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lundi 3 février 2020

Star Wars : épisode IX - L'Ascension de Skywalker


Titre : Star Wars : épisode IX - L'Ascension de Skywalker (Star Wars : the rise of Skywalker)
Réalisateur : J.J. Abrams
Acteurs : Daisy Ridley, Adam Driver, Oscar Isaac
Date de sortie en France : 18 décembre 2019
Genre : space opera

Synopsis : 
La conclusion de la saga Skywalker. De nouvelles légendes vont naître dans cette bataille épique pour la liberté. 
 
Avis : 
J’aurai cette fois pris le temps de laisser passer la tempête. Découvrir l’ultime épisode de la saga Star Wars plus d’un mois après sa sortie, en réussissant à ne pas me faire spoiler (ce qui n’est pas si compliqué : il suffit de ne rien lire…), m’aura permis de faire abstraction des avis passionnés des spectateurs de la première heure. Tout ce que j’ai compris, c’est que le film est « très ». « Très » mauvais ou « très » bon, en fait, la demi-mesure n’existant apparemment pas pour cette nouvelle trilogie. Moi-même, je trouve l’épisode 7 très bon, et l’épisode 8 très mauvais. Une évaluation qui va forcément peser à la découverte de ce neuvième volet, destiné à être l’ultime consacré à la saga Skywalker. 


Car forcément, le principal défaut que je trouvais à l’épisode 8, celui de ne faire absolument rien avancer, constitue un frein certain à cet épisode 9. Il faut se rattraper aux branches du Réveil de la Force, tenter vainement de se souvenir des nouveaux personnages et des petites pistes perdues au milieu de la panne d’essence et des discussions skype des deux héros, avec le sentiment permanent que, de toute façon, rien n’a vraiment été pensé comme une trilogie, changement d’équipes oblige, le tout en 2h30. Cette impression se retrouve surtout dans les révélations sur le passé de Rey, qui tombenr comme un cheveu sur la soupe et n’ont déclenché chez moi qu’un vague haussement de sourcil, ou le retour de Palpatine que rien ne laissait entrevoir dans les deux films précédents, mais on pourrait sans doute citer des dizaines d’éléments laissés de côté...

Dans ces conditions, difficile de véritablement se passionner pour des enjeux qui naissent et se terminent dans le même épisode, difficile de s’émouvoir pour des personnages qui en deviennent artificiels (au sens propre comme au figuré : vous allez bouffer du fantôme…). Bref, c’est bancal et lisse, jusque dans cet éternel manichéisme empêchant toute véritable surprise, ce qui rendra surtout le final particulièrement pénible à suivre.

Pourtant, jusque-là, jusqu’à cet affrontement sur une des Lunes d’Endor qui constituera le véritable climax du film, tout fonctionnait très bien. Le retour de J.J. Abrams se traduit par un retour aux sources de Star Wars, avec de l’aventure, du dépaysement, une pointe d’humour et d’émotion, et surtout des passages vraiment spectaculaires. A l’image de ce qu’il avait réussi dans le Réveil de la Force, Abrams réussit de nouveau quelques combats aériens à couper le souffle, mais met aussi en images quelques affrontements au sol assez réussis. Hélas, l’ensemble partait de beaucoup trop loin, et la seconde partie, horriblement fastidieuse, donne l’impression qu’on tente de tout caser dans un espace bien trop petit. Un peu comme si Rocco Siffredi se mettait en tête de sodomiser un poisson rouge en fait...

L’Ascension de Skywalker vient donc clore péniblement une trilogie trop bancale. Loin de l’apothéose finale que l’on pouvait encore espérer (même la prélogie, pourtant tant décriée, y parvenait superbement), cet épisode IX se regarde, au moins pendant sa première partie, mais ne fait rien ressentir face à des enjeux mal définis. Un peu comme pour l’épisode VIII, voilà en tout cas un chapitre que je ne suis pas prêt de revoir, et qui ne me donne surtout aucune envie de revoir de nouvelles aventures liées à cet univers…

Note : 4/10
 

mercredi 20 novembre 2019

Rambo : last blood


Titre : Rambo : last blood
Réalisateur : Adrian Grunberg
Acteurs : Sylvester Stallone, Yvette Monreal, Adriana Barraza
Date de sortie en France : 25 septembre 2019
Genre : action

Synopsis : 
Vétéran de la Guerre du Vietnam, John Rambo va devoir affronter un cartel mexicain.

Avis : 
A la fin du quatrième volet, John Rambo rentrait enfin chez lui, dans ce qui semblait être une conclusion parfaite pour la saga. Pourtant, afin de faire encore un peu d’argent sur le dos du personnage, Stallone et sa clique décident de remettre le couvert. Cette fois encore, c’est promis, c’est le dernier volet – même si le final laisse quand même la place pour d’autres aventures.


Finie l’Asie du Sud-Est, finis les soviétiques : cette fois, Rambo s’est posé tranquillement dans son ranch, fait du cheval avec un grand sourire, évoque ses démons intérieurs avec sa nouvelle famille sortie de nulle part. Et même s’il s’amuse à creuser des galeries sous sa propriété, l’ancien béret vert est devenu un gentil papy gâteau (gâteux?) avec la jeune Gabrielle, qu’il a élevée comme sa propre fille. Sauf que celle-ci va se faire enlever pour un cartel mexicain, qui va la droguer et la prostituer. Du coup, Rambo pas content va tuer tout le cartel.

Ce n’est pas du Shakespeare, mais depuis Rambo 2, on a l’habitude d’avoir un scénario prétexte, uniquement destiné à nous offrir des séquences d’anthologie où Rambo massacre ses ennemis grâce à ses talents de guerrier. Seulement, ce Last Blood rate à peu près tout ce qu’il entreprend. Dans la foulée pachydermique d’un Stallone de plus en plus pataud et inexpressif. Ce ne serait pas un défaut si l’acteur ne cherchait pas régulièrement à jouer la carte dramatique et émotionnelle, mais il se loupe tellement qu’on n’a même plus l’impression de voir Rambo, mais plutôt Rocky Balboa ou Stallone lui-même.

Ainsi, on se fout complètement de ces nouveaux personnages qu’on nous balance à la tronche sans autre forme de procès, les grands méchants sont complètement transparents, et les tentatives pour faire croire que Rambo est encore torturé par son passé échouent lamentablement. Il ne restera finalement que la séquence finale pour apporter enfin un peu d’intérêt et d’énergie au film… Espérons que cette fois, le personnage prenne enfin sa retraite, même s’il méritait sans doute un autre départ…

Note : 2/10



vendredi 30 août 2019

Once upon a time... in Hollywood


Titre : Once upon a time... in Hollywood
Réalisateur : Quentin Tarantino
Acteurs : Leonardo DiCaprio, Brad Pitt, Margot Robbie
Date de sortie en France : 14 août 2019
Genre : drame, comédie

Synopsis : 
En 1969, la star de télévision Rick Dalton et le cascadeur Cliff Booth, sa doublure de longue date, poursuivent leurs carrières au sein d’une industrie qu’ils ne reconnaissent plus.

Avis : 
Neuvième film de Quentin Tarantino (oui, on sait, toutes les chroniques le rappellent), Once upon a time in Hollywood évoque la fin d'une époque, la fin d'une certaine forme d'innocence à Hollywood, avec comme repère l'horrible meurtre de Sharon Tate par des membres de la famille Manson.


Avec le sens de la nostalgie qui le caractérise souvent (Pulp fiction, Jackie Brown...), Tarantino met en parallèle deux personnages que tout oppose : le has-been Rick Dalton, bien conscient de sa propre chute et qui tente de survivre, médiatiquement et financièrement, en acceptant des rôles ingrats ; et la jeune Sharon Tate, jeune actrice solaire qui s'émerveille encore de tout. Les deux voisins que tout oppose seront finalement réunis un triste soir de 1969 par la Family.

Once upon n'est cependant pas un film centré sur la Family. Si son ombre plane régulièrement sur l'ensemble, avec une courte apparition de Charles Manson ou la présence régulière de la jeune Pussycat, c'est pour mieux exorciser le souvenir du drame en le tournant en dérision lors d'un final en forme de terrible exutoire, ou en offrant à Sharon Tate une véritable déclaration d'amour. Au contraire, le film s'attarde surtout sur le duo, formidable, Di Caprio / Pitt. Bavardes, drôles, à l'image de cet affrontement entre Cliff et Bruce Lee ou du passage au ranch Spahn.

Il manque néanmoins quelque chose à ce Tarantino, moins instantanément culte que ses prédécesseurs. Trop calme, peut-être ? Les "spécialistes" mettent ça sur le compte de la "maturité" de Tarantino, alors que le film reprend finalement les thématiques et les obsessions habituelles du réalisateur. Je le reverrai sans doute avec grand plaisir, pour ces quelques moments de magie (l'échange entre Di Caprio et une jeune actrice), mais pour moi, plutôt que le film de la maturité, c'est plutôt le film d'un réalisateur qui vieillit.

Note : 7/10


lundi 19 août 2019

Midsommar


Titre : Midsommar
Réalisateur : Ari Aster
Acteurs : Florence Pugh, Jack Reynor, William Jackson Harper
Date de sortie en France : 31 juillet 2019
Genre : drame, horreur

Synopsis : 
Dani et Christian sont sur le point de se séparer quand la famille de Dani est touchée par une tragédie. Attristé par le deuil de la jeune femme, Christian ne peut se résoudre à la laisser seule et l’emmène avec lui et ses amis à un festival estival qui n’a lieu qu'une fois tous les 90 ans et se déroule dans un village suédois isolé.

Avis : 
Après l'excellent Hérédité, on attendait avec impatience le second long métrage de Ari Aster. Le moins que l'on puisse dire, c'est que celui-ci n'a pas choisi la facilité, avec un film fantastique de 2h30 inspiré du folklore scandinave. Précédé d'une réputation extrêmement flatteuse, Midsommar  m'a pourtant laissé sur ma faim.


Tout partait pourtant parfaitement, avec une introduction glaçante et une belle caractérisation des deux personnages principaux. De même, l'arrivée dans la campagne suédoise permettait d'immédiatement installer un climat anxiogène, entre consommation d'hallucinogènes et rencontre avec une communauté beaucoup trop accueillante pour être honnête. Et quelque part, c'est une des raisons qui m'ont empêché de savourer un film qui avait pourtant tout pour me plaire : tout est trop évident, on connait d'entrée les grandes lignes de ce qui va suivre, ce qui va rendre le reste du film de moins en moins intriguant, jusqu'à même provoquer par moments l'hilarité.

Evidemment, le film est superbe esthétiquement, et on appréciera la descente aux enfers du personnage principal, subtilement épaulée et soutenue par la communauté pour lui faire peu à peu fermer les yeux sur l'intolérable. On appréciera aussi le rythme du film, loin d'être aussi lent que beaucoup ne le prétendent (il se passe constamment quelque chose), et l'ambiance sonore. Mais entre des personnages secondaires prétexte, aux réactions parfois grotesques, entre des acteurs parfois très moyens (Poulter et Reynor en tête) et le sentiment d'être un peu trop tenu par la main par le scénario (tous les éléments menant au rituel de procréation sont décrits tôt dans le film, ce qui enlève à mon sens de la surprise et de l'étrangeté aux séquences qui suivront...), Midsommar peine finalement à convaincre sur la longueur.

Reste un film ambitieux, terriblement glauque pendant 1h30, jusqu'à une dernière partie plus convenue, plus attendue (les disparitions successives, la découverte des corps). Cela suffit clairement à en faire un des films d'horreur les plus intéressants de ces dernières années, mais pas à en faire une oeuvre incontournable, comme le récent The Witch, sur une thématique de base pas si éloignée, ou le classique The Wicker man, auquel on pensera forcément beaucoup.

Note : 7/10


vendredi 16 août 2019

Crawl


Titre : Crawl
Réalisateur : Alexandre Aja
Acteurs : Kaya Scodelario, Barry Pepper, Morfydd Clark
Date de sortie en France : 24 juillet 2019
Genre : horreur, catastrophe

Synopsis :
Quand un violent ouragan s’abat sur sa ville natale de Floride, Hayley ignore les ordres d’évacuation pour partir à la recherche de son père porté disparu. Elle le retrouve grièvement blessé dans le sous-sol de la maison familiale et réalise qu’ils sont tous les deux menacés par une inondation progressant à une vitesse inquiétante. Alors que s’enclenche une course contre la montre pour fuir l’ouragan en marche, Haley et son père comprennent que l’inondation est loin d’être la plus terrifiante des menaces qui les attend…  

Avis : 
Au royaume des films d'horreur animaliers, crocodiles et alligators riment souvent avec nanars et navets. A quelques exceptions près (l'excellent Solitaire / Eaux troubles, et Black water), ces terrifiants reptiles sont en effets trop souvent réduits à un rôle de sous-requin dans des productions sans queue ni tête (à titre d'exemple récent, on pourra évoquer l'inénarrable Megashark vs crocosaurus).


Si l'on n'attendait pas d'Alexandre Aja qu'il nous ponde le Jaws du sac à main sur pattes, il fallait bien avouer que voir un tel réalisateur se frotter au genre était plutôt un gage de confiance. Bien loin du décomplexé et jouissif Piranha 3D, Aja va jouer ici la carte du sérieux et du crédible, avec ces alligators profitant d'un typhon pour aller rendre visite aux habitants. Un point de départ qui n'est pas
spécialement original (les requins, encore eux, ont déjà profité de tsunamis dans Malibu shark attack ou Bait, et on n'oubliera pas que certains squales se déchaînent lors de tornades...), mais qui permet de mêler film catastrophe et épouvante animalière, d'autant que le réalisateur de Haute tension va prendre le parti de suivre un duo, un père et sa fille, dans leur tentative de survie.

Toute la première partie, dans la cave de la maison familiale, est ainsi un vrai délice. Si les liens entre
personnages restent assez classiques (ils devront surmonter dans l'adversité leurs différends issus
d'anciennes querelles familiales), ils sont plutôt crédibles et attachants, même si Kaya Scodelario
n'apporte pas grand-chose dans ce rôle passe-partout. Cet attachement va renforcer la tension de cette première partie, où le film joue sur les angles, sur le son, nous faisant constamment redouter l'apparition d'un prédateur dans un recoin de la cave.

Si cette première partie est très réussie, je trouve la seconde moins passionnante. Retombant dans les poncifs du genre, le film multiplie les attaques, jusqu'à faire intervenir des personnages prétextes dans l'unique objectif de les tuer. La tension retombe, malgré quelques séquences spectaculaire, la faute aussi à quelques situations moins crédibles qui entament l'impression de réalisme qui se dégageait jusqu'alors du film.

Crawl reste néanmoins, sans difficulté, dans le haut du panier des films d'horreur mettant en scène des animaux dangereux. Même si je lui préfère largement un Solitaire, le film d'Aja est efficace et prenant, au moins dans sa première partie, avant une seconde moitié plus axée série B, divertissante mais clairement un cran en-dessous en ce qui me concerne.

Note : 7/10


lundi 17 juin 2019

John Wick Parabellum


Titre : John Wick Parabellum (John Wick Chapter 3 - Parabellum)
Réalisateur : Chad Stahelski
Acteurs : Keanu Reeves, Halle Berry, Laurence Fishburne
Date de sortie en France : 22 mai 2019
Genre : action

Synopsis : 
John Wick a transgressé une règle fondamentale : il a tué à l’intérieur même de l’Hôtel Continental. "Excommunié", tous les services liés au Continental lui sont fermés et sa tête mise à prix. John se retrouve sans soutien, traqué par tous les plus dangereux tueurs du monde.

Avis : 
On ne change pas une recette qui fonctionne : pour ce troisième volet, John Wick est de nouveau confronté à des dizaines d'ennemis, qu'il va éliminer lors d'interminables et spectaculaires affrontements. Cette fois, sa tête étant mise à prix, ce sont les assassins qui vont venir à lui, et aucun lieu n'est plus sûr, d'autant que la Grande Table est bien décidée à lui faire payer son crime, et à punir ceux qui lui porteront assistance.


Gunfights qui rappellent les meilleurs John Woo, combats au corps à corps particulièrement brutaux, poursuites démentes : John Wick place la barre toujours plus haut, notamment lors de la première demi-heure ou du siège du Continental, tout en parvenant à constamment se renouveler. On voyage un peu, on explore de nouveaux lieux d'affrontements (l'écurie !), on croise de nouveaux personnages hauts en couleur (quel plaisir de revoir Mark Dacascos !), le tout avec une petite pointe d'humour qui ne sera jamais envahissante.

Le film s'applique également à enrichir son univers, en détaillant encore davantage le fonctionnement de la Grande Table et de ses rituels (l'adjudicatrice et ses différentes punitions, les changements de statut des membres, le Grand Maître), mais aussi en laissant d'autres indices sur le passé de John Wick. Mieux encore : la fin nous promet un nouvel épisode, avec la perspective d'une guerre encore plus impitoyable.

John Wick, toujours porté par un Keanu Reeves impérial, confirme donc son statut de nouvelle figure phare du film d'action, en poussant toujours plus loin, toujours plus fort, en offrant de nouvelles séquences complétement folles, de nouvelles idées furieuses, de nouveaux éléments de fond aussi convenus que jouissifs. Bref, on en redemande !

Note : 8/10

jeudi 30 mai 2019

Godzilla II - Roi des monstres


 Titre : Godzilla II - Roi des monstres (Godzilla: King of monsters)
Réalisateur : Michael Dougherty
Acteurs : Kyle Chandler, Vera Farmiga, Millie Bobby Brown
Date de sortie en France : 29 mai 2019
Genre : action, catastrophe

Synopsis : 
L'agence crypto-zoologique Monarch doit faire face à une vague de monstres titanesques, comme Godzilla, Mothra, Rodan et surtout le redoutable roi Ghidorah à trois têtes. Un combat sans précédent entre ces créatures considérées jusque-là comme chimériques menace d'éclater. Alors qu'elles cherchent toutes à dominer la planète, l'avenir même de l'humanité est en jeu…  

Avis : 
Godzilla vs King Ghidorah vs Mothra vs Rodan. On pourrait se croire à l'âge d'or du kaiju eiga, quand le plus célèbre monstre de l'archipel japonais affrontait sans faiblir d'innombrables créatures. Pourtant, nous ne sommes pas ici au Japon, mais bien devant un film américain, avec le troisième volet du MonsterVerse, la saga imaginée par Legendary Pictures autour de Godzilla (rebooté dans le bien nommé Godzilla en 2014) et King Kong (également rebooté avec Kong : Skull Island). Et en attendant le nouvel affrontement entre les deux légendes, déjà prévu pour 2020, Godzilla va se faire la main sur quelques sous-fifres.


Le principal défaut du film de Gareth Edwards était d'être bien trop sage, presque trop respectueux de ses modèles. Skull Island offrait quant à lui le plaisir presque coupable d'un film décomplexé. J'espérais sincèrement que Godzilla II - Roi des monstres (ai-je vraiment besoin de préciser que je trouve ce titre horriblement laid ?) suivrait plutôt la voie emprunté par le singe géant, un affrontement entre monstres titanesques s'accordant mal, à mes yeux, avec un film trop sérieux. Pas de bol, le film de Michael Dougherty (Trick'r treat, Krampus) va vouloir jouer la carte du "dramatique" (oui, avec des guillemets) et du "réaliste" (avec encore plus de guillemets), en nous récitant la gamme du blockbuster américain sans imagination, avec ses personnages creux, son humour de collégien ("Ghidorah, ça ressemble à gonorrhée" LOL) et son scénario brouillon.

On a ainsi la gentille petite famille américaine, déchirée par un drame lors de la dernière apparition de Godzilla : le papa est très colère, a sombré dans l'alcool et souhaite la mort de tous les monstres ; la maman est tristoune, mais a choisi de se tourner vers la recherche pour mieux comprendre les monstres ; la fille ne sait pas trop où se situer, et se contente d'errer avec la même expression pendant deux heures (pour ceux qui se poseraient la question, Millie Bobby Brown n'a pas pris de cours d'interprétation depuis Strangers things). Ajoutez à tout ça un méchant terroriste écologique qui estime que la meilleure façon d'éviter la destruction de la planète, c'est de détruire la planète, et vous êtes en terrain parfaitement connu. Aucune surprise, aucun rebondissement, de la rédemption, du sacrifice, de la bravoure, du sauvetage à l'ultime seconde : on se demande comment fait le film pour passer autant de temps avec des personnages aussi lisses, mais il le fait. Bref, au niveau des personnages, c'est un gros raté qui prend beaucoup trop de place.


Heureusement, il y a les monstres, et le film se montre particulièrement généreux à ce niveau. On retrouve donc les camarades de jeu les plus habituels de Godzilla, à savoir King Ghidorah, Mothra et Rodan. Et quelques rapides apparitions d'autres Titans, qui prouvent s'il le fallait encore que les japonais sont quand-même autrement plus créatifs que les américains quand il s'agit d'imaginer un monstre. On imagine sans peine les millions de dollars ingurgités par la production pour faire vivre ces créatures et, si on peut admirer des effets spéciaux souvent irréprochables, j'avoue rester un peu sur ma faim quant aux apparences des créatures. L'un des paradoxes du kaiju eiga est de faire quelque chose de cohérent sans vraiment chercher le réalisme à tout prix. Ici, on a le paradoxe inverse : à vouloir faire trop crédible, le film perd souvent toute vraisemblance. Alors oui, Rodan qui sort de son volcan, King Ghidorah qui sort de sa prison de glace, cela donne des images superbes... mais on n'y croit pas une seconde.

Sans doute bien conscient de ces limites, le réalisateur choisit généralement de nous placer au plus près de l'action. A côté de ces satanés personnages dont on se contrefout, en fait. Le résultat est double : on assiste ainsi à des combats souvent illisibles, mais dont la proximité renforce l'intensité et le caractère chaotique. Souvent un peu frustrant, le procédé prend enfin toute son ampleur lors du combat final, particulièrement réussi. En fait, l'élément le plus réussi des Titans est la façon avec laquelle ils ont été intégrés aux mythes et croyances classiques.


On s'étonnera aussi de l'étrange maladie des scénaristes, apparemment atteints de ce que je qualifierais d'un "Tourette de référence" : à intervalles réguliers, sans prévenir, sans réelle cohérence, on nous balance un clin d'oeil visuel, une musique, une phrase destinée à faire vibrer le fan de la saga japonaise dans une espèce de gros renvoi incongru. Un peu comme si on venait vous roter à la tronche des pâtes à la crème fraiche et aux lardons en espérant vous faire voyager en Italie. Je ne suis vraiment pas fan du Godzilla de 2014, mais Edwards, en plus de savoir filmer les affrontements entre monstres, parvenait à intégrer subtilement ses coups de coude complices.

Des personnages inintéressants et trop présents, des monstres présents mais qui nous laissent sur notre faim, un scénario sans imagination (l'Orca, quelle idée grotesque...) et une réalisation quelconque : Godzilla II - Roi des monstres est un blockbuster navrant, alors qu'il aurait pu offrir un formidable spectacle. On préférera largement revoir Pacific Rim, supérieur à tous les niveaux, ou bien sûr les meilleurs films japonais du genre.

Note : 3/10


lundi 27 mai 2019

Pokémon - Détective Pikachu


Titre : Pokémon - Détective Pikachu
Réalisateur : Rob Letterman
Acteurs : Ryan Reynolds, Justice Smith, Bill Nighy
Date de sortie en France : 8 mai 2019
Genre : aventures

Synopsis : 
Après la disparition mystérieuse de Harry Goodman, un détective privé, son fils Tim va tenter de découvrir ce qui s’est passé.  Le détective Pikachu, ancien partenaire de Harry, participe alors à l’enquête : un super-détective adorable à la sagacité hilarante, qui en laisse plus d’un perplexe, dont lui-même. Constatant qu’ils sont particulièrement bien assortis, Tim et Pikachu unissent leurs forces dans une aventure palpitante pour résoudre cet insondable mystère.

Avis : 
 J'adore les Pokémon. Même si je suis surtout resté bloqué aux deux premières générations, à la glorieuse époque de ma GameBoy, j'ai toujours été fan de ces créatures, et je figure parmi les joueurs assidus de Pokémon Go. A l'annonce d'un film live, j'étais assez septique : l'idée de voir les monstres de poche évoluer en images de synthèse m'effrayait un peu, de même que l'idée d'une histoire centrée sur cet univers qui autorise peu de fantaisies narratives. J'avoue cependant n'avoir jamais joué au jeu Détective Pikachu, et que la bande-annonce m'avait plutôt convaincu. 


En fait, j'aurais presque pu m'en contenter : presque tout y figure. Bien sûr, le sel principal du film, ce sont ces dizaines de Pokémon que l'on voit à l'écran, plus ou moins réussis (Pikachu, Salamèche, Bulbizarre ou Carapuce sont superbes, alors que Mewtwo ou Ectoplasma sont de vrais ratés). De ce côté là, on sera donc plutôt satisfaits, même si l'on pourra toujours regretter de ne pas en voir certains, ou de ne voir qu'une courte apparition d'autres (Rondoudou !). Mais sur ce point, déjà, peu de surprises : la plupart étaient déjà apparus dans les diverses bandes-annonces.

Pour le reste, rien de bien formidable à se mettre sous la dent : l'histoire est cousue de fil blanc, avec peu de surprises et des personnages bien identifiables pour toucher le plus grand nombre de membres de la famille possible. L'enquête ne constitue finalement qu'un fil rouge destiné à nous montrer le plus de Pokémon possibles. Il est vrai qu'on n'attendait pas forcément le film sur ce point, mais un scénario un peu plus étoffé aurait été appréciable - malgré une nouvelle tentative pour faire de Mewtwo une créature torturée, au-delà des simples considérations manichéennes.

Le vrai attrait du film, c'est finalement Pikachu. Parfaitement animée, tour à tour trop choupinou-mimi-d'amour et drôle, la créature bénéficie en plus du double de Ryan Reynolds (Deadpool, Avengers : endgame), qui en fait un animal accroc au café, maniant l'ironie et les doubles-sens de façon souvent hilarante. Ca devait être la star du film, et de ce côté là, c'est une réussite totale. Dommage que le reste soit beaucoup trop léger.

Note : 6/10


lundi 20 mai 2019

Us


Titre : Us
Réalisateur : Jordan Peele
Acteurs : Lupita Nyong'o, Winston Duke, Elisabeth Moss
Date de sortie en France : 20 mars 2019
Genre : horreur, thriller

Synopsis : 
De retour dans sa maison d’enfance, à Santa Cruz sur la côte Californienne, Adelaïde Wilson a décidé de passer des vacances de rêves avec son mari Gabe et leurs deux enfants : Zora et Jason. Un traumatisme aussi mystérieux qu’irrésolu refait surface suite à une série d’étranges coïncidences qui déclenchent la paranoïa de cette mère de famille de plus en plus persuadée qu’un terrible malheur va s’abattre sur ceux qu’elle aime. Après une journée tendue à la plage avec leurs amis les Tyler, les Wilson rentrent enfin à la maison où ils découvrent quatre personnes se tenant la main dans leur allée. Ils vont alors affronter le plus terrifiant et inattendu des adversaires. 
 
Avis : 
Après le sympathique mais inabouti Get out, Jordan Peele était attendu au tournant : allait-il, comme beaucoup, n'être l'homme que d'un seul film, ou allait-il s'inviter plus franchement à la table des rares réalisateurs contemporains dont on attendra impatiemment les nouvelles oeuvres ? Avec Us, ce sera clairement la seconde option, le film se hissant sans mal parmi les meilleurs films de genre de ces dernières années, malgré quelques défauts évidents. 
 
 
On l'avait déjà vu dans Get out : Jordan Peele sait installer une ambiance, de façon insidieuse, en glissant une étrangeté par-ci, une bizarrerie par-là, un détail que l'on n'aperçoit que du coin de l'oeil... Si l'introduction du film est formidable, toute la séquence home invasion va constituer le coeur du film, souvent terrifiante, grâce notamment aux interprétations de Lupita Nyong'o et de la jeune Shahadi Wright Joseph. 
 
Bref, un thriller horrifique intense... mais qui perd toute sa force lorsque Peele tente d'expliquer le phénomène. Handicapé par un sous-texte social et politique aussi balourd qu'évident, le film se perd en échanges laborieux, là où le mystère aurait, a mon sens, vraiment été préférable. Pire encore, avec un twist final totalement inutile, le réalisateur semble soudain prendre le spectateur pour un con, comme s'il n'avait pas été foutu de comprendre les différents indices glissés sans subtilité tout au long du film. 
 
Un peu comme Get out, Us laisse donc un peu sur sa faim, la faute à une seconde partie qui souffle le froid après un premier acte formidable. Resteront des séquences formidables, quelques passages terrifiants, et l'extraordinaire prestation de Lupita Nyong'o. Il ne reste plus qu'à savoir faire une seconde partie aussi réussie que la première, voire plus, et Jordan Peele sera vraiment incontournable ! 
 
Note : 7/10