention spéciale au gamin interprétant Henry Bowers, Nicholas Hamilton (déjà aperçu dans La Tour sombre et Captain Fantastic), très convaincant dans le rôle du jeune psychopathe. Quant à Bill Skarsgard, s'il ne peut évidemment éclipser Tim Curry, il incarne un Pennywise très inquiétant, mais sans doute trop ouvertement menaçant (même si la première séquence le montre relativement charmeur). Il n'est hélas pas aidé par des séquences grotesques lors de ses attaques, où il se met à gigoter dans tous les sens en hurlant sans raison.
Largement supérieur au téléfilm, cette nouvelle adaptation de Ça est aussi réussie au niveau aventures que moyenne au niveau horrifique.Trop de bruit, trop de gimmicks visuels et sonores qui nous pourrissent le cinéma d'épouvante depuis bien trop longtemps, mais une bande de gosses dont on suit avec plaisir les péripéties. Si on ne pourra s'empêcher d'imaginer qu'il y a nettement mieux à faire avec le roman de Stephen King (j'aurais aimé avoir un peu peur), on appréciera quand même que le film ne soit pas aussi catastrophique que ce que l'on pouvait craindre.
Titre : La Tour Sombre (The Dark Tower) Réalisateur : Nikolaj Arcel Acteurs : Idris Elba, Matthew McConaughey, Tom Taylor Date de sortie en France : 9 août 2017 Genre : aventures, science-fiction
Synopsis :
Le dernier Pistolero,
Roland Deschain, est condamné à livrer une éternelle bataille contre
Walter O’Dim, alias l’Homme en noir, qu’il doit à tout prix empêcher de
détruire la Tour sombre, clé de voûte de la cohésion de l’univers. Le
destin de tous les mondes est en jeu, le bien et le mal vont s’affronter
dans l’ultime combat, car Roland est le seul à pouvoir défendre la Tour
contre l’Homme en noir…
Avis :
Pour ce troisième trimestre 2017, Stephen King est à l'honneur sur les écrans. En effet, outre les séries télévisées (The Mist et Mr. Mercedes), ce sont surtout les deux adaptations destinées à se succéder sur grand écran qui ont fait naître les attentes et les craintes des fans de l'auteur : CA, qui sortira en septembre, et La Tour Sombre, qui fera l'objet de cette chronique.
Plusieurs fois annoncée depuis pratiquement 10 ans, l'adaptation de la saga titanesque est passée entre les mains de J.J. Abrams (Lost, les disparus, Star Wars VII) ou de Ron Howard (Backdraft, Apollo 13,Rush), a vu les noms les plus prestigieux avancés pour incarner Roland de Gilead (Viggo Mortensen, Javier Bardem, Russell Crowe...), et a vu son format même constamment évoluer, d'une série de films classique à un mélange entre films et série. Un bon gros bordel, directement lié à la frilosité de producteurs effrayés de voir une saga réputée inadaptable ne pas trouver son public, et qui ne pouvait déboucher que sur un résultat idiot : on refile le bébé à un réalisateur peu expérimenté, on fait un bon choix bien raciste pour le rôle principal, et on va attendre de voir ce que donne le film pour savoir si on lance une série et / ou une suite. Conséquence prévisible : La Tour Sombre est une (très) mauvaise adaptation doublée d'un (très) mauvais film.
Pour ceux qui se poseraient la question, sachez d'abord que le film ne se contente pas d'adapter le premier volet de la saga littéraire (Le Pistolero), mais va au contraire piocher dans pratiquement toute la saga pour développer sa propre histoire. Ne vous attendez donc pas à voir Roland poursuivre pendant des mois l'Homme en noir dans le désert, et ne soyez pas surpris si vous ne retrouver pas l'ambiance de western post-apocalyptique du premier livre : La Tour Sombre sera une histoire assez classique de vengeance, principalement située dans le New York contemporain, où l'univers imaginé par l'auteur de Shining ne sera qu'effleuré. Pour qui a lu la saga, le résultat est assez étrange, et donne l'impression que le scénariste s'est contenté de lire quelques pages au hasard et de les incorporer sans logique dans son récit. Pour le profane, tout cela sera sans doute bien nébuleux, malgré quelques explications bien appuyées.
On ne retrouve ainsi quasiment rien de l'univers de la Tour Sombre, fait de magie, de technologies oubliées, de violence et d'apprentissage. Lorsque Roland débarque à New York, son dépaysement ne va pas plus loin que celui d'Arnold Schwarzenegger dans Last Action Hero. Lorsque Jake débarque dans l'Entre-Deux-Mondes, il semble déjà en connaître toutes les coutumes. Pire encore, l'aspect fantasy passe totalement à la trappe, au profit d'un univers beaucoup plus classique, uniquement peuplé de deux ou trois créatures monstrueuses. Dans le film de Nikolaj Arcel, tout ou presque se passe donc à New York, avec un Pistolero qui a perdu toute sa dimension mystique et un Homme en Noir de carnaval.
Si le choix d'Idris Elba (Prometheus, Pacific Rim) reste toujours un mystère pour incarner un héros sorti tout droit des western de Sergio Leone, celui de Matthew McConaughey (Mud, Killer Joe) semblait beaucoup plus cohérent tant l'apparence, le charisme et même la voix de l'acteur semblaient coller à l'image que l'on pouvait se faire de Randall Flagg. Pourtant, si le premier s'en sort à peu près dans la peau d'un héros sans grand intérêt ni relief, le Texan va entraîner le film dans le ridicule le plus total en cabotinant à outrance dans des passages suscitant une véritable gène.
Même visuellement, le film n'impressionnera personne : plus proche d'un épisode de série des années 90 (coucou, Stargate SG-1 !) que d'un blockbuster, le film se contente d'être le plus lisse et le plus aseptisé possible afin de remplir le cahier des charges de l'adaptation hollywoodienne de base, effets spéciaux au rabais et clins d'oeil ringards à l'auteur de Chistine inclus. On en vient à sérieusement se demander si le film a coûté plus cher que les légendaires 19$ qu'aurait demandés Stephen King pour céder les droits des livres. Un Stephen King qui sera d'ailleurs, apparemment, le seul à être convaincu par cette adaptation qui ne comblera ni les fans du livre, ni les novices. Un raté intégral, qui ne dure heureusement que quatre-vint-dix minutes.
Titre : The Mist Réalisateur : Frank Darabont Acteurs : Thomas Jane, Marcia Gay Harden, Laurie Holden Date de sortie en France : 27 février 2008 Genre : fantastique, horreur
Synopsis :
Tandis qu'une brume étrange semble envelopper une petite ville du Maine, David Drayton et son jeune fils Billy se retrouvent pris au piège dans un supermarché, en compagnie d'autres habitants terrorisés. David ne tarde pas à s'apercevoir que le brouillard est peuplé d'inquiétantes créatures... Leur seule chance à tous de s'en sortir consiste à s'unir. Mais est-ce possible quand on connaît la nature humaine ? Alors que certains cèdent à la panique, David se demande ce qui est le plus effrayant : les monstres qui rôdent dans la brume ou ses semblables réfugiés dans le supermarché ?
Avis :
Après La Ligne verte et Les Evadés, Frank Darabont adapte en 2007 une troisième histoire de Stephen King avec The Mist, inspiré de Brume, l'un des meilleurs récits de l'auteur. A l'image des deux adaptations précédentes, Darabont va se montrer extrêmement sage, respectant au maximum le support d'origine sans prendre aucun risque, ou presque.
Difficile dans ces conditions de réellement juger le scénario, dont les qualités sont en fait davantage dues à Stephen King qu'à Darabont. Ainsi, la progression rapide de l'horreur, le mystère entourant cette brume, l'évolution des personnages dans le magasin, s'ils sont très réussis, ne font que reprendre ce qui avait été écrit. A un (gros) détail près : le final. Et je dois être une des rares personnages à le trouver plutôt raté. Marquant sur le moment, certes, mais ne parvenant pas à dissimuler un côté moralisateur assez irritant, et réduisant à néant l'aspect antireligieux développé pendant une heure auparavant, je trouve ce final bien moins nihiliste et sombre que celui imaginé par King.
En dehors de ce point, le film reste très prenant, Darabont maîtrisant parfaitement le suspense et le visuel lié à la brume, notamment lorsque celle-ci fond sur le magasin, ou enveloppe ceux qui osent s'aventurer à l'extérieur. On regrettera simplement des effets spéciaux parfois catastrophiques, qui viennent gâcher un bestiaire pourtant réussi, et une interprétation assez aléatoire, de l'excellente Marcia Gay Harden à l'inexpressif Thomas Jane, en passant par une partie du casting de la future série The Walking Dead.
Adaptation très sage du Brume de Stephen King, The Mist est forcément un bon film fantastique, devant plus au talent de l'auteur qu'à celui du réalisateur. Dommage cependant que l'unique écart par rapport à l'oeuvre d'origine soit à côté de la plaque, et que les effets spéciaux viennent handicaper le visuel intéressant du film, car sans ces défauts, on tenait sans doute un excellent film de genre !