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mercredi 23 décembre 2015

Strictly criminal


Titre : Strictly criminal (Black mass)
Réalisateur : Scott Cooper
Acteurs : Johnny Depp, Joel Edgerton, Benedict Cumberbatch
Date de sortie en France : 25 novembre 2015
Genre : policier, thriller

Synopsis :
Le quartier de South Boston dans les années 70. L'agent du FBI John Connolly convainc le caïd irlandais James "Whitey" Bulger de collaborer avec l'agence fédérale afin d'éliminer un ennemi commun : la mafia italienne. Le film retrace l'histoire vraie de cette alliance contre nature qui a dégénéré et permis à Whitey d'échapper à la justice, de consolider son pouvoir et de s'imposer comme l'un des malfrats les plus redoutables de Boston et les plus puissants des États-Unis.

Avis :
Son arrestation en 2011 a mis fin à la cavale de l'un des plus célèbres criminels américains du vingtième siècle : meurtres, racket, trafic de drogues... James Bulger a régné sur Boston, bien aidé par son alliance avec l'agent John Connolly. Un sujet parfait pour un film ? Pas totalement...


 Car Strictly criminal se révèle extrêmement décevant. A trop vouloir détailler les rouages de l'ascension de « Whitey », il ne parvient pas totalement à retranscrire la menace qu'il pouvait représenter. Evidemment, on verra le truand assassiner froidement plusieurs personnes, mais on ne tremble pas vraiment devant un personnage qui semble finalement moins détestable que l'agent Connolly... ou les collègues pourtant irréprochables de ce dernier.

Dommage, car dans le rôle principal, Johnny Depp est éblouissant. Sous un maquillage impressionnant, il retranscrit à merveille la folie contenue du personnage, et semble constamment sur le point d'exploser. Il éclipse sans difficulté le reste du casting, pourtant prestigieux, de Joel Edgerton (Warrior, Exodus) à Benedict Cumberbatch (Star Trek into darkness, Imitation game) en passant par Kevin Bacon  (Hollow man), Corey Stoll (Ant-Man, The Strain), Dakota Johnson (50nuances de Grey), Peter Sarsgard, Juno Temple (Horns), Jesse Plemons (The Program, Breaking bad) ou encore Rory Cochrane (Argo).

Stritcly criminal  ne décolle donc jamais, et reste un film policier très moyen, uniquement éclairé par l'impressionnante performance d'un Johnny Depp  qu'on n'attendait pas si menaçant. De quoi lancer une nouvelle carrière dans des rôles plus sombres ?


Note : 4/10


samedi 19 juillet 2014

Transcendance


Titre : Transcendance (Transcendence)
Réalisateur : Wally Pfister
Acteurs : Johnny Depp, Rebecca Hall, Paul Bettany
Date de sortie en France : 25 juin 2014
Genre : thriller, science-fiction

Synopsis : 
Dans un futur proche, un groupe de scientifiques tente de concevoir le premier ordinateur doté d’une conscience et capable de réfléchir de manière autonome. Ils doivent faire face aux attaques de terroristes anti-technologies qui voient dans ce projet une menace pour l’espèce humaine. Lorsque le scientifique à la tête du projet est assassiné, sa femme se sert de l’avancée de ses travaux pour « transcender » l’esprit de son mari dans le premier super ordinateur de l’histoire. Pouvant désormais contrôler tous les réseaux liés à internet, il devient ainsi quasi omnipotent. Mais comment l’arrêter s’il perdait ce qui lui reste d’humanité ?

Avis : 
Pour son premier film en tant que réalisateur, Wally Pfister, directeur de la photographie de Christopher Nolan, se penche sur un thème souvent évoqué au cinéma : celui de l'évolution des intelligences artificielles, du danger lié au pouvoir grandissant des super-ordinateurs. Un sujet évidemment alléchant, d'autant qu'il semble de plus en plus plausible, mais qui ne bénéficiera pas du traitement qu'il méritait.


Car Transcendance, s'il ne sera ni mauvais ni désagréable à suivre, restera désespérément quelconque, n'osant jamais développer des thèmes pourtant forts (notamment le froid pragmatisme de l'ordinateur), au profit d'un thriller convenu et sans réel climax. Les enjeux ne sont jamais très clairs, on peine à vraiment ressentir la menace planétaire que constitue l'esprit de Johnny Depp, et on a beaucoup de mal à accepter l'idée que le petit groupe de résistants puisse avoir une réelle influence...

Le film ne décolle donc jamais, peu aidé par un casting certes prestigieux (Depp, Freeman, Murphy...) mais se contentant du minimum, et des effets visuels réussis mais sans ampleur et trop classiques. On a en fait l'impression tenace que Pfister se contente de suivre sagement les recettes du maître Nolan, sans apporter ni intensité, ni profondeur à un film finalement bien trop lisse qui ne... transcendera jamais son sujet.

Dommage donc que Transcendance se contente de rester trop sage, car Wally Pfister tenait sans doute ici un sujet très fort, qui aurait pu donner un excellent film de science-fiction aussi noir qu'intelligent. Hélas, le directeur de la photographie des films de Christopher Nolan montre qu'il est encore bien loin de son modèle, et son film sera sans doute complètement oublié d'ici quelques semaines...

Note : 3,5/10





mercredi 7 août 2013

Lone Ranger, naissance d'un héros


Titre : Lone Ranger, naissance d'un héros (The Lone Ranger)
Réalisateur : Gore Verbinski
Acteurs : Johnny Depp, Armie Hammer, William Fichtner
Date de sortie en France : 7 août 2013
Genre : western, aventures

Synopsis : 
Tonto, guerrie indien, raconte l'histoire méconnue qui a transformé John Reid, un ancien défenseur de la loi, en un justicier légendaire. Ces deux héros à part vont devoir apprendre à faire équipe pour affronter le pire de la cupidité et de la corruption.

Avis : 
Personnage méconnu en France, The Lone Ranger est un héros extrêmement populaire aux Etats-Unis. Véritable icône, il est d'abord apparu dans une feuilleton radiophonique en 1933, puis une série télévisée de 1949 à 1957. Déjà réalisateur de Rango, Gore Verbinski va ici retrouver un mélange entre western et humour, et mettre de nouveau en scène Johnny Depp après la trilogie Pirates des Caraïbes.


Un Johnny Depp qui va d'ailleurs très vite voler la vedette à Armie Hammer (The Social network) en campant un Tonto directement hérité du capitaine Jack Sparrow : toujours au bord de la folie, cet indien taciturne à l'apparence improbable est le véritable héros du film, son principal ressort comique. Certes, après la trilogie des Pirates, l'interprétation de Depp semble souvent un peu redondante, mais reste très efficace et fait régulièrement sourire. Seul William Fichtner (Elysium, la série Prison break) soutient la comparaison, parfait dans la peau du bandit sans scrupule.

Malgré un scénario plutôt simple et quelques choix étrange (la narration par un Tonto âgé dans un musée ne sert strictement à rien...), les 2h30 de Lone Ranger passent très vite. Les scènes d'action se succèdent à un bon rythme, avec une sympathique démesure et un réalisme souvent joyeusement absent. Les deux longues scènes dans les trains sont ainsi des modèles de générosité, même si l'on finit par se lasser de l'utilisation systématique du thème du héros, le William Tell Overture de Rossini, dont le côté épique finit par s'essouffler après plusieurs minutes.

Lone Ranger, naissance d'un héros est donc un divertissement pop-corn, ponctué de scènes d'action démesurée et de touches humoristiques inoffensives. Le mélange des genres (western / aventures / drame / humour) fonctionne plutôt bien, même si l'on regrettera que les thèmes les plus matures, comme le racisme ou la guerre avec les indiens, malgré une somptueuse bataille, ne soient qu'effleurés. On préfèrera finalement revoir les films précédents de Verbinski, et en particulier Rango dans un genre très similaire.

Note : 7/10


vendredi 7 juin 2013

La Neuvième porte


Titre : La Neuvième porte (The Ninth gate)
Réalisateur : Roman Polanski
Acteurs : Johnny Depp, Frank Langella, Emmanuelle Seigner
Date de sortie en France : 25 août 1999
Genre : fantastique, thriller

Synopsis : 
Dean Corso est un chercheur de livres rares pour collectionneurs fortunés. Sa réputation lui vaut d'être engagé par un éminent bibliophile, féru de démonologie, Boris Balkan, qui lui demande de traquer les deux derniers exemplaires du légendaire manuel d'invocation satanique, "les Neuf Portes du royaume des ombres". Corso relève le défi. De New York à Tolède, de Paris à Cintra, il s'enfonce dans un labyrinthe semé de pièges et de tentations. Il va peu à peu décrypter les énigmes du livre maudit et découvrir le véritable enjeu de sa mission. 

Avis : 
 Trente ans après Rosemary's baby, Roman Polanski revient taquiner le Diable avec cette adaptation du roman d'Arturo Pérez-Reverte, Le Club Dumas. Il met pour l'occasion en scène Johnny Depp (Pirates des Caraïbes, Sleepy Hollow) dans le rôle de Dean Corso, au milieu d'une enquête qui dépassera finalement les frontières du surnaturel.
 

Polanski va installer une ambiance très réussie pendant la plus grande partie du film, l'atmosphère se faisant plus pesante, plus menaçante à mesure que les recherches et les découvertes de Corso progressent. Dans ce puzzle démoniaque éparpillé entre plusieurs pays, les rencontres improbables se multiplient, de ce duo de bibliothécaires espagnols à cette secrétaire parisienne au physique d'armoire à glaces. Pendant 1h30, le réalisateur nous fait d'ailleurs participer à cette chasse, nous faisant découvrir les mystères en même temps que le personnage interprété par Depp...pour finalement nous abandonner, sans crier gare.

En effet, toute cette enquête s'accélère brusquement, et laisse le spectateur sur le côté, contraint d'assister à un dénouement devenant aussi obscur que grotesque. Car si Polanski flirtait jusque là agréablement avec le surnaturel, n'apportant que quelques touches un peu risibles (ah, Emmanuelle Seigner qui plane pour rejoindre Johnny Depp avant de rosser quelques agresseurs dans un affrontement ridicule !), il décide finalement de verser dans le grand-guignolesque, à grand renfort de secte attardée, de second couteau impayable et de grand gourou illuminé.

Cette dernière partie gâche vraiment le plaisir ressenti jusque là, avec cette progression intéressante de l'intrigue et la découverte progressive du mystère contenu dans les livres. Et si chacune des apparitions de Seigner résonne comme autant d'alertes annonçant que le film risque de sombrer dans la médiocrité, rien ne nous préparait à ce dernier acte complètement bâclé...Dommage.

Note : 7/10