Affichage des articles dont le libellé est 2001. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est 2001. Afficher tous les articles

mardi 16 juin 2015

Battle royale


Titre : Battle royale (Batoru rowaiaru)
Réalisateur : Kinji Fukasaku
Acteurs : Takeshi Kitano, Tatsuya Fujiwara, Aki Maeda
Date de sortie en France : 21 novembre 2001
Genre : action, drame

Synopsis : 
Dans un avenir proche, les élèves de la classe B de 3ème du collège Shiroiwa ont été amenés sur une île déserte par une armée mystérieuse. Un adulte surgit tout à coup devant eux : leur ancien professeur Kitano. Il leur annonce qu'ils vont participer à un jeu de massacre dont la règle consiste à s'entretuer. Seul le dernier des survivants pourra regagner son foyer...

Avis : 
L'aura qui entoure certains films est parfois étonnante : prenez Battle royale de Kinji Fukasaku. Elevée au rang de film culte, cette adaptation du roman - déjà pas terrible - de Koshun Takami semble profiter d'une formidable idée de départ pour dissimuler une réalité pourtant bien moins flatteuse : c'est un film très moyen, plombé par de multiples défauts et uniquement sauvé de la nullité totale par certaines idées réjouissantes.


Un peu comme si un enfant avait décidé d'adapter Sa Majesté des mouches en retirant tout élément subversif, Battle royale se contente de quelques pointes de cynisme (la vidéo de présentation du jeu) avant d'étaler toute sa niaiserie, toutes ses limites narratives, allant jusqu'à offrir un happy end grotesque (si seulement le film se terminait quelques minutes plus tôt) à une oeuvre constamment handicapée par l'interprétation de ses jeunes acteurs, apparemment obligés d'en faire des tonnes au moment de mourir, généralement après avoir confessé leur amour.

L'abondance de personnages nuit également au film, la plupart n'étant que des esquisses de caricatures, quand ils ne se limitent pas à une apparition de quelques secondes afin de nous informer de leur décès. Les personnages principaux ne sont guère plus réussis, la médiocrité des acteurs n'étant concurrencée que par la stupidité de leurs réactions : le couple Shuya - Noriko est d'une niaiserie et d'une connerie à toute épreuve, et on aimerait vraiment qu'ils se fassent buter par les concurrents plus crédibles comme Kiriyama ou Kawada.

Exemple type du pétard mouillé, Battle Royale ne développe jamais une idée de départ formidable, multiplie les artifices (la musique classique, qui ne met jamais rien en valeur à l'exception de la mort de Mitsuko Soma) et les fautes de goût (la direction d'acteurs). On se demande d'ailleurs ce que Takeshi Kitano est venu faire dans ce raté presque total, dont la médiocrité n'est concurrencée que par celle du manga du même nom...

Note : 2/10




jeudi 5 juin 2014

Jurassic Park III


Titre : Jurassic Park III
Réalisateur : Joe Johnston
Acteurs : Sam Neill, William H. Macy, Tea Leoni
Date de sortie en France : 8 août 2001
Genre : aventures, fantastique

Synopsis : 
Paul Kirby et sa femme Amanda, un couple richissime, proposent à Alan Grant une grosse somme d'argent s'il leur fait survoler Isla Sorna. Alan accepte leur offre, mais flaire une entourloupe lorsque le pilote amorce sa descente sur l'île. Il découvre alors les vraies raisons de l'excursion organisée par les Kirby : sauver Eric, leur fils disparu dans les environs...

Avis : 
Après les deux volets réalisés par Steven Spielberg, la saga Jurassic Park connaît plusieurs changements avec ce troisième épisode : cette fois, il ne s'agit plus d'adapter un roman de Michael Crichton (même si plusieurs éléments, comme la volière, seront inspirés de ses deux livres), le Tyrannosaurus n'est plus la vedette du film, et Joe Johnston (Captain America : first avenger, Jumanji) débarque derrière la caméra. Résultat immédiat : Jurassic Park III est un film d'aventures destiné à un public bien plus jeune que ses deux aînés.


Avec un scénario extrêmement léger et n'évitant pas les incohérences ou les éléments non développés (on ne saura jamais ce qui a tué les passagers du bateau, on se demandera pourquoi les raptors, si attachés à leurs oeufs, ne surveillent pas leur nid, et on préférera oublier le final), une violence considérablement amoindrie et un gosse insupportable parmi les personnages principaux, JP3 semble s'acharner à nous agacer, et va même jusqu'à marquer un recul sur un des éléments les plus réussis de la saga : les effets spéciaux.

Cette fois, vous n'aurez ainsi aucune difficulté à distinguer entre les dinosaures numériques et leurs cousins mécaniques. Dommage, car avec quelques nouvelles espèces (le Spinosaure, les Pteranodons...) et une légère modification des anciens pour se mettre en phase avec les découvertes paléontologiques (les Velociraptors ont quelques plumes), le film disposait d'arguments pour offrir un spectacle généreux, hélas gâché par des idées grotesques (le combat entre les deux super-carnivores) ou une désinvolture manifeste.

Même Sam Neill semble dépassé par le film et y erre en roue libre, comme abasourdi par une histoire qui semble autant destinée aux enfants qu'écrite par eux. Et même si l'on appréciera de voir de nombreux dinosaures (même quelques secondes, pour certains), le film de Joe Johnston n'arrive à aucun moment à la cheville de Jurassic Park ou du Monde perdu...

Note : 3,5/10


lundi 14 avril 2014

Harry Potter à l'école des sorciers


Titre :  Harry Potter à l'école des sorciers (Harry Potter and the philosopher's stone)
Réalisateur : Chris Columbus
Acteurs : Daniel Radcliffe, Rupert Grint, Emma Watson
Date de sortie en France : 5 décembre 2001
Genre : fantastique, aventures

Synopsis : 
Harry Potter, un jeune orphelin, est élevé par son oncle Vernon et sa tante Pétunia qui le détestent. Alors qu'il était haut comme trois pommes, ces derniers lui ont raconté que ses parents étaient morts dans un accident de voiture. Le jour de son onzième anniversaire, Harry reçoit la visite inattendue d'un homme gigantesque se nommant Rubeus Hagrid. Celui-ci lui révèle qu'il est en fait le fils de deux puissants magiciens et qu'il possède lui aussi d'extraordinaires pouvoirs.

Avis : 
Premier volet de la célèbre saga mettant en scène le sorcier à lunettes, Harry Potter à l'école des sorciers est évidemment l'adaptation du livre du même nom de J.K Rowling. Une première aventure qui va principalement servir à planter le décor, mélange entre fantastique et monde réel, reprenant à sa sauce quelque lieux communs de la mythologie, et à présenter les principaux personnages, du jeune Harry Potter à ses camarades, ses professeurs... et celui qui devient son ennemi juré, Lord Voldemort.


Nous découvrirons donc le château de Poudlard et ses créatures magiques (fantômes, licornes, trolls...), ses cours très particuliers (métamorphose, potions...), et donc ces personnages que nous suivrons pendant plusieurs années : Harry Potter, l'élève modèle et un peu lisse ; Ron Weasley, le bon camarade maladroit mais attachant ; Hermione Granger, la bonne élève donneuse de leçons et irritante. Pour les deux derniers, on saluera d'ailleurs le choix des acteurs, Rupert Grint et Emma Watson (The Bling ring, This is the end) interprétant à merveille les héros, tandis que Daniel Radcliffe (The Woman in black) sera bien plus effacé dans le rôle titre.

Très fidèle au livre, le film de Chris Columbus, va parfaitement reconstituer l'univers magique, en nous livrant des scènes au visuel magnifique (l'arrivée en barque à Poudlard, les escaliers) et très spectaculaires (le match de Quidditch, la partie d'échecs). Il parvient ainsi à nous faire oublier l'aspect très enfantin de l'ensemble, largement fondé sur une suite de coïncidences et une absence presque totale d'éléments adultes (à l'exception peut-être de la visite nocturne de la Forêt interdite). Aussi, si l'on n'est pas réceptif à l'ambiance merveilleuse du film, on risquera sans doute de s'ennuyer devant un récit d'aventure très linéaire.

Le premier Harry Potter sera sans doute, avec le recul, le moins intéressant de la série. Servant principalement à poser les bases de la saga, il compense néanmoins un scénario très léger et une ambiance enfantine par un univers attachant et parfaitement retranscrit à l'écran grâce à la générosité toujours intacte de Chris Columbus et des effets spéciaux de qualité. Magique donc, malgré ses défauts.

Note : 7,5/10


jeudi 6 février 2014

L'Expérience


Titre : L'Expérience (Das Experiment)
Réalisateur : Oliver Hirschbiegel
Acteurs : Moritz Bleibtreu, Christian Berkel, Oliver Stokowski
Date de sortie en France : 21 mai 2003
Genre : thriller

Synopsis : 
Afin d'étudier scientifiquement le comportement humain,‭ ‬le professeur Thon enferme vingt volontaires,‭ ‬des hommes ordinaires,‭ ‬dans un univers carcéral.‭ ‬Huit d'entre eux sont désignés pour être les‭ "‬gardiens‭"‬,‭ ‬les douze autres étant les‭ "‬prisonniers‭"‬.‭ ‬La règle est simple‭ ‬:‭ ‬comme dans une vraie prison,‭ ‬les détenus doivent obéir aux gardiens qui sont chargés de faire régner l'ordre.

Avis : 
 Inspiré du roman Black Box,‭ ‬de Mario Giordano,‭ ‬s‭’‬appuyant lui-même sur l‭’‬expérience de Stanford,‭ ‬dans laquelle des étudiants avaient pris le rôle de prisonniers et de gardiens,‭ ‬Das Experiment est un thriller allemand réalisé par Oliver Hirschbiegel,‭ ‬à qui l‭’‬on devra quelques années plus tard‭ "‬La Chute‭"‬.‭ ‬Il met donc en images une expérience bien particulière,‭ ‬destinée à‭ ‬observer le comportement d‭’‬individus placés dans le rôle de l‭’‬autorité ou soumis à cette autorité.‭ ‬Une étude qui,‭ ‬évidemment,‭ ‬va rapidement déraper.


Tout commence pourtant dans la bonne humeur,‭ ‬les gardiens et les prisonniers plaisantent,‭ ‬ne sont pas encore dans leur rôle.‭ ‬Mais très vite,‭ ‬notamment face au comportement de Tarek,‭ ‬prisonnier qui est en fait un journaliste infiltré à la recherche de sensationnel,‭ ‬l‭’‬autorité se fait plus présente,‭ ‬plus stricte...jusqu‭’‬à ce que certains gardiens‭ ‬ne prennent leur rôle un peu trop à coeur.‭ ‬C‭’‬est le cas de Berus,‭ ‬que l‭’‬on devine très réservé dans son quotidien,‭ ‬mais qui va voir dans son rôle de gardien l‭’‬occasion de se mettre en avant,‭ ‬utilisant l‭’‬humiliation comme principale arme pour contrôler les détenus.‭

Cette évolution va se traduire par des comportements de plus en plus abusifs envers les prisonniers,‭ ‬d‭’‬abord en les obligeant à dormir par terre,‭ ‬à se mettre nus,‭ ‬à être humiliés devant leurs camarades,‭ ‬puis en utilisant la violence physique.‭ ‬Tous les moyens sont bons pour mettre les faux détenus au pas,‭ ‬ces derniers étant alors condamnés à une soumission totale ou,‭ ‬pour Tarek,‭ ‬le leader du groupe,‭ ‬à des punitions toujours plus sévères.‭ ‬Ainsi,‭ ‬le film bascule peu à peu dans le cauchemar,‭ ‬dans la violence,‭ ‬et va réserver quelques moments nous mettant particulièrement mal à l‭’‬aise.‭ ‬On est ainsi scandalisés par certains traitements réservés aux faux détenus‭ (‬la boîte noire est une véritable horreur‭)‬,‭ ‬on est horrifiés par le comportement des meneurs du groupe des gardiens...tout en ayant de véritables réserves sur celui de Tarek,‭ ‬toujours apte à foutre le bordel,‭ ‬quitte à entraîner l‭’‬humiliation de tout son groupe,‭ ‬uniquement pour obtenir un scoop...

A l‭’‬image de‭ "‬La Vague‭"‬,‭ ‬Das Experiment est un film allemand très dur et particulièrement pessimiste quant à la nature humaine,‭ ‬comme un rappel que les dérives totalitaires ne sont jamais bien loin.‭ ‬Cela donne à cette oeuvre une puissance encore plus forte,‭ ‬renforçant davantage l‭’‬aspect horrifique et glauque de l‭’‬histoire et des images.

Note : 9/10

jeudi 8 août 2013

Kaïro


Titre : Kaïro
Réalisateur : Kiyoshi Kurosawa
Acteurs : Haruhiko Kato, Kumiko Aso, Koyuki
Date de sortie en France : 23 mai 2001
Genre : épouvante, horreur, thriller

Synopsis : 
Taguchi, un jeune informaticien, est retrouvé pendu dans son appartement. Sous le choc, ses collègues cherchent à en savoir plus sur ce suicide inexplicable. La victime a laissé un mystérieux message contenu dans une simple disquette. De toute évidence, celle-ci recèle un virus qui contamine ses utilisateurs et a de graves répercussions sur leur comportement. A Tokyo, l'inquiétude grandit au fur et à mesure que le virus se propage à travers les réseaux informatiques. Des petits groupes de jeunes gens tentent de résister, tandis que les disparitions se multiplient.  

Avis : 
La Mort est une solitude éternelle. Avec Kaïro, Kiyoshi Kurosawa va réaliser en 2000 l'un des meilleurs films de spectres de l'histoire du cinéma, et l'un des films les plus effrayants que j'ai pu voir. A l'image du Dark water d'Hideo Nakata, il va mêler épouvante et thriller dramatique, offrant un diagnostic particulièrement pessimiste de son pays.


Le Japon va mal, très mal. Suicides, disparitions, individualisme, autisme virtuel...Les relations entre les personnes n'existent plus, et quand elles existent, elles ne sont que superficielles, un peu à la façon dont on connaît ses interlocuteurs sur le web. On leur parle, mais on ne connaît rien d'eux, on ne s'intéresse pas vraiment à leurs problèmes, on ne s'inquiète pas véritablement de leur absence. Dans une telle situation d'isolement, le suicide semble y être une solution ("après la mort, je ne serai plus seule"), même si l'on s'aperçoit plus tard qu'il n'y a aucune solution à ces fléaux qui gangrènent le pays, et risquent de le mener vers son apocalypse. 

Pour illustrer cette déviance (parmi d'autres), Kurosawa la personnifie en une figure fantomatique, une ombre dont le symbole semble évident, entre dépersonnification et oubli progressif. Il va s'en servir pour offrir un vrai film d'ambiance, de ceux que l'on ne voit pas assez. De ceux qui ne font pas exploser le son pour donner l'impression de faire peur. Au contraire, le son sera ici un personnage à part entière, jamais agressif, mais omniprésent et angoissant. Il s'allie pour l'occasion avec le sens de l'image du réalisateur japonais : les plans, les perspectives, et les jeux sur les ombres sont d'une beauté remarquables, et participent au climat d'angoisse. Cela donne quelques scènes vraiment terrifiantes, comme ce fantôme s'approchant lentement d'un personnage, ou ce passage tétanisant dans la chambre d'Harue. 

Kaïro reste ainsi, à mes yeux, le meilleur représentant de la vague de films de fantômes asiatiques du début des années 2000, loin devant les Ring, Dark water, Ju-On / Ju-On : the grudge ou encore Shutter. Très effrayant et très intelligent, il ne s'essouffle finalement que lors de son final, un peu long et superflu. Reste une oeuvre formidable, et l'un des très rares films à m'avoir vraiment fait peur, même après l'avoir vu plusieurs fois.

Note : 9/10