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mardi 21 février 2023

Shin Ultraman

 
Titre : Shin Ultraman
Réalisateur : Shinji Higuchi 
Acteurs : Takumi Saitoh, Masami Nagasawa, Hidetoshi Nishijima
Date de sortie en France : -
Genre : super sentai, science-fiction
 
Synopsis : 
Des kaiju toujours plus motivés attaquent le Japon, mais heureusement, la vigie Ultraman veille au grain. 
 
Avis : 
Découvrir Ultraman en 2022 avec Shin Ultraman, c'est le sentiment assez vertigineux de se trouver au pied d'un monument de la culture pop japonaise, un mastodonte né dans les années 60 et composé d'une multitude de séries et de films, dont l'immense majorité n'a jamais vraiment franchi nos frontières. En France, ce genre bien particulier est surtout connu par la série Bioman ou par la série... américaine Power Rangers, et est, à l'instar du kaiju eiga, souvent cibles de quolibets de la part d'un public préférant souvent le confort bien connu et reposant d'un énième slasher sans intérêt ou d'un film de zombie éclaté au sol, comme disent les jeunes. 
 
 
Je dois bien avouer que, moi-même, pourtant fan de Godzilla et compagnie, j'étais assez frileux à l'idée de découvrir le genre, ne sachant d'ailleurs pas par quel bout commencer, ayant tenté de visionner d'anciens épisodes de Kamen Raider ou de Ultra Q. C'est finalement grâce au PIFFF que j'ai pu découvrir enfin Ultraman, d'autant plus alléché par la promesse d'une relecture moderne du mythe, à l'image de ce que Shinji Higuchi et Hideaki Anno avaient proposé avec Shin Godzilla. Le moins que l'on puisse dire, c'est que je suis ressorti assez circonspect de la séance, sans doute pas préparé à digérer un spectacle aussi généreux qu'hermétique. 
 
Car ce que l'on sent dès les premières minutes, c'est la volonté de Higuchi et Anno de se faire plaisir, mais aussi de faire plaisir au spectateur. Des scènes de destruction, des affrontements titanesques, des poses improbables, et un respect que l'on sent total envers l'univers d'Ultraman : j'ai clairement eu des étoiles plein les yeux pendant la première demi-heure. Le film va ensuite rapidement se calmer, et développer ses thématiques de façon un peu pachydermique. 
 
Ce n'était déjà pas l'aspect le plus original de Shin Godzilla, mais ce dernier fait office de modèle par rapport à Shin Ultraman sur la critique des institutions japonaises et de leur incapacité à affronter une crise imprévue. La lenteur des prises de décisions, les dirigeants noyés au milieu d'un nombre impressionnants de conseillers inutiles, les accords grotesques passés dans l'urgence, la volonté d'agir plutôt que de réfléchir : si le sentiment de lourdeur administrative imprègne parfaitement le film, c'est surtout le sentiment de déjà-vu qui prédomine. 
 
On ne se réveille finalement que grâce aux petites touches d'humour, très efficace, ou grâce (ou plutôt "à cause de") à la réalisation très particulière de Higuchi. Ce dernier opte en effet pour un découpage extrême de toutes les séquences de dialogues, adoptant des points de vue totalement fous. Le résultat, s'il dénote une véritable virtuosité technique, s'avère vraiment déroutant, sans doute en écho à la manière dont le public peut consommer l'information de nos jours. J'avoue avoir été totalement pris au dépourvu par ces séquences... et pourtant continue à y penser régulièrement ! 
 
Si Shin Godzilla constituait sans doute une porte d'entrée efficace pour découvrir le kaiju eiga, je ne suis pas certain que Shin Ultraman donne vraiment envie au profane de s'intéresser davantage au genre. Malgré une première partie formidable, le film de Shinji Higuchi se contente trop souvent de reprendre les thématiques de son aîné, tout en se montrant à mes yeux trop léger pour convaincre. Mais la curiosité l'emportera sans doute : je le reverrai certainement en essayant d'être mieux préparé !



samedi 21 janvier 2023

Troll


Titre : Troll
Réalisateur : Roar Uthaug
Acteurs : Ine Marie Wilmann, Kim S. Falck-Jørgensen, Mads Sjogard Pettersen
Date de sortie en France : 1er décembre 2022
Genre : fantastique

Synopsis : 
Lorsqu'une explosion dans une montagne en Norvège réveille un ancien troll, les autorités font appel à une paléontologue intrépide pour l'empêcher de semer le chaos.
 
Avis :
Petit succès de la fin 2022 sur Netflix, le dernier film de Roar Uthaug (La Vague) met en scène une créature issue du folklore scandinave, mais qui n'est pas une figure si présente dans le cinéma : en dehors d'apparitions, souvent courtes, dans des films de fantasy (Le Hobbit, par exemple), on a surtout vu les trolls dans le très sympathique Troll Hunter de André Øvredal, ou dans Border d'Ali Abbasi. 
 
 
Pour l'occasion, le réalisateur de Cold Prey va s'inspirer du Godzilla de Roland Emmerich, jusqu'à en copier certains éléments (les traces de pas comme premiers signes du monstre, le spécialiste enrôlé de force au moment où il vient de faire une découverte, l'alliance avec un militaire, la poursuite sur le pont...), mais va surtout reprendre certains éléments des films de monstres japonais, avec l'utilisation du folklore local, ou le fait que la créature n'est pas décrite comme un simple monstre, mais comme une entité capable de sentiments et symbolisant une certaine forme de tradition face au progrès. 
 
On en viendrait presque à regretter l'orientation très américaine qu'adopte rapidement le film, entre cellule de crise, affrontements à grands renforts d'explosion et personnages sympathiques mais très archétypaux. Les meilleurs passages sont à mes yeux les séquences reprenant les légendes autour des trolls, même si l'affrontement contre les hélicoptères est assez mémorable, grâce notamment à des effets spéciaux impeccables. 
 
Bref, j'ai passé un excellent moment devant ce Troll de Roar Uthaug qui, s'il ne réinvente clairement pas le genre, se montre efficace et prenant. Sur le même thème, j'ai néanmoins une préférence pour l'approche pseudo-documentaire de Troll Hunter



mardi 3 janvier 2023

Avatar : la voie de l'eau

 


Titre : Avatar : la voie de l'eau (Avatar :the way of water)
Réalisateur : James Cameron
Acteurs : Sam Worthington, Zoe Saldana, Sigourney Weaver
Date de sortie en France : 14 décembre 2022
Genre : science-fiction, aventures

Synopsis : 
Jake Sully et Ney'tiri ont formé une famille et font tout pour rester aussi soudés que possible. Ils sont cependant contraints de quitter leur foyer et d'explorer les différentes régions encore mystérieuses de Pandora. Lorsqu'une ancienne menace refait surface, Jake va devoir mener une guerre difficile contre les humains.
 
Avis : 
Suite à l'immense succès d'Avatar en 2009, James Cameron a très rapidement évoqué l'idée de continuer à explorer l'histoire de Pandora, envisageant même tout une saga se prolongeant sur quatre suites. Pourtant, il aura fallu attendre 13 ans, et une multitude de reports, pour enfin voir débarquer une première suite qu'on n'attendait plus vraiment, avant d'enchaîner, en principe en 2024, suite le troisième volet, puis en cas de succès sur les quatrième et cinquième épisodes. Un succès qui semble d'ores et déjà au rendez-vous, le film continuant à cartonner au box-office américain. En France, il a même dépassé l'autre méga-blockbuster de l'année, Top Gun : Maverick après deux semaines d'exploitation. 
 
 
Bref, Avatar et James Cameron confirment leur statut de machines à faire du fric... ce qui n'est pas nécessairement gage de qualité. L'idée même d'une suite, treize ans après, était plutôt de nature à inquiéter, surtout à une époque où les producteurs ressuscitent des sagas qui auraient dû être enterrées, ou nous balancent des suites sorties de nulle part. Mais en sortant de La Voie de l'eau, le constat est simple : James Cameron a, une nouvelle fois, réussi son pari, et nous a une nouvelle fois emmené sur Pandora, pour le meilleur comme pour le pire. 
 
Très clairement, si vous n'avez pas aimé Avatar, cette suite n'est pas faite pour vous. Car La Voie de l'eau est globalement le même film, puissance 10. Le même émerveillement, le même sentiment de visiter une planète qui existe réellement, la même euphorie dans la découverte, et le même scénario prétexte, les mêmes personnages un peu creux, les mêmes enjeux et les mêmes messages. James Cameron renoue avec l'idée même de magie du cinéma, celle qui préfère nous en mettre plein les yeux que plein le crâne... et ça fait un bien fou, comme il y a treize ans. 
 
 
Et ça tombe d'ailleurs plutôt bien : il s'est également déroulé un peu plus de 10 ans entre les événement d'Avatar et ceux de cette suite. Si les humains étaient repartis la queue entre les jambes de Pandora, ils sont bien décidés à revenir exploiter les formidables ressources de la planète... et à se venger des Na'vi, et surtout du traitre, Jake Sully. L'appât du gain, au détriment de toute logique, et dans l'irrespect le plus total de la faune, de la flore et des autochtones. On connaît la musique, on est en terrain connu, et on n'a finalement pas besoin de plus compliqué. 
 
On y ajoute une petite histoire de vengeance, avec le retour un peu tiré par les cheveux d'un personnage (enfin, de son clone), dans ce qui est sans doute l'unique erreur un peu gênante du film. Comme dans le premier volet, les antagonistes brillent par leur absence de consistance, et on ne peut même plus se raccrocher au charisme de Stephen Lang pour se rattraper aux branches. Et pourtant, ça fonctionne, notamment grâce à la grande nouveauté de cette suite : l'apparition d'un nouvel environnement et d'un nouveau peuple. 
 
 
Cameron délaisse ainsi les paysages de forêts pour nous mener au large, dans un clan Na'vi adapter à une vie aquatique : queue plus large, couleur plus claire, membres plus musclés... La famille de Jake Sully devra s'adapter à une nouvelle façon de vivre, à de nouvelles créatures, à un nouveau statut de réfugiés (hybrides, qui plus est). Et là encore, on va en prendre plein les yeux, dans des séquences à couper le souffle qui, si elles reprennent régulièrement celles du premier volet, n'en restent pas moins d'une efficacité folle, où les jeux avec les couleurs et les formes sont magnifiés par le mouvement constant des vagues, par une nature foisonnante et par l'effet miroir de l'eau. C'est une magie héritée directement de L'Etrange créature du lac noir, couplée à une euphorie proche de celle de Leonardo DiCaprio se penchant au dessus de la proue du Titanic. C'est pour cela que l'on se déplace au cinéma, tout simplement. 

On en vient à oublier les menus défauts évoqués plus haut : Avatar : la voie de l'eau est, comme son aîné, du grand spectacle simple et généreux, qui nous transporte ailleurs, nous fait rêver. Personnellement, j'ai déjà hâte de retourner sur Pandora pour le troisième volet.



samedi 26 novembre 2022

Ouija Shark 2

 
 
Titre : Ouija Shark 2
Réalisateur : John Migliore
Acteurs : John Migliore, Deborah Jayne Reilly Smith, Kylie Gough
Date de sortie en France : 17 septembre 2022 (Paris Shark Fest)
Genre : fantastique, comédie
 
Synopsis : 
Ouija Shark est de retour, et il est bien décidé à prendre sa revanche ! 
 
Avis : 
On parle parfois, notamment ces dernières années, de nanar volontaire, notamment lorsqu'on évoque les productions Asylum ou la saga Sharknado. Pourtant, si l'on considère un nanar comme un film qui nous fait rire à ses dépens, peut-on vraiment considérer comme tel un film qui nous fait volontairement rire, en installant une véritable complicité avec le spectateur, en jouant parfaitement de son caractère ridicule ? Pour moi, Ouija Shark 2 est ainsi une comédie, et sacrément bonne en plus. Alors oui, au risque de choquer un peu, je lui mets 5 étoiles. 
 
 
Ce ne sont évidemment pas les mêmes 5 étoiles que pour Les Dents de la mer ou The Thing. Beaucoup le trouveront sans doute lamentable, et tout simplement mauvais. Beaucoup s'interrogeront peut-être de l'influence de l'ambiance si particulière que l'on peut avoir dans le cadre d'un festival pour un tel film. Mais c'est la seule note possible pour un film qui m'a fait passer l'un des meilleurs moments en salle depuis très, très longtemps, et qui fait systématiquement mouche dans sa volonté de faire rire.

Ouija Shark 2 reprend là où le premier nous avait laissé : Anthony avait utilisé ses pouvoirs mystiques, et s'était sacrifié pour entraîner le Ouija Shark en Enfer. Ses proches tentent de trouver une solution afin de le faire revenir à la vie, tandis que le terrible Caldura entend bien utiliser le requin-ouija pour envahir le monde. Vous trouvez ce point de départ grotesque ? Vous n'avez encore rien vu. 

 


Car l'Enfer selon John Migliore (l'interprète de Nathan, qui réalise également cette suite) est difficile à décrire avec des mots : c'est un peu comme si les déserts de Dune étaient peuplés des pires rebuts de La Planète des singes, tout en empruntant gaiement des éléments à l'univers cinématographique Marvel ou à Star Wars. Et aussi incroyable que cela puisse paraître, cela fonctionne parfaitement, chaque détail étant susceptible de nous faire éclater de rire. Et lorsque le grand méchant Caldura, entouré de ses... caldurettes, se lance dans la démonstration de ses pouvoirs ou de ses talents musicaux, accompagné par le Ouija shark dans sa lutte contre Nathan, on pense avoir dépassé depuis longtemps les limites du bon sens et du raisonnable. Mais c'était sans compter le dernier acte du film. 

Ce n'est pas vraiment une surprise, si vous avez vu l'affiche du film, ou son sous-titre : Ouija shark va trouver un adversaire à sa démesure, dans un final s'aventurant sur les terres du kaiju eiga, tout en renvoyant aux pires productions Asylum (Mega shark vs Crocosaurus, pour ne citer que le plus évident) : Ouija Shark va affronter... Tarot-Gator. Deux créatures gigantesques, qui vont se foutre sur la tronche au beau milieu d'une ville, tandis que Nathan et Caldura vont multiplier les boules d'énergie et les boucliers mystiques en parallèle. Un joyeux bordel, magnifié par des effets spéciaux superbement mauvais (Ouija shark est... une peluche) et un sens de l'à-propos franchement réjouissant, que ce soit dans les scènes de panique, les réactions de certains personnages (le journaliste, et surtout l'homme qui savoure les mésaventures de son ex), l'apparition furtive de Lloyd Kaufman, les transitions entre les scènes ou l'interprétation de chaque acteur. 

 


Difficile d'ailleurs de ne pas évoquer la performance de Deborah Jayne Reilly Smith, parfaite dans cette capacité presque surnaturelle à rester constamment monoexpressive ou à rendre chacune de ses actions terriblement fastidieuse, à l'image de son long, très long périple dans la forêt où chaque petite branche posée au sol devient un obstacle difficile à surmonter. 

Et le pire, c'est que tous ces éléments semblent, comme je l'ai dit en introduction, totalement volontaires, mais sans le cynisme qui accompagne par exemple la saga Sharknado. On sent chez John Migliore une volonté de s'amuser, de partager son délire avec les spectateurs, mais aussi un amour certain du cinéma (jusqu'à ici, de façon totalement inattendue, Le Septième Sceau !). Si le premier Ouija shark restait finalement assez sage, sa suite explose absolument tout sur son passage. Reste à savoir l'impact d'un tel film sur un spectateur le découvrant seul chez soi, alors qu'il est parfait sur grand écran, avec un public acquis à sa cause. 

 



mardi 1 novembre 2022

Mako

 
Titre : Mako
Réalisateur : Mohamed Hesham El-Rashidy
Acteurs : Nicolas Mouawad, Murat Yildirim, Basma
Date de sortie en France : 
Genre : horreur

Synopsis :  
Une équipe de journalistes part explorer l'épave d'un bateau ayant coulé quelques années plus tôt afin de préparer un documentaire.
 
Avis : 
Le 3 février 2006, le ferry Al-Salam Boccaccio 98 a coulé au large du port égyptien de Safaga, suite à un incendie, entraînant la disparition de plus de 1000 passagers. Pour le premier shark movie égyptien, le réalisateur s’inspire de cette catastrophe, en nous emmenant visiter l’épave du bateau, au fond de la mer Rouge. Une mer réputée pour ses incidents réguliers entre plongeurs et requins. 
 

Il faut bien avouer qu’entre le relatif exotisme du film et le décor prometteur d’une immense épave, Mako intrigue. Cette impression sera confirmée par le début du film, qui prend le temps de présenter ses personnages, avec leurs personnalités, leurs blessures, leurs conflits. On se demandera juste qui sont ces pêcheurs que l’on voit régulièrement, et qui semblent passer 4 jours pour attraper un requin. Le film n’apportera aucune réponse à cette question. Ce sera d’ailleurs son principal défaut : Mako multiplie les intrigues, lance de nombreuses pistes... mais en laisse beaucoup en suspens. 

On s’interrogera ainsi sur les séquences du bateau resté en surface pendant que l’équipe de journalistes est sous l’eau, et sur le final incroyablement abrupt. On a en fait le sentiment qu’il manque des morceaux de film, que certains éléments ont été coupés, mais sans vérifier la cohérence avec le reste du film. Cela donne un film parfois frustrant, d’autant que l’on ne pourra pas vraiment se consoler sur le reste du film. A partir du moment où l’équipe plonge vers l’épave, le film plonge également vers l’ennui. 

Malgré quelques séquences très réussies, le film devient soudain bavard, avare en attaques, avec de gros soucis de cohérence, un décor finalement très peu exploité – moins que dans Les Dents de la mer 4, par exemple - et tout le travail effectué lors des premières vingt minutes sur les personnages est mis en charpie pour revenir à des réactions souvent très connes de personnages de série B. Et c’est bien dommage, car le film avait une vraie carte à jouer en lorgnant vers l’horreur psychologique, par le biais du passé trouble de l’un des personnages... mais là encore, c’est sous-exploité. 

En bref, ce « premier shark movie » venu des pays des pharaons est une vraie déception, souvent ennuyeuse et, surtout, terriblement frustrant. J'aurais vraiment aimé voir le film s'attarder davantage sur les problèmes d'égalité hommes / femmes, ou voir le bon gros méchant tout moche avoir une vraie importance. J'aurais adoré voir les requins mako mis en valeur. Ou tout simplement un vrai final...

lundi 31 octobre 2022

Halloween ends

 

Titre : Halloween ends
Réalisateur : David Gordon Green
Acteurs : Jamie Lee Curtis, Andi Matichak, Rohan Campbell
Date de sortie en France : 12 octobre 2022
Genre : horreur
 
Synopsis : 
Quatre ans après les événements d’Halloween Kills, Laurie vit désormais avec sa petite-fille Allyson et achève d’écrire ses mémoires. Michael Myers ne s’est pas manifesté ces derniers temps. Après avoir laissé l’ombre de Michael planer sur le cours de son existence pendant des décennies, elle a enfin décidé de s’affranchir de la peur et de la colère et de se tourner vers la vie. Mais lorsqu’un jeune homme, Corey Cunningham, est accusé d’avoir assassiné un garçon qu’il gardait, Laurie devra affronter une dernière fois les forces maléfiques qui lui échappent, dans un déferlement de violence et de terreur… 
 
Avis : 
Le voici enfin, le dernier épisode de cette étrange trilogie censée faire suite aux événements du film de John Carpenter. Dans le précédent volet, Michael Myers s'était transformé en Jason Voorhees et massacrait des groupes de personnes, qui se regroupaient d'ailleurs en milice pour abattre le monstre invulnérable. Pour cette suite, Myers s'inspire cette fois de Pennywise, en se cachant dans les égouts et en faisant ressortir toute la noirceur d'Haddonfield, comme la créature de CA l'avait fait avec Derry. 
 
 
Ainsi, alors qu'il était en forme olympique dans Halloween kills, le tueur masqué est largement en retrait dans Ends, laissant la place aux habitants de la ville, contaminés par un Mal décidément bien contagieux. Les babysitters tuent par accident les gamins qu'ils gardaient, les fils à papa harcèlent les marginaux, la radio ressasse en boucle les exploits de The Shape, les familles semblent toutes malsaines et tout le monde semble en vouloir à Laurie qui, elle, semble vivre sa meilleure vie depuis le décès de sa fille. 

Toute cette noirceur va peu à peu s'incarner dans les personnages de Corey, qui va se transformer au fil du film en rebelle des années 80-90, et de Allyson, la petite fille de Laurie Strode, qui ne parvient pas à trouver sa place dans l'univers formidable d'Halloween, constamment écartelée entre sa volonté d'émancipation et son statut de SURVIVANTE. Si l'évolution des deux personnages reste, à mon sens, une idée plutôt intéressante, et qui aurait presque mérité d'être développée dans un autre film qu'un Halloween, l'interprétation de Andi Matichak et surtout de Rohan Campbell permet difficilement de croire ou de les prendre au sérieux, d'autant que l'ensemble a été écrit à la truelle. 

On se retrouve ainsi devant un Halloween qui ne veut pas vraiment être un Halloween, mais qui multiplie les clins d'oeil appuyés au film de Carpenter. Plus étrange encore, le traitement réservé à Myers, qui passe d'un monstre surpuissant à un vieillard claudiquant et n'est plus que... l'ombre de lui-même, sans explication. Sans doute était-il alimenté par le Mal, et qu'à force de le transmettre, il s'est affaibli ? Reste que son ultime confrontation avec Laurie arrive comme un cheveu sur la soupe, dans une séquence terriblement anti-climacique. 

Finalement, on n'est pas mécontents de voir cette trilogie se terminer... même si l'on sait qu'en cas de succès, Michael Myers reviendra immanquablement. Sans Jamie Lee Curtis, a priori.
 

Smile

 

Titre : Smile
Réalisateur : Parker Finn
Acteurs : Sosie Bacon, Jessie T. Usher, Kyle Gallner
Date de sortie en France : 28 septembre 2022
Genre : épouvante, horreur

Synopsis :  
Après avoir été témoin d'un incident traumatisant impliquant l’une de ses patientes, la vie de la psychiatre Rose Cotter tourne au cauchemar. Terrassée par une force mystérieuse, Rose va devoir se confronter à son passé pour tenter de survivre…
 
Avis : 
Vous souvenez-vous de ces vidéos sans intérêt, où l'on devait regarder une vidéo d'une pièce vide ou d'une voiture sur une route de campagne, jusqu'à un bon gros screamer des familles destinés à nous faire sursauter ? Quelque chose me dit que Parker Finn a vu ses vidéos, et s'en est fortement inspiré pour son premier film, Smile. Car, comme trop souvent ces dernières années, on se retrouve ici devant une énième foire aux jump-scares, d'autant plus frustrante que le film aurait sans doute très bien fonctionné sans ces artifices. 
 
 
De manière générale, on aura en fait une grosse impression de maladresse, peut-être parce qu'il s'agit d'un premier long métrage. D'un côté, on a cette idée séduisante de malédiction qui se transmet, à la manière de certains classiques de la J-Horror ou du récent It follows. L'utilisation du sourire comme élément inquiétant n'est certes pas nouvelle (de L'Homme qui rit à Joker en passant par de nombreux tueurs en série du cinéma), mais intrigue et met assez mal à l'aise lors de la première séquence où il apparaît. Malheureusement, on aura le sentiment que cet aspect est sous-exploité, ses trop rares utilisations manquant singulièrement de finesse. J'aurais par exemple aimé que la menace soit plus présente, quitte à ne pas être systématiquement perçue par l'héroïne... un peu comme dans It follows, quelque part. 

Mais cela vient probablement du fait que le réalisateur et scénariste a souhaité jouer sur la psychologie de son personnage principal, nous laissant très longtemps face à deux interprétations possibles : celle de la folie du personnage, ou celle de la menace démoniaque. Dans les deux cas, on n'échappera pas à certains poncifs, comme le trauma d'enfance (on pense cette fois à Simetierre), l'alarme qui se déclenche pour rien ou la disparition du chat, mais on appréciera le fait que les proches de Rose soient franchement perdus face à la situation, rejetant violemment l'explication irrationnelle et tentant de se rassurer derrière des postures toutes faites : "c'est dans ta tête, Rose", "tu devrais voir un psy, Rose", "c'est à cause de ton enfance, Rose", etc. Dans un genre où les personnages ont souvent les réactions les plus connes possibles, voir l'héroïne (interprétée par une étonnante Sosie Bacon) tenter d'obtenir l'aide de ses proches et la voir s'effriter petit à petit face à son compagnon, à sa famille ou à son supérieur est clairement un bon point pour Smile

Au final, alors que je n'en attendais pas grand chose, Smile m'a laissé un goût étrange, celui d'un film qui aurait pu être bien meilleur s'il s'était contenté de développer simplement son histoire, de jouer sur son ambiance, plutôt que de céder aux sirènes du film d'épouvante 2020s, avec ses jump-scares téléphonés, agaçants, et parfois sans aucun sens.
 
 


samedi 3 septembre 2022

Esther 2 : les origines


 Titre : Esther 2 : les origines (Orphan: first kill)
Réalisateur : William Brent Bell
Acteurs : Isabelle Fuhrman, Julia Stiles, Rossif Sutherland
Date de sortie en France : 17 août 2022
Genre : épouvante, horreur, thriller

Synopsis : 
Esther revient ! La saga terrifiante se poursuit dans cette préquelle palpitante. Après avoir orchestré une brillante évasion d'un établissement psychiatrique, Esther se rend en Amérique en se faisant passer pour la fille disparue d'une famille aisée. Mais, face à une mère prête à tout pour protéger sa famille, son plan va prendre une tournure inattendue. Il vous reste beaucoup de choses à découvrir sur Esther… 
 
Avis : 
Il faut bien avouer qu'on ne l'attendait pas : une préquelle, 13 ans plus tard, avec la même actrice dans le rôle titre, d'un film mettant en scène une gamine tueuse ? Et pourtant, magie du cinéma, le très sympathique Esther voit donc débarquer en 2022 un second volet censé raconter "les origines" du personnage, avec une actrice qui a désormais 25 ans dans le rôle de la (fausse) gamine psychopathe. 
 
 
Evidemment, cet étrange choix sera le principal défaut du film. Le problème, quand on tente de grimer une actrice de 25 ans en gamine de 9 ans... c'est que ça la vieillit, et donne l'impression qu'Isabelle Fuhrman a 40 ans. Pire encore, ça donne surtout l'impression d'un cosplay raté, où d'une personne âgée en pleine régression mentale. C'est simple, à aucun moment on n'a l'impression d'avoir une gamine à l'écran, ni d'être devant une histoire se déroulant avant les événements du premier Esther. On finit même par plutôt y voir une suite, se déroulant des années plus tard avec une adolescente psychopathe. 

Et c'est bien dommage, car cet élément parasite tout le film, alors que celui-ci n'est pas la catastrophe à laquelle tous ces choix étranges semblaient le destiner. Au contraire même, si l'on pense d'abord être devant être un copié-collé du premier volet, le scénario a l'excellente idée de bifurquer à mi-chemin pour offrir quelque chose. On regrettera simplement qu'il ne sache pas vraiment quoi faire de cette idée, notamment par rapport au personnage du père ou par rapport à la véritable Esther, dont la psychopathe prend la place. 

Bref, pas une catastrophe, mais loin d'être aussi réussi ou étonnant que son aîné, Esther 2 arrive sans doute bien trop tard et aligne maladresse sur maladresse. Apparemment, en cas de succès, un troisième volet pourrait voir le jour : espérons qu'il s'agisse cette fois d'une suite, et qu'on ne fasse pas du personnage un énième slasher sans intérêt...





lundi 29 août 2022

Nope

Titre : Nope
Réalisateur : Jordan Peele
Acteurs : Daniel Kaluuya, Keke Palmer, Steven Yeung
Date de sortie en France : 10 août 2022
Genre : science-fiction

Synopsis : 
Les habitants d’une vallée perdue du fin fond de la Californie sont témoins d’une découverte terrifiante à caractère surnaturel. 
 
Avis : 
Je pense pouvoir affirmer sans trop de risques qu'après ses deux premiers films (Get out et Us), Jordan Peele est un réalisateur particulièrement clivant, génie pour les uns et surcôté pour les autres. De mon côté, j'ai trouvé à peu près les mêmes qualités et les mêmes défauts dans ces deux oeuvres : un point de départ très intriguant, une première moitié de film passionnante, une mise en scène très soignée... puis une seconde partie retombant comme un soufflet, et me laissant une impression finale assez mitigée. Autant dire que je n'avais aucune attente ni aucune appréhension avant d'aller voir Nope... mais aussi la chance d'avoir été largement épargné par la campagne promotionnelle française, révélant beaucoup trop d'éléments de l'intrigue. 


Car Nope, dans sa première partie, cherche largement à entretenir le mystère autour du phénomène se déroulant au-dessus du ranch Haywood. Dans une démarche citant de façon assez évidente les Rencontres du troisième type et Dents de la mer de Steven Spielberg, Peele joue sur l'invisible et sur les éléments extérieurs pour indiquer que la menace est présente : des chevaux en panique, bruits (terrifiants) de hurlements, un fanion semblant descendre d'un nuage, et des perturbations électromagnétiques. On ne devine ainsi que progressivement la nature du phénomène... avant de nous apercevoir, en même temps que les personnages, qu'il n'est pas ce qu'il semblait être. 

On se retrouve ainsi devant deux parties bien distinctes : la première, où l'on tente d'appréhender l'inconnu, et la seconde où cet inconnu est identifié, et où les personnages vont tenter de lui survivre... mais aussi de capitaliser dessus. Peele en profite alors pour nous livrer des séquences très impressionnantes (l'attaque du ranch), la seconde partie offrant le contrepoint spectaculaire de la première, plutôt lente et posée. 
 
 
Le réalisateur en profite également pour tourner en dérision la recherche permanente du buzz, de la séquence qui fera parler - et enrichira son auteur. Parfois de façon très évidente (le journaliste de TMZ), parfois de façon plus subtile avec le personnage de Jupe (incarné par Steven Yeung, que l'on connaît pour ses rôles dans Mayhem et surtout The Walking dead), ex-enfant star marqué par une expérience traumatisante, qu'il choisit désormais d'utiliser à son profit. On sent également toute l'importance du concept même d'image, autant dans la volonté d'immortaliser l'évènement que dans l'amour que porte le réalisateur pour son art, citant les travaux de Eadweard Muybridge, clamant sa préférence pour les effets spéciaux à l'ancienne, se passionnant pour ces petites mains oubliées ou rejetées par la machine holywoodienne.
 
A mes yeux, si le film semble diviser encore plus que les précédents, Nope réussit même là où Get out et Us échouaient : il va au bon de son concept, et propose une seconde partie très réussie, jusqu'à un final visuellement superbe (on sent que l'influence de l'animation japonaise, et principalement Evangelion, sur Peele, qui en profite aussi pour glisser un clin d'oeil à Akira). Un film que j'ai vraiment hâte de revoir, notamment pour mieux apprécier les moments où Peele se joue de nous, mais aussi parce qu'au-delà de la narration et du visuel du film, j'ai largement apprécié le duo Kaluuya (parfait dans le rôle de ce frère taciturne) - Palmer (rayonnante dans celui de la soeur extravertie). 



vendredi 19 août 2022

L'Année du requin

 

Titre : L'Année du requin
Réalisateurs : Ludovic Boukherma, Joran Boukherma
Acteurs : Marina Foïs, Kad Merad, Jean-Pascal Zadi
Date de sortie en France : 3 août 2022
Genre : thriller

Synopsis : 
Maja, gendarme maritime dans les landes, voit se réaliser son pire cauchemar : prendre sa retraite anticipée ! Thierry, son mari, a déjà prévu la place de camping et le mobil home. Mais la disparition d’un vacancier met toute la côte en alerte : un requin rôde dans la baie ! Aidée de ses jeunes collègues Eugénie et Blaise, elle saute sur l’occasion pour s’offrir une dernière mission… 
 
Avis : 
Le premier film de requins français est une comédie. C'est écrit partout, les bandes-annonces mettent l'accent dessus, et il y a même des acteurs que l'on connaît surtout pour des comédies, comme Kad Mérad ou JP Zadi. Pourtant, le discours des réalisateurs, Ludovic et Joran Boukherma, semble plus modéré : ils définissent L'Année du requin comme un film de monstre ("On aimait l’idée du monstre, de la menace, de cette plage mais on n’avait pas du tout envie de traiter ça comme une blague") destiné à faire peur ("Si on réalise un film de requin, il faut se confronter aux scènes d’affrontements, aux cadavres, à la peur. Il y a tout ça dans le film"). Le problème, c'est que le nouveau film des réalisateurs de Teddy ne fait ni peur, ni sourire. 
 
 
On a en fait l'impression d'un film qui ne sait pas quelle direction prendre, et finit par se perdre en chemin. Si l'ossature est clairement celle d'un thriller estival avec un animal dangereux, on y retrouve des éléments de comédie bien franchouillarde (avec ces flics bien demeurés, ces commerçants bien bornés, ces blagues zizi-pouet), du drame social (le personnage de Marina Foïs, totalement perdu lorsqu'on évoque sa retraite), quelques séquences gentiment horrifiques (l'introduction), le tout saupoudré d'un peu de critique des réseaux sociaux (notamment un parallèle bien bourrin avec la pandémie de Covid-19), d'un fumet d'écologie (vite évacué, cependant) et d'une grosse pincée de Jaws. Aucun de ces points n'est vraiment développé, donnant un film bancal échouant partout, parfois en même temps. On pense ainsi à une séquence assez marquante de violence... avec des personnages avec un nez énorme (ils sont rigolo parce qu'ils ont un gros nez), ou à la mort d'un des personnages principaux, qui ne sera totalement indifférente. 

Il m'aura fallu quelques secondes avant d'émerger du film au moment du générique, tellement j'ai trouvé ce film navrant. Ni comédie, ni film d'horreur, ni drame, ni thriller, à peine le petit téléfilm rappelant l'époque de ces feuilletons sans vie que l'on voyait parfois défiler en allant chez ses grands-parents le dimanche, jusque dans des effets spéciaux dégueulasses et une voix off insupportable...





dimanche 7 août 2022

Incantation

 

Titre : Incantation (Zhou)
Réalisateur : Kevin Ko
Acteurs : Hsuan-yen Tsai, Ying-Hsuan Kao, Sean Lin
Date de sortie en France : 8 juillet 2022 (Netflix)
Genre : fantastique, épouvante
 
Synopsis : 
Il y a six ans, Lee Jo-nan était frappée d'une malédiction après avoir brisé un tabou religieux. Aujourd'hui, elle doit protéger sa fille des répercussions de ses actes. 
 
Avis : 
Je ne sais pas si c'est pareil pour vous, mais en tant qu'amateur de cinéma d'horreur et d'épouvante, certains qualificatifs allument immédiatement des alarmes dans mon esprit. Les expressions "le film le plus terrifiant" ou "inspiré d'une histoire vraie", les articles sur des sites de mode ou de jeux vidéo sur les spectateurs apparemment traumatisés par un film, les vagues de tweets à la syntaxe acrobatique indiquant que "se filme ma fé fair dé cochemarres lol ptdr", tout ceci me donne envie de fuir. Tout comme la mention "found footage", devenue depuis longtemps synonyme presque systématique de "bonne grosse daube fauchée sans imagination". Et j'avoue me méfier des films estampillés Netflix, Amazon Prime, Disney+... Alors forcément, quand un found-footage arrive de Taïwan, avec l'étiquette Netflix, auréolé du titre de "plus gros succès horrifique du pays" et qu'il a provoqué plus de terreur chez les adolescents que l'ouverture d'un Bescherelle, tous les voyants sont au rouge ! Mais quand même, là-bas, au fond, quelques petits signes m'ont incité à donner une chance à Incantation : les avis plutôt positifs de quelques connaissances, et les avis les plus négatifs sur Allociné. Merci à vous, car contre toute attente, j'ai plutôt aimé le film de Kevin Ko, malgré quelques gros défauts. 
 

 

La première chose qui frappe devant Incantation, c'est sa volonté d'impliquer le spectateur. A ce titre, on peut presque se réjouir de découvrir le film sur Netflix, et de pouvoir le regarder seul, dans le noir, plutôt que dans une salle bondée. Dès les premières minutes, le personnage principal nous interpelle directement, brisant le sacrosaint quatrième mur, nous fait participer à quelques illusions d'optique, et nous invite à mémoriser une image et à retenir et réciter une incantation afin de protéger sa fille, manifestement victime d'une malédiction ou d'une possession, si l'on en croit les images que nous avons vues un peu plus tôt. Et, régulièrement, on viendra nous rappeler cette fameuse incantation (Hou-ho-xiu-yi, Si-sei-wu-ma), nous plongeant entièrement dans le récit. Et si le procédé semble d'abord un peu gratuit, un peu facile, le final nous montrera au contraire que cette façon d'impliquer le spectateur était une vraie bonne idée.

Passées ces instructions, nous nous retrouvons d'abord devant un found-footage assez classique, lorgnant clairement vers Paranormal Activity par exemple (le son qui accompagne les manifestations étranges, l'ombre qui semble s'intéresser à la gamine), en plus agressif. Nous n'en sommes encore qu'aux premières minutes que l'esprit, le fantôme ou le démon qui tourne autour de Ronan et de Dodo s'en est déjà donné à coeur joie pour effrayer le spectateur et, même si l'on connaît parfaitement ces ficelles, cette agressivité est assez efficace. 
 

 
Le rythme retombe ensuite légèrement, tandis qu'Incantation nous aiguille sur sa principale thématique, celle de la malédiction autour de Dodo. C'est sans doute là que se trouve le principal défaut du film... mais aussi l'une de ses principales qualités : l'enquête est assez passionnante, d'autant que l'on découvre totalement le culte lié à Mère Bouddha, entre incantations, sacrifices, et offrandes. Des rituels obscurs, souvent associés au body horror (trypophobes s'abstenir), dont on va, comme les personnages, tenter de recoller les morceaux, comme pour un puzzle macabre. Un puzzle d'autant plus compliqué à appréhender que la narration du film est très éclatée, jonglant sans prévenir entre les époques, nous laissant parfois un peu confus. 

Difficile de vraiment savoir si ce procédé handicape réellement le film : d'un côté, il renforce clairement le sentiment d'inconfort du spectateur qui, déjà baladé par les mouvements des caméras portées par les protagonistes, ne peut même pas réfléchir tranquillement aux éléments qu'il a face à lui. De l'autre, il est parfois vraiment frustrant, et peut clairement faire décrocher les moins attentifs, d'autant que le film est assez long et parfois assez bavard. Il faudrait presque le regarder une seconde fois assez rapidement pour mieux appréhender l'ensemble des subtilités... mais qui en aura vraiment envie ?
 

 
L'éclatement de la narration permet également de détourner un peu l'attention des thématiques souvent classiques, et que l'on connaît déjà via les représentants les plus connus de la J-Horror. L'idée d'une malédiction se transmettant rappelle ainsi Ring ou Kaïro, les allers-retours temporels évoquent la saga Ju-On, et la détérioration de l'état mental de la mère, ainsi que ses conséquences sur la santé de sa fille, font quant à eux écho à Dark water. On retrouve également quelques séquences assez classiques, mais souvent efficaces, de l'apparition furtive d'une ombre à cette route qui se répète, encore et encore, en passant par des objets qui bougent seuls : sans cette malédiction que l'on découvre petit à petit, nous serions sans doute en terrain (très) connu, ce qui ne retire rien à la force de certains passages, comme la visite de la grotte, au centre du mystère. On sera même surpris par le faible nombre de jump-scares, ce qui est forcément une qualité pour un film tentant surtout d'installer une ambiance. 

En dehors d'une narration parfois agaçante, cet Incantation a donc été pour moi une très bonne surprise. Si l'on n'est certes pas sur le film le plus terrifiant de tous les temps. J'ai vraiment adoré découvrir les éléments de cet étrange culte et cette malédiction, j'ai parfois frissonné, et j'ai adoré la façon qu'a le film d'impliquer le spectateur, jusque dans un final vraiment étonnant. Allez, tous avec moi : Hou-ho-xiu-yi, Si-sei-wu-ma, Hou-ho-xiu-yi, Si-sei-wu-ma... Tout va bien se passer.
 

 

Prey

 
Titre : Prey
Réalisateur : Dan Trachtenberg
Acteurs : Amber Midthunder, Dane DiLiegro, Dakota Beavers
Date de sortie en France : 5 août 2022 (Disney+)
Genre : science-fiction, action

Synopsis : 
Il y a trois siècles sur le territoire des Comanches, Naru, une farouche et brillante guerrière, se fait désormais un devoir de protéger sa tribu dès qu’un danger la menace. Elle découvre que la proie qu’elle traque en ce moment n’est autre qu’un prédateur extraterrestre particulièrement évolué doté d’un arsenal de pointe des plus sophistiqués. Une confrontation aussi perverse que terrifiante s’engage bientôt entre les deux adversaires...  

Avis : 
Voici une saga dont on n'osait plus rien attendre : depuis sa première apparition en 1987, le Predator n'avait guère été à son avantage au cinéma, entre suites oubliables et crossovers sans grand intérêt. Aussi, l'annonce d'un nouvel épisode consacré au chasseur extraterrestre, sortant directement sur Hulu et Disney+, n'incitait pas vraiment à l'enthousiasme. Et pourtant, ce Prey est, à mes yeux, le meilleur épisode de la série après celui de John McTiernan. 
 

 
L'idée de ce Prey est née en 2016, avant que Dan Trachtenberg et le scénariste Partick Aison n'approchent en 2018 la production du très moyen The Predator. D'abord nommé "Skulls", le projet a longtemps essayé de masquer son appartenance à la saga, afin de surprendre les spectateurs. Mais, forcément, les réseaux sociaux sont entretemps passés par là, au grand désespoir de Trachtenberg.

Avec Prey, la saga revient aux sources, au propre comme au figuré. Le film de Dan Trachtenberg (à qui l'on doit également le très bon 10 Cloverfield lane) nous emmène dans l'Amérique sauvage du 18e siècle, aux côtés d'une tribu Comanche, confrontée à ce qui est peut-être le premier Predator à avoir foulé notre planète. Un retour aux environnements naturels donc, et à un équipement limité, ce qui va permettre de revenir aux fondamentaux de la saga : la chasse, la survie, l'astuce pour abattre un adversaire plus puissant et mieux équipé, et cette thématique constante du chasseur devenant le chassé. Prey, c'est Naru contre le Predator, dans un affrontement résonnant comme un rite de passage pour la jeune femme superbement interprétée par Amber Midthunder et destinée à rejoindre Ripley au Panthéon des femmes fortes du cinéma fantastique. 


Arc, hache, lances et connaissance du terrain pour l'une, équipement sophistiqué (mais toujours un peu primitif, comme le casque ou les armes de corps à corps), puissance, agilité et découverte des lieux pour le second : l'affrontement sera intense, avec quelques scènes d'action très réussies, et montera en puissance au fil du film, l'héroïne apprenant peu à peu à connaître son adversaire. Un adversaire qui redevient enfin le prédateur implacable qui avait donné tant de mal à Schwarzenegger et son équipe, se révélant même assez effrayant par moments.

Alors, évidemment, le film ne sera pas exempt de défauts, au premier rang desquels les effets spéciaux numériques, qui semblent trahir un certain manque de moyens, notamment lors de l'hommage un peu forcé à The Revenant. A titre personnel, j'ai également été gêné par les voyageurs francophones, qui n'apportent pas grand chose au récit (mais augmentent le bodycount et permettent de faire un clin d'oeil à Predator 2), et dont les dialogues sont souvent incompréhensibles...

Bref, Prey est une excellente surprise qui, en revenant à l'essentiel tout en développant sa propre identité, nous offre le meilleur volet de la saga depuis 1987. Violent, intense, le film aurait même mérité une sortie au cinéma, mais on peut comprendre que les volets précédents aient refroidi les producteurs. On parle déjà d'une suite, ce qui semble cohérent avec le générique de fin... mais franchement, est-ce bien nécessaire ?



mardi 12 juillet 2022

The Sadness


Titre : The Sadness (Kū bēi)
Réalisateur : Rob Jabbaz
Acteurs : Regina Lei, Berant Zhu, Tzu-Chiang Wang
Date de sortie en France : 6 juillet 2022
Genre : horreur

Synopsis : 
Après un an de lutte contre une pandémie aux symptômes relativement bénins, une nation frustrée finit par baisser sa garde. C'est alors que le virus mute spontanément, donnant naissance à un fléau qui altère l'esprit. Les rues se déchaînent dans la violence et la dépravation, les personnes infectées étant poussées à commettre les actes les plus cruels et les plus horribles qu'elles n'auraient jamais pu imaginer... 
 
Avis : 
C'est l'un des films événements du moment, pour peu que l'on soit amateur de films d'horreur. Précédé d'une réputation extrêmement flatteuse, passé en France par L'Etrange festival, le PIFFF et Gerardmer, le film taïwanais est décrit comme un véritable choc, obligeant même les personnels des cinémas le diffusant à avertir les spectateurs avant leur entrée en salle. C'est presque un peu triste, en fait, de voir que le cinéma est devenu tellement édulcoré qu'on se sente obligé d'avertir un spectateur pour un film finalement assez inoffensif.
 
 
C'est un fait : The Sadness est gore, avec toute l'exagération grotesque que cela sous-entend : geysers de sang, démembrements... On ne voit clairement pas cela tous les jours au cinéma, et sur ce point, voir un tel film débarquer sur grand écran fait vraiment plaisir. Seulement voilà : ça ne fonctionnera que 30 minutes, le temps pour le film de tout donner. 30 minutes clairement impressionnantes, où l'on embarquera pour quelques séquences très réussies de mises à mort, et ponctuées par l'impressionnante séquence du métro. 

Le film se contente ensuite d'enchaîner mollement les séquences violentes, donnant de plus en plus de place au hors-champ (le passage dans la clinique, les agressions sexuelles) et au scénario. On finit même sur une interminable phase explicative, qui n'apporte absolument rien, sinon beaucoup d'ennui dans un film qui avait déjà perdu pas mal de son impact depuis pas mal de temps. Seul le personnage du business-man nous sort un peu de notre torpeur, même s'il finit lui aussi par tourner en rond, n'ayant plus grand chose à faire ni à raconter en dehors de ses 2-3 punchlines. 

Bref, The Sadness est finalement un film terriblement inoffensif, qui risque fort de ne pas marquer les esprits, d'autant qu'il recycle beaucoup de séquences d'autres films. Malgré cela, on appréciera de pouvoir aller voir un tel film au cinéma, même si l'on aurait préférer apprécier le film lui-même...



 

lundi 4 juillet 2022

The Requin

Titre : The Requin
Réalisateur : Le-Van Kiet
Acteurs : Alicia Silverstone, James Tupper
Date de sortie en France : 17 mai 2022 (VOD)
Genre : drame, thriller

Synopsis :
Un couple en escapade romantique au Vietnam se retrouve bloqué en mer après qu'une énorme tempête tropicale ait balayé leur villa en bord de mer. Le mari étant mutilé et mourant, la femme doit lutter seule contre les éléments, tandis que de grands requins blancs leur tournent autour... 
 
Avis : 
Mesdames, Messieurs, il est parfois de notre devoir, en tant que chroniqueurs de films de genre, de prendre une balle à votre place. De se mettre sur la trajectoire d'un impitoyable navet que vous, aussi perversement friands de films de requins que certains de notre équipe le sommes, risqueriez de regarder par curiosité. Et si je sais bien, pour avoir moi-même expérimenté la situation, qu'un avis lapidaire est parfois ce qui vous donne le plus envie de jeter quand même un oeil, j'aurai au moins fait ma part en vous prévenant : ne regardez pas The Requin, c'est un navet. 
 


C'est l'histoire d'un couple qui prend l'eau (attention, métaphore) : Jaelyn a été terriblement marquée par sa fausse couche, et ne semble guère épaulée par son endive de mari, Kyle. Pour se ressourcer, le couple décide d'aller au Vietnam mais, ne roulant pas sur l'or, s'y rend à la période de la mousson. L'avantage, c'est qu'ils sont les seuls touristes sur place. L'inconvénient, c'est qu'ils sont les seuls touristes du coin, et que personne n'a songé à leur dire que louer une maison sur pilotis en cette saison n'est pas la meilleure idée du monde. Mais bon, ce sont des cons de touristes américains, j'imagine, et le personnel vietnamien est un ramassis d'incompétents et d'irresponsables, j'imagine. Résultat, malgré l'échange lunaire avec un employé mollasson ("vous ne voulez pas être relogé pour la nuit ?", demande-t-il au couple se reposant paisiblement à 10 cm de la mer démontée par la tempête ; "non" lui répond le mari ; "ok"), le couple choisit de rester bien au chaud dans sa bicoque branlante. 

Et ce qui devait arriver arrive : suite à la tempête (métaphore), la maison est emportée par les flots et se retrouve à la dérive (métaphore !). Et comme si ça ne suffisait pas, Kyle s'est blessé à la jambe (et ne peut donc plus prendre son pied... euh... métaphore ?), et le couple va enchaîner les décisions débiles, jusqu'à mettre le feu à la maison à la dérive. Oui, leur dernier abri part en fumée (vous savez déjà ce que je vais dire). Jaelyn et Kyle se retrouvent donc sur une planche au beau milieu de l'eau (ah, si seulement Leonardo Di Caprio était tombé sous le charme de Alicia Silverstone plutôt que sous celui de Kate Winslet...). C'est évidemment le moment que choisit le fameux "the requin" pour s'inviter à la fête, histoire de permettre à Jaelyn de surmonter enfin métaphoriquement ses démons, un peu comme Blake Lively devait le faire (en mangeant un crabe pour digérer le cancer de sa mère, hum) dans Instinct de survie. Il lui aura fallu environ une heure pour se montrer. 
 

 
Jusque-là, on est donc en mode Open Water sous Prozac. Jaelyn gueule, Jaelyn râle, Jaelyn culpabilise, Kyle encaisse mollement en se vidant de son sang. Jaelyn entend les sons extradiégétiques, et s'inquiète donc quand la musique du film se fait menaçante. Jaelyn confond requins et dauphins (mais ils trichent un peu, ces dauphins, avec leurs faux ailerons). Et Jaelyn va finir par se mettre à dos un requin blanc, qui va la poursuivre parce-que-métaphore (ou parce qu'il ne veut plus l'entendre gueuler), entraînant enfin le film dans le nanar qui tâche dans ses ultimes minutes, à grands renforts d'effets numériques grotesques, d'idées idiotes, de jeu outrancier et de stock-shots mal intégrés. En quelques minutes, on se croirait revenus à la grande époque des productions Nu Image (la trilogie Shark Attack, Shark Zone...). Un peu tard pour sauver le film de l'ennui mortel, mais on aura au moins ri franchement sur une séquence. 
 
Comment, enfin, ne pas vous parler de cette petite piscine où le film semble avoir été tourné. Une petite piscine avec des petites vaguelettes, visiblement entourée d'un écran vert cache-misère et d'une petite brume pour dissimuler l'effet. Le procédé est d'autant plus grotesque que le réalisateur ne fait aucun effort pour l'incorporer au reste : des plans où la mer est démontée, le ciel gris, succèdent à ce petit bassin tout calme, donnant un film visuellement affreux. Et ce ne sont pas ces ralentis grotesques qui vont sauver les apparences. Il faut le voir pour le croire... mais je vais vous demander une nouvelle fois de me faire confiance : il ne faut pas voir ce film. 
 
  
The Requin est donc un soporifique navet, d'une abyssale connerie, enchaînant les idées débiles avec l'enthousiasme d'un fonctionnaire un vendredi après-midi, avec des personnages terriblement irritants, le tout enrobé d'un symbolisme de pacotille. C'est lent, c'est con, c'est moche et, pire que tout, ce n'est drôle que quelques secondes, qu'il est tout à fait possible de rater si on s'est endormi avant. Fuyez, pauvres fous ! 







samedi 11 juin 2022

Jurassic World : le monde d'après

Titre : Jurassic World : le monde d'après (Jurassic World Dominion)
Réalisateur : Colin Trevorrow
Acteurs : Chris Pratt, Bryce Dallas Howard, Sam Neill
Date de sortie en France : 9 juin 2022
Genre : action, science-fiction
 
Synopsis : 
Quatre ans après la destruction de Isla Nublar. Les dinosaures font désormais partie du quotidien de l’humanité entière. Un équilibre fragile qui va remettre en question la domination de l’espèce humaine maintenant qu’elle doit partager son espace avec les créatures les plus féroces que l’histoire ait jamais connues.
 
Avis : 
Nous y voilà donc, à cet ultime épisode de la trilogie Jurassic World, et sixième volet de la saga Jurassic Park. Un volet qui nous permet d'assister à plusieurs retour : après avoir laissé la main à Juan Antonio Bayona (L'Orphelinat, Quelques minutes après minuit) pour le second volet (Jurassic World : Fallen Kingdom), Colin Trevorrow revient boucler la trilogie qu'il a lui-même initiée. Dans ses cartons, les acteurs et personnages des deux premiers volets, bien sûr, mais aussi les héros du premier film : Sam Neill, Laura Dern et Jeff Goldblum dans les rôles de Alan Grant, Ellie Sattler et Ian Malcolm, dans cette grande mode actuelle du retour aux sources / hommage que l'on voit trop souvent ces dernières années. 
 
 
C'est d'ailleurs l'élément le plus caractéristique de ce "Monde d'après" : il ressemble beaucoup... au monde d'avant. On y retrouve ainsi un nombre impressionnant de plans repris de la trilogie originale (le plan sur Ellie Sattler lorsqu'elle aperçoit le brachiosaure, les héros dissimulés derrière un véhicule retourné...), de clins d'oeil plus ou moins subtils et cohérents (la fausse bombe de rasage, qui prépare le retour d'un des dinosaures du premier film), d'idées (l'affrontement entre deux superprédateurs, repris de Jurassic Park III), piochant jusque dans la série La Colo du Crétacé, et reprenant même pour antagoniste principal l'un des personnages (très) secondaires de Jurassic Park (un personnage qui a bien plus d'importance chez Michael Crichton). Pour résumer, Jurassic World : le monde d'après est presque un film écolo tant il met l'accent sur le recyclage. 
 
Un recyclage d'autant plus évident qu'il n'apporte pas grand chose à ce que développait déjà Jurassic World : Fallen Kingdom. Les animaux préhistoriques sont devenus une menace pour l'écosystème contemporain et pour les humains, mais sont également une source de convoitise pour les braconniers. Exploitées, élevées pour devenir des armes, destinées à mourir dans des combats clandestins et même... consommées, les créatures ressuscitées subissent finalement les mêmes horreurs que nos créatures contemporaines. 
 
 
Rien de bien nouveau donc, mais cette thématique va permettre à Colin Trevorrow de développer une ambiance assez proche d'un... film d'espionnage. On entend presque les notes du thème de Mission : impossible, et la spectaculaire course poursuite dans les rues de La Valette rappelle les derniers James Bond... grands méchants stéréotypés et séquences grandiloquentes à l'appui (le crash d'avion...). Plus que dans un Jurassic Park / World, on semble parfois être devant une étrange fusion entre un 007 et un jeu Pokemon. James Bond vs Team Rocket, je présume ?

Ceci dit, le film va se montrer très généreux en ce qui concerne son argument principal : les animaux préhistoriques. On croise de nombreuses nouvelles espèces, et pas seulement des dinosaures (Atrociraptor, Pyroraptor, Quetzalcoatlus, Dimetrodon, Therizinosaurus, Dreadnoughtus...), on en retrouve de bien connues (Blue le vélociraptor, le T Rex, le Mosasaure, les Compsognathus...), et on découvre une nouvelle menace : le Giganotosaurus, le plus grand prédateur que la Terre ait jamais porté. Malheureusement, le superprédateur sera un peu sous-exploité, se contentant de n'être qu'une pâle copie du Spinosaure de JP3. Les séquences mettant en scène ces créatures sont cependant très nombreuses, quitte à faire du film une simple succession de scènes d'action, ce qui n'est pas forcément un défaut vu la qualité du scénario. 
 
 
On s'étonnera cependant de la qualité de certains effets spéciaux numériques, notamment en début du film : incrustations bâclées, contours flous, écrans bleus très visibles... On a l'impression que les 20 premières minutes du film ont été ajoutées au dernier moment, sans apporter le soin que l'on peut voir sur le reste du film. Etrange. On notera enfin que, pour prolonger le plaisir, on pourra se tourner vers le court-métrage Battle at Big Rock, ou dans le prologue disponible depuis quelques semaines montrant le Tyrannosaure s'inviter au drive-in.
 
Bref, beaucoup de déjà vu et de recyclage pour un Monde d'après qui n'aura jamais autant ressemblé à un patchwork de la saga. Reste un divertissement typiquement hollywoodien, très spectaculaire mais très con et lisse, où l'on ne tremblera jamais pour les héros et pendant lequel on risque de se surprendre à regarder sa montre. J'ai grandi avec la saga Jurassic Park, le film de Steven Spielberg étant le tout premier film que je suis allé voir au cinéma. Avec Jurassic World : le Monde d'après, j'ai désormais l'impression d'appartenir moi-même à la Préhistoire, et d'être trop vieux pour ces conneries...