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mardi 17 mai 2022

The Northman

 
Titre : The Northman
Réalisateur : Robert Eggers
Acteurs : Alexander Skarsgard, Anya Taylor-Joy, Nicolas Kidman
Date de sortie en France : 11 mai 2022
Genre : drame, action

Synopsis : 
Le jeune prince Amleth vient tout juste de devenir un homme quand son père est brutalement assassiné par son oncle qui s'empare alors de la mère du garçon. Amleth fuit son royaume insulaire en barque, en jurant de se venger. Deux décennies plus tard, Amleth est devenu un berserkr, un guerrier viking capable d'entrer dans une fureur bestiale, qui pille et met à feu, avec ses frères berserkir, des villages slaves jusqu'à ce qu'une devineresse lui rappelle son vœu de venger son père, de secourir sa mère et de tuer son oncle. Il embarque alors sur un bateau pour l'Islande et entre, avec l'aide d'Olga, une jeune Slave prise comme esclave, dans la ferme de son oncle, en se faisant lui aussi passer pour un esclave, avec l'intention d'y perpétrer sa vengeance. 
 
Avis :  
Après les excellents The Witch et The Lighthouse, Robert Eggers revient avec un budget plus conséquent pour une énième relecture du mythe d'Hamlet (ou de la légende scandinave d'Amleth). Une histoire de vengeance exercée par des guerriers barbus grognant à moitié à poil, sur fond de folklore scandinave, dans laquelle on cherchera désespérément un peu d'originalité. 
 

Car le Viking est à la mode depuis quelques années, de la série Vikings au jeu Assassin's Creed Valhalla (déjà souvent similaires), et on commence à faire le tour de la question. Aussi, quand le roi Aurvandill se fait trahir par son frère (si vous n'avez pas compris, à son physique, que ce personnage était méchant...), obligeant le fils à se venger, personne ne sera surpris. Sauf peut-être les scénaristes, qui semblent estimer que c'est encore trop compliqué, et nous rappellent plusieurs fois que le personnage principal est en quête de vengeance. 

Et c'est bien dommage, car en dehors de ce scénario rachitique (et de ses très grosses ficelles...), on ne peut que saluer la mise en scène de Robert Eggers, qui nous offre quelques séquences d'une formidable intensité, notamment avec quelques plan-séquences à couper le souffle, ou les scènes fantasmagoriques. Visuellement, tant dans la réalisation que dans la reconstitution, c'est à couper le souffle. On ne pourra malheureusement pas en dire autant de Alexander Skarsgard, dont le charisme est, dans le film, proportionnel à la longueur des poils, ou de Nicole Kidman. En revanche, j'aurais adoré voir plus longtemps Willem Dafoe !

Petite déception donc que ce Northman, qui souffre sans doute d'arriver après la bataille et de ne rien offrir de nouveau. Un blockbuster finalement assez classique, que l'on suivra sans ennui (ce qui est presque un défaut, notamment à côté d'un Valhalla rising bien plus exigeant... et plus réussi) mais sans passion. Allez, on espère que Eggers se reprendra sur le remake de Nosferatu, où son sens de l'image et de la mise en scène peut faire des merveilles ! 



mercredi 19 mai 2021

Godzilla vs Kong


Titre : Godzilla vs Kong
Réalisateur : Adam Wingard
Acteurs : Alexander Skarsgård, Kyle Chandler, Millie Bobby Brown
Date de sortie en France : 
Genre : fantastique, action

Synopsis : 
À une époque où les monstres parcourent la Terre, et alors que l’humanité lutte pour son avenir, Godzilla et King Kong, les deux forces les plus puissantes de la nature, entrent en collision dans une bataille spectaculaire inédite. Alors que Monarch se lance dans une mission périlleuse en terrain inconnu, et qu’il découvre des indices sur les origines des Titans, un complot humain menace d’éradiquer ces créatures – qu’elles soient bonnes ou mauvaises – de la surface de la planète.

Avis : 
En 1962, pour son troisième film, Godzilla affrontait le monstre le plus emblématique du cinéma dans le bien nommé King Kong contre Godzilla. Soixante ans plus tard, c'est dans le cadre du MonsterVerse, où il apparaît également pour la troisième fois (après Godzilla (2014) et Godzilla II - Roi des monstres), que le Big G croise la route du Roi de Skull Island. Un affrontement que l'on aurait dû voir débarquer sur nos écrans en 2020, mais qui a ensuite été reporté en raison de la pandémie de Covid19, jusqu'à débarquer en France en VOD. A l'heure où j'écris ces lignes , aucune date de sortie n'est prévue sur nos grands écrans. Ce serait quand même dommage : même si beaucoup de monde l'a sans doute déjà vu, c'est typiquement le genre de spectacle qui se savoure pleinement plongé dans le noir, avec un écran de plusieurs mètres et une installation sonore de malade. 


Se focaliser sur les monstres, et laisser de côté les humains : voilà donc la recette idéale du film de monstres selon le réalisateur de Godzilla vs Kong, Adam Wingard. Une proposition alléchante, surtout après un Godzilla II - roi des monstres qui laissait beaucoup trop de place à ses personnages sans intérêt. Encore faut-il l'assumer. Et c'est là où le bât blesse : si Godzilla vs Kong remplit parfaitement sa promesse de spectaculaire, il se loupe complètement sur les personnages qui sont, une nouvelle fois, bien trop mis en avant pour ce qu'ils ont à apporter. 

On s'attendait donc à voir des monstres géants s'en foutre plein la tronche, et on ne sera pas déçus : il ne faudra que 10 minutes de films pour voir Godzilla détruire une zone industrielle et redécouvrir Kong sur son île. Les affrontements entre les deux icônes tiendront parfaitement leur promesse, notamment celui sur le porte-avion, bénéficiant d'effets spéciaux monstrueux et d'une mise en scène efficace. Tout juste pourra-ton regretter une physique fantaisiste par moments (ça bondit comme une gymnaste soviétique après 3 piqûres), ou une ville de Hong Kong où l'on ressent terriblement le côté artificiel du décor, mais ça envoie du lourd et, encore une fois, ça mériterait clairement d'être vu au cinéma. 

Martha...
WHY DID YOU SAY THAT NAME ???

Le problème, c'est que contrairement à ce que prétend Wingard, il y a des personnages, et ils prennent beaucoup, beaucoup trop de place. Pour rien. Au point de voir la saillie du réalisateur comme l'aveu d'un terrible échec : il y a une énorme différence entre ne pas vouloir développer ses personnages, et ne pas savoir le faire.  On va ainsi se farcir les caricatures que l'on retrouve beaucoup trop souvent dans les blockbusters de ces dernières années : le sidekick comique noir (complotiste de surcroît, c'est dans l'air du temps), le pote geek obèse et peu courageux (devinez qui va sauver la mise à tout le monde ?), Millie Bobby Brown qui n'est là que parce qu'elle est connue du grand public, la gamine sourde-muette (enfin, quand ça l'arrange) qui va apprendre la langue des signes à Kong, le méchant capitaliste tellement méchant que même sa fille est méchante (devinez qui va se faire tuer par sa propre ambition ?)... Dans un genre où les meilleurs films sont ceux qui parviennent à développer les personnages humains (Godzilla, King Kong et son remake par Jackson, les Gamera des années 90), il suffit pourtant de pas grand chose pour donner un peu d'intérêt ou d'enjeux : Kong : Skull island y parvient parfaitement par exemple. Mais même ce minimum semble inaccessible ici. 

Au final, Godzilla vs Kong n'offre pas exactement ce qu'on pouvait en attendre. Si on a bien du divertissement spectaculaire et sans prise de tête, le film donne une nouvelle fois trop de temps à des personnages sans intérêt et à un scénario complètement vide, contrairement à ce qu'annonçait Adam Wingard, malheureusement devenu le gentil yes-man à sa mémère. J'avoue ne pas forcément avoir hâte de le voir s'attaquer à la suite déjà prévue : Son of Kong. 



dimanche 17 novembre 2013

The East


Titre : The East
Réalisateur : Zal Batmanglij
Acteurs : Brit Marling, Alexander Skarsgård, Ellen Page
Date de sortie en France : 10 juillet 2013
Genre : thriller

Synopsis : 
Ancien agent du FBI, Sarah Moss travaille désormais pour une agence de renseignement privée qui protège les intérêts de puissants hommes d’affaires. Elle reçoit pour mission d’infiltrer The East, un mystérieux groupuscule éco-terroriste qui s’attaque aux multinationales coupables de dissimuler leurs agissements criminels. Déterminée, ultra entraînée, Sarah parvient à s’intégrer au groupe malgré leur méfiance, et doit même participer à leur prochaine action. Mais plus elle vit avec les membres passionnés de The East, en particulier Benji, l’anarchiste, plus elle se sent écartelée entre les deux mondes et s’interroge sur elle-même…

Avis : 
En France, nous avions Le Pharmacien de garde, un film qui n'aura pas marqué les mémoires et dans lequel Vincent Pérez luttait contre les méchants capitalistes pollueurs à coups de cigarettes et de coccinelles kamikazes (!!!). A l'international, nous avons donc désormais The East, avec son groupe d'éco-terroristes bien décidés à appliquer une ligne directrice très simple : oeil pour oeil, empoisonnement pour empoisonnement.


Si le thème est intéressant, et que l'introduction fait illusion, on ne saura jamais vraiment où le film veut en venir : doit-on s'attacher au groupe, dont les motivations sont défendables, mais dont les méthodes sont contestables ? Difficile à dire, car ils nous sont présentés comme une bande de hippies un peu idiots (sauf quand ils doivent agir contre les multinationales, avec une efficacité un peu surnaturelle), mais on ne peut raisonnablement pas prendre parti pour les pollueurs. Cela donnera quelques scènes un peu irréelles, comme ce prise de conscience subite d'un homme d'affaires, tandis que le reste sera juste effleuré, comme la puissance de ces multinationales, capables de supprimer leurs ennemis ou les informations compromettantes en levant à peine le petit doigt.

En fait, le film se concentre surtout sur le mode de vie du groupe, à base de récupération, d'entraide, de rejet du gaspillage et de rites étranges. On suit ainsi leur quotidien, loin d'être passionnant, où l'on joue au jeu de la bouteille et se lave en groupe dans la rivière voisine. De ce fait, on perd complètement l'aspect espionnage et thriller, et l'agent infiltré ne fait pas grand chose d'autre que rapporter à ses patrons ce qu'ils savaient déjà. Pire, à l'image d'un Point break, elle va évidemment s'attacher au groupe, dans un retournement de situation horriblement prévisible et mal amené...

The East loupe donc l'occasion d'exploiter un sujet fort pour livrer un petit thriller tout mou et surtout très convenu. On finit par s'ennuyer, d'autant que les acteurs font à peine le minimum pour nous y faire croire (je crois que je n'avais jamais vu Ellen Page jouer si mal...). Vite vu, et vite oublié, ce n'est pas avec ce film que l'on risque d'arrêter de jeter des pommes encore mangeables dans les poubelles (car oui, c'est une des images fortes du film.)

Note : 3,5/10