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samedi 20 février 2016

Steve Jobs


Titre : Steve Jobs
Réalisateur : Danny Boyle
Acteurs : Michael Fassbender, Kate Winslet, Seth Rogen
Date de sortie en France : 3 février 2016
Genre : biopic, drame

Synopsis : 
Dans les coulisses, quelques instants avant le lancement de trois produits emblématiques ayant ponctué la carrière de Steve Jobs, du Macintosh en 1984 à l’iMac en 1998, le film nous entraîne dans les rouages de la révolution numérique pour dresser un portrait intime de l’homme de génie qui y a tenu une place centrale.

Avis : 
Alors que sa vie a déjà fait l'objet d'un film en 2013 (Jobs, avec Ashton Kutcher), Steve Jobs se retrouve une nouvelle fois dans les salles de cinéma en ce début 2016 pour un nouveau projet biographique, réalisé cette fois par Danny Boyle (Trainspotting, Trance). Adapté du livre éponyme de Walter Isaacson, et scénarisé par Aaron Sorkin (à qui l'on doit également les scenarii des formidables Social Network et Le Stratège), Steve Jobs va adopter une structure bien particulière, en revenant sur les minutes précédant les lancements du Macintosh, du NeXT Computer et de l'iMac.


Le film imagine ainsi, en temps réels, les échanges entre Jobs et ses proches (sa responsable marketing, ses anciens associés, sa fille), mais aussi la préparation minutieuse de chacune de ces conférences, où tout doit être réglé au millimètre et à la seconde près, jusqu'à l'éclairage ou la tenue vestimentaire... et sans aucun droit à l'erreur. Dans le rôle titre, Michael Fassbender (12 years a slave, Prometheus) interprète un homme ne tolérant aucun échec, aussi pointilleux que tyrannique, aussi visionnaire qu'antipathique. Un personnage complexe donc, que l'on se surprend à apprécier lors des rares séquences où l'armure se fend, même quand il se comporte comme le pire salaud avec Joanna Hoffman et Steve Wozniak (impeccables Kate Winslet et Steve Rogen).

Boyle donne par ailleurs à l'ensemble des airs d'opéra (un aspect que l'on retrouve d'ailleurs dans la bande musicale), déplaçant sa caméra et ses personnages comme au milieu d'un ballet et insufflant une énergie étonnante à un film pourtant uniquement composé de dialogues entre les protagonistes. Chaque rencontre devient une séquence forte, chaque présentation face au public traduit parfaitement l'ambiance impatiente qu'il y régnait.

Danny Boyle nous offre donc un biopic bien particulier avec son Steve Jobs, qui retranscrit à merveille le caractère du personnage, mais aussi la tension des minutes précédant les conférences. Une réussite, bien plus convaincante que le Jobs de Joshua Michael Stern.

Note : 9/10


samedi 14 juin 2014

127 heures


Titre : 127 heures (127 hours)
Réalisateur : Danny Boyle
Acteurs : James Franco, Amber Tamblyn, Kate Mara
Date de sortie en France : 23 février 2011
Genre : drame

Synopsis : 
Le 26 avril 2003, Aron Ralston, jeune homme de vingt-sept ans, se met en route pour une randonnée dans les gorges de l’Utah.Il est seul et n’a prévenu personne de son excursion. Alpiniste expérimenté, il collectionne les plus beaux sommets de la région.Pourtant, au fin fond d’un canyon reculé, l’impensable survient : au-dessus de lui un rocher se détache et emprisonne son bras dans le mur de rocaille. Le voilà pris au piège…

Avis : 
Réalisé par Danny Boyle, 127 heures s'inspire de l'histoire vraie d'Aron Ralston, qui fut coincé pendant 6 jours et 5 nuits dans le désert avant de réussir à s'en sortir. Pour retranscrire un tel fait divers, le réalisateur britannique va opter pour une approche minimaliste, mettant en scène James Franco seul dans un décor unique pendant une grande partie du film.


Nous suivrons donc pendant plus d'une heure le calvaire du héros, bloqué au fond d'un canyon par un rocher, souffrant d'hypothermie et de déshydratation et bientôt en proie à des hallucinations. Plus encore que la lutte pour sa survie, nous assisterons surtout à l'évolution de ses pensées, le jeune homme évoluant parfois aux limites de la folie, luttant contre le désespoir et se rappelant certains épisodes de sa vie passée, regrettant de ne pas avoir assez profité de ses proches et se maudissant de n'avoir prévenu personne de l'endroit où il allait.

Danny Boyle va utiliser ces moments de délires pour nous proposer une réalisation très travaillée, multipliant les effets visuels et sonores pour des passages parfois psychédéliques, nous plongeant entièrement dans l'esprit dérivant d'Aron. La mise en scène permet ainsi de sublimer une histoire qui n'était au départ pas très cinématographique, et va également mettre en avant la performance étonnante de James Franco (la trilogie Spiderman de Sam Raimi, Homefront).

127 heures transcende donc une idée de base que l'on aurait pu croire difficile à retranscrire au cinéma, grâce à une réalisation et une interprétation impeccables, nous offrant quelques passages très forts (la scène de l'amputation est vraiment horrible) et la confirmation que Danny Boyle n'est décidément pas un réalisateur comme les autres, même quand il s'intéresse à un sujet assez classique.

Note : 9/10


mardi 9 juillet 2013

Trance


Titre : Trance
Réalisateur : Danny Boyle
Acteurs : James McAvoy, Vincent Cassel, Rosario Dawson
Date de sortie en France : 8 mai 2013
Genre : thriller

Synopsis : 
Commissaire-priseur expert dans les œuvres d’art, Simon se fait le complice du gang de Franck pour voler un tableau d’une valeur de plusieurs millions de dollars. Dans le feu de l’action, Simon reçoit un violent coup sur la tête. À son réveil, il n’a plus aucun souvenir de l’endroit où il a caché le tableau. Ni les menaces ni la torture ne lui feront retrouver la mémoire. Franck engage alors une spécialiste de l’hypnose pour tenter de découvrir la réponse dans les méandres de l’esprit de Simon…

Avis : 
Avec Trance, Danny Boyle revient à l'un de ses thèmes de prédilection en explorant de nouveau les méandres de l'esprit humain : après les hallucinations ou les trips des héros de Trainspotting, La Plage ou encore 127 heures, il s'intéresse ici aux mécanismes de la mémoire avec un thriller à tiroirs où il va s'amuser à nous prendre régulièrement à contre-pied.


Il va ainsi s'appliquer à modifier régulièrement l'importance de ses trois personnages principaux, faisant tour à tour de James McAvoy (X-Men : le commencement), de Vincent Cassel (Irréversible) et de Rosario Dawson (Sin City) la figure principale de Trance. Une évolution constante qui rythme la première partie du récit, passionnante, où Elizabeth Lamb tente de sonder l'esprit de Simon pour retrouver Le Vol des sorcières de Goya, à grands renforts d'évocations mentales, de manipulations de souvenirs ou de suggestions sexuelles.

Trance se présente ainsi comme un puzzle, où les différentes pièces s'imbriquent peu à peu, et où de nombreux indices, très discrets, trouvent leur signification dans une seconde partie marquée par des rebondissements permanents. Mais si ce labyrinthe est tout d'abord très réussi, la volonté évidente qu'a Boyle de perdre le spectateur finit par lasser et par agacer, les révélations s'enchaînant sans répit pendant les dernières minutes, quitte à partir dans un délire un peu puéril et grotesque.

Ce dernier film en date de Danny Boyle reste donc l'un de ses moins maîtrisés, la faute à un second acte tentant maladroitement de paumer le spectateur. Dommage, car la première partie, avec sa scène de casse rapidement expédiée et ses premières incursions dans l'esprit de Simon, est très prenante, avec de nombreux indices qui nécessiteraient sans doute de revoir le film...Je ne suis pas certain d'en avoir vraiment envie...

Note : 6/10