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jeudi 14 avril 2016

The Danish girl


Titre : The Danish girl (Danish girl)
Réalisateur : Tom Hooper
Acteurs : Eddie Redmayne, Alicia Vikander, Mathias Schoenaerts
Date de sortie en France : 20 janvier 2016
Genre : biopic, drame

Synopsis : 
The Danish Girl retrace la remarquable histoire d'amour de Gerda Wegener et Lili Elbe, née Einar Wegener, l'artiste danoise connue comme la première personne à avoir subi une chirurgie de réattribution sexuelle en 1930. Le mariage et le travail de Lili et Gerda évoluent alors qu’ils s’embarquent sur les territoires encore inconnus du transgenre.

Avis : 
Attention,‭ ‬attention :‭ ‬l'un des réalisateurs les plus emblématiques du cinéma hollywoodien lisse et convenu est de retour.‭ ‬Après un‭ ‬Discours du roi sans aspérité,‭ ‬après des‭ ‬Misérables pénibles à digérer,‭ ‬Tom Hooper s'attaque à l'histoire vraie‭ – ‬mais forcément corrigée afin de rentrer dans le moule‭ – ‬de Lili Elbe,‭ ‬première personne à avoir subi une chirurgie de réattribution sexuelle.


Le thème est fort,‭ ‬le personnage historique formidable,‭ ‬mais l'ensemble va donc passer à la moulinette pour offrir une vision aseptisée,‭ ‬et souvent gênante,‭ ‬de l'ambiguïté du personnage et de sa lutte.‭ ‬Dans le film Einar Wegener n'est finalement présenté que comme une homme aimant se travestir,‭ ‬et n'agissant que par caprices,‭ ‬plutôt qu'une personne souffrant véritablement de sa condition.‭ ‬Impossible dans ces conditions de s'attacher au personnage,‭ ‬de souffrir pour lui,‭ ‬de comprendre con combat,‭ ‬puisqu'il n'apparaît finalement que comme un clone d'Ed Wood et de ses penchants pour la lingerie féminine.

Ce sentiment d'approche stéréotypée se retrouve dans l'interprétation d'Eddie Redmayne‭ (Une merveilleuse histoire du temps,‭ Jupiter,‭ ‬le destin de l'Univers‭)‬.‭ ‬Si l'acteur prête à merveille son physique particulier et l'impression de fragilité qu'il dégage aux premiers doutes du personnage,‭ ‬il se contente ensuite de minauder grossièrement,‭ ‬ajoutant à l'ensemble une touche caricaturale franchement déplaisante.‭ ‬On appréciera en revanche la prestation d'Alicia Vikander‭ (Ex_machina‭)‬,‭ ‬parfaite dans le rôle de l'épouse d'Einar d'abord fascinée par ce qu'elle considère comme un jeu,‭ ‬puis peu à peu laissée sur la touche par un personnage également décrit comme égoïste.

Bref,‭ ‬le destin de Lili Elbe aurait dû donner une œuvre forte et poignante.‭ ‬Mais à force de caricature et de conformisme,‭ ‬Tom Hooper se contente une nouvelle fois d'effleurer son sujet,‭ ‬uniquement habité par la volonté de ringardiser son sujet pour l'offrir au plus grand nombre...‭ ‬jusqu'à en devenir par moments abject.

Note :‭ ‬3/10


vendredi 1 janvier 2016

Ex machina


Titre : Ex machina
Réalisateur : Alex Garland
Acteurs : Domhnall Gleeson, Alicia Vikander, Oscar Isaac
Date de sortie en France : 3 juin 2015
Genre : science-fiction

Synopsis : 
À 26 ans, Caleb est un des plus brillants codeurs que compte BlueBook, plus important moteur de recherche Internet au monde. À ce titre, il remporte un séjour d’une semaine dans la résidence du grand patron à la montagne. Mais quand Caleb arrive dans la demeure isolée, il découvre qu’il va devoir participer à une expérience troublante  : interagir avec le représentant d’une nouvelle intelligence artificielle apparaissant sous les traits d’une très jolie femme robot prénommée Ava.

Avis : 
Scénariste pour Danny Boyle (28 jours plus tard, Sunshine), pour Dredd mais aussi pour le jeu vidéo (Enslaved : odyssey to the West, Devil May Cry), Alex Garland signe son premier film en tant que réalisateur avec Ex machina. Le point de départ de ce film de science-fiction est classique, et repose sur l'éternelle question de l'intelligence artificielle d'un robot.


Au sein de l'unique décor, assez oppressant, d'une demeure high-tech totalement hermétique au monde extérieur, Caleb doit déterminer si Ava dispose d'une véritable intelligence : peut-elle vraiment réfléchir par elle-même, développer ses propres réponses... faire preuve d'humour, de libre arbitre, de sensibilité artistique, peut-elle tomber amoureuse ? Autant de questions qui seront au centre de dialogues remarquablement écrits, avec une progression très réussie de ce que le personnage principal, ainsi que le spectateur, peuvent ressentir pour Ava.

On restera en revanche un peu sur notre faim en ce qui concerne Nathan (Oscar Isaac, vu dans Star Wars épisode VII ou dans Inside Llewyn Davis, est impressionnant), dont le caractère est malheureusement effleuré : manipulateur et génial, il semble constamment flirter avec la folie et entretient la paranoïa de son invité. Ex machina s'amuse d'ailleurs à balayer les grands thèmes de la science-fiction robotique, en jouant sur l'identité des différents protagonistes, mais aussi en s'écartant des enjeux scénaristiques trop évidents.

Ex machina restera donc comme une des bonnes surprises de 2015, un "petit" film de SF très réussi, qui remet au goût du jour le thème classique de l'intelligence artificielle et refuse les facilités scénaristiques. J'ai déjà hâte de découvrir les prochains travaux d'Alex Garland !

Note : 8/10