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dimanche 13 mars 2016

Docteur Frankenstein


Titre : Docteur Frankenstein (Victor Frankenstein)
Réalisateur : Paul McGuigan
Acteurs : James McAvoy, Daniel Radcliffe, Jessica Brown Findlay
Date de sortie en France : 25 novembre 2015
Genre : fantastique

Synopsis : 
Le scientifique aux méthodes radicales Victor Frankenstein et son tout aussi brillant protégé Igor Strausman partagent une vision noble : celle d'aider l'humanité à travers leurs recherches innovantes sur l'immortalité. Mais les expériences de Victor vont trop loin, et son obsession engendre de terrifiantes conséquences. Seul Igor peut ramener son ami à la raison et le sauver de sa création monstrueuse.

Avis : 
Vous connaissez l'histoire de Frankenstein et de sa créature par coeur ? Ca tombe bien : Max Landis, le fils de John, en est bien conscient, et vous propose une adaptation un peu différente du mythe. En effet, le scénariste de La Belle est la bête, Chronicle ou encore American ultra va se concentrer sur le personnage du docteur en plaçant Igor, son fidèle serviteur popularisé par Frankenstein Junior, au centre des débats.



Des premiers pas du personnage en tant que freak dans le cirque de la ville à son rôle en tant qu'associé de génie auprès de Frankenstein, Igor sera donc le personnage principal du film, et le témoin privilégié de la folie du savant. Car le Victor Frankenstein interprété par James McAvoy (X-Men : days of future past, Trance) est un cinglé. Un cinglé génial, certes, mais un cinglé quand même, interprété tout en exagération par l'acteur britannique.

Daniel Radcliffe (Harry Potter, Horns) n'est pas en reste, nous balançant sans forcer toute la panoplie du laissé-pour-compte gentil mais manipulé par son maître. Vous l'aurez compris : alors que le film souhaite nous montrer les deux personnages sous un jour nouveau pour apporter un peu de fraîcheur à une histoire connue de tous, il se contente d'empiler les succès, jusqu'à nous imposer une triste histoire d'amour pour Igor et une enquête policière sans relief. Et on ne trouvera pas beaucoup plus d'intérêt lorsqu'on découvrira enfin la créature en fin de film (pour nous faire patienter jusque là, le duo ressuscitera un singe, dans un passage convenu mais apportant un peu d'énergie au film), pour une séquence franchement ridicule.

Malgré une idée de base plutôt intéressante, le film de Paul McGuigan n'est hélas qu'un petit film fantastique sans envergure, bien décidé à ne prendre au sérieux ni son histoire, ni son héritage ("pourquoi un crâne plat ?" "parce que j'aime ça !")... ni le spectateur. Finalement, le moins ridicule dans tout ça, c'est presque la coup de cheveux de Daniel Radcliffe.

Note : 3/10


dimanche 26 juillet 2015

Harry Potter et la Chambre des secrets


Titre : Harry Potter et la Chambre des secrets (Harry Potter and the Chamber of secrets)
Réalisateur : Chris Columbus
Acteurs : Daniel Radcliffe, Rupert Grint, Emma Watson
Date de sortie en France : 4 décembre 2002
Genre : aventures, fantastique

Synopsis :
Alors que l'oncle Vernon, la tante Pétunia et son cousin Dudley reçoivent d'importants invités à dîner, Harry Potter est contraint de passer la soirée dans sa chambre. Dobby, un elfe, fait alors son apparition. Il lui annonce que de terribles dangers menacent l'école de Poudlard et qu'il ne doit pas y retourner en septembre. Harry refuse de le croire.
Mais sitôt la rentrée des classes effectuée, ce dernier entend une voix malveillante. Celle-ci lui dit que la redoutable et légendaire Chambre des secrets est à nouveau ouverte, permettant ainsi à l'héritier de Serpentard de semer le chaos à Poudlard. Les victimes, retrouvées pétrifiées par une force mystérieuse, se succèdent dans les couloirs de l'école, sans que les professeurs - pas même le populaire Gilderoy Lockhart - ne parviennent à endiguer la menace. Aidé de Ron et Hermione, Harry doit agir au plus vite pour sauver Poudlard.

Avis :
Deuxième volet des aventures de Harry Potter, La Chambre des secrets va, après un premier volet largement consacré à la présentation du monde des sorciers et de ses personnages phares, pouvoir enclencher la seconde et développer plus d’éléments, tout en mettant en avant certains événements qui, s’ils semblent presque anecdotique, se révéleront capitaux pour la suite.


 On découvre ainsi de nouveaux personnages, de nouveaux lieux, offrant une facette plus sombre d'un monde dont nous avions surtout vu les beaux côtés dans HP à l'école des sorciers. Avec les apparitions de Dobby, elfe – esclave, et de son maître Lucius Malfoy, on s'aperçoit que cet univers est fortement marqué par les idées de hiérarchie entre les races et les origines : un elfe de la maison, malgré ses pouvoirs, n'est ainsi qu'un domestique, et les sorciers nés de deux parents moldus, les « sang de bourbe », ne valent pas grand-chose aux yeux des sangs purs.

Un racisme qui sera au centre de l'intrigue de ce second volet, avec une menace constante sur la tête de certains élèves alors que nous en apprenons un peu plus sur Voldemort et sur la maison Serpentard. Nous découvrons également plusieurs nouvelles créatures, dont les redoutables Acromentules menées par Aragog, au cœur d'une étonnante course-poursuite qui glacera le sang des arachnophobes. Les scènes d'action sont par ailleurs plutôt réussies, malgré quelques effets numériques vieillissant, et l'enquête autour des attaques des élèves est très intéressante.


Un cran au-dessus du premier volet, HP et la Chambre des secrets continue à mettre en place les principaux éléments du monde imaginé par J.K Rowling, en présentant une face un peu plus sombre de l’univers des sorciers – qui annonce le très noir HP et le Prisonnier d’Azkaban. Magie, action et humour sont toujours présents, au profit d’un scénario intéressant mettant doucement en branle les mécanismes de la saga.

Note : 8/10


jeudi 21 mai 2015

La Dame en noir


Titre : La Dame en noir (The Woman in black)
Réalisateur : James Watkins
Acteurs : Daniel Radcliffe, Ciaran Hinds, Janet McTeer
Date de sortie en France : 14 mars 2012
Genre : épouvante, fantastique

Synopsis : 
Arthur Kipps, jeune notaire à Londres, est obligé de se rendre dans le petit village perdu de Crythin Gifford pour régler la succession d’une cliente récemment décédée. Dans l’impressionnant manoir de la défunte, il ne va pas tarder à découvrir d’étranges signes qui semblent renvoyer à de très sombres secrets. Face au passé enfoui des villageois, face à la mystérieuse femme en noir qui hante les lieux et s’approche chaque jour davantage, Arthur va basculer dans le plus épouvantable des cauchemars…

Avis : 
Sorti en 2012, La Dame en noir attisait avant même son arrivée en salle la curiosité pour deux raisons : d'une part, la promesse de revenir aux sources de la Hammer, pas celle du néanmoins réussi Laisse-moi entrer (remake de l’encore plus réussi Morse), mais celle des mystères camouflés par la brume, du fantastique ancré dans l’Angleterre classique ; et d'autre part la présence en tête d'affiche de Daniel Radcliffe, pour son premier rôle post-Harry Potter.


Dès son introduction, le film de James Watkins (Eden Lake) réussit à nous intriguer et, nonobstant une histoire assez classique, va nous passionner jusqu’au bout, notamment grâce à des moments forts relançant constamment l’intérêt du film. Mais c’est surtout par une autre de ses qualités que le film convainc réellement : son ambiance. Oubliez toutes les foires au jump-scare grotesque de la plupart des films d’angoisse de ces dernières années pour savourer enfin une oeuvre qui prend le temps de doser ses effets sans les amplifier artificiellement en faisant exploser le son, qui ne fait ici qu’accompagner les diverses manifestations surnaturelles, un peu à la manière d’un Kaïro.

Des manifestations souvent subtiles, en arrière plan, dans un coin de l’écran, qui donnent aux visites de la maison abandonnée au milieu d’un paysage magnifique autant d’occasions de véritablement frissonner. Un sentiment d’autant plus présent que l’on n’y a que peu de moments de répit, le personnage d’Arthur Kipps semblant constamment surveillé, épié par la fameuse dame en noir. On n’évitera certes pas quelques sursauts, mais ils ne viennent que ponctuer de remarquables mises en situation. Seul véritable bémol à ce niveau, le fantôme, assez raté quand on le voit enfin de près.

 Enfin, difficile de ne pas évoquer la musique, très réussie, de Marco Beltrami, qui souligne à merveille les passages les plus effrayants, ou cette atmosphère gothique particulièrement réussie, entre costumes d’époque, villageois mystérieux, ce côté un peu distingué dans son approche du fantastique, et cette brume qui emprisonne par moments Daniel Radcliffe comme elle pouvait le faire avec Johnny Depp dans une autre oeuvre renvoyant aux classiques de la Hammer, Sleepy Hollow.

 La Dame en noir tient donc toutes ses promesses, et James Watkins nous offre une oeuvre fantastique particulièrement réussie, brillant hommage aux éléments qui ont fait le succès de la Hammer. Si Daniel Radcliffe réussit rapidement à nous faire oublier son précédent rôle, le film parvient quant à lui à surprendre en installant une ambiance vraiment inquiétante, ce qui est trop rare ces dernières années, en osant prendre son temps pour doser ses effets angoissants.

Note : 7,5/10



vendredi 17 octobre 2014

Horns


Titre : Horns
Réalisateur : Alexandre Aja
Acteurs : Daniel Radcliffe, Juno Temple, Max Minghella
Date de sortie en France : 1er octobre 2014
Genre : fantastique, drame

Synopsis : 
Soupçonné d’avoir assassiné sa fiancée, rejeté par tous ceux qu’il connaît, Ignatius a sombré dans le désespoir. Un matin, il se réveille avec une paire de cornes sur la tête. Celles-ci lui donnent un étrange pouvoir, celui de faire avouer leurs plus noirs secrets aux gens qu’il croise. Ignatius se lance alors à la recherche du véritable meurtrier…

Avis : 
Après avoir sévi en France, avec notamment Haute tension, puis réalisé et produit plusieurs remakes de classiques de l'horreur (La Colline a des yeux, Piranha 3D ou encore Maniac), Alexandre Aja adapte avec Horns le roman éponyme de Joe Hill, le fils du célèbre Stephen King, pour un film entre fantastique, thriller horrifique et drame amoureux.


Daniel Radcliffe incarne donc le personnage principal, qui va peu à peu développer un étrange pouvoir et une étonnante paire de cornes qui lui permettront de découvrir la vérité sur le meurtre de sa petite amie, comme dans une version très sombre de Ghost. Le jeune homme peut ainsi connaître les pires pensées de chacun, mais aussi les convaincre d'agir en ce sens, provoquant quelques scènes particulièrement drôles et jubilatoires, comme cet affrontement de journalistes ou le pétage de plombs des clients d'un bar.

Cette ambiance particulière, qui jongle entre humour et mélancolie (plusieurs flash-backs reviennent sur l'enfance des protagonistes et sur l'histoire d'amour de Ig), handicape parfois le film, qui avance parfois de façon laborieuse, d'autant que la plupart des révélations sont assez prévisibles. On profitera de ces moments plus calmes pour relever les (nombreux) clins d'oeil à la série Twin Peaks, de la présence d'Heather Graham dans le rôle d'une serveuse aux noms de certains personnages en passant par l'omniprésence de rondins de bois.

S'il n'est clairement pas le meilleur film de son réalisateur, Horns reste un film fantastique plutôt réussi, malgré un dernier acte sombrant dans des débordements visuels un peu superflus. Aja tire néanmoins le meilleur parti d'une histoire assez particulière, dans laquelle Daniel Radcliffe est impeccable, grâce à un mélange bien dosé entre fantastique, drame et humour et un mystère prenant à défaut d'être révolutionnaire.

Note : 7/10


samedi 24 mai 2014

Harry Potter et le Prince de sang mêlé


Titre : Harry Potter et le Prince de sang mêlé (Harry Potter and the half-blood Prince)
Réalisateur : David Yates
Acteurs : Daniel Radcliffe, Rupert Grint, Emma Watson
Date de sortie en France : 15 juillet 2009
Genre : fantastique, aventures

Synopsis : 
L'étau démoniaque de Voldemort se resserre sur l'univers des Moldus et sur le monde de la sorcellerie. Poudlard a cessé d'être un havre de paix, le danger rôde au coeur du château... Mais Dumbledore est plus décidé que jamais à préparer Harry à son combat final, désormais imminent. Ensemble, le vieux maître et le jeune sorcier vont tenter de percer à jour les défenses de Voldemort. Pour les aider dans cette délicate entreprise, Dumbledore va recruter son ancien collègue, le professeur Slughorn, qu'il croit en possession d'informations vitales sur Voldemort...

Avis : 
Sixième épisode de la saga, HP et le Prince de sang mêlé est un volet étrange, faisant un grand écart entre deux thématiques opposées : un côté sombre, avec la montée des forces du mal, menaçant autant les sorciers que les moldus ; et un côté plus léger, avec les amourettes adolescentes de nos héros. Un mélange qui ne fonctionnera qu'à moitié.


Car si le côté sombre de l'histoire est prenant, avec ces révélations sur le jeune Voldemort, sur les horcruxes ou le nouveau rôle de Drago Malefoy, l'aspect comédie romantique finit par lasser malgré quelques passages amusants. Ainsi, la relation naissante entre Ginny et Harry est complètement loupée et semble tomber comme un cheveu sur la soupe, alors que la liaison entre Lavande et Ron se révèle bien plus agréable à suivre.

Ce sixième volet prend également pas mal de libertés avec le roman : si David Yates continue à ancrer la saga cinématographique dans un univers plus sombre, il édulcore largement l'oeuvre d'origine (la scène dans la grotte, en fin de film, est par exemple bien moins violente même si elle reste spectaculaire), et y ajoute même quelques scènes sans grand intérêt (l'attaque de Londres, puis celle du Terrier). Il perd ainsi autant les lecteurs, qui ne retrouvent pas forcément les passages phares qu'ils attendaient, que les non-lecteurs à qui il manquera sans doute quelques éléments pour tout suivre.

Harry Potter et le Prince de sang mêlé est donc une déception : donnant trop de place aux histoires d'amour mais sans réussir à les développer correctement, il réussit à peine à compenser grâce aux passages plus sombres, notamment dans un final frustrant. Il reste néanmoins agréable à suivre, avec sa dose habituelle d'action et d'humour, mais bien en-dessous des meilleurs épisodes de la saga...

Note : 6/10




lundi 19 mai 2014

Harry Potter et l'Ordre du Phénix


Titre : Harry Potter et l'Ordre du Phénix (Harry Potter and the Order of the Phoenix)
Réalisateur : David Yates
Acteurs : Daniel Radcliffe, Emma Watson, Rupert Grint
Date de sortie en France : 11 juillet 2007
Genre : fantastique, aventures

Synopsis : 
Alors qu'il entame sa cinquième année d'études à Poudlard, Harry Potter découvre que la communauté des sorciers ne semble pas croire au retour de Voldemort, convaincue par une campagne de désinformation orchestrée par le Ministre de la Magie Cornelius Fudge. Afin de le maintenir sous surveillance, Fudge impose à Poudlard un nouveau professeur de Défense contre les Forces du Mal, Dolorès Ombrage, chargée de maintenir l'ordre à l'école et de surveiller les faits et gestes de Dumbledore. Entouré de ses amis Ron et Hermione, ce dernier met sur pied un groupe secret, "L'Armée de Dumbledore", pour leur enseigner l'art de la défense contre les forces du Mal et se préparer à la guerre qui s'annonce...

Avis : 
Cinquième volet de la saga, Harry Potter et l'Ordre du Phénix voit arriver à sa tête celui qui réalisera les quatre derniers épisodes : David Yates. Après le climax de La Coupe de feu, dans lequel Voldemort faisait enfin son retour, on pensait que rien ne serait plus pareil : pourtant, le ministère de la magie refuse de croire à la résurrection du sorcier, entamant une grande campagne de désinformation contre Dumbledore et Harry Potter.


Cela donne le volet le plus "politique" de la saga, où la propagande est omniprésente, où les forces en présence avancent masquées, où l'on évoque le concept de races, de pureté, où une résistance et une collaboration s'organisent et où l'arme ultime semble être l'information. Evidemment moins détaillé, et même bien moins sombre (Ombrage est presque sympathique dans le film, bien loin du personnage du livre) que le pavet de 1000 pages de J.K. Rowling, le film réussit néanmoins à développer une histoire passionnante alors que l'action en est absente la plupart du temps.

On remarquera néanmoins une certaine baisse dans la qualité de l'interprétation, avec certaines séquences sonnant incroyablement faux, ou la tendance qu'a Ralph Fiennes de faire de Voldemort une rock-star plutôt qu'un mage noir. Le trio Harry / Ron / Hermione est plus insipide que jamais, et on se tournera plutôt vers le nouveau personnage de Luna Lovegood et vers Ombrage pour une interprétation convaincante. Les fans du livre regretteront également les quelques libertés prises avec l'univers de Rowling, de ces affrontements de rayons à la possibilité apparemment répandue de voler.

Très sympathique, Harry Potter et l'Ordre du Phénix tire le maximum du meilleur roman de la saga alors qu'il s'agissait sans doute du plus compliqué à adapter : intrigues de couloir, progression très lente, enjeux politiques ne sont ainsi qu'effleurés mais bien rendus dans un film étrangement rythmé malgré son manque presque total de passages forts.

Note : 8/10


mercredi 7 mai 2014

Harry Potter et la Coupe de feu


Titre : Harry Potter et la Coupe de feu (Harry Potter and the Goblet of fire)
Réalisateur : Mike Newell
Acteurs : Daniel Radcliffe, Emma Watson, Rupert Grint
Date de sortie en France : 30 novembre 2005
Genre : aventures, fantastique

Synopsis : 
La quatrième année à l'école de Poudlard est marquée par le "Tournoi des trois sorciers". Les participants sont choisis par la fameuse "coupe de feu" qui est à l'origine d'un scandale. Elle sélectionne Harry Potter alors qu'il n'a pas l'âge légal requis ! Accusé de tricherie et mis à mal par une série d'épreuves physiques de plus en plus difficiles, ce dernier sera enfin confronté à Celui dont on ne doit pas prononcer le nom.

Avis : 
Quatrième volet de la saga, qui s'accélère pour l'occasion. Avec La Coupe de feu, Harry Potter verse un peu plus dans l'action, mais va également franchir un nouveau cap dans l'évolution de l'histoire avec le retour de Voldemort en fin de film, et le premier décès d'un personnage important. Avant cela, l'épisode diffère un peu de la structure des trois premiers films avec la Coupe de feu, constituée de trois épreuves spectaculaires.


Pas de Quidditch donc (pas même pendant la coupe du Monde de Quidditch), peu de cours, et une intrigue amincie : très linéaire, là où le livre (près de 800 pages) développait plusieurs intrigues secondaires, le film de Mike Newell (Donnie Brasco, Quatre mariages et un enterrement) va donc principalement jouer la carte de l'action, et va plutôt bien le faire. L'affrontement avec le dragon est ainsi très réussi, bien plus que le passage dans le lac par exemple.

En revanche, le film sera bien moins convaincant quand il sera plus posé. La réalisation semble parfois issue d'un téléfilm ou d'un soap, tout comme les relations entre les personnages (la scène du bal, la rivalité entre Ron et Harry...), qui arborent en plus des coiffures improbables. On a ainsi presque l'impression d'avoir deux oeuvres différentes en une : un bon film d'action fantastique, rythmé et spectaculaire, d'un côté ; un épisode de sitcom peu inspiré de l'autre, avec en plus des acteurs parfois très limite (Radcliffe et Pattinson sont ainsi très, très moyens...).

Bref, sentiment mitigé à l'issue de ce quatrième Harry Potter, qui restera sans doute comme celui que j'apprécie le moins dans la saga. Malgré quelques passages très réussi, le film pêche trop souvent par une réalisation peu inspirée et une interprétation très limites. Reste un divertissement très sympathique donc, mais qui paraît par moments bien long...

Note : 6,5/10



vendredi 2 mai 2014

Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban


Titre : Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban (Harry Potter and the prisoner of Azkaban)
Réalisateur : Alfonso Cuarón
Acteurs : Daniel Radcliffe, Emma Watson, Rupert Grint
Date de sortie en France : 2 juin 2004
Genre : aventures, fantastique

Synopsis : 
Sirius Black, un dangereux sorcier criminel, s'échappe de la sombre prison d'Azkaban avec un seul et unique but : retrouver Harry Potter, en troisième année à l'école de Poudlard. Selon la légende, Black aurait jadis livré les parents du jeune sorcier à leur assassin, Lord Voldemort, et serait maintenant déterminé à tuer Harry...

Avis : 
Troisième volet de la saga, et premier changement de réalisateur puisqu'Alfonso Cuarón (Les Fils de l'Homme, Gravity) succède ici à Chris Columbus. L'occasion d'ancrer encore un peu plus la série dans une relative noirceur, pour un épisode qui marque le véritable début de l'histoire entre Harry Potter et Voldemort, mettant en place plusieurs des éléments scénaristiques importants de la suite des aventures du sorcier.


Nous rencontrerons ainsi plusieurs protagonistes importants, tels que Sirius Black (Gary Oldman) ou Peter Pettigrow, de nouvelles créatures magiques (Buck l'hippogriffe, l'épouvantard) dont l'une restera parmi les plus belles créations de la saga (les terrifiants Détraqueurs), de nouveaux sortilèges (le Patronus)... La toile de fond se met en place, bénéficiant en plus de l'histoire qui gagne en maturité, et qui est parfaitement mise en image par le talent de Cuarón.

Des Détraqueurs qui aspirent l'âme de leur victime, un loup-garou qui ne peut se contrôler, un traître meurtrier, une horrible prison... Le Prisonnier d'Azkaban nous plonge par moments dans une ambiance presque horrifique, atténuée par une seconde partie très ludique jouant avec les paradoxes temporels de façon très plaisante. Etrangement, on ressent en tout cas bien plus que dans les premiers volets la menace de Voldemort, alors qu'il n'apparaît pas ici, en donnant plus de consistance à ses fidèles et au côté sombre de la Magie.

Malgré quelques défauts, comme cet insupportable scène du Magicobus ou quelques effets spéciaux vieillissants, Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban est l'un des épisodes les plus réussis de la saga. Un épisode pilier, qui lance définitivement l'histoire du jeune sorcier en mettant en place de nombreuses thématiques qui seront développées dans les films suivants, et où l'on retrouve en plus avec un infini plaisir Gary Oldman.

Note : 8,5/10




lundi 14 avril 2014

Harry Potter à l'école des sorciers


Titre :  Harry Potter à l'école des sorciers (Harry Potter and the philosopher's stone)
Réalisateur : Chris Columbus
Acteurs : Daniel Radcliffe, Rupert Grint, Emma Watson
Date de sortie en France : 5 décembre 2001
Genre : fantastique, aventures

Synopsis : 
Harry Potter, un jeune orphelin, est élevé par son oncle Vernon et sa tante Pétunia qui le détestent. Alors qu'il était haut comme trois pommes, ces derniers lui ont raconté que ses parents étaient morts dans un accident de voiture. Le jour de son onzième anniversaire, Harry reçoit la visite inattendue d'un homme gigantesque se nommant Rubeus Hagrid. Celui-ci lui révèle qu'il est en fait le fils de deux puissants magiciens et qu'il possède lui aussi d'extraordinaires pouvoirs.

Avis : 
Premier volet de la célèbre saga mettant en scène le sorcier à lunettes, Harry Potter à l'école des sorciers est évidemment l'adaptation du livre du même nom de J.K Rowling. Une première aventure qui va principalement servir à planter le décor, mélange entre fantastique et monde réel, reprenant à sa sauce quelque lieux communs de la mythologie, et à présenter les principaux personnages, du jeune Harry Potter à ses camarades, ses professeurs... et celui qui devient son ennemi juré, Lord Voldemort.


Nous découvrirons donc le château de Poudlard et ses créatures magiques (fantômes, licornes, trolls...), ses cours très particuliers (métamorphose, potions...), et donc ces personnages que nous suivrons pendant plusieurs années : Harry Potter, l'élève modèle et un peu lisse ; Ron Weasley, le bon camarade maladroit mais attachant ; Hermione Granger, la bonne élève donneuse de leçons et irritante. Pour les deux derniers, on saluera d'ailleurs le choix des acteurs, Rupert Grint et Emma Watson (The Bling ring, This is the end) interprétant à merveille les héros, tandis que Daniel Radcliffe (The Woman in black) sera bien plus effacé dans le rôle titre.

Très fidèle au livre, le film de Chris Columbus, va parfaitement reconstituer l'univers magique, en nous livrant des scènes au visuel magnifique (l'arrivée en barque à Poudlard, les escaliers) et très spectaculaires (le match de Quidditch, la partie d'échecs). Il parvient ainsi à nous faire oublier l'aspect très enfantin de l'ensemble, largement fondé sur une suite de coïncidences et une absence presque totale d'éléments adultes (à l'exception peut-être de la visite nocturne de la Forêt interdite). Aussi, si l'on n'est pas réceptif à l'ambiance merveilleuse du film, on risquera sans doute de s'ennuyer devant un récit d'aventure très linéaire.

Le premier Harry Potter sera sans doute, avec le recul, le moins intéressant de la série. Servant principalement à poser les bases de la saga, il compense néanmoins un scénario très léger et une ambiance enfantine par un univers attachant et parfaitement retranscrit à l'écran grâce à la générosité toujours intacte de Chris Columbus et des effets spéciaux de qualité. Magique donc, malgré ses défauts.

Note : 7,5/10


mercredi 20 juillet 2011

Harry Potter et les reliques de la mort : 2ème partie


Titre : Harry Potter et les reliques de la mort : 2ème partie (Harry Potter and the deathly hallows - part 2)
Réalisateur : David Yates
Acteurs : Daniel Radcliffe, Emma Watson, Rupert Grint
Date de sortie en France : 13 juillet 2011
Genre : fantasy, fantastique

Synopsis :
La quête de Harry Potter touche à sa fin. Le château de Poudlard s’apprête à accueillir le dernier affrontement entre sorciers. Les enjeux n’ont jamais été si considérables et personne n’est en sécurité. Mais c’est Harry Potter qui pourrait être appelé pour l’ultime sacrifice alors que se rapproche l’ultime épreuve de force avec Voldemort. C’est ici que tout prend fin.

Avis :
Cette fois, nous y sommes. Après 10 ans de bons et loyaux services sur grand écran, Harry Potter tire sa révérence avec un huitième et dernier film devant enfin nous montrer le dernier face à face entre Lord Voldemort et le jeune sorcier à la cicatrice en forme d’éclair. Profitant d’un Harry Potter et les reliques de la mort partie 1 fort réussi et d’une bande-annonce alléchante, cette seconde partie devait clore ces aventures de belle façon. Pourtant, mon principal sentiment en sortant de la salle, en plus de maudire les vacances scolaires, était celui d’une déception diffuse. Pas que le film soit mauvais, loin de là, mais il m’était difficile de ne pas attendre mieux de cette conclusion...

Le film reprend donc à la fin de la première partie : Lord Voldemort s’est emparé de la baguette de sureau, l’une des trois reliques de la mort qui doit le rendre encore plus puissant ; Harry Potter et ses amis viennent quant à eux d’enterrer l’elfe Dobby après s’être échappés du manoir des Malefoy, et doivent reprendre leur recherche des horcruxes. Ceux qui ont lu le roman le savent, il ne reste dès lors que deux événements centraux avant la fin de l’aventure, dont la bataille de Poudlard destinée à occuper une place importante dans le film...Une place si importante qu’on a l’impression que le réalisateur est pressé d’y arriver, ce qui rend toute la première partie plutôt laborieuse, manquant souvent de fluidité, peut-être à cause d’ellipses plus visibles que dans le film précédent.


Heureusement, cette première partie est marquée par la visite de la banque Gringotts, l’occasion de profiter d’une scène d’action très spectaculaire et bénéficiant d’impressionnants effets spéciaux. L’apéritif parfait pour le plat principal qui nous attend bientôt avec le retour à Poudlard, dont la bataille tant attendue, si elle débute assez tôt dans le film, ne sera pas si présente que ce que la bande-annonce semblait indiquer. Néanmoins, elle sera le cadre de passages épiques (la formidable préparation des défenses de l’école), rappelant à quelques occasions la démesure du Seigneur des anneaux de Peter Jackson. Un côté épique qu’aurait encore pu renforcer la 3D, mais il n’en sera malheureusement rien : alors que le procédé aurait pu donner un résultat impressionnant, il ne sert ici strictement à rien (et pourtant, je suis plutôt bon public en ce qui concerne le relief), sinon à vous délester de quelques euros supplémentaires.

Autour de cette bataille spectaculaire, David Yates nous offre de nombreux passages émouvants, notamment avec le destin de certains personnages ou les révélations d’autres protagonistes (le passage de la Pensine reste un moment très fort). On notera également de nombreuses touches humoristiques, principalement grâce à Ron Weasley, mais aussi grâce à Minerva McGonagall. Mais surtout, ce dernier film est, comme l’était le livre, l’occasion de se remémorer l’ensemble de la saga grâce à quelques clins d’oeil : on rencontre ainsi quelques lutins des Cornouailles, on aperçoit brièvement le terrain de Quidditch, on retrouve plusieurs lieux familiers (Poudlard évidemment, Gringotts, la Chambre des secrets...) et quelques anciens visages.

Bref, on a parfois l’impression d’être entre deux feux : beaucoup de passages réussis, mais quelques déception, notamment lors d’une dernière partie qui, à trop vouloir nous offrir un ultime affrontement spectaculaire, ne réussit qu’à se prendre les pieds dans le tapis et vire même au ridicule. De quoi laisser un dernier goût amer en guise de conclusion, ce qui est franchement regrettable, d’autant qu’entre les scènes d’action épiques, l’émotion, l’humour, Harry Potter et les reliques de la mort partie 2, s’il reste un bon film, avait largement les arguments pour offrir au sorcier une sortie bien plus réussie.

Note : 6,5/10

mardi 30 novembre 2010

Harry Potter et les reliques de la mort : 1ère partie


Titre : Harry Potter et les reliques de la mort : 1ère partie (Harry Potter and the deathly hallows - part 1)
Réalisateur : David Yates
Acteurs : Daniel Radcliffe, Emma Watson, Rupert Grint
Date de sortie en France : 24 novembre 2010
Genre : fantasy, fantastique

Synopsis :
Harry, Ron et Hermione se sont lancés dans une périlleuse mission : retrouver et détruire les Horcruxes, le secret de l'immortalité du Seigneur des Ténèbres. Ayant laissé derrière eux Poudlard, l'Ordre du Phénix et leurs familles, ils ne peuvent compter que sur eux-mêmes pour accomplir leur quête. Pendant ce temps, la guerre a commencé et les Mangemorts prennent le contrôle du ministère de la Magie, puis de Poudlard. Tout opposant est pourchassé et arrêté, et la chasse aux Moldus est devenue monnaie courante. Pourtant, Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom n'est toujours pas satisfait : l'Elu Harry Potter, la proie la plus dangereuse, est toujours hors de portée. Le seul espoir est alors qu'Harry et ses amis retrouvent les Horcruxes avant que le sorcier qui s'est lui-même attribué le titre de Lord ne s'attribue un pouvoir légendaire grâce à des objets légendaires, évoqués dans de vieux contes quasiment oubliés : les Reliques de la Mort. L'ultime bataille du monde des sorciers approche.

Avis :
Harry Potter...Voilà un nom qui provoque souvent bon nombre de réactions, de l'hystérie la plus totale au rejet le plus définitif, en passant par le désintérêt poli et la curiosité amusée. Un succès d'abord littéraire, initié en 1999 par Harry Potter à l'école des sorciers, premier livre d'une heptalogie devenue un véritable phénomène de société ; un succès ensuite cinématographique, une telle réussite ne pouvant être ignorée du monde du cinéma, qui s'empara donc logiquement du personnage dès 2001 pour ensuite adapter chaque épisode de la saga, avec à chaque fois un formidable engouement populaire, mais pas toujours critique, la faute bien souvent à une retranscription brouillonne, elliptique ou tout simplement trop enfantine, là où J.K. Rowling enfonçait son oeuvre dans une noirceur progressive. Une noirceur qui imprégnait les pages de "Harry Potter et les reliques de la Mort", l'ultime roman de la série (et qui devrait le rester selon l'auteure) enfin adapté au cinéma. Voilà maintenant dix ans que le sorcier à lunettes déambule sur nos écrans, et ses aventures touchent à leur fin.

Mais la fin, ça ne sera pas pour tout de suite. En effet, afin de donner à Harry Potter la sortie qu'il mérite, les producteurs ont décidé de rester un maximum fidèles au roman de Rowling...et se sont rapidement aperçus que la richesse et la densité de ce dernier, qui n'est pourtant pas le plus long de la saga, nécessitait une durée bien trop importante pour être limitée à un seul film. Si l'idée fut même rapidement évoquée de diviser le tout en trois, c'est finalement en deux parties qu'Harry Potter et les reliques de la Mort débarquera sur nos écrans : d'abord en novembre 2010 pour la première, qui nous intéresse ici ; puis en juillet 2011 pour la seconde. On notera d'ailleurs qu'il avait déjà été suggéré de scinder Harry Potter et la Coupe de Feu en deux, avant que l'idée ne soit abandonnée. Si cette scission pose évidemment la question de la volonté de profiter une dernière fois des Gallions durement gagnés des spectateurs Moldus, on ne peut néanmoins qu'apprécier la volonté de ne pas nous offrir une adaptation qui n'aurait été que l'ombre du roman, comme le fut Harry Potter et l'Ordre du Phénix par exemple, qui n'avait plus grand chose à voir avec l'oeuvre de Rowling (mais n'était pas pour autant désagréable).

Evidemment, un projet tel que la réalisation d'un double film en un va prendre énormément de temps : le tournage débute le 19 février 2009, pour s'achever le 12 juin 2010. Et évidemment, il faut également jongler avec les divers emplois du temps : Ralph Fiennes (Lord Voldemort), occupé par d'autres tournages, n'était pas toujours disponible, et il fallait également gérer l'entrée d'Emma Watson (Hermione Granger) à l'université, la jeune femme désirant poursuivre ses études. Il a également fallu tenir compte d'imprévus, comme la condamnation de Jamie Waylett (Vincent Crabbe) pour possession de drogue, nécessitant quelques arrangements scénaristiques, ou de façon plus cocasse la spectaculaire perte de poids de Harry Melling (Dudley Dursley), obligeant les maquilleurs à concevoir une combinaison pour donner l'apparence rondouillarde du personnage ! Enfin, il fallait trouver un réalisateur pour le film. Si Alfonso Cuaròn, déjà réalisateur de Harry Potter et le Prisonnier d'Azkaban a manifesté sa volonté de diriger le dernier volet, ainsi que Guillermo del Toro (déjà approché à l'époque du troisième volet) malheureusement retenu par la pré-production de The Hobbit, c'est finalement David Yates, réalisateur des deux épisodes précédents qui revient derrière la caméra, ayant l'avantage de bien connaître l'univers et l'équipe du film. Dernier point, alors que les deux moitiés du film devaient être diffusées en 3D mais, faute de temps, seul le second le sera. Apparemment, la Warner Bros. n'a pas voulu se retrouver une nouvelle fois face à la colère du public, qui avait vu d'un très mauvais oeil le report, pour raisons commerciales, du précédent volet Harry Potter et le Prince de Sang-mêlé. On parle toutefois déjà d'une édition Blu-Ray permettant de visualiser la première partie en 3D.

Le sixième film se terminait de façon dramatique par la mort brutale de Dumbledore, tué par Severus Rogue. Avec sa mort, c'est le dernier rempart contre "Vous-savez-qui" et ses Mangemorts qui s'est effondré, faisant entrer le mode des sorciers dans les ténèbres. Un seul espoir, très maigre, subsiste : le Seigneur des Ténèbres a divisé son âme en plusieurs partie, l'abritant dans des objets maléfiques, les Horcruxes, afin de s'approcher de l'immortalité. Si l'on détruit ces fragments d'âme, Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom sera enfin vulnérable. Cette quête est justement celle qui a été confiée à Harry Potter par Dumbledore avant son décès, ce dernier ne laissant que peu d'indices au jeune homme, qui sera aidé par ses camarades de toujours, Hermione Granger et Ron Wesley.
Une mission d'autant plus difficile que leur monde n'est plus sûr pour eux, Harry étant devenu "l'indésirable numéro 1" suite à la chute du Ministère, qui fait la chasse aux "nés-moldus", ces sorciers issus de familles de non-sorciers (et autrement qualifiés, de façon discriminatoire, de "sang de bourbe") dont fait partie Hermione ; quant à Ron, les Weasley ont toujours marqué une certaine affection pour les moldus et ont toujours soutenu Dumbledore, devenant ainsi des cibles pour les Mangemorts. C'est donc en fuite, disposant de très peu d'indices quant à leur mission que nous suivrons le trio dans la première partie de Harry Potter et les Reliques de la Mort.


Le roman de Rowling étant particulièrement sombre, l'une des attentes principales, en plus de l'éternel débat autour de la fidélité à l'oeuvre originale, était de retrouver cette atmosphère. Et dès les premières minutes, chargées en émotion, on sent que cet Harry Potter ne sera pas comme les autres. Une introduction qui donnera d'ailleurs déjà du grain à moudre à ceux souhaitant une fidélité totale au livre, puisqu'on y voit Hermione Granger utiliser le sortilège d'amnésie sur ses parents, un passage uniquement évoqué par J.K. Rowling mais dont l'impact est particulièrement fort, faisant de ce changement un choix vraiment judicieux, étoffant le personnage interprété par Emma Watson. Ce qui sera justement un aspect très plaisant du film : la plupart des modifications apportées à l'histoire originale, qui resteront assez discrètes, s'avèrent plutôt bien pensées et pertinentes. Ainsi, la scène de la fuite de(s) Potter de Privet Drive sera l'occasion d'une spectaculaire course-poursuite dans un environnement bien plus urbain que dans le livre. La principale exception à cette pertinence viendra d'un passage de danse assez incongru. Globalement, le transfert entre le roman et le film est effectué de façon très fidèle, la différence principale tenant au fait que le film enchaîne les événements de façon plus rapide, parfois même plus fluide, comme les passages assez longs dans le livre où le trio se contente de fuir de forêt en forêt. Bien entendu, tout n'est pas parfait, et on a parfois l'impression que certains passages-clé de l'histoire arrivent de façon assez brusque, et que le non lecteur pourra passer à côté de certains éléments. Mais rien de véritablement gênant, d'autant qu'il conviendra d'attendre la seconde partie pour se faire une idée plus précise de la version cinématographique de certains événements mis de côté ici.

Un Harry Potter pas comme les autres disais-je plus haut, ce qui se traduit notamment par un changement d'importance : alors que les autres films proposaient une introduction de 25 à 30 minutes après lesquelles les élèves arrivaient à Poudlard, l'école de sorciers, Harry Potter et les reliques de la mort - 1ère partie ne met jamais les pieds dans ledit établissement. Au contraire, le film nous emmène ici dans des lieux plus communs, accentuant le sentiment de solitude de Harry, Hermione et Ron abandonnés dans un monde qui n'est pas le leur, où ils n'ont que de rares repères (surtout Ron, étant issu d'une famille de sorciers) le danger pouvant surgir de partout. Si la magie est toujours très présente, elle se fait généralement moins spectaculaire, plus sobre : ce septième volet est celui de la confrontation constante au "monde réél" tel que nous le connaissons, ancrant ainsi l'histoire dans un cadre plus tangible. Jusque là, le monde Moldu se limitait quasiment à la maison des Dursley, la famille adoptive de Harry, et lorsqu'on voyait un élément "classique", il était généralement parasité par la présence d'éléments magiques : on découvrait Londres par le biais du Magicobus dans Harry Potter et le Prisonnier d'Azkaban, la gare King's Cross cache le quai 9 ¾ et on survolait la campagne anglaise à bord d'une voiture volante dans Harry Potter et la Chambre des Secrets. Ici, le trio de retrouve dans Londres à pied, et les forêts qu'il traverse sont dépourvues de créatures imaginaires, contrairement à la Forêt Interdite de Poudlard.

Cette confrontation au réél devient d'autant plus évidente que dans le film met en avant un fait souvent écarté dans les films : les personnages peuvent être blessés, et certains peuvent même mourir. Certes, depuis Harry Potter et la Coupe de Feu, plusieurs personnages importants ont été tués, mais il faut bien avouer que le sortilège de mort, Avada Kedavra, est aussi efficace que non spectaculaire. De même, si Harry Potter a régulièrement été blessé dans les films précédents, et notamment dans son affrontement avec le Basilic de la Chambre des Secrets, tout ça n'est rien comparé à HP 7-1. Même si la violence graphique est atténuée par rapport au livre, il n'est plus rare de voir des personnages blessés, affaiblis physiquement et mentalement, arborant des blessures plus ou moins saignantes. Plus sombre car plus violent, le film est également plus sombre que ses prédécesseurs car...plus sombre. Là où les films précédents étaient souvent très colorés, très lumineux, même si la saga avait tendance à s'obscurcir dans les deux derniers épisodes, ce septième volet voit les couleurs devenir plus ternes, à dominante grise, le soleil étant généralement absent des sombres bâtiments dans lesquels les personnages évoluent, sous les arbres des forêts dans lesquelles ils se cachent, ou tout simplement au beau milieu de la nuit.

Plus sombre, le film l'est également dans son scénario, abordant quelques thèmes plus matures qu'à l'accoutumée. L'excursion au ministère met notamment l'accent sur l'eugénisme et le racisme du nouvel ordre établi, entendant clairement imposer sa domination aux moldus inférieurs et traquant ceux qui ne seraient pas "purs", au moyen d'arbres généalogiques, de tribunaux, de rafleurs et de liste de recensement. Pire, certains vont jusqu'à marquer la chair des "sang de bourbe", une pratique rappelant des heures sinistres de l'Histoire. Il est également question de foi, Harry suivant presque aveuglement les volontés de Dumbledore, se fiant à sa seule parole, ses compagnons se contentant alors de le suivre pensant qu'il détient la clé des mystères qui les entourent. Mais surtout, le scénario bouleverse l'ordre établi par les films précédents en offrant quelque chose de complètement nouveau. Si jusque là, les Harry Potter se contentaient d'un schéma assez classique encadré par les murs de Poudlard, nous sommes ici en présence d'une espèce de road movie, l'intrigue rebondissant continuellement de lieu en lieu avec une forme d'urgence liée à la fuite du groupe. Le parti-pris, conforme à l'oeuvre de Rowling, reste néanmoins assez osé, d'autant que la seconde partie s'annonce bien plus spectaculaire et rythmée. Pour éviter au maximum de gâcher le film à ceux qui liraient ces lignes sans l'avoir vu, je n'évoquerais d'ailleurs pas avant l'avant-dernier paragraphe le moment choisi par l'équipe du film pour effectuer la coupure entre les deux parties. Je vous avertirais de nouveau le moment venu.

Evidemment, Harry Potter ne serait pas Harry Potter sans Daniel Radcliffe et ses compagnons. J'avouerai ne jamais avoir été fan de l'acteur, que je trouve souvent irritant, quand il n'est pas monolithique, dans le rôle du sorcier, et avoir une large préférence pour Rupert Grint, que je trouve très bon dans le rôle de Ron Weasley, traduisant parfaitement la nonchalance caractéristique du personnage, néanmoins capable de se dépasser quand l'occasion se présente. De même, j'ai toujours beaucoup apprécié les prestations d'Alan Rickman (Severus Rogue), Evanna Lynch (Luna Lovegood, un de mes personnages préférés), Helena Bonham Parker (Bellatrix Lestrange) ou encore Tom Felton (Drago Malefoy). Mais ici, c'est surtout Emma Watson qui crève l'écran dans le rôle d'Hermione Granger. Si je l'ai toujours trouvée à l'aise avec le personnage décrit par J.K. Rowling, je trouve qu'elle atteint une dimension supplémentaire ici, s'accaparant totalement le personnage et réussissant à retranscrire parfaitement le passage d'adolescente à jeune femme du personnage, passant allégrement de l'une à l'autre en quelques secondes. Concernant la réalisation, David Yates, maintenant bien habitué à l'univers magique de la saga, nous donne quelques scènes particulièrement spectaculaires, ne se loupant véritablement que sur un des derniers passages d'action du film, quasiment illisible tant l'image remue et le montage est rapide. En revanche, il convient d'attribuer une mention spéciale à l'animation illustrant le conte des Reliques de la Mort, d'une exquise beauté.

Comme promis, je vais ici évoquer quelques moments importants du film, et quelques éléments de la seconde partie. Donc si vous n'avez pas vu le film et que vous voulez garder la surprise (surtout si vous n'avez pas lu le livre), je vous conseille de ne pas lire ce qui suit. Fidèle au roman, Harry Potter et les reliques de la mort - 1ère partie en reprend tous les éléments clés, de la poursuite initiale entre les clones de Harry et les Mangemorts à la destruction du premier Horcruxe en passant par le Ministère de la magie. On s'apercevra notamment que, même en divisant l'histoire en deux parties, la volonté de rester fidèle au livre reste limitée par la durée du film (environ 2h25 quand même), ce qui entraîne une impression de précipitation lors de certains passages, principalement lors de l'intrusion au Ministère. 2h25 pour caser tout ce qui se passe jusqu'à l'arrivée à la chaumière aux coquillages. Les connaisseurs auront donc noté qu'il ne restera, pour la seconde partie, que le passage à Gringotts et...la bataille de Poudlard, qui s'annonce donc dantesque ! Une perspective qui pourra rendre difficile l'attente jusqu'à l'été prochain...

Première moitié du septième volet des aventures du célèbre sorcier à la cicatrice à l'éclair, Harry Potter et les Reliques de la Mort - 1ère partie réussit (enfin !) à rendre justice à l'oeuvre de J.K. Rowling, lui étant le plus fidèle possible tout en rendant généralement pertinentes ses ellipses et ses modifications. Arrivant enfin à maturité, la saga se pare ici d'atours plus sombres, plus adultes, dans un road movie alternant à merveille les passages spectaculaires et les moments plus intimistes, et constitue le tremplin idéal avant un final laissant entrevoir beaucoup de promesses, Harry Potter et les Reliques de la Mort - 2ème partie devant enfin voir Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom affronter Celui-qui-a-survécu. Car aucun d'eux ne peut vivre tant que l'autre survit...

Note : 8/10