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lundi 23 novembre 2015

Everest


Titre : Everest
Réalisateur : Baltasar Kormakur
Acteurs : Jason Clarke, Josh Brolin, Jake Gyllenhaal
Date de sortie en France : 23 septembre 2015
Genre : catastrophe, drame

Synopsis : 
Inspiré d'une désastreuse tentative d'ascension de la plus haute montagne du monde, Everest suit deux expéditions distinctes confrontées aux plus violentes tempêtes de neige que l'homme ait connues. Luttant contre l'extrême sévérité des éléments, le courage des grimpeurs est mis à l'épreuve par des obstacles toujours plus difficiles à surmonter alors que leur rêve de toute une vie se transforme en un combat acharné pour leur salut.

Avis : 
Avec son casting impressionnant (Jason Terminator Genisys, La Planète des singes : l'affrontement Clarke, Jake Nightcall, La Rage au ventre Gyllenhaal, Josh Sin City : j'ai tué pour elle Brolin...) et sa promesse de spectaculaire, l'adaptation du récit Tragédie à l'Everest, inspirée des incidents de la saison 1996 sur le plus haut sommet du monde, Everest avait le potentiel pour être un des films les plus mémorables de l'année. Ce ne sera hélas pas le cas...


Le film remplit néanmoins le cahier des charges au niveau du spectaculaire et des paysages : on a l'impression, sur grand écran, d'escalader les sommets avec les alpinistes, de flirter avec les précipices, jusqu'à ce moment euphorique où les grimpeurs atteignent le sommet - en même temps que le film, serais-je tenté d'ajouter. Un parallèle que je pousserais même jusqu'à considérer que l'intérêt redescend en même temps que l'expédition...

En effet, on peine à ressentir des émotions face à ces situations évidemment dramatiques, la faute à des personnages manquant de consistance et dont on se fout royalement. Certains meurent de façon presque anecdotique, ou dans des séquences dans lesquelles on tire au maximum sur la corde de l'émotion. Aucun équilibre donc, et aucune empathie pour les personnages malgré leurs destins tragiques.

Une très belle première partie et une seconde moitié beaucoup trop convenue et hollywoodienne : Everest propose de superbes images et de vraies émotions lors de l'ascension, avant d'enchaîner sur un film catastrophe sans... relief. Dommage.

Note : 5.5/10


samedi 15 août 2015

La Rage au ventre


Titre : La Rage au ventre (Southpaw)
Réalisateur : Antoine Fuqua
Acteurs : Jake Gyllenhaal, Rachel McAdams, Forest Whitaker
Date de sortie en France : 22 juillet 2015
Genre : drame, sportif

Synopsis : 
Champion du monde de boxe, Billy Hope mène une existence fastueuse avec sa superbe femme et sa fille qu’il aime plus que tout. Lorsque sa femme est tuée, son monde s’écroule, jusqu’à perdre sa maison et sa fortune. Pire, la garde de sa fille lui est retirée, la justice estimant son comportement incompatible avec son rôle de père. Au plus bas, il trouve une aide précieuse en la personne de Tick Willis, un ancien boxeur avec lequel il reprend l’entrainement. Billy va devoir se battre pour trouver la voie de la rédemption et regagner ainsi la garde de sa fille.

Avis : 
Avec La Rage au ventre, le réalisateur ajoute une nouvelle entrée dans sa filmographie dédiée au film de mâles : après son super-flic sauvant à lui seul les Etats-Unis dans La Chute de la Maison Blanche et son vigilante invincible dans Equalizer, il nous offre ici un grand classique de la culture américaine : le film de boxe. Tellement classique d'ailleurs que, malgré son intensité et son efficacité, le film va avoir des difficultés à nous faire oublier les oeuvres phares du genre, et notamment la saga Rocky.


Un boxeur au sommet, mais qui contrôle mal ses émotions, gère mal son entourage et son argent, et va finir par tout perdre avant de revenir aux sources pour retrouver les sommets : la trajectoire de Billy Hope est assez classique, mais va néanmoins être extrêmement prenante, grâce à l'interprétation de Jake Gyllenhaal (Night call, Enemy). L'acteur, qui a effectué un travail physique impressionnant, parvient encore à nous surprendre, insufflant à son personnage une intensité, une rage et une détresse à couper le souffle.

Ces éléments se retrouvent autant dans les passages dramatiques et plus intimistes, où le personnage est confronté à l'incompréhension et la colère de sa fille qu'il n'est plus en mesure d'élever correctement, que dans les séquences de combat, parfaitement filmées et dont on ressent les impacts à travers l'écran. Le aspects dramatique et sportif du film se contrebalancent très bien, et apportent à l'ensemble une certaine finesse (enfin, tout est relatif, évidemment) que l'on ne retrouvait pas dans les précédents films du réalisateur.

Peu de surprise donc avec La Rage au ventre, qui emprunte allègrement à la saga Rocky pour développer son histoire. Mais Antoine Fuqua nous livre une merveille d'efficacité et de fureur, à travers des combats monstrueux et un Jake Gyllenhaal impressionnant, qui nous montre une nouvelle fois qu'il sait absolument tout faire.

Note : 8/10


dimanche 14 décembre 2014

Night call


Titre : Night call (Nightcrawler)
Réalisateur : Dan Gilroy
Acteurs : Jake Gyllenhaal, Rene Russo, Bill Paxton
Date de sortie en France : 26 novembre 2014
Genre : thriller

Synopsis : 
Branché sur les fréquences radios de la police, Lou parcourt Los Angeles la nuit à la recherche d’images choc qu’il vend à prix d’or aux chaînes de TV locales. La course au spectaculaire n'aura aucune limite...

Avis : 
Pour son premier film en tant que réalisateur, Dan Gilroy (notamment scénariste de Jason Bourne : l'héritage de son frère Tony) nous entraîne dans la face sombre des nuits de Los Angeles. Celle des accidents, des vols, des meurtres. Celle dont vit Lou Bloom, chasseur d'images indépendant, dont la rémunération est directement liée au degré d'horreur et de violence des images qu'il ramène.


Sans grande surprise, le scénario nous proposera ainsi de suivre des événements de plus en plus glauques, à mesure que le personnage principal ose approcher puis mettre en scène les scènes horribles qu'il découvre. Cela donne quelques moments d'une remarquable intensité (le passage dans le fast-food est particulièrement étouffant), mais on regrettera l'absence d'une véritable évolution dans le film, notamment par le biais d'un personnage principal qui n'évoluera jamais d'un poil.

Ainsi, malgré la performance - comme toujours- remarquable de Jake Gyllenhaal (Enemy, Donnie Darko), le film finit par lasser un peu par son côté répétitif, que l'on retrouve jusque dans ce cynisme omniprésent qui, s'il est d'abord vraiment jubilatoire, finit par devenir un artifice et perd peu à peu son impact. La critique des médias et de la course au scoop et à l'image choc en devient presque irritante de facilité.

Il ne faut donc pas grand chose pour faire de ce Night call (renommé ainsi afin de profiter au maximum de l'aura de Drive) un excellent film. Mais le cynisme pour le cynisme finit par lasser, d'autant qu'il constitue l'unique argument d'une histoire qui ne connaît finalement aucune réelle progression chez ses personnages.

Note : 7/10


mercredi 3 septembre 2014

Enemy


Titre : Enemy
Réalisateur : Denis Villeneuve
Acteurs : Jake Gyllenhaal, Mélanie Laurent, Sarah Gadon
Date de sortie en France : 27 août 2014
Genre : thriller, drame

Synopsis : 
Adam, un professeur divorcé, mène une vie tranquille avec sa fiancée Mary. Il découvre son double parfait en la personne d'Anthony, un acteur qui habite avec son ex-femme, près de chez lui. Adam commence à observer son double, avec l'intention de maintenir une certaine distance, mais très vite la vie des deux couples s'entremêle, au point de les précipiter dans une lutte à l'issue tragique, dans laquelle seul l'un des deux couples survivra...

Avis : 
Enemy est l'adaptation par Denis Villeneuve (à qui l'on doit notamment Prisoners, réalisé après mais sorti au cinéma avant Enemy) du roman L'Autre comme moi de José Saramago. Il met en scène Jake Gyllenhaal dans un double rôle principal, une double identité derrière laquelle se cache une réalité que nous découvrirons pendant le film.


Enfin, quand je dis "pendant le film", le spectateur un minimum attentif aura tout découvert au bout de 20 minutes. Comme pour Prisoners, Denis Villeneuve insiste tellement sur ses indices qu'il est compliqué de ne pas les remarquer : il suffira d'écouter le premier monologue de Jake Gyllenhaal pour se faire une idée de l'intrigue, et le reste du film ne fera que décliner ces pistes pendant une heure. Et comme si cela ne suffisait pas, le réalisateur canadien va en plus nous offrir une symbolique assez lourde à base de miroirs, d'araignées et de clés.

Heureusement, il reste le talent de Jake Gyllenhaal, très convaincant dans ces deux rôles, permettant au film de garder un réel intérêt alors même que le mystère a disparu. On se plaît presque à reconstituer un puzzle trop simple juste parce qu'on s'intéresse vraiment à l'acteur. Il faut avouer également que la réalisation de Villeneuve compense en partie la faiblesse de son scénario, même si l'omniprésente teinte jaune participe à la lourdeur symbolique de l'ensemble.

Pas désagréable, Enemy n'échappe cependant pas à une forte impression de déjà-vu, développant sans grande imagination le thème du double à grands renforts d'indices traînant partout et de symboles trop évidents. Dommage, car le sujet était intriguant...

Note : 6/10


dimanche 10 novembre 2013

Prisoners


Titre : Prisoners
Réalisateur : Denis Villeneuve
Acteurs : Hugh Jackman, Jake Gyllenhaal, Viola Davis
Date de sortie en France : 9 octobre 2013
Genre : thriller

Synopsis : 
Dans la banlieue de Boston, deux fillettes de 6 ans, Anna et Joy, ont disparu. Le détective Loki privilégie la thèse du kidnapping suite au témoignage de Keller, le père d’Anna. Le suspect numéro 1 est rapidement arrêté mais est relâché quelques jours plus tard faute de preuve, entrainant la fureur de Keller. Aveuglé par sa douleur, le père dévasté se lance alors dans une course contre la montre pour retrouver les enfants disparus. De son côté, Loki essaie de trouver des indices pour arrêter le coupable avant que Keller ne commette l’irréparable… Les jours passent et les chances de retrouver les fillettes s’amenuisent…

Avis : 
  L'enlèvement, et particulièrement l'enlèvement d'enfants, est toujours un sujet privilégié au cinéma et à la télévision. Thème éminemment anxiogène, il est au centre de ce Prisoners, thriller dans lequel deux petites filles sont kidnappées. On suivra donc l'enquête pour les retrouver, menée par Jake Gyllenhaal (Donnie Darko, Zodiac), mais aussi l'évolution de l'un des pères de famille, interprété par Hugh Jackman (Wolverine, le combat de l'immortel), prêt à tout pour retrouver sa fille et son ravisseur.


Grâce à des acteurs très impliqué, parmi lesquels on retrouve également Terrence Howard (Dead man down, Le Majordome), Paul Dano (Little Miss Sunshine, There will be blood) ou Viola Davis (La Stratégie Ender, Trust), et une réalisation efficace, faisant aisément naître une tension et une atmosphère oppressante. Le film prend cependant une autre dimension lorsque le suspect principal est relâché : l'enquête est alors accompagnée d'une nouvelle intrigue, où le personnage interprété par Jackman cherche à se faire justice lui-même, convaincu que la police ne fait pas le nécessaire. 

Prisoners devient alors plus dur, plus violent, mais perd également en subtilité. Ce côté rentre-dedans semble même contaminer l'enquête policière, qui ne fonctionnera rapidement qu'à base de coïncidences, de hasards, ou de pistes sur lesquelles le spectateur un peu attentif aura une bonne longueur d'avance. Le film tente de reprendre un peu de profondeur en développant quelques intrigues secondaires, destinées à se rejoindre pour le final, mais manquant à leur tour de pertinence...

Finalement, le film de Denis Villeneuve est un très bon thriller, auquel il manque cependant un peu de profondeur. A force de dispersion et de facilités, Prisoners s'éloigne peu à peu de l'excellence, de nombreux détails venant gêner la cohérence d'un ensemble qui reste néanmoins très satisfaisant, nous scotchant à l'écran pendant 2h30 sans jamais nous ennuyer une seconde.

Note : 8/10