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samedi 26 décembre 2015

Love & mercy : la véritable histoire de Brian Wilson des Beach Boys


Titre : Love & mercy, la véritable histoire de Brian Wilson des Beach Boys (Love & Mercy)
Réalisateur : Bill Pohlad
Acteurs : Paul Dano, Juohn Cusack, Elizabeth Banks
Date de sortie en France : 1er juillet 2015
Genre : biopic, musical, drame

Synopsis :
Derrière les mélodies irrésistibles des Beach Boys, il y a Brian Wilson, qu’une enfance compliquée a rendu schizophrène. Paul Dano ressuscite son génie musical, John Cusack ses années noires, et l’histoire d’amour qui le sauvera.

Avis :
Dans le genre si codifié du biopic musical, Love & Mercy est venu cette année apporter une bonne dose d'originalité : en effet, en choisissant de s'écarter du développement chronologique convenu pour brosse en parallèle deux périodes de la vie de Brian Wilson, Bill Pohlad va nous offrir une œuvre bien plus riche, avec des parties se faisant constamment écho.


 D'un côté, un Brian Wilson jeune, au sommet de son succès, mais déjà rongé par l'incompréhension de ses proches et une folie qui prend peu à peu de l'importance. De l'autre, un Brian Wilson âgé, fatigué par des années de maladie mentale et de contrôle par un psychologue vampire. A l'euphorie créative de la première partie répond le drame feutré lié à la schizophrénie paranoïaque.

Love & Mercy nous propose ainsi d'étudier le processus de création de Brian Wilson à l'époque des Beach Boys, avec son sens du détail, ses originalités parfois mal perçues : on assiste à la naissance de certains grands succès du groupe d'une façon beaucoup plus précise que dans de nombreux biopics musicaux. Si le film nous épargne les années de déchéance morbide du chanteur / créateur, l'évocation de ses relations avec le docteur Landy est à glacer le sang, tandis que sa rencontre avec Melinda Ledbetter apporter une vraie bouffée d'oxygène.

Porté par un Paul Dano (Twelve years a slave, Youth) et un John Cusack (2012, Maps to the stars) impressionnants, Love & Mercy est une réussite incroyable, qui parvient à évoquer le génie créatif (n'ayons pas peur des mots) d'un artiste tout comme sa part d'ombres. Et il donne envie de se pencher de nouveau sur la musique des Beach Boys et de Brian Wilson, qui rythme le film et lui donne par moments une énergie folle.


Note : 8,5/10


mardi 17 novembre 2015

Youth


Titre : Youth (La Giovinezza)
Réalisateur : Paolo Sorrentino
Acteurs : Michael Caine, Harvey Keitel, Rachel Weisz
Date de sortie en France : 9 septembre 2015
Genre : drame

Synopsis :
Fred et Mick, deux vieux amis approchant les quatre-vingts ans, profitent de leurs vacances dans un bel hôtel au pied des Alpes. Fred, compositeur et chef d’orchestre désormais à la retraite, n’a aucune intention de revenir à la carrière musicale qu’il a abandonnée depuis longtemps, tandis que Mick, réalisateur, travaille toujours, s’empressant de terminer le scénario de son dernier film. Les deux amis savent que le temps leur est compté et décident de faire face à leur avenir ensemble.
Mais contrairement à eux, personne ne semble se soucier du temps qui passe…

Avis:
Paolo Sorrentino est décidément un cinéaste qui me laisse indifférent. Après avoir déjà trouvé peu d'intérêt à La Grande Bellezza, en dehors d'une réalisation très soignée et de dialogues parfois percutants, j'ai exactement le même sentiment à l'égard de Youth, gentille petite histoire sur la façon de vivre la vieillesse. 


Encore une fois, le film s'est limité pour moi à quelques situations loufoques, quelques dialogues piquants mais souvent trop écrits, une mise en scène très appliquée et deux acteurs (Michael Caine et Harvey Keitel) forcément impeccables. Pour le reste, ce fut surtout de l'ennui devant un film dont les deux heures avaient, finalement, été résumées par une bande-annonce qui se suffisait à elle-même.

Youth se limite en fait à une accumulation de clichés, avec des personnages terriblement archétypaux, confrontés à des situations d'une triste banalité. Les personnages principaux sont ainsi deux artistes, l'un piégé dans son passé et refusant d'avancer (mais qui finira par le faire), l'autre obsédé par la volonté de toujours aller de l'avant (mais qui devra finalement s'arrêter). Les clichés s'enchaînent, les démonstrations convenues également (oui, une très belle femme peut être intelligent, et un acteur de série B peut dégager des émotions), prenant largement le pas sur la poésie et la tendresse qui émanent de certaines séquences.

Convenu et quelconque, Youth est au final une jolie coquille que j'ai trouvé désespérément vide, et finalement assez prétentieuse. Le cinéma de Sorrentino ne semble vraiment pas fait pour moi...

 Note: 4/10


lundi 3 mars 2014

12 years a slave


Titre : 12 years a slave
Réalisateur : Steve McQueen
Acteurs : Chiwetel Ejiofor, Michael Fassbender, Lupita Nyong'o
Date de sortie en France : 22 janvier 2014
Genre : drame, biopic

Synopsis : 
Les États-Unis, quelques années avant la guerre de Sécession. Solomon Northup, jeune homme noir originaire de l’État de New York, est enlevé et vendu comme esclave. Face à la cruauté d’un propriétaire de plantation de coton, Solomon se bat pour rester en vie et garder sa dignité.

Avis : 
12 years a slave est l'adaptation, à partir de ses propres mémoires, de l'histoire étonnante de Solomon Northup, afro-américain libre enlevé puis vendu comme esclave, et exploité par plusieurs propriétaires pendant 12 ans, avant d'être délivré en 1853. Un thème fort donc, celui de l'esclavage, qui n'a pas toujours donné d'heureux résultats (on pense notamment à Amistad de Steven Spielberg) mais qui, entre les mains de Steve McQueen (Hunger, Shame) va donner un film d'une infinie puissance.


Porté par l'interprétation formidable de Chiwetel Ejiofor (2012, American gangster), le film nous plonge donc dans l'horreur des champs de coton, où les esclaves dépendent entièrement du bon vouloir de leurs maîtres : si certains ne semblent pas si mauvais, même s'ils les considèrent comme une banale marchandise, d'autres se révèlent particulièrement cruels et sadiques, n'hésitant pas à les battre quotidiennement ou à violer les femmes.

On assiste ainsi à des passages terribles, comme ces coups de fouet ou cette interminable scène de pendaison, dont l'impact est d'autant plus grand que McQueen choisit de les montrer de façon crue, sans artifice, sans chercher à nous tirer des larmes, sans chercher à appuyer sur certains passages dont l'aspect presque anecdotique vaut toutes les mises en scènes grandiloquentes du monde. Car là où l'on aurait pu se retrouver devant un horrible mélodrame, on est scotché par un film d'une intensité dramatique exceptionnelle, dont l'efficacité est totale et dont les injustices permanentes nous scandalisent et nous font réfléchir.

Finalement, le seul reproche que l'on pourrait faire au film serait de ne jamais donner l'impression que so histoire se déroule sur 12 ans. Un léger défaut, qui enlève sans doute un peu à l'horreur du destin de Solomon Northup et à l'impact des derniers instants. Cela n'empêche pas 12 years a slave d'être un véritable coup de poing, porté en outre par des acteurs époustouflants (outre Ejiofor, Michael Fassbender et Lupita Nyong'o sont excellents).

Note : 9/10