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lundi 26 mai 2014

Millénium, le film


Titre : Millénium, le film (Män som hatar kvinnor)
Réalisateur : Niels Arden Oplev
Acteurs : Michael Nyqvist, Noomi Rapace, Lena Endre
Date de sortie en France : 13 mai 2009
Genre : thriller

Synopsis : 
Mikael Blomkvist est journaliste économique dans le magazine Millenium. Condamné pour diffamation, il décide de prendre de la distance avec sa vie et son métier. Mais Henrik Vanger, grande figure de l'industrie suédoise, fait appel à lui afin d'enquêter sur une disparition non élucidée, celui d'Harriet Vanger, nièce du grand homme et disparue à l'âge de seize ans. Au cours de ses recherches, Blomkvist se rend compte que La famille Vanger semble cacher bien des haines et des secrets. Dans le cadre de son enquête, le journaliste est amené à rencontrer Lisbeth Salander. La jeune femme de vingt-quatre ans possède un don exceptionnel, celui de découvrir des informations introuvables. Tous deux vont être amenés à se croiser dans une enquête qui va révéler beaucoup plus que ce que chacun aurait pu imaginer...

Avis : 
Millénium, le film est la première adaptation, avant celle de David Fincher, du premier volet de la trilogie écrite par Stieg Larsson. Une adaptation forcément compliquée, Les Hommes qui n'aimaient pas les femmes se concentrant souvent sur les pensées de Lisbeth Salander et de Mikael Blomkvist, sur leurs rapports et leur évolution très subtile, et finalement sur une enquête un peu particulière, au rythme assez lent et aux nombreuses redondances.


A l'écran, cela va donner une première heure sans rythme, où nous découvrirons les personnages et les premiers éléments liés à la disparition d'Harriet. Prenant quelques libertés avec l'oeuvre d'origine, le film peine surtout à retranscrire les liens entre Blomkvist et Lisbeth, et choisit même d'en livrer une approche différente : la complicité semble ainsi totalement artificielle, et on se retrouve devant une enquête menée par un duo classique dont on ne ressent jamais vraiment la différence ou la complémentarité.

En fait, on oublie vite l'enquête, peu intéressante dans sa première partie, et Mikael Blomkvist, même si Michael Nyqvist est assez convaincant, au profit du personnage de Lisbeth Salander. Parfaitement incarnée par Noomi Rapace, la jeune femme est fascinante et est finalement l'aspect le plus intéressant du film. Elle permet à l'enquête de rebondir de façon plus convaincante, et participe largement à une deuxième heure bien plus convaincante que la première.

Millénium, le film reste donc une adaptation moyenne d'un roman qui n'atteignait de toute façon que rarement des sommets. Basé sur une enquête souvent poussive, le film vaut surtout pour l'interprétation de Noomi Rapace (que l'on verra plus tard dans Prometheus par exemple), impressionnante en Lisbeth Salander et une deuxième heure plus rythmée, où les questions obtiennent enfin des réponses. Nous retrouverons le duo dans les deux adaptations suivantes de l'oeuvre de Larsson : La Fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette et La Reine dans le palais des courants d'air.

Note : 6,5/10


vendredi 4 avril 2014

Prometheus


Titre : Prometheus
Réalisateur : Ridley Scott
Acteurs : Michael Fassbender, Noomi Rapace, Charlize Theron
Date de sortie en France : 30 mai 2012
Genre : science-fiction

Synopsis : 
Une équipe d’explorateurs découvre un indice sur l’origine de l’humanité sur Terre. Cette découverte les entraîne dans un voyage fascinant jusqu’aux recoins les plus sombres de l’univers. Là-bas, un affrontement terrifiant qui décidera de l’avenir de l’humanité les attend. 

Avis : 
Attendue pendant de très nombreuses années, la préquelle d'Alien, le huitième passager par son propre réalisateur, n'a finalement pas vu le jour. A la place, Ridley Scott va nous livrer Prometheus, une oeuvre nouvelle se déroulant dans le même univers scénaristique que la célèbre saga, et nous propose ainsi de découvrir les origines des xénomorphes, du space-jockey et même de l'humanité.


Très attendu donc, le film va forcément décevoir les fans d'Alien. Malgré le talent de Scott pour faire naître une certaine tension dans ces corridors étroits et sombres, à créer une atmosphère poisseuse, Prometheus va surtout pécher par son scénario, très linéaire (on va multiplier les allers-retours entre le vaisseau et le bâtiment inconnu), sans grande surprise, et ses personnages, particulièrement lisses. Malgré des interprètes au talent indéniable (Fassbender, Rapace, Theron...), leurs destins nous sont totalement indifférents.

Aucun suspense, très peu de frissons, et l'impression tenace d'être devant une relecture de certains éléments de la saga Alien plutôt que devant une oeuvre originale. Noomi Rapace n'est finalement qu'une sous-Sigourney Weaver, perdue au milieu de faire-valoir et d'un androïde prêt à tout pour découvrir l'étrange forme de vie. Le film reste néanmoins divertissant, avec des scènes d'exploration et des scènes d'action plutôt réussies, un rythme élevé et un aspect rentre-dedans qui n'est pas déplaisant.

On pourra toujours se demander ce qu'aurait donné une préquelle à Alien, ou un film de science-fiction plus nettement éloigné de l'univers de la tétralogie. Forcément décevant, Prometheus n'est finalement qu'un bon blockbuster au visuel soigné, faisant la part belle à l'action au détriment du scénario et des personnages. Ni désagréable, ni mémorable, juste divertissant finalement...

Note : 6,5/10


vendredi 30 août 2013

Dead man down


Titre : Dead man down
Réalisateur : Niels Arden Oplev
Acteurs : Colin Farrell, Noomi Rapace, Terrence Howard
Date de sortie en France : 3 avril 2013
Genre : thriller

Synopsis : 
Victor est le bras droit d’Alphonse, un caïd new-yorkais. Quelqu’un s’en prend à leur gang, dont les hommes sont abattus les uns après les autres, et l’assassin multiplie les messages de menace. Espérant s’attirer les faveurs d’Alphonse, Darcy, un ami de Victor, se lance sur les traces du tueur. Lorsque Victor fait la connaissance de Béatrice, une Française qui vit avec sa mère, Valentine, il est tout de suite attiré. Il va vite découvrir qu’elle n’est pas ce qu’elle prétend. Béatrice est une victime qui cherche à se venger – et pour cela, elle a besoin de l’aide de Victor. Mais Béatrice va elle aussi se rendre compte que Victor n’est pas exactement ce qu’il avait dit. Lui aussi a un compte à régler… Ces deux êtres assoiffés de vengeance vont mettre au point un plan qui n’épargnera personne… 

Avis : 
 Pour son premier film américain, Niels Arden Oplev, le réalisateur danois à qui l'on doit la première adaptation de Millénium, a choisi un thriller basé sur l'idée de vengeance et de rédemption, davantage basé sur les relations entre ses deux personnages principaux et leur rapport à la violence que sur l'action, finalement peu présente.


Il retrouve ainsi l'actrice Noomi Rapace (Prometheus, Passion), jeune femme défigurée lors d'un accident de voiture et cherchant à se venger, qu'il associe pour l'occasion à Colin Farrell (Alexandre, Total Recall : mémoires programmées), qui a infiltré de son propre chef un gang afin de, lui aussi, se venger. Leur rencontre va leur permettre d'entrevoir la possibilité d'une vie après leur drame, chacun tentant finalement de sauver l'autre en lui proposant une alternative à la vengeance.

Oplev choisit donc une approche relativement intimiste, nous fait pénétrer dans l'esprit de ces deux personnages torturés. Seul problème, leur évolution reste très classique, leurs réactions extrêmement prévisibles, et si le tout est efficace et rondement mené, on a l'impression de l'avoir déjà vu des dizaines de fois. Heureusement, le réalisateur danois nous offre quelques scènes d'action très réussies, dont un final explosif et vraiment jouissif.

Dead man down est donc un thriller très classique, livrant une histoire intéressante mais souffrant de sa banalité. Aucune surprise donc, mais une certaine efficacité grâce à un duo Rapace / Farrell plutôt convaincant et une réalisation plutôt inspirée de Niels Arden Oplev.

Note : 6,5/10


mercredi 13 février 2013

Passion


Titre : Passion
Réalisateur : Brian De Palma
Acteurs : Rachel McAdams, Noomi Rapace, Karoline Herfurth
Date de sortie en France : 13 février 2013
Genre : thriller

Synopsis : 
Deux femmes se livrent à un jeu de manipulation pervers au sein d'une multinationale. Isabelle est fascinée par sa supérieure, Christine. Cette dernière profite de son ascendant sur Isabelle pour l'entraîner dans un jeu de séduction et de manipulation, de domination et de servitude. 

Avis : 
A-t-on définitivement perdu Brian De Palma ? On peut légitimement se poser la question en sortant de ce Passion, remake du Crime d'amour réalisé par Alain Corneau en 2010. En effet, le réalisateur ne semble n'être ici que l'ombre de lui-même, n'ayant à offrir que quelques mécanismes trop ancrés dans son cinéma, comme autant de spasmes réflexes avant une mort définitive.

Pourtant, avec une telle histoire, on pouvait espérer que le réalisateur de Pulsions ou Body Double trouve un terrain de jeu lui convenant parfaitement, le synopsis laissant entrevoir un thriller teinté d'érotisme, avec domination, fétichisme, homosexualité et bestialité au menu. Hélas, tous ces éléments ne seront que caressés par le réalisateur, qui n'en développera jamais aucun. Oubliez donc l'idée d'une relation vénéneuse entre Rachel McAdams et Noomi Rapace, nous n'aurons qu'un ou deux baisers échangés pour toute subversion.



L'aspect thriller ne sera pas plus convaincant, De Palma donnant dans la surenchère à grands renforts de révélations, de retournements de situations, bien souvent au détriment de toute cohérence. Vieux briscard, il tente d'ailleurs de faire avaler la pilule en jouant sur la folie de l'un de ces personnages, mais ça ne fonctionne absolument pas, entraînant même au contraire le film encore davantage dans un grand n'importe quoi.

A vrai dire, pendant une heure, Passion ressemble surtout à un téléfilm allemand (boudé par Hollywood, le réalisateur a d'ailleurs tourné son film à Berlin). Les thèmes du voyeurisme et la sexualité étant largement survolés, c'est finalement la vie de la multinationale qui est au centre de l'histoire, avec ses rivalités, ses complicités, ses couples...Et quand De Palma décide enfin de faire du De Palma, c'est en nous balançant sans imagination les éternels clins d'oeil à Hitchcock ou en nous faisant subir l'un des pires split screen de l'histoire.

Passion est donc un énorme loupé, une espèce de pastiche des films de De Palma par De Palma, où les thèmes majeurs ne sont qu'évoqués avant d'être purement et simplement oubliés, et où le réalisateur semble nous faire un épisode du Destin de Lisa plutôt qu'un thriller sulfureux, avec en prime une musique envahissante de Pino Donaggio et une Noomi Rapace (Millenium, le film, Prometheus) très loin de ses meilleurs rôles. A oublier, et vite...

Note : 2/10