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mardi 6 avril 2021

La Nuit de la mort

 


Titre : La Nuit de la mort
Réalisateur : Raphaël Delpard
Acteurs : Charlotte de Turckheim, Betty Beckers, Isabelle Goguey
Date de sortie en France : 22 octobre 1980
Genre : horreur

Synopsis : 
À la suite d'une dispute avec son ami Serge, Martine accepte un poste d'infirmière au «Doux Séjour», maison de retraite isolée en rase campagne. Elle sympathise rapidement avec Nicole, sa collègue de travail, qui disparaît bientôt dans de mystérieuses circonstances. Entre une directrice autoritaire, un gardien et homme à tout faire au comportement étrange et des pensionnaires passablement allumés, Martine finit par réaliser qu'elle est prisonnière de la maison. mais surtout qu'elle pourrait courir un grave danger.

Avis : 
Entre manque de moyens et de considération, le cinéma d’horreur français ressemble en 1980 à un désert, souvent visité seulement par l’unique Jean Rollin. Parmi ces rares films, on trouve La Nuit de la mort de Raphaël Delpard, précédé d’une tenace réputation de navet, voire de nanar.



Pourtant, s’il ne s’agit évidemment pas d’un chef d’oeuvre, le film est finalement assez sympathique malgré quelques énormes défauts. On appréciera ainsi l’ambiance générale, grâce à sa galerie de petits vieux archétypaux et assez troublants. Leur lente procession dans les couloirs, lorsqu’ils s’éveillent pour aller capturer leur proie, est très réussie, avec une musique bien stressante (que je n’ai, contrairement à beaucoup, pas trouvée trop présente), malgré la tendance de certains à surjouer la menace par d’indescriptibles expressions faciales.

D’ailleurs, globalement, à l’exception d’une toute jeune Charlotte de Turckheim qui domine tout ça de la tête et des épaules, l’interprétation est assez lamentable. On pourra néanmoins concevoir qu’il est assez difficile de s’investir dans la peau de personnages aussi idiots : alors que le scénario semble nous indiquer que la chasse à la chair fraîche est une activité ancienne pour le groupe, on aura du mal à imaginer qu’ils aient pu si longtemps passer inaperçus, tant ils font tout pour être remarqués : documents et preuves laissés à la portée du premier venu, comportements inexplicablement suspects, indices échappés lors de la moindre conversation… On ne peut pas y croire, ce qui provoque invariablement le sourire.

Restent quelques effets gores réussis, et une ou deux petites surprises en fin de film. Rien qui ne fera de cette Nuit de la mort un incontournable, mais qui permettent au film d’être bien plus que le navet trop souvent décrit. Finalement, je suis assez content d’avoir investi dans le coffret du Chat qui fume !



lundi 6 juillet 2020

Le Monstre du train




Titre : Le Monstre du train (Terror train)
Réalisateur : Roger Spottiswoode
Acteurs : Jamie Lee Curtis, Ben Johnson, Hart Bochner
Date de sortie en France : 17 juin 1981
Genre : slasher

Synopsis :
Une fraternité d'étudiants universitaires décident de se faire une soirée costumée pendant un voyage en train. Mais un tueur s'est infiltré dans le train, les tuant un par un et récupérant les costumes de ses victimes...

Avis :
Dans le marathon de films d’horreur de Jamie Lee Curtis au début des années 80, il y a clairement du bon (Fog, pour mon préféré) et du moins bon (Le Bal de l’horreur). Parmi le bon, on a ce Monstre du train, slasher comme souvent très classique, mais bourré de bonnes idées.

Côté classique, c’est comme toujours ce groupe d’étudiants, le cadre d’une fête, une histoire de vengeance… On est en terrain archi-connu, d’autant qu’on connaît dès le départ l’identité du tueur. Les bonnes idées, c’est le décor du train, plutôt bien exploité, et ce tueur qui profite de la soirée costumée pour changer de masque à chaque victime et, ainsi, pouvoir s’approcher de ses proies sans difficulté. Une idée d’autant plus séduisante que chacun des masques est très réussi et a une véritable personnalité.


Autre motif de satisfaction, assez inattendu : la révélation finale. Alors même que l’on sait, tout comme les personnages d’ailleurs, qui est l’assassin, le film parvient à nous surprendre totalement, s’assurant même un second visionnage. Ces bons points font presque oublier les défauts du film, dont le principal reste, à mes yeux, un problème de rythme : on passe, comme souvent, trop de temps à suivre les déambulations des étudiants, ou les tours de magie de David Copperfield en pleine promo, ou les hésitations d’un chef de train (Ben Johnson, vu dans des classiques comme Rio Grande ou La Horde sauvage) aux réactions peu crédibles.


Le Monstre du train fait ainsi partie du haut du panier parmi les slashers classiques des années 80, grâce à quelques excellentes idées, qui contrebalancent les défauts habituels des slashers. Encore une sympathique découverte que je dois à Rimini Editions !




mardi 19 novembre 2019

Haine



Titre : Haine
Réalisateur : Dominique Goult
Acteurs : Klaus Kinski, Maria Schneider, Patrice Melennec
Date de sortie en France : 9 janvier 1980
Genre : drame

Synopsis : 
A l'entrée d'un village, une petite fille se fait renverser par un motard vétu de noir. Plus tard, un motard, habillé en blanc de la tête au pied arrive au village. L'arrivée de celui-ci va alors susciter interrogation et doute de la part des habitants du village 
Avis : 
Il y a parfois des films dont le propos est bien plus intéressant que ce que l’on a vu pendant 90 minutes. Haine en est un bon exemple. Car malgré un fond particulièrement fort, et toujours aussi tristement d’actualité, le film de Dominique Goult est quand même salement ennuyeux. 


Si le début nous intrigue, avec les premières confrontation d’un Kinski ignorant encore qu’il vient de mettre le pied dans la fourmilière et ces villageois marqués par le drame récent, on en vient rapidement à tourner en rond de façon aussi frustrante que le motard blanc coincé (un peu inexplicablement) dans le lieu. On n’échappera hélas pas à quelques lieux communs, avec cette alliance entre parias, ou ce symbole christique un peu grotesque en fin de métrage.

Pourtant, certaines séquences sont efficaces, et évoquent notamment le Duel de Spielberg, et j’ai vraiment apprécié Patrice Melennec (Frantic) dans le rôle du camionneur inquiétant et dangereux. Mais à force de se répéter, d’utiliser quelques grosses ficelles (pardonnez-moi, mais le principal problème du motard blanc est quand même d’être un peu con…), Haine ne m’a vraiment pas convaincu sur la forme, et j’ai eu beaucoup de mal à le terminer.

Mais évidemment, le message qu’il véhicule, notamment avec cette peur irraisonnée de l’étranger, cette façon de lui foutre sur le dos les crimes d’un autre, sonne encore tellement fort à nos oreilles actuellement que cette grotesque chasse à l’homme, gratuite et ridicule, reste une œuvre à voir. Avec quand même de quoi vous donner un peu d’énergie !

Note : 6/10

lundi 21 octobre 2019

Maniac


Titre : Maniac
Réalisateur : William Lustig
Acteurs : Joe Spinell, Caroline Munro, Gail Lawrence
Date de sortie en France : 9 mars 1982
Genre : horreur

Synopsis : 
Frank Zito est un homme tourmenté. Victime d'une mère abusive durant son enfance, il a gardé depuis lors un complexe vis-à-vis des femmes. La nuit, il erre dans les quartiers chauds de New York et, dès que l'occasion se présente, tue sauvagement ses proies. Chaque fois, il scalpe la fille ayant eu la malchance de croiser sa route et ramène le trophée chez lui, pour le placer sur la tête d'un des mannequins décorant sa chambre. Toutes les femmes susceptibles d'éloigner Frank Zito de sa mère doivent mourir. Et elles sont nombreuses. Jusqu'au jour où il rencontre Anna, une photographe.

Avis : 
Film culte des années 80, Maniac fait partie de ces films violents et glauques qui laissent rarement indifférent. L'histoire est assez simple, puisqu'elle nous invite à suivre un tueur psychopathe dans ses crimes et une partie de son quotidien, avec quelques lieux communs (le trauma d'enfance lié à la mère n'est pas d'une folle originalité), mais va se révéler particulièrement efficace grâce à des effets spéciaux spectaculaires et, surtout un Joe Spinell terrifiant.


L'acteur, que le grand public connaît surtout pour ses apparitions dans Rocky, Le Parrain ou encore Taxi driver, ne va pas attendre longtemps pour nous tétaniser : dès les premières minutes, avec le meurtre d'une prostituée, il va montrer toute l'étendue de la folie du personnage, dont le faciès déformé par la haine, les yeux exorbités sont mis en valeur par la réalisation de Lustig, qui nous place dans la peau de la victime. Spinell est clairement LE point fort du film, également remarquable par son ambiance poisseuse.

L'appartement du psychopathe, avec ces mannequins coiffés des scalps des victimes de Zito et tous ses détails sordides, n'est que l'exemple le plus évident de cette ambiance. On y ajoutera également l'atmosphère particulière des rues, dont tous les angles semblent propices à une attaque, mais aussi celle du métro (malgré quelques maladresses de montage, qui font que le métro ferme bizarrement alors qu'il y a encore du monde à l'intérieur), théâtre d'une séquence vraiment stressante. Et évidemment, les effets spéciaux de Tom Savini, à défaut d'être crédibles ou réalistes, participent à cette ambiance malsaine, que ce soit cette célèbre explosion de tête ou ce démembrement final.

Grâce à sa simplicité et sa radicalité, Maniac reste presque 40 ans plus tard un film toujours aussi puissant, que j'ai pu redécouvrir dans des conditions royales grâce au blu-ray du Chat qui fume et au livre Maniac : plongée mortelle dans le New York des 70's de Julien Sévéon. Et puis enfin, comment ne pas évoquer cette superbe affiche !

Note : 8/10


samedi 7 novembre 2015

Star Wars : épisode V - L'Empire contre-attaque


Titre : Star Wars : Episode V – L'Empire contre-attaque
Réalisateur : Irvin Kershner
Acteurs : Mark Hamill, Harrison Ford, Carrie Fisher
Date de sortie en France : 20 août 1980
Genre : science-fiction, aventures

Synopsis :
Malgré la destruction de l'Etoile Noire, l'Empire maintient son emprise sur la galaxie, et poursuit sans relâche sa lutte contre l'Alliance rebelle. Basés sur la planète glacée de Hoth, les rebelles essuient un assaut des troupes impériales. Parvenus à s'échapper, la princesse Leia, Han Solo, Chewbacca et C-3P0 se dirigent vers Bespin, la cité des nuages gouvernée par Lando Calrissian, ancien compagnon de Han. Suivant les instructions d'Obi-Wan Kenobi, Luke Skywalker se rend quant à lui vers le système de Dagobah, planète marécageuse où il doit recevoir l'enseignement du dernier maître Jedi, Yoda. Apprenant l'arrestation de ses compagnons par les stormtroopers de Dark Vador après la trahison de Lando, Luke décide d'interrompre son entraînement pour porter secours à ses amis et affronter le sombre seigneur Sith...

Avis :
Trois ans après le succès de La Guerre des étoiles, la saga Star Wars revient pour ce qui est, encore aujourd'hui, son meilleur volet : L'Empire contre-attaque. Episode central de la première trilogie, il vient en effet reprendre les éléments d'Un nouvel espoir, pour largement les enrichir dans un film bien plus spectaculaire, mais aussi beaucoup plus sombre que son aîné.


 Alors que l'Empire jouait presque les utilités dans le premier chapitre, il est ici au centre de l'histoire, avec un Dark Vador plus présent, et représente une véritable menace pour les Rebelles, qu'il écrase lors de la formidable séquence sur Hoth. On découvre cette fois l'envers du décor, les aspects les moins reluisants de l'univers, peuplé de chasseurs de prime, composé de planètes hostiles (la planète des glaces, Hoth, et la planète marécageuse Dagobah), propices à la trahison et dissimulant des créatures monstrueuses.

Au milieu de tout ça, Luke poursuit sa formation avec Yoda, apprenant à maîtriser la Force, mais aussi à résister à l'appel du côté obscur. Le parcours initiatique du jeune homme trouve évidemment son point d'orgue lors de l'affrontement avec Dark Vador, théâtre d'une des révélations les plus célèbres de l'histoire du cinéma. Le duel entre Skywalker et Vador est d'ailleurs d'un tout autre niveau que celui de l'épisode IV.

Avec un humour plus présent (les répliques cinglantes de Han Solo, les commentaires des droïdes), un aspect aventures plus poussé, un scénario beaucoup plus intéressant et un univers enrichi par son côté sombre, L'Empire contre-attaque est le meilleur épisode de toute la saga, celui autour duquel Un nouvel espoir et Le Retour du Jedi s'articulent, et qui offre les passages les plus mémorables. Tout simplement cultissime !


Note : 9/10


mercredi 12 juin 2013

Vendredi 13


Titre : Vendredi 13 (Friday the 13th)
Réalisateur : Sean S. Cunningham
Acteurs : Betsy Palmer, Adrienne King, Kevin Bacon
Date de sortie en France : 11 février 1981
Genre : horreur, épouvante, thriller

Synopsis : 
En 1957, un jeune garçon, prénommé Jason, meurt noyé au camp de Crystal Lake. L'année suivante, les deux responsables du camp sont tués. Crystal Lake ferme. Mais en 1980, Steve Christy décide de le rouvrir un vendredi 13, jour anniversaire des décès survenus vingt-trois ans auparavant. Lors de la préparation du camp pour son ouverture, les moniteurs du centre disparaissent les uns après les autres pendant la nuit…

Avis : 
Premier volet d'une saga qui comporte actuellement 10 films, plus un épisode crossover (Freddy vs Jason) et un remake, Vendredi 13 de Sean S. Cunningham est, étrangement, un classique du cinéma horrifique, dont la popularité sera suffisante pour engendrer un nombre incalculable de dérivés. Il faut dire que la recette est simple et ne nécessite aucune imagination : un tueur mystérieux multiplie les victimes dans un lieu retiré.

Clairement inspiré de Halloween de John Carpenter et de La Baie sanglante, de Mario Bava, allant jusqu'à en copier certaines scènes de meurtres, ce slasher campagnard va se contenter de mettre en scène les éléments les plus basiques de l'horreur : un tueur tue des victimes. Cunningham nous fait donc découvrir sa bande de jeunes imbéciles uniquement destinés à se faire tuer plus tard dans le film, ce qui sera l'occasion de s'amuser de la mode vestimentaire de l'époque, les mini-shorts moulant apportant une plus-value délicieusement kitsch à une oeuvre déjà ringarde à sa sortie.


Si ces jeunes acteurs, parmi lesquels on retrouve un tout jeune Kevin Bacon, ne jouent pas spécialement mal (ils ne donnent pas l'horrible impression de réciter bêtement que l'on constatait dans Halloween), leurs personnages sont terriblement idiots, adoptant les pires réflexes que l'on retrouvera trop souvent dans le genre et dans ses parodies : on se sépare au moindre signe de danger, on est incapable de tuer un serpent, on hésite à tuer son agresseur, on essaie de bloquer une porte avec des meubles alors que la porte s'ouvre de l'autre côté...L'assassin n'échappera pas à cette règle, devenant subitement incapable de tuer la dernière victime, préférant lui raconter sa vie et rater le moindre de ses coups.

Les meurtres eux-mêmes ne sauvent guère la situation, d'autant que la plupart se situent en dehors du champ de la caméra, pour ne nous en montrer que les conséquences, avec des maquillages souvent (très) approximatifs du célèbre Tom Savini. Le pire sera sans doute la mise à mort du tueur, dans un ralenti d'un ridicule absolu, soulignant l'interprétation toute en grimaces de la pire actrice du film.

Soulignons enfin une musique lorgnant sans vergogne sur celle de Psychose et ces effets sonores grotesques ("tchitchitchi hahahaaa") et une réalisation se contentant du minimum, et on obtient un de ces slashers idiots qui ont marqué par dizaines les années 80. Et si les suites ne seront pas beaucoup plus réussies, elles brilleront néanmoins parfois par un aspect délirant assumé, faisant de Jason Voorhees un personnage culte qui, je le rappelle, n'est pas le tueur de ce premier Vendredi 13.

Note : 2/10