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lundi 14 mai 2018

Rampage - hors de contrôle


Titre : Rampage - hors de contrôle (Rampage)
Réalisateur : Brad Peyton
Acteurs : Dwayne Johnson, Naomie Harris, Malin Âkerman
Date de sortie en France : 2 mai 2018
Genre : catastrophe, action

Synopsis : 
Primatologue de profession, David Okoye a plus de mal à nouer des liens avec ses semblables qu'avec les singes. Pas étonnant qu'il se soit pris d'affection pour George, adorable gorille d'une intelligence hors du commun, dont il s'occupe depuis sa naissance. Mais suite à une expérience génétique catastrophique, George se métamorphose en monstre incontrôlable. Et il n'est pas le seul puisque d'autres animaux se transforment en prédateurs enragés aux quatre coins du pays, détruisant tout sur leur passage. Okoye décide alors de travailler d'arrache-pied avec une généticienne pour mettre au point un antidote. Pourront-ils à temps empêcher la planète d'être ravagée ?  

Avis : 
Et si Dwayne « The Rock » Johnson était devenu un concept à lui tout seul ? A l'image d'un Stallone ou d'un Schwarzenegger de la grande époque, l'ancien catcheur semble en effet pouvoir porter sur ses larges épaules n'importe quel concept de film, du remake d'un classique du film d'aventures familial (Jumanji : bienvenue dans la jungle) à la transposition sur grand écran d'une série ringarde (Baywatch). Finalement, qui d'autre aurait pu se retrouver à la tête de l'adaptation, forcément démesurée, du jeu vidéo Rampage ?


Le principe du jeu était simple : trois monstres lâchés dans une ville, qu'ils devaient réduire en ruines. Le scénario du film ne sera pas beaucoup plus compliqué, n'ajoutant à ce point de départ qu'un couple de méchants scientifiques et un gentil héros au sourire désarmant, à l'humour ravageur, au charisme dévastateur, plus à l'aise avec son ami King-kongien qu'avec ses semblables. L'acteur portera ainsi le film en attendant que les monstres se décident enfin à retravailler le paysage de Chicago.

Heureusement, cette attente sera récompensée, les trois animaux géants s'en donnant à coeur joie parmi les gratte-ciels, dégommant du militaire comme aux plus belles heures des films de monstres des années 50 ou du kaiju eiga, le tout en laissant le cerveau du spectateur dans un état de repos plutôt appréciable. Quelques saillies de Dwayne Johnson, un peu de comique de situation, quelques péripéties jubilatoires viendront ponctuer l'ensemble, ajoutant à l'idiotie, rédhibitoire ou non selon ce que le spectateur était venu chercher, d'une œuvre qui brille surtout par son aspect bourrin.

Bref, Rampage est une nouvelle ode à la gloire de The Rock, le seul actuellement capable de nous vendre un personnage primatologue et ancien militaire, le seul à pouvoir piquer des sprints en portant des armes lourdes après s'être fait tirer dessus, le seul à qui l'on peut pardonner une idiotie de tous les instants, pourvu que ce soit divertissant. Et c'est justement ce que j'attendais de ce Rampage – hors de contrôle : qu'il fasse tout péter, sauf mon cerveau.

Note : 6,5/10


lundi 22 juin 2015

San Andreas


Titre : San Andreas
Réalisateur : Brad Peyton
Acteurs : Dwayne Johnson, Alexandra Daddario, Carla Gugino
Date de sortie en France : 27 mai 2015
Genre : catastrophe

Synopsis : 
Lorsque la tristement célèbre Faille de San Andreas finit par s'ouvrir, et par provoquer un séisme de magnitude 9 en Californie, un pilote d'hélicoptère de secours en montagne et la femme dont il s'est séparé quittent Los Angeles pour San Francisco dans l'espoir de sauver leur fille unique. Alors qu'ils s'engagent dans ce dangereux périple vers le nord de l'État, pensant que le pire est bientôt derrière eux, ils ne tardent pas à comprendre que la réalité est bien plus effroyable encore…

Avis : 
Il faut bien l'avouer : on ne pensait pas avoir un jour l'impression que le 2012 de Roland Emmerich est en fait un film contemplatif. Pourtant, avec San Andreas, Brad Peyton va repousser encore plus loin les limites du blockbuster catastrophe bourrin, tout en restant horriblement fidèle aux éternelles valeurs puritaines de la grande et belle Amérique.


Le point de départ, qui rappelle un peu Volcano, c'est donc le réveil de la faille de San Andreas qui va transformer Los Angeles et San Francisco en nids à séismes. Oui, séismes, car la terre va trembler à de nombreuses reprises, de plus en plus fort, menaçant régulièrement les héros (et dégommant au passage des milliers d'anonymes, mais qui s'en soucie ?). La recette est simple : la meilleure façon d'enchaîner après une scène de séisme, c'est de balancer une autre scène de séismes quelques minutes plus tard. Et si vous voulez varier un peu les plaisirs, laissez un immeuble s'écrouler ou balancez un tsunami.

Dans une course à la démesure qui ferait pâlir de jalousie Michael Bay, le film enchaîne donc les événements apocalyptiques, souvent jusqu'à la surenchère (le tsunami en est l'exemple parfait), mais n'oublie pas de réunir au beau milieu de tout ça une famille en crise, faisant renaître l'amour entre deux adultes divorcés (et en écrasant violemment le nouvel amant, qui n'était de toute façon qu'un bellâtre richissime et lâche), leur permettant de retrouver leur fille perdue dans ce petit village qu'est San Francisco (où elle trouvera néanmoins l'amour), le tout en parvenant enfin à faire le deuil de leur autre fille décédée quelques années plus tôt.

Bref, ça tremble (et pas seulement la poitrine d'Alexandra Daddario), ça s'écroule (et pas seulement le scénario), ça inonde (et pas seulement de bons sentiments) et c'est très con (et pas seulement Dwayne Johnson) pendant deux heures. Mais surtout, ça nous lasse après 20 minutes, tout ce spectaculaire puéril et ce puritanisme nauséabond ("nous allons reconstruire", nous dit à la fin Dwayne Johnson en voyant flotter la bannière étoilée) nous achevant de façon plus radicale qu'un séisme de 10 sur l'échelle de Richter...

Note : 3/10


samedi 1 novembre 2014

Hercule


Titre : Hercule (Hercules)
Réalisateur : Brett Ratner
Acteurs : Dwayne Johnson, Rufus Sewell, Aksel Hennie
Date de sortie en France : 27 août 2014
Genre : action, peplum

Synopsis : 
Mi-homme mi-légende, Hercule prend la tête d’un groupe de mercenaires pour mettre un terme à la sanglante guerre civile qui sévit au royaume de Thrace et replacer le roi légitime sur le trône. Âme tourmentée depuis la naissance, Hercule a la force d’un dieu mais ressent aussi les peines et les souffrances d’un mortel. Sa puissance légendaire sera mise à l’épreuve par des forces obscures.

Avis : 
Avec la sortie de trois films, on pouvait pensait que le héros le plus célèbre de la mythologie grecque, Hercule, était mis à l'honneur cette année. Il ne nous aura pas fallu longtemps pour nous apercevoir que ce n'était pas vraiment le cas, entre une Légende d'Hercule de Renny Harlin et Hercules reborn de The Asylum rivalisant de nullité. Avec Hercule, réalisé par Brett Ratner (Rush Hour, X-Men 3), on avait au moins l'assurance d'un personnage charismatique.


Et ce sera tout, ou presque. Car si la présence de Dwayne "The Rock" Johnson (Infiltré, No pain no gain) permet de mettre en images un Hercule dégoulinant de virilité (jusqu'à se promener avec un énorme gourdin, au cas où on aurait encore des doutes), elle n'empêchera pas le film de s'enfermer dans un péplum archi-classique, où les rares retournements de situation peineront à sortir le spectateur de sa torpeur. On aurait en fait préféré que le film suive les fameux 12 travaux, afin de nous offrir un vrai spectacle, trop peu présent.

Dommage, car il y a quelques bonnes idées disséminées dans le film, comme la façon dont peuvent naître les légendes ou l'humanité derrière l'apparence de demi-Dieu d'Hercule. Mais si quelques touches d'humour font mouche, l'ensemble manque vraiment d'intérêt et de puissance, réduisant le héros au simple rang de personnage banal, hanté par ses erreurs et capable de se transcender pour sauver des innocents.

Ce n'est donc pas cette année qu'Hercule aura un film à la mesure de sa gloire, même si le film du toujours aussi limité Brett Ratner se place, sans effort, bien au-dessus des deux autres. Dommage, car il y avait là un énorme potentiel, que le charisme de Dwayne Johnson ne peut atteindre à lui seul...

Note : 5,5/10


lundi 30 septembre 2013

No pain no gain


Titre : No pain no gain (Pain & gain)
Réalisateur : Michael Bay
Acteurs : Mark Wahlberg, Dwayne Johnson, Ed Harris
Date de sortie en France : 11 septembre 2013
Genre : thriller, comédie

Synopsis : 
À Miami, Daniel Lugo, coach sportif, ferait n’importe quoi pour vivre le « rêve américain » et profiter, comme sa clientèle fortunée, de ce que la vie offre de meilleur : maisons de luxe, voitures de course et filles de rêve… Pour se donner toutes les chances d’y arriver, il dresse un plan simple et (presque) parfait : enlever un de ses plus riches clients et… lui voler sa vie. Il embarque avec lui deux complices, Paul Doyle et Adrian Doorbal, aussi influençables qu’ambitieux.

Avis : 
 En adaptant l'histoire vraie du gang des Sun Gym, des bodybuilders de Miami devenus criminels, Michael Bay met deux côtés deux éléments inhérents à son cinéma : le déluge incessant d'action et les budgets pharaoniques auxquels il était habitué (il s'agit de son film le moins cher depuis Bad boys). Pour parvenir à un budget de 20 millions de dollars, il a d'ailleurs choisi de ne toucher aucun salaire, tout comme Wahlberg et Johnson (mais ils recevront quand même un pourcentage des recettes).


Avec No pain no gain, Bay met donc en scène des culturistes pas très futés voulant eux aussi leur part du rêve américain : Daniel Lugo estime que son corps parfait doit être associé à un mode de vie luxueux ; Adrian Doorbal doit financer ses soins pour compenser les dégâts que les stéroïdes ont causé à son sexe ; Paul Doyle, tout juste sorti de prison, son choix de se tourner vers la religion a tourné court quand il a agressé son tuteur qui lui faisait des avances. Des situations qu'il est difficile de prendre au sérieux, d'autant que Bay va largement insister sur la bêtise du trio et le ridicule de certaines situations.

Avec une bonne dose d'humour noir, il nous décrit donc le trio comme incapable de réussir proprement ce qu'il entreprend, ne réussissant dans ses tentatives que par hasard : le passage où ils tentent d'éliminer le personnage interprété par Tony Shalhoub (Monk) est par exemple formidable. Les quiproquos se succèdent, les situations dégénèrent sans crier gare, et on s'amuse vraiment à suivre les aventures de ce gang qu'on a du mal à prendre au sérieux. C'est d'ailleurs là l'un des rares bémols : ces trois guignols semblent tellement inoffensifs que le véritable fait divers semble presque anecdotique, au point même d'être surpris de la peine que recevrons les personnages.

En abandonnant l'action parfois illisible et indigeste de ses précédents films (Transformers, Bad boys 2), Michael Bay fait mouche et livre un thriller souvent très drôle, tournant en dérision le rêve américain grâce à son trio de personnages principaux dont le QI est inversement proportionnel à la masse musculaire. On assiste même à ce curieux paradoxe : c'est quand il se pose un peu que Michael Bay réalise les films les moins ennuyeux !

Note : 8/10


mardi 11 juin 2013

Infiltré


Titre : Infiltré (Snitch)
Réalisateur : Ric Roman Waugh
Acteurs : Dwayne Johnson, Susan Sarandon, Jon Bernthal
Date de sortie en France : 8 mai 2013
Genre : action, thriller

Synopsis : 
John Matthews, un homme d’affaires, est dévasté lorsque son fils Jason, 18 ans, est condamné à dix ans de prison : il a été arrêté en possession d’un paquet de drogue envoyé par un de ses amis, mais il ignorait tout de son contenu. John propose alors un marché au procureur : il va infiltrer le plus redoutable des cartels de la drogue afin d’en faire tomber les têtes en échange d’une réduction de peine. Au cœur de l’organisation, il va mettre la vie de beaucoup de monde en jeu, à commencer par la sienne… 

Avis : 
 Avis à la population : avec Infiltré, nous allons apprendre que trafiquer de la drogue, c'est finalement pas si grave que ça, et qu'il suffit d'avoir un père qui s'infiltre chez les dealers, transporte et consomme de la drogue avant de buter du trafiquant à coups de semi-remorque pour éviter une peine de prison ô combien injuste.


Oui car le pauvre petit Jason, si innocent, accepte de recevoir des centaines de pillules d'extasy, de les cacher avant le retour de son ami dealer, et de toucher au passage sa commission tout en pouvant se servir à loisir dans le lot. Le pauvre garçon sera donc arrêté pour trafic de drogue et, refusant héroïquement de dénoncer des amis liés à la drogue, finira évidemment en prison à se faire violer et tabasser. Heureusement son père, qu'il ne voit plus et dont il bombarde la maison à coups d'oeufs, va tout faire pour le faire libérer, et donc accepter d'infiltrer les trafiquants de drogue, au mépris de la sécurité de sa famille (et aussi de toute logique. 

Bon, d'accord, on ne s'attendait pas à un scénario très élaboré, mais à ce niveau là, on frôle très sérieusement l'insulte pour le spectateur. Admettons, il existe après tout des films d'action très prenant malgré une histoire aussi ridicule que celle-ci. Seulement Infiltré n'est pas un film d'action - du moins pas avant la dernière demi-heure. Il suit, de façon horriblement linéaire, la progression de son héros au sein des cartels, montant rapidement en grade avant que son double jeu ne soit découvert. Ce qui ne l'empêchera pas de démanteler tout le groupe, réussissant là où les agents fédéraux n'avaient jamais progressé d'un pouce.

Dans le rôle de ce père de famille sans peur et sans reproche, on retrouve donc Dwayne Johnson (Le Roi scorpion, Fast & Furious je sais plus combien) qui tente vainement d'apporter un peu d'émotion à son personnage. Le problème, c'est que ses qualités d'interprétation restent très limitées (à l'exception de son rôle dans Southland Tales), et qu'on a du mal à le prendre au sérieux lorsqu'il déclare son amour à son fils en pleurnichant. Parmi les seconds rôles, on retrouve Jon Bernthal, de la série The Walking dead, Susan Sarandon (Thelma & Louise, Cloud Atlas) ou encore Barry Pepper (Il faut sauver le soldat Ryan, La Ligne verte).

Infiltré est donc un film d'une exemplaire banalité, uniquement remarquable par le message nauséabond qu'il véhicule. Reste un thriller plutôt efficace quand il se réveille enfin, dont les rares scènes d'action sont plutôt réussies, et qui ne nous ennuie pas vraiment...

Note : 4/10