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samedi 17 mai 2014

Noé


Titre : Noé (Noah)
Réalisateur : Darren Aronofsky
Acteurs : Russell Crowe, Jennifer Connelly, Emma Watson
Date de sortie en France : 9 avril 2014
Genre : péplum, drame

Synopsis : 
Noé, un père de famille, reçoit un message de Dieu au cours d'un rêve : la Terre s'apprête à subir un déluge apocalyptique, car l'homme a corrompu le monde à force de violence et d'avidité. Il part alors avec sa femme et ses enfants sur le mont Ararat et entreprend la construction d'une arche monumentale pour mettre à l'abri toutes les espèces existantes de l'humanité. Il va ainsi accomplir son destin hors du commun, mais va se heurter à un seigneur de la guerre qui cherche à régner sur ce monde dévasté, et qui lance une armée entière contre lui...

Avis : 
Après plusieurs projets avortés (Superman, RoboCop, Wolverine), Darren Aronofsky s'attaque cette fois à une figure biblique avec Noé et l'histoire du Déluge. Un sujet forcément risqué, que le réalisateur de Black swan et de Pi va choisir de traiter de façon aussi réaliste que possible, s'attachant à en faire un drame historique plutôt qu'un divertissement fantastique à grand spectacle.


Prenant ainsi quelques libertés avec la mythologie, il va surtout mettre en avant la personnalité de Noé, au travers de ses faiblesses, de ses doutes et d'une famille souvent dépassée par le comportement du patriarche, le seul à penser détenir les clés de la volonté de Dieu, le seul à faire des rêves qu'il doit lui-même déchiffrer. On suivra ainsi Ila (Emma Watson), fille adoptive de Noé, incapable d'avoir des enfants ou Cham, qui s'inquiète de ne pas avoir de femme à emporter sur l'arche.

Le Déluge n'est ainsi que la toile de fond d'une aventure trop longue et pour laquelle on peine à se passionner. Si on apprécie le fait de voir un Noé torturé et très loin de la figure trop lisse que l'on pouvait craindre (des caractéristiques qu'incarne parfaitement Russell Crowe), le film manque clairement de rythme, la faute à des passages sans grand intérêt (l'armée ennemie), répétitifs (les arrivées d'animaux, qui seront d'ailleurs totalement laissés de côté le reste du temps), très manichéens ou à la symbolique un peu trop simple (comme souvent chez Aronofsky)...

Cela donne un film terriblement bancal, à l'image d'une interprétation très inégale (si Crowe est convaincant, Emma Watson et Jennifer Connelly rivalisent de surjeu), au point de difficilement comprendre le but poursuivi par Aronofsky avec ce film. Dommage, car l'épisode biblique pouvait donner lieu à un film dantesque, à l'image des péplums classiques, ou d'une étonnante puissance, à l'image de La Passion du Christ de Mel Gibson...

Note : 4/10




vendredi 6 septembre 2013

L'Homme aux poings de fer


Titre : L'Homme aux poings de fer (The Man with the iron fists)
Réalisateur : RZA
Acteurs : RZA, Russell Crowe, Lucy Liu
Date de sortie en France : 2 janvier 2013
Genre : arts martiaux, action

Synopsis : 
A son arrivée dans un village de la Chine féodale, un forgeron est contraint à se battre pour lui-même et pour les villageois, qu'il est amené à défendre contre de redoutables guerriers... 

Avis : 
 On le sait, le groupe de rap new-yorkais Wu-Tang Clan a toujours été largement influencé par la culture asiatique, notamment par le cinéma hongkongais et les films de kung fu. Dès lors, il est logique que pour sa première expérience en tant que réalisateur, RZA, membre fondateur du groupe, choisisse de rendre hommage à ce cinéma, tout en choisissant la forme à la mode du faux film d'exploitation, dans le sillage de Robert Rodriguez ou de Quentin Tarantino.


Cosignant le scénario avec Eli Roth (Cabin fever, Hostel), RZA va s'entourer de quelques jolis noms pour interpréter les personnages : on retrouve ainsi Russell Crowe (Gladiator, Les Misérables), Lucy Liu (Kill Bill, Charlie et ses drôles de dames), Rick Yune (Fast and furious, La Chute de la Maison Blanche) l'ancien catcheur Dave Bautista et quelques guest-stars comme Pam Grier (Foxy Brown, Jackie Brown), Gordon Liu (La 36e chambre de Shaolin, Kill Bill) ou Eli Roth. 

Du beau monde donc, pour un film qui va rapidement se révéler médiocre. D'abord parce RZA est quand même un acteur terriblement mauvais, ensuite parce qu'à force de vouloir jongler entre les clins d'oeil, l'aspect divertissant et un scénario faussement travaillé, le film se prend les pieds dans le tapis. Il n'en ressort finalement pas grand chose, l'histoire semble s'écrire au fur et à mesure sans véritable fil rouge, au point que certains personnages semblent vraiment inutiles, comme celui interprété par Crowe. En fait, à vouloir s'élever au dessus du simple hommage, RZA réussit même à donner l'impression d'un film pompeux, usant des gimmicks jusqu'à nous en dégouter.

Bien évidemment, il reste quelques passages réussis, notamment ceux mettant en scène l'homme de cuivre, quelques répliques sympathiques, mais le tout est bien trop inégal pour véritablement divertir sur la durée. A vouloir trop en faire, RZA ne fait finalement rien de bien convaincant, se ramassant finalement la figure très loin des films dont il s'inspire. Et si finalement la plus grande réussite de L'Homme aux poings de fer, c'était justement de montrer une nouvelle fois la qualité de certaines oeuvres de la Shaw Brothers, qu'il ne suffit pas d'imiter pour égaler ?

Note : 3,5/10


dimanche 14 juillet 2013

Man of Steel


Titre : Man of Steel
Réalisateur : Zack Snyder
Acteurs : Henry Cavill, Michael Shannon, Amy Adams
Date de sortie en France : 19 juin 2013
Genre : science-fiction, super héros

Synopsis : 
Un petit garçon découvre qu'il possède des pouvoirs surnaturels et qu'il n'est pas né sur Terre. Plus tard, il s'engage dans un périple afin de comprendre d'où il vient et pourquoi il a été envoyé sur notre planète. Mais il devra devenir un héros s'il veut sauver le monde de la destruction totale et incarner l'espoir pour toute l'humanité.
Avis : 
Revoilà donc Superman ! Forcément, dans cette nouvelle vague de reboots de super-héros, après Batman et Spiderman (pour ne citer que les principaux), le célèbre Kryptonien n'allait pas rester en retrait et revient donc pour un sixième film en forme de nouveau départ, destiné en cas de succès à ouvrir la voie à une nouvelle trilogie et, éventuellement, au projet de film autour de la Ligue des justiciers, regroupant les héros DC Comics comme Batman (allez, un nouveau reboot ?), Superman, Aquaman, Green Lantern, Wonder Woman ou Flash - un projet évidemment destiné à profiter du succès des Avengers de Marvel.


Mais revenons donc à ce Man of steel. Après une introduction nous plongeant rapidement dans le vif du sujet, avec la destruction de Krypton et le départ du bébé Kal-El vers la Terre, nous suivrons d'abord les exploits du jeune homme, dans un quotidien entrecoupé de flashbacks. Ce sera l'occasion de remarquer une nouvelle fois les difficultés qu'a Zack Snyder (qui n'a quand même pas fait grand chose d'intéressant depuis L'Armée des morts) à développer ses personnages, se contentant comme d'habitude d'en tracer le contour avant de les abandonner avec une unique ligne directrice pour toute psychologie : Superman doit symboliser le libre arbitre (va-t-il choisir le Bien ou le Mal ? quel suspense...), Zod le méchant soldat extrémiste et eugéniste, Jor-El la sagesse (sans doute le personnage décédé le plus envahissant de ces dernières années...), Loïs Lane l'humanité accueillante...

Cela donne lieu à quelques scènes assez risibles, comme la mort de Kevin Costner ou les rapports entre Clark Kent et sa mère. Evidemment, le personnage de Superman laisse peu de place à une psychologie travaillée, mais la caricature est quand même assez grossière. Heureusement, Snyder semble en être conscient, et s'il nous bassine un peu trop souvent avec son histoire de libre arbitre, il va rapidement se tourner du côté du spectaculaire. Et force est d'avouer que sa générosité fait mouche : très spectaculaire, au risque de parfois en faire trop, le film multiplie les morceaux de bravoure jusqu'à un final dantesque, à la démesure de la puissance des deux adversaires, rappelant Dragon Ball Z ou Matrix Revolutions, sur une formidable musique de Hans Zimmer.


Dommage cependant qu'un acteur comme Michael Shannon (Take shelter, The Iceman, Bug) aille gâcher son talent dans ce genre de superproduction où il passe son temps à cabotiner dans un rôle sans aucune finesse. On est quand même bien loin de la trilogie Batman de Nolan, auquel ce Man of Steel souhaite pourtant s'affilier...

Bref, Man of Steel est un blockbuster très spectaculaire, assez pour passer 2h20 sans s'ennuyer. Hélas, en ne proposant que des personnages grossièrement taillés et un scénario assez convenu, Zack Snyder ne réussit pas à faire de son Superman un héros aussi marquant que ses concurrents. Et s'il multiplie les clins d'oeil (ah, ce building et ces camions Lexcorp, cette éternelle chute libre de Loïs Lane), si Henry Cavill est convaincant sous la cape, Man of Steel n'est finalement qu'un blockbuster parmi tant d'autres, uniquement remarquables par quelques scènes d'action épiques. C'est déjà pas mal.

Note : 7/10


vendredi 5 avril 2013

Les Misérables


Titre : Les Misérables
Réalisateur : Tom Hooper
Avec : Hugh Jackman, Russell Crowe, Anne Hathaway
Date de sortie en France : 13 février 2013
Genre : musical, drame

Synopsis : 
Dans la France du 19e siècle, une histoire poignante de rêves brisés, d'amour malheureux, de passion, de sacrifice et de rédemption : l'affirmation intemporelle de la force inépuisable de l'âme humaine.
Quand Jean Valjean promet à Fantine de sauver sa fille Cosette du destin tragique dont elle est elle-même victime, la vie du forçat et de la gamine va en être changée à tout jamais. 

Avis : 
Si vous avez toujours rêvé de voir, pendant 150 minutes, des acteurs renommés pousser la chansonnette en étant filmés de face, Les Misérables de Tom Hooper, adaptation de la comédie musicale éponyme et du célèbre roman de Victor Hugo, est fait pour vous. En revanche, si vous voulez voir un bon film, passez vite votre chemin : le réalisateur australien, oscarisé pour Le Discours d'un roi, s'est apparemment dit qu'il pouvait se contenter des seules performances de ses acteurs - chanteurs pour réussir son film. Mauvaise pioche.

Les Misérables est un film musical : passons donc sur les nombreuses chansons, forcément inégales (à côté du fameux I dreamed a dream ou de Look down, la plupart des titres font vraiment pitié), ou sur le fait qu'on chante la plupart du temps pour ne rien dire. En revanche, cette manie insupportable qu'ont les personnages à fredonner la moindre de leur réplique, même pour dire la pire banalité, entraîne rapidement le film vers le grotesque, au point de croire, par moments, à une caricature du genre.


Gênant, mais pas autant que la réalisation de Tom Hooper : se contentant, de façon presque exclusive, de filmer ses acteurs de face et de près, il retire absolument tout impact à la plupart des chansons, et donc aux destins des personnages. Il refuse ainsi toute émotion, toute dimension épique et tout intérêt à l'histoire, et ni la déchéance de Fantine, ni la mort de Gavroche, ni les face-à-face entre Valjean et Javert n'ont l'impact qu'ils méritent. Pire, cette réalisation fainéante empêche de savourer l'interprétation d'un casting pourtant énorme : perdus face à cette caméra qui les scrute fixement pendant qu'ils chantent, ni Hugh Jackman, ni Anne Hathaway, ni surtout Russell Crowe n'évitent le surjeu.

On n'ose imaginer ce qu'auraient pu donner les mêmes scènes avec les mêmes acteurs, mais avec une réalisation un peu inspirée. En fait, l'unique scène à se démarquer est la présentation des Thénardier avec la chanson, pourtant médiocre, Master of the House, qui donne enfin lieu à une vraie chorégraphie dans laquelle Sacha Baron Cohen (Borat, Hugo Cabret) et Helena Bonham Carter (Fight Club) excellent.Le reste du film s'enchaîne sur un rythme monotone, sans aucune mise en valeur, l'affrontement à la barricade n'étant par exemple pas plus épique qu'une scène de baiser.

Les Misérables n'est donc au final que la juxtaposition de chansons toujours filmées de la même façon. Tom Hooper entraîne ses acteurs et l'histoire de Victor Hugo dans une mise en scène quelconque, ne provoquant que l'ennui. Dommage, quand on voit la formidable distribution ou l'immense potentiel du récit d'origine.

Note : 2/10