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mardi 15 mars 2016

Legend


Titre : Legend
Réalisateur : Brian Helgeland
Acteurs : Tom Hardy, Emily Browning, Paul Anderson
Date de sortie en France : 20 janvier 2016
Genre : biopic, thriller

Synopsis : 
Londres, les années 60. Les jumeaux Reggie et Ronnie Kray, célèbres gangsters du Royaume-Uni, règnent en maîtres sur la capitale anglaise. À la tête d’une mafia impitoyable, leur influence paraît sans limites. Pourtant, lorsque la femme de Reggie incite son mari à s’éloigner du business, la chute des frères Kray semble inévitable…

Avis : 
Enième film de mafia estampillé "inspiré de l'histoire vraie de...", Legend nous fait donc découvrir le destin des jumeaux Kray à travers le regard de Frances Shea, épouse de Reggie au milieu des années 60. Des jumeaux liés par le sang, mais diamétralement opposés : Reggie, propre sur lui, confiant et réfléchi, et Ronnie, homosexuel introverti, schizophrène et paranoïaque. Une relation entre amour fraternel, méfiance et jalousie donc, pour cet aigle bicéphale régnant sur l'East End londonien.


Hélas, alors qu'on pouvait attendre un peu d'originalité grâce à cette dualité, Legend ne sera finalement qu'un énième film de mafia, ne se démarquant jamais de ses modèles (on pense, forcément, à Scorsese). De même, si le fait d'assister à l'ascension puis la chute des deux frères par le biais d'un autre personnage pouvait apporter un plus, il n'offre finalement aucune nuance à un film qui ne réserve aucune surprise.

On est même plutôt déçu par l'interprétation de Tom Hardy (The Revenant, Mad Max fury road), qui en fait trop dans le rôle de Ronnie, et se contente du minimum dans celui de Reggie. On appréciera en revanche Emily Blunt (Sicario, Edge of tomorrow) dans le rôle de cette jeune femme dépassée par les événements et par les impressionnantes explosions de violence des deux frères.

Petite déception donc avec ce Legend, qui sacrifie chacune de ses spécificités (les jumeaux, le Londres des années 60, l'histoire vue par les yeux d'un proche) pour n'offrir qu'un film de mafia trop banal, sans surprise ni saveur, pas même sauvé par un Tom Hardy lui aussi peu inspiré...

Note : 4/10


mardi 11 février 2014

Cartel


Titre : Cartel (The Counselor)
Réalisateur : Ridley Scott
Acteurs : Michael Fassbender, Javier Bardem, Cameron Diaz...
Date de sortie en France : 13 novembre 2013
Genre : thriller

Synopsis : 
La descente aux enfers d’un avocat pénal, attiré par l’excitation, le danger et l’argent facile du trafic de drogues à la frontière américano-mexicaine. Il découvre qu’une décision trop vite prise peut le faire plonger dans une spirale infernale, aux conséquences fatales.

Avis : 
 Scénarisé par Cormac McCarthy, auteur notamment des romans No country for old men et La Route, et réalisé par Ridley Scott, Cartel nous plonge dans le monde du trafic de drogue à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique. Nous allons ainsi suivre Michael Fassbender, pour sa deuxième collaboration avec Scott après Prometheus, rapidement confronté à la cruelle réalité d'un cartel tout-puissant ne pardonnant aucune erreur, même hypothétique.


Avec un tel sujet et un tel casting - aux côtés de Fassbender, on retrouve quand même Javier Bardem (No country for old men, Skyfall), Penelope Cruz (Ouvre les yeux, Vicky Christina Barcelona), Brad Pitt (Fight Club, World war Z) ou encore Cameron Diaz -on ne pouvait qu'avoir de fortes attentes. Pourtant, très rapidement, on va s'apercevoir que nous sommes devant un thriller bavard, aux enjeux flous et sans aucun souffle. En fait, en dehors de la noirceur due au scénario de McCarthy, qui insiste sur le contraste entre l'innocence du personnage de Cruz et l'horreur des événements qui vont marquer son fiancé, il n'y a pas grand chose à sauver.

On attend ainsi pendant 1h30 que le film démarre, en n'ayant finalement que les anecdotes sexuelles de Javier Bardem à se mettre sous la dent. Et même à ce moment là, Cartel ne décolle pas, se contentant de dérouler paresseusement son histoire, se contentant d'aligner les dialogues sans grand intérêt et nous menant sans jamais changer de rythme jusqu'à un final plutôt réussi, mais qui arrive bien trop tard. Il faut plus de deux heures avant de trouver un passage prenant.

Bref, Cartel est une vraie déception, un thriller mou et sans enjeu nous tirant trop rarement d'un véritable ennui malgré une histoire qui avait un véritable potentiel et un casting impressionnant. On se demande néanmoins si les acteurs étaient conscients des limites de leurs dialogues et de leurs personnages, tant ceux-ci sonnent creux et donnent uniquement l'impression de réciter leurs répliques sans y croire. On se demande également si on doit encore attendre mieux de la part de Ridley Scott, dont les belles années semblent décidément bien loin...

Note : 2,5/10


jeudi 2 janvier 2014

Malavita


Titre : Malavita (The Family)
Réalisateur : Luc Besson
Acteurs : Robert De Niro, Michelle Pfeiffer, Tommy Lee Jones
Date de sortie en France : 23 octobre 2013
Genre : comédie, action

Synopsis : 
Fred Blake alias Giovanni Manzoni, repenti de la mafia new-yorkaise sous protection du FBI, s’installe avec sa famille dans un petit village de Normandie.
Malgré d’incontestables efforts d’intégration, les bonnes vieilles habitudes vont vite reprendre le dessus quand il s’agira de régler les petits soucis du quotidien…

Avis : 
C'est un film qui n'aurait sans doute pas pu être réalisé ou produit par quelqu'un d'autre que Luc Besson. On y retrouve ainsi la démesure du réalisateur, son humour, son énergie et son absence totale de finesse. C'est donc ainsi que, pour l'adaptation du roman éponyme de Tonino Benacquista, il va réunir Robert De Niro, Michelle Pfeiffer et Tommy Lee Jones pour une comédie teintée d'action, où la mafia américaine rencontre la campagne normande.


Besson, tout fier de connaître autant la France que les Etats-Unis, va donc débarquer dans ses gros sabots et nous proposer un choc des cultures entre les américains, forcément fans de beurre de cacahuète et adeptes de la violence, et les français, bouseux et étroits d'esprit. C'est aussi fin que Bienvenue chez les ch'tis, mais également un peu plus énergique et un peu plus drôle.

De Niro et Pfeiffer jouent ainsi en permanence avec leurs personnages, parodiant avec bonheur certains de leurs rôles passés dans les films de mafia : la scène où Robert De Niro est invité par le ciné-club du coin pour regarder et commenter Les Affranchis de Scorsese (par ailleurs producteur exécutif du film) est ainsi un très bon moment. Et si l'on n'évite (évidemment) pas toujours la surenchère, avec le fils du couple qui transforme sa cour de récré en mafia et la fille uniquement motivée par l'envie de s'envoyer un professeur remplaçant.

Le tout débouchera sur une scène de fusillade, un peu inutile et mal fichue, démontrant une nouvelle fois le fait que Luc Besson ne sait pas canaliser son énergie. Malavita reste donc une gentille petite comédie, qui ne vole pas bien haut mais divertit suffisamment pour passer un bon moment, malgré la tendance habituelle de Besson à la coolitude un peu puérile.

Note : 6/10




lundi 4 novembre 2013

Northwest


Titre : Northwest (Nordvest)
Réalisateur : Michael Noer
Acteurs : Gustav Dyekjaer Giese, Oscar Dyekjaer Giese, Roland Mølle
Date de sortie en France : 9 octobre 2013
Genre : drame, thriller

Synopsis : 
 Nordvest est l’un des quartiers multiethniques les plus pauvres de Copenhague. Casper, jeune homme de 18 ans, y vit avec sa mère, son petit frère et sa petite sœur. Il s’acharne à joindre les deux bouts en vendant des biens volés à l’un des chefs des gangs du quartier. Quand le crime organisé arrive à Nordvest, la hiérarchie au sein du quartier change et Casper y voit une chance de monter en grade. Bientôt, il est projeté dans un monde de drogues, de violence et de prostitution entraînant son frère dans son sillage. Alors que les choses s’aggravent, l’aire de jeu de leur enfance devient un champ de bataille.

Avis : 
 Un thriller danois mettant en scène des petites frappes : le parallèle avec Pusher, de l'illustre Nicolas Winding Refn, est inévitable. D'ailleurs, Northwest ressemble à de nombreux égards à son aîné, avec cette réalisation austère, cette ambiance froide et cette histoire de jeune délinquant dépassé par le monde qui l'entoure. Casper n'est ainsi qu'un sous-fifre, le plus bas échelon de la hiérarchie, celui qui s'acquitte des tâches ingrates et n'est jamais récompensé autant qu'il aimerait l'être. Un vulgaire homme de main, comme Copenhague en compte des dizaines.


 Un jeune homme qui va donc être entraîné, par ses rêves de grandeur, dans une spirale de violence qui ira crescendo : des petits cambriolages à la drogue, jusqu'à des débordements de violence. Comme pour Pusher, l'histoire est assez classique. Mais en se concentrant sur l'unique point de vue de Casper, brillamment interprété par Gustav Dyekjaer Giese, Northwest fait mouche, montrant sa volonté d'évoluer dans la hiérarchie des truands, mais nous confrontant également à ses doutes et faiblesses, le poussant à entraîner son jeune frère avec lui.

Le film de Michael Noer semble ainsi suivre une trajectoire prédéfinie, faisant glisser ses personnages le long d'une progression inéluctable vers la violence. Et si l'on peine à s'attacher aux deux frères, certaines scènes très brutales viennent ponctuer le récit, achevant d'en faire une oeuvre glaciale bien que trop classique pour véritablement remporter une totale adhésion. Reste une oeuvre prometteuse, plus réussie à mon sens que le Pusher de Refn, qui donne envie de revoir le réalisateur et le duo d'acteurs dans le futur.

Note : 7,5/10



jeudi 1 août 2013

The Iceman


Titre : The Iceman
Réalisateur : Ariel Vromen
Acteurs : Michael Shannon, Winona Ryder, Ray Liotta
Date de sortie en France : 5 juin 2013
Genre : drame, thriller

Synopsis : 
 Tiré de faits réels, voici l’histoire de Richard Kuklinski, surnommé « The Iceman », un tueur à gages qui fut condamné pour une centaine de meurtres commandités par différentes organisations criminelles new-yorkaises. Menant une double vie pendant plus de vingt ans, ce pur modèle du rêve américain vivait auprès de sa superbe femme, Deborah Pellicotti, et de leurs enfants, tout en étant secrètement un redoutable tueur professionnel.
Lorsqu’il fut finalement arrêté par les fédéraux en 1986, ni sa femme, ni ses filles, ni ses proches ne s’étaient douté un seul instant qu’il était un assassin. Pourquoi l’est-il devenu, et comment a-t-il réussi à continuer pendant si longtemps ?

Avis : 
 The Iceman s'inspire donc de l'incroyable carrière du tueur à gages le plus célèbre de l'histoire des Etats-Unis : Richard Kuklinski, soupçonné d'avoir assassiné plus d'une centaine de personnes avant d'être arrêté. Durant son incarcération, il accepta de répondre à des journalistes, à des psychiatres, à des criminologues, décrivant ainsi ses méthodes et permettant l'écriture de The Ice Man: Confessions of a Mafia Contract Killer, avant de décéder en prison en 2006.


Ses nombreuses confessions vont permettre au film de Ariel Vromen d'être très fidèle à certains événements de la vie de Kuklinski, notamment en ce qui concerne ses méthodes d'assassinats et quelques anecdotes morbides. On retrouve ainsi la volonté de varier les façons de tuer, parfois très violentes (au pistolet, à l'arme blanche, avec du poison...) ou de se débarrasser des corps (en les conservant dans la glace, en les démembrant ou en les abandonnant tout simplement sur un banc). On assiste également au meurtre pendant lequel il permit à une victime (interprétée par James Franco dans un tout petit rôle) de prier pendant 30 minutes pour voir si une intervention divine le sauverait effectivement.

Cette fidélité va également nous faire rencontrer quelques "collègues" du Iceman, comme le gangster Roy DeMeo (Ray Liotta - Les Affranchis, The Place beyond the pines - habitué de ce genre de rôle) ou un autre tueur à gages, qui lui apprit les utilisations du cyanure et se déplaçait en camion à glaces, Robert Prongay (le méconnaissable Chris Evans - Scott Pilgrim, Avengers). Parallèlement à ses activités de tueur, on suit également Kuklinski dans sa vie de tous les jours, entouré d'une famille et d'amis qui ignorent tout de son activité. Winona Ryder interprète sa femme, suspectant une double vie sans en imaginer l'ampleur, et effacée face à la violence parfois incontrôlable de son époux.

Reste que le déroulement du film est assez classique et que l'on devine rapidement, si on a l'habitude des films basés sur la mafia, quelles seront les différentes péripéties. En fait, la principale qualité du film vient de l'interprétation de Winona Ryder, étonnante, et surtout de celle de Michael Shannon (Take shelter, Bug), toujours aussi impresionnant et inquiétant. Les deux acteurs portent le film sur leurs épaules, et compensent ainsi un scénario un peu trop prévisible malgré un personnage terriblement fascinant.

Note : 6,5/10