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mercredi 5 mars 2014

Nymphomaniac - volume I


Titre : Nymphomaniac - volume I
Réalisateur : Lars von Trier
Acteurs : Charlotte Gainsbourg, Stellan Skarsgård, Stacy Martin
Date de sortie en France : 1er janvier 2014
Genre : drame, érotique

Synopsis : 
 La folle et poétique histoire du parcours érotique d'une femme, de sa naissance jusqu'à l'âge de 50 ans, racontée par le personnage principal, Joe, qui s'est auto-diagnostiquée nymphomane. Par une froide soirée d’hiver, le vieux et charmant célibataire Seligman découvre Joe dans une ruelle, rouée de coups. Après l'avoir ramenée chez lui, il soigne ses blessures et l’interroge sur sa vie. Seligman écoute intensément Joe lui raconter en huit chapitres successifs le récit de sa vie aux multiples ramifications et facettes, riche en associations et en incidents de parcours.

Avis : 
 C'est un film qui a beaucoup fait parler de lui bien avant sa sortie, autant pour sa campagne de publicité, avec ces affiches nous montrant le visage des acteurs en plein orgasme, que pour la durée phénoménale du premier montage du film : on parle d'une oeuvre d'environ 5h30, que Lars von Trier refuse de couper. C'est finalement le producteur qui sera chargé de remonter le film, l'amputant d'1h30 et l'exploitant au cinéma en deux parties de deux heures chacune, avec un texte nous informant au début du film que le montage, s'il a été accepté par le réalisateur danois, n'est pas son montage. 


Pour cette première partie, nous suivrons l'enfance et l'adolescence de Joe (Charlotte Gainsbourg, pour sa troisième collaboration avec von Trier après Antichrist et Melancholia), racontée par elle-même à Seligman (Stellan Skarsgard, pour la cinquième fois). De sa découverte de la sexualité aux jeux sexuels avec de nombreux partenaires, le témoignage est émaillé des commentaires du vieil homme dans des comparaisons souvent cocasses avec la pêche à la mouche ou le cantus firmus de Bach.

Aussi, étonnamment, ce sont ces passages à l'humour très particulier qui marquent et convainquent le plus. On retiendra ainsi l'extraordinaire séquence où Uma Thurman débarque avec ses enfants chez Joe pour y retrouver son mari. Un décalage bienvenu dans un film dramatique autrement assez poussif, et finalement assez banal malgré l'évidente volonté de choquer de Lars von Trier et l'excellence de l'interprétation. On finit ainsi par s'ennuyer, la démonstration étant assez classique, et les scènes de sexe ne ressemblant finalement qu'à du remplissage.

En attendant la seconde partie, qui semble bien plus crue et s'attarder sur les expériences extrêmes de la Joe adulte, cette première partie peine donc à réellement convaincre. On y retrouve ainsi les tics de Lars von Trier (l'introduction, où Führe mich de Rammstein explose soudain après quelques minutes de silence et de contemplation, nous résume presque sa carrière), au service d'un film dont les rares moments forts (le chapitre Delirium, en noir et blanc, est magnifique) sont un peu noyés dans deux heures souvent creuses...

Note : 6/10


dimanche 16 juin 2013

Du plomb dans la tête


Titre : Du plomb dans la tête (Bullet to the head)
Réalisateur : Walter Hill
Acteurs : Sylvester Stallone, Sung Kang, Jason Momoa
Date de sortie en France : 27 février 2013
Genre : action

Synopsis : 
Tueur à gages à La Nouvelle-Orléans, James Bonomo, dit « Jimmy Bobo », a pour règle de ne jamais tuer un innocent. Après l’exécution d’un contrat, il laisse derrière lui un témoin, vivant. Pour le punir de ce travail bâclé, son partenaire Louis est abattu par un mystérieux assassin. Lorsque l’inspecteur de police Taylor Kwon arrive en ville pour rejoindre son équipier et suivre une nouvelle piste sur une ancienne affaire, il découvre que celui-ci a été tué. Tous les indices accusent Jimmy et son complice désormais disparu, Louis. Pour trouver qui a tué leurs partenaires respectifs, le flic et le tueur à gages vont être forcés de faire équipe. Bien que chacun d’un côté de la loi, ils vont vite se rendre compte que la frontière est mince…

Avis : 
On a cru un moment que Stallone vieillissait bien : le temps d'un Rocky Balboa et d'un John Rambo, il redonnait une seconde jeunesse aux personnages qui avaient fait sa gloire, et ainsi à sa propre carrière. Il enchaînait alors avec les deux Expendables, la lourdeur du sérieux du premier volet se transformant miraculeusement en un second degré réjouissant dans sa suite. Avec Du plomb dans la tête, il tente de surfer une nouvelle fois sur cette vague de films tenter de ressusciter l'esprit du cinéma d'action des années '80 et '90...et ne réussit finalement qu'à titiller les pires spécimens du genre.



Entièrement dédié à la gloire de Stallone, ce nouveau film de Walter Hill (48 heures) va en effet se louper dans les grandes largeur. Partant d'un scénario ultra-basique, se contentant d'aligner les poncifs, Du plomb dans la tête réunit donc deux héros que tout oppose : un flic confronté à la corruption de ses collègues (Sung Kang - Fast & Furious 3-4-5-6), et un tueur à gage dont l'apparence brute dissimule un vrai sens de l'honneur et un coeur gros comme ça (Stallone). Cela ne s'arrange pas quand on confronte ces deux hommes à un grand méchant qui règne sur la pègre du coin (Adewale Akinnuoye-Agbaje, surtout connu pour les séries Lost, les disparus et Oz), et qui a un colosse mono-expressif comme garde du corps (Jason Momoa, le Conan du remake de Marcus Nispel et le Khal Drogo de Games of thrones).

Si l'absence de scénario n'est pas toujours un véritable défaut dans un film de ce genre, elle se fait ici cruellement ressentir par l'absence totale d'intensité, autant dans les échanges (Stallone se contente d'ânonner des répliques affligeantes) que dans les affrontements, le sommet étant atteint dans un affrontement en caleçon dans un hammam, où l'intensité que l'on pouvait voir dans une scène similaire de Les Promesses de l'ombre de Cronenberg laisse place à un duel mollasson dont la virilité moite incite même à sourire. Seul le combat final, passage obligé du film, entre Stallone et Momoa, relèvera un peu le niveau, bien qu'il soit rapidement expédié.

Du plomb dans la tête, c'est du cinéma qui n'a rien dans la tête, se contentant de flatter l'égo de Stallone dans un film sans aucune imagination, dont les tics de réalisation (ces arrêts sur image sans raison, ces flash de couleur) ne parviennent à masquer ni la médiocrité, ni la prétention, là où Schwarzenegger réussissait, avec Le Dernier rempart, à apporter un recul certain sur son personnage vieillissant.

 Note : 1/10