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samedi 9 octobre 2021

Dune (2021)

 

Titre : Dune
Réalisateur : Denis Villeneuve
Acteurs : Timothée Chalamet, Oscar Isaac, Zendaya
Date de sortie en France : 15 septembre 2021
Genre : science-fiction
 
Synopsis : 
L'histoire de Paul Atreides, jeune homme aussi doué que brillant, voué à connaître un destin hors du commun qui le dépasse totalement. Car s'il veut préserver l'avenir de sa famille et de son peuple, il devra se rendre sur la planète la plus dangereuse de l'univers – la seule à même de fournir la ressource la plus précieuse au monde, capable de décupler la puissance de l'humanité. Tandis que des forces maléfiques se disputent le contrôle de cette planète, seuls ceux qui parviennent à dominer leur peur pourront survivre…
 
Avis : 
lisse, adj.
Dont la surface est unie, polie, sans aspérités.
 
Si le Larousse cherche une illustration à cette définition, il n'aura pas à chercher bien loin : il suffira d'intégrer un lien vers le film le plus attendu de l'année, la nouvelle adaptation de Dune de Frank Herbert, par Denis Villeneuve. Car le film va soigneusement gommer tout ce qui pourrait dépasser (et qui pouvait, par exemple, faire le charme de certains éléments de la version de Lynch), afin d'offrir au plus grand nombre un bon petit blockbuster consensuel à sa mémère. 
 
 
On a ainsi l'impression d'être devant une succession de jolies images plus que devant un film. Profondeur de champ, construction des plans, rien à dire, visuellement tout y est, d'autant que les effets spéciaux sont irréprochables (mais c'est le cas pour tous les gros blockbusters, de nos jours). Les acteurs aussi, sont superbes : pas un poil de trop, pas une ride (à part, bien sûr, les méchants, qui sont forcément moches)... Mais du coup, impossible de s'attacher à eux, impossible même de les considérer comme des personnages : quand on voit Oscar Isaac à l'écran, on voit Oscar Isaac, pas Leto Atreides. Pareil pour Thimotée Chalamet, Rebecca Ferguson ou Jason Momoa. 

Forcément, dans de telles conditions, il devient compliqué de de ressentir une quelconque émotion : nous sommes face à des acteurs qui évoluent dans de jolis décors. C'est tout. Et ce ne sont pas ces tics de réalisation monstrueusement lourdingues qui vont arranger le constat : on ne compte plus les ralentis, les mêmes images montrées plusieurs fois, pour bien faire comprendre au spectateur (qui, c'est bien connu, est un peu con) qu'il s'agit d'une vision. Je pense que si on vire ces séquences où Zendaya se retourne au ralenti, on gagne environ une demi-heure de film. Le recours systématique à cet artifice en devient presque parodique, tout comme l'utilisation de la musique de Hans Zimmer, qui livre la partition la plus zimmerienne possible. Vous avez déjà vu les plans du film dans d'autres oeuvre ? Vous aurez encore davantage entendu sa musique, tant elle ne cherche qu'à rester dans les clous. Et quand elle soulignera inutilement une séquence, ou quand la voix féminine vous pourrira une nouvelle fois les oreilles pour souligner le côté mystique et fantastique des images, c'est contre vos tympans que viendront frotter lesdits clous. 
 
 
Alors oui, on s'ennuie peu, même si on connaît globalement déjà l'histoire. Tout est beau, tout est précis. Mais on ne ressent aucune émotion devant un blockbuster beaucoup trop calibré, où rien ne dépasse, pas même un grain de sable. Aucun émerveillement, aucune tension, aucune tristesse, aucune surprise, juste le cahier des charges pour plaire au plus grand nombre. Comme souvent chez Denis Villeneuve, finalement. Personnellement, ce n'est pas ce que je cherche quand je vais au cinéma, même lorsqu'il s'agit d'un blockbuster. 
 

 

dimanche 1 avril 2018

Borg / McEnroe


Titre : Borg / McEnroe (Borg vs. McEnroe)
Réalisateur : Janus Metz Pedersen
Acteurs : Sverrir Gudnason, Shia LaBeouf, Stellan Skarsgaard
Date de sortie en France : 8 novembre 2017
Genre : drame, biopic

Synopsis : 
BORG/McENROE est un film sur une des plus grandes icônes du monde, Björn Borg, et son principal rival, le jeune et talentueux John McEnroe, ainsi que sur leur duel légendaire durant le tournoi de Wimbledon de 1980. C’est l’histoire de deux hommes qui ont changé la face du tennis et sont entrés dans la légende, mais aussi du prix qu’ils ont eu à payer. 
 
Avis : 
Pour ceux qui ne connaissent pas forcément le tennis, la finale du tournoi de Wimbledon de 1980 entre Björn Borg et John McEnroe est souvent considérée comme l'un des plus beaux matchs de l'histoire. De sa symbolique (l'expérimenté Borg, déjà vainqueur 4 fois d'affilée du tournoi, réputé pour son calme inaltérable et son jeu métronomique d'un côté, le jeune et fantasque McEnroe de l'autre, principalement connu pour ses coups de gueule et son jeu basé sur la prise de risques) à son déroulement (le tie-break du 4e set est un monument de suspense), le match fait figure d'affrontement légendaire, et c'est assez logiquement que le cinéma se concentre enfin dessus.
 
 
Hélas, le film ne sera jamais à la hauteur de l'événement. S'il parvient assez facilement à mettre en avant les différences entre les deux hommes, grâce aux performances de Shia LaBeouf et Sverrir Gudnason, ni les partis-pris scénaristiques, ni la réinterprétation du match ne pourront convaincre le spectateur. On n'échappera ainsi pas aux tentatives maladroites d'explication de la psychologie des deux champions (enfin, surtout de Borg, celle de McEnroe étant beaucoup plus rapidement expédiée) par le biais d'anecdotes de leur enfance, pour un résultat d'une étonnante banalité.
 
Mais, pire que ça, c'est le fameux match, qui aurait dû être le sommet du film, qui va être le moment le plus pénible. Si l'on ressent une partie de la dramaturgie du match grâce à une retranscription fidèle des événements, la réalisation calamiteuse empêche de distinguer le moindre échange, le moindre point, et donne le sentiment étrange de vouloir à tout prix ignorer l'aspect sportif. Ralentis, zooms, effets superflus... tout y passe, et si on pourra apprécier de voir le film se centrer sur les réactions des deux adversaires, on restera clairement sur notre faim.
 
S'il profite parfaitement de la dimension épique de l'affrontement, Borg/Mc Enroe reste un objet cinématographique décevant, la faute à quelques partis pris franchement discutables. Dommage, parce qu'avec un tel sujet, et de tels acteurs, il y avait vraiment quelque chose de formidable à offrir au spectateur.
 
Note : 4/10
 
 

jeudi 29 mai 2014

Millénium : les hommes qui n'aiment pas les femmes


Titre : Millénium : les hommes qui n'aiment pas les femmes (The Girl with the dragon tattoo)
Réalisateur : David Fincher
Acteurs : Daniel Craig, Noomi Rapace, Christopher Plummer
Date de sortie en France : 18 janvier 2012
Genre : thriller

Synopsis : 
Mikael Blomkvist, brillant journaliste d’investigation, est engagé par un des plus puissants industriels de Suède, Henrik Vanger, pour enquêter sur la disparition de sa nièce, Harriet, survenue des années auparavant. Vanger est convaincu qu’elle a été assassinée par un membre de sa propre famille.
Lisbeth Salander, jeune femme rebelle mais enquêtrice exceptionnelle, est chargée de se renseigner sur Blomkvist, ce qui va finalement la conduire à travailler avec lui. Entre la jeune femme perturbée qui se méfie de tout le monde et le journaliste tenace, un lien de confiance fragile va se nouer tandis qu’ils suivent la piste de plusieurs meurtres. Ils se retrouvent bientôt plongés au cœur des secrets et des haines familiales, des scandales financiers et des crimes les plus barbares…

Avis : 
A peine 3 ans après la version de Niels Arden Oplev, David Fincher adapte à son tour le roman Les Hommes qui n'aimaient pas les femmes. Exit Michael Nyqvist et Noomi Rapace, le réalisateur de Seven confie les rôles principaux à Daniel Craig (Skyfall) et à Rooney Mara (Effets secondaires) et va retravailler l'intrigue, s'inspirant autant du roman que du film précédent pour une oeuvre entre adaptation et remake.


Il apporte plus de rythme à la première partie, utilisant à merveille le décor de l'île et installant une atmosphère plus pesante, un suspense plus présent et un Mikael Blomkvist bien plus convaincant. Il s'attache également à rapprocher les rapports entre le journaliste et Lisbeth de ceux que l'on trouve dans le roman, avec une progression plus cohérente et subtile, notamment grâce à ses deux interprètes. Il convient d'ailleurs d'évoquer Rooney Mara qui, si elle ne fait pas oublier Noomi Rapace, incarne une Lisbeth à l'apparence plus fragile, plus réservée, dans une version différente mais tout aussi convaincante de la jeune femme.

On notera également le talent de Fincher pour développer son histoire, avec une mise en scène particulièrement efficace, parvenant à donner de l'intensité aux passages les plus calmes et donnant plus de liant à une enquête pourtant très simplifiée. Une réalisation soignée et élégante, jusqu'à ce générique d'introduction déjà culte, sur la reprise du Immigrant song par Trent Reznor.

David Fincher tire ainsi le meilleur du roman de Stieg Larsson, et fait même partie à mes yeux de ces rares adaptations meilleures que le support d'origine, grâce à une enquête prenante et bien plus fluide et des acteurs impeccables. Il surpasse également largement Millénium, le film, grâce à une réalisation bien plus soignée et des personnages mieux dessinés. Un excellent thriller, prenant et étouffant par moments, et une nouvelle réussite pour Fincher.

Note : 8,5/10




vendredi 14 mars 2014

Nymphomaniac - volume II


Titre : Nymphomaniac - volume II
Réalisateur : Lars von Trier
Acteurs : Charlotte Gainsbourg, Stellan Skarsgård, Willem Dafoe
Date de sortie en France : 29 janvier 2014
Genre : érotique, drame

Synopsis : 
La folle et poétique histoire du parcours érotique d'une femme, de sa naissance jusqu'à l'âge de 50 ans, racontée par le personnage principal, Joe, qui s'est autodiagnostiquée nymphomane. Par une froide soirée d’hiver, le vieux et charmant célibataire Seligman découvre Joe dans une ruelle, rouée de coups. Après l'avoir ramenée chez lui, il soigne ses blessures et l’interroge sur sa vie. Seligman écoute intensément Joe lui raconter en huit chapitres successifs le récit de sa vie aux multiples ramifications et facettes, riche en associations et en incidents de parcours.

Avis : 
Après un volume I un peu décevant car finalement trop léger, ce volume II de la version remontée de Nymphomaniac reprend là où nous en étions restés : la jeune Joe ne parvient plus à ressentir de plaisir sexuel. Elle va dès lors tenter de multiplier les expériences sexuelles, se dirigeant peu à peu vers des pratiques extrêmes, du ménage à trois avec deux inconnus au masochisme le plus violent.


Le film prend donc un virage plus glauque, plus cru, notamment lors des passages chez K... mais reste toujours étrangement cocasse, comme pendant la scène avec les deux noirs où von Trier s'amuse à placer les deux sexes en érection au premier plan, devant Charlotte Gainsbourg, où dans les éternelles comparaisons farfelues de Seligman. Le réalisateur danois en profite pour faire dans l'auto-citation, avec une scène rappelant fortement Antichrist, un film qui présente d'ailleurs de nombreuses similitudes avec ce Nymphomaniac, notamment dans cet échange analytique aux frontières du réel entre deux personnages que tout oppose.

Hélas, le film finit par perdre tout son intérêt lorsque le voyage érotique de Joe s'achève. Le dernier chapitre semble ainsi tomber comme un cheveu sur la soupe, et n'a finalement d'autre intérêt que de légitimer le fil rouge entre Charlotte Gainsbourg et Stellan Skarsgard. Le rythme change, le thème change, et l'intérêt retombe peu à peu dans ce chapitre plus classique, aux allures de thriller.

Au final, ce voyage sexuel ressemble surtout à un pétard mouillé. On saura plus tard si le remontage et la censure du mastodonte de Lars von Trier en est la cause, mais ni la relation entre Joe et Seligman, ni le parcours de la femme interprétée par Charlotte Gainsbourg, ne sont d'un formidable intérêt. On appréciera en revanche cet humour très particulier, où le réalisateur danois s'amuse de comparaisons et de plans très osés, quitte à donner dans la provocation un peu trop facile.

Note : 
6/10

mercredi 5 mars 2014

Nymphomaniac - volume I


Titre : Nymphomaniac - volume I
Réalisateur : Lars von Trier
Acteurs : Charlotte Gainsbourg, Stellan Skarsgård, Stacy Martin
Date de sortie en France : 1er janvier 2014
Genre : drame, érotique

Synopsis : 
 La folle et poétique histoire du parcours érotique d'une femme, de sa naissance jusqu'à l'âge de 50 ans, racontée par le personnage principal, Joe, qui s'est auto-diagnostiquée nymphomane. Par une froide soirée d’hiver, le vieux et charmant célibataire Seligman découvre Joe dans une ruelle, rouée de coups. Après l'avoir ramenée chez lui, il soigne ses blessures et l’interroge sur sa vie. Seligman écoute intensément Joe lui raconter en huit chapitres successifs le récit de sa vie aux multiples ramifications et facettes, riche en associations et en incidents de parcours.

Avis : 
 C'est un film qui a beaucoup fait parler de lui bien avant sa sortie, autant pour sa campagne de publicité, avec ces affiches nous montrant le visage des acteurs en plein orgasme, que pour la durée phénoménale du premier montage du film : on parle d'une oeuvre d'environ 5h30, que Lars von Trier refuse de couper. C'est finalement le producteur qui sera chargé de remonter le film, l'amputant d'1h30 et l'exploitant au cinéma en deux parties de deux heures chacune, avec un texte nous informant au début du film que le montage, s'il a été accepté par le réalisateur danois, n'est pas son montage. 


Pour cette première partie, nous suivrons l'enfance et l'adolescence de Joe (Charlotte Gainsbourg, pour sa troisième collaboration avec von Trier après Antichrist et Melancholia), racontée par elle-même à Seligman (Stellan Skarsgard, pour la cinquième fois). De sa découverte de la sexualité aux jeux sexuels avec de nombreux partenaires, le témoignage est émaillé des commentaires du vieil homme dans des comparaisons souvent cocasses avec la pêche à la mouche ou le cantus firmus de Bach.

Aussi, étonnamment, ce sont ces passages à l'humour très particulier qui marquent et convainquent le plus. On retiendra ainsi l'extraordinaire séquence où Uma Thurman débarque avec ses enfants chez Joe pour y retrouver son mari. Un décalage bienvenu dans un film dramatique autrement assez poussif, et finalement assez banal malgré l'évidente volonté de choquer de Lars von Trier et l'excellence de l'interprétation. On finit ainsi par s'ennuyer, la démonstration étant assez classique, et les scènes de sexe ne ressemblant finalement qu'à du remplissage.

En attendant la seconde partie, qui semble bien plus crue et s'attarder sur les expériences extrêmes de la Joe adulte, cette première partie peine donc à réellement convaincre. On y retrouve ainsi les tics de Lars von Trier (l'introduction, où Führe mich de Rammstein explose soudain après quelques minutes de silence et de contemplation, nous résume presque sa carrière), au service d'un film dont les rares moments forts (le chapitre Delirium, en noir et blanc, est magnifique) sont un peu noyés dans deux heures souvent creuses...

Note : 6/10