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vendredi 5 février 2016

Le Nouveau stagiaire


Titre : Le Nouveau stagiaire (The Intern)
Réalisateur : Nancy Meyers
Acteurs : Robert De Niro, Anne Hathaway, Rene Russo
Date de sortie en France : 7 octobre 2015
Genre : comédie

Synopsis : 
Ben Whittaker, un veuf de 70 ans s'aperçoit que la retraite ne correspond pas vraiment à l'idée qu'il s'en faisait. Dès que l'occasion se présente de reprendre du service, il accepte un poste de stagiaire sur un site Internet de mode, créé et dirigé par Jules Ostin.

Avis : 
Au rayon des gentilles petites comédies américaines, les thématiques de la complicité transgénérationnelle, du glorieux troisième âge, de la chronique d'entreprise sont des classiques. Avec Le Nouveau stagiaire, Nancy Meyers (Ce que veulent les femmes) va suivre les chemins balisés sans jamais s'en écarter... pour offrir un petit film agréable et sans prétention.


Avec un Robert De Niro parfait dans le rôle de ce sénior incapable de rester inactif, et une Anne Hathaway convaincante dans la peau de cette jeune patronne d'une entreprise montant qui n'a plus une seconde pour elle, le film choisit de rapidement écarter les mésententes entre les deux personnages opposés pour se focaliser sur leur complicité, sur les solutions que va trouver le stagiaire aux problèmes de sa patronne.

Tout y passe donc, des problèmes familiaux de Hathaway à la nouvelle romance de De Niro, le tout avec une bienveillance tout américaine (tous les problèmes se règlent très facilement), articulé autour de gags plus ou moins réussis et d'une gentille petite morale.

Bref, Le Nouveau stagiaire est une de ces friandises inoffensives, aussi vite oubliées que vues: on passe un bon moment devant, mais cela s'arrête là. C'est déjà pas mal finalement, même si on ne cherchera jamais à le revoir.

Note : 6.5/10


mercredi 12 novembre 2014

Interstellar


Titre : Interstellar
Réalisateur : Christopher Nolan
Acteurs : Matthew McConaughey, Anne Hathaway, Michael Caine
Date de sortie en France : 5 novembre 2014
Genre : science-fiction

Synopsis : 
Dans un futur proche, la Terre est de moins en moins accueillante pour l'humanité qui connaît une grave crise alimentaire. Cooper, un ancien pilote d'essai et ingénieur, est devenu agriculteur et vit dans sa ferme avec sa famille. Sa fille Murphy, âgée de dix ans, croit que leur maison est hantée par un fantôme qui tente de communiquer avec elle. Son père la défie de prouver l'existence de ce fantôme selon une démarche scientifique, elle découvre avec son aide que le «fantôme» est une forme inconnue d'intelligence qui leur envoie des messages codés au moyen d'ondes gravitationnelles qui altèrent la poussière sur le sol, et les orientent vers une installation secrète de la NASA.

Avis : 
Après la trilogie Batman et Inception, Christopher Nolan s'est installé parmi les meilleurs réalisateurs hollywoodiens, ceux qui transcendent l'action et le spectaculaire pour offrir des films aux thématiques plus matures et plus profondes. Aussi était-il attendu au tournant avant de nous proposer Interstellar, film de science-fiction au casting impressionnant : McConaughey (Mud, Dallas buyers club), Anne Hathaway (The Dark Knight rises, Les Misérables), Jessica Chastain (Zero dark thirty, Take shelter), Matt Damon (Elysium, Promised land) ou encore Michael Caine.


Très clairement, avec Insterstellar, Nolan semble avoir voulu faire son 2001 : l'odyssée de l'espace ou son Solaris. En effet, si son film se caractérise surtout par son aspect épique, ses scènes spectaculaires et son intensité, il va dans son dernier tiers entraîner le spectateur dans une ambiance très particulière, vers des questionnements et des sujets plus profonds et plus abstraits, rappelant autant visuellement que thématiquement les films de Kubrick et de Tarkovski, auxquels il multiplie les clins d'oeil... sans en atteindre cependant la qualité.

L'un des problèmes du film est en fait son côté un peu bordélique, qui fait par moments perdre le fil d'événements pourtant simples. On sent ainsi que Gravity est passé par là, dans la retranscription de la vie dans l'espace, mais Interstellar n'en a pas la maîtrise. Cela n'empêche pas le film d'être visuellement formidable, autant dans les scènes terrestres, avec ces terribles tempêtes de poussière par exemple, que sur les planètes visitées. Et, bien sûr, l'interprétation est sans faille, avec principalement un Matthew McConaughey toujours aussi charismatique et touchant, amenant à lui seul une bonne partie de l'émotion que l'on pourra ressentir.

Interstellar est donc un excellent film, un blockbuster de très haut niveau, dont on pouvait néanmoins espérer mieux : il lui manque en effet un je-ne-sais-quoi, un peu de clarté et de maîtrise par exemple (même si l'on s'amuse vraiment avec le jeu entre les dimensions). Reste un des films de l'année, un formidable divertissement, spectaculaire et intelligent. Peut-être devient-on tout simplement trop exigeant avec Christopher Nolan après tout !

Note : 9/10


vendredi 5 avril 2013

Les Misérables


Titre : Les Misérables
Réalisateur : Tom Hooper
Avec : Hugh Jackman, Russell Crowe, Anne Hathaway
Date de sortie en France : 13 février 2013
Genre : musical, drame

Synopsis : 
Dans la France du 19e siècle, une histoire poignante de rêves brisés, d'amour malheureux, de passion, de sacrifice et de rédemption : l'affirmation intemporelle de la force inépuisable de l'âme humaine.
Quand Jean Valjean promet à Fantine de sauver sa fille Cosette du destin tragique dont elle est elle-même victime, la vie du forçat et de la gamine va en être changée à tout jamais. 

Avis : 
Si vous avez toujours rêvé de voir, pendant 150 minutes, des acteurs renommés pousser la chansonnette en étant filmés de face, Les Misérables de Tom Hooper, adaptation de la comédie musicale éponyme et du célèbre roman de Victor Hugo, est fait pour vous. En revanche, si vous voulez voir un bon film, passez vite votre chemin : le réalisateur australien, oscarisé pour Le Discours d'un roi, s'est apparemment dit qu'il pouvait se contenter des seules performances de ses acteurs - chanteurs pour réussir son film. Mauvaise pioche.

Les Misérables est un film musical : passons donc sur les nombreuses chansons, forcément inégales (à côté du fameux I dreamed a dream ou de Look down, la plupart des titres font vraiment pitié), ou sur le fait qu'on chante la plupart du temps pour ne rien dire. En revanche, cette manie insupportable qu'ont les personnages à fredonner la moindre de leur réplique, même pour dire la pire banalité, entraîne rapidement le film vers le grotesque, au point de croire, par moments, à une caricature du genre.


Gênant, mais pas autant que la réalisation de Tom Hooper : se contentant, de façon presque exclusive, de filmer ses acteurs de face et de près, il retire absolument tout impact à la plupart des chansons, et donc aux destins des personnages. Il refuse ainsi toute émotion, toute dimension épique et tout intérêt à l'histoire, et ni la déchéance de Fantine, ni la mort de Gavroche, ni les face-à-face entre Valjean et Javert n'ont l'impact qu'ils méritent. Pire, cette réalisation fainéante empêche de savourer l'interprétation d'un casting pourtant énorme : perdus face à cette caméra qui les scrute fixement pendant qu'ils chantent, ni Hugh Jackman, ni Anne Hathaway, ni surtout Russell Crowe n'évitent le surjeu.

On n'ose imaginer ce qu'auraient pu donner les mêmes scènes avec les mêmes acteurs, mais avec une réalisation un peu inspirée. En fait, l'unique scène à se démarquer est la présentation des Thénardier avec la chanson, pourtant médiocre, Master of the House, qui donne enfin lieu à une vraie chorégraphie dans laquelle Sacha Baron Cohen (Borat, Hugo Cabret) et Helena Bonham Carter (Fight Club) excellent.Le reste du film s'enchaîne sur un rythme monotone, sans aucune mise en valeur, l'affrontement à la barricade n'étant par exemple pas plus épique qu'une scène de baiser.

Les Misérables n'est donc au final que la juxtaposition de chansons toujours filmées de la même façon. Tom Hooper entraîne ses acteurs et l'histoire de Victor Hugo dans une mise en scène quelconque, ne provoquant que l'ennui. Dommage, quand on voit la formidable distribution ou l'immense potentiel du récit d'origine.

Note : 2/10


jeudi 28 mars 2013

The Dark Knight rises


Titre : The Dark Knight rises
Réalisateur : Christopher Nolan
Acteurs : Christian Bale, Tom Hardy, Anne Hathaway
Date de sortie en France : 25 juillet 2012
Genre : action, super-héros

Synopsis : 
Il y a huit ans, Batman a disparu dans la nuit : lui qui était un héros est alors devenu un fugitif. S'accusant de la mort du procureur-adjoint Harvey Dent, le Chevalier Noir a tout sacrifié au nom de ce que le commissaire Gordon et lui-même considéraient être une noble cause. Et leurs actions conjointes se sont avérées efficaces pour un temps puisque la criminalité a été éradiquée à Gotham City grâce à l'arsenal de lois répressif initié par Dent.
Mais c'est un chat – aux intentions obscures – aussi rusé que voleur qui va tout bouleverser. À moins que ce ne soit l'arrivée à Gotham de Bane, terroriste masqué, qui compte bien arracher Bruce à l'exil qu'il s'est imposé. Pourtant, même si ce dernier est prêt à endosser de nouveau la cape et le casque du Chevalier Noir, Batman n'est peut-être plus de taille à affronter Bane…

Avis : 
Après avoir redynamisé le mythe de Batman au cinéma avec Batman Begins, puis avoir renouvelé le film de super-héros avec The Dark Knight, bien aidé par la prestation monstrueuse de Heath Ledger, Christopher Nolan revient en 2012 pour clore la trilogie consacrée à Bruce Wayne et son alter ego masqué avec The Dark Knight Rises. Forcément attendu au tournant après le second épisode, le réalisateur d'Inception va réussir à signer un troisième volet encore meilleur que les précédents, conclusion parfaite à une trilogie impressionnante.

Il explore pour l'occasion les recoins les plus sombres de l'âme Bruce Wayne et de Gotham City, révélés au grand jour par un nouvel ennemi, l'impressionnant Bane (Tom Hardy), dont le plan réglé au millimètre contraste à merveille avec la folle spontanéité du Joker. Un adversaire puissant et intelligent, qui sera au centre de scènes particulièrement spectaculaire, comme ce détournement d'avion qui ouvre le film ou l'attaque apocalyptique sur la ville. Un chaos dont s'extraira enfin Batman, embrassant enfin le rôle de héros qui l'attendait depuis Batman Begins.


Christopher Nolan va embrasser l'évolution de ces personnages grâce à un film très intense, à la progression implacable. Il va également apporter un soin tout particulier à ses personnages secondaires, aussi importants qu'anecdotiques au milieu de cette ville en pleine anarchie, corrigeant un peu le défaut de The Dark Knight où le Joker semblait être l'unique visage important. Ici, de Catwoman / Selina Kyle (Anne Hathaway) au commissaire Gordon (Gary Oldman) en passant par John Blake (Joseph Gordon-Levitt) à Miranda Tate (Marion Cotillard), chacun est mis en avant, donnant une richesse impressionnante à Gothan City. Les nouveaux venus s'intègrent parfaitement dans un univers parfaitement cohérent, où l'on retrouve également avec joie quelques personnages des anciens épisodes, comme Jonathan Crane (Cilian Murphy) ou Ra's al Ghul (Liam Neeson).

Les 2h45 du film passent à une vitesse folle, pour une oeuvre qui s'imbrique donc à merveille à la suite des deux volets précédents de la trilogie. Tout juste pourra-t-on regretter quelques passages moins réussis, comme la captivité de Bruce Wayne ou l'interprétation étrange d'un des acteurs au moment de la mort de son personnage (passage devenu instantanément culte sur internet). Reste un moment de pur bonheur, l'un des meilleurs films de super-héros jamais réalisés, sinon le meilleur, et l'une des oeuvres majeures de 2012. Merci, Monsieur Nolan.

Note : 9/10