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mercredi 20 septembre 2017

Ça (2017)


Titre : Ça (It)
Réalisateur : Andy Muschietti
Acteurs : Bill Skarsgard, Jaeden Lieberher, Finn Wolfhard
Date de sortie en France : 20 septembre 2017
Genre : épouvante, horreur

Synopsis : 
À Derry, dans le Maine, sept gamins ayant du mal à s'intégrer se sont regroupés au sein du "Club des Ratés". Rejetés par leurs camarades, ils sont les cibles favorites des gros durs de l'école. Ils ont aussi en commun d'avoir éprouvé leur plus grande terreur face à un terrible prédateur métamorphe qu'ils appellent "Ça"…
Car depuis toujours, Derry est en proie à une créature qui émerge des égouts tous les 27 ans pour se nourrir des terreurs de ses victimes de choix : les enfants. Bien décidés à rester soudés, les Ratés tentent de surmonter leurs peurs pour enrayer un nouveau cycle meurtrier. Un cycle qui a commencé un jour de pluie lorsqu'un petit garçon poursuivant son bateau en papier s'est retrouvé face-à-face avec le Clown Grippe-Sou… 


Avis : 
C'est un film qui avait tout du projet casse-gueule : une nouvelle adaptation du formidable roman de Stephen King, 27 ans après le téléfilm très moyen de Tommy Lee Wallace, par le réalisateur du non moins moyen Mamà, avec un nouveau Pennywise qui semble bien moins réussi que celui interprété par Tim Curry, et qui aura engendré une génération de coulrophobes. Une impression de désastre annoncé renforcée par la seconde bande-annonce, qui laissait deviner un film d'épouvante tel qu'on en voit des dizaines ces dernières années, plus enclin à enchaîner les jump-scares sans saveur qu'à faire naître la peur.


C'est peut-être parce que je n'attendais finalement pas grand chose du film que j'ai été agréablement surpris, alors que beaucoup semblent avoir été déçus. Evidemment, Ça ne sera pas le film de l'année, Ça ne fait pas peur, Ça s'inscrit dans la lignée des films d'épouvante de ces dernières années, Ça multiplie les artifices sonores pour tenter de donner le change. Mais j'ai passé un assez bon moment devant un film finalement assez généreux en scènes horrifiques, par ailleurs assez variées. Aucun ennui, notamment grâce à l'intelligence de l'adaptation qui a su se démarquer du livre, que je connais presque par coeur, pour des coupures ou des modifications généralement pertinentes.

Mais surtout, la vraie réussite du film vient du Club des Ratés. Véritable coeur de l'oeuvre de King, le groupe prend vie sous nos yeux et devient très vite attachant, avec ses stéréotypes, mais aussi avec ses détails plus subtils, comme le fait que Stan reste toujours en retrait ou les complexes de Ben : on retrouve presque les groupes que formaient les Goonies ou les héros de Stand by me. Mention spéciale au gamin interprétant Henry Bowers, Nicholas Hamilton (déjà aperçu dans La Tour sombre et Captain Fantastic), très convaincant dans le rôle du jeune psychopathe. Quant à Bill Skarsgard, s'il ne peut évidemment éclipser Tim Curry, il incarne un Pennywise très inquiétant, mais sans doute trop ouvertement menaçant (même si la première séquence le montre relativement charmeur). Il n'est hélas pas aidé par des séquences grotesques lors de ses attaques, où il se met à gigoter dans tous les sens en hurlant sans raison.


 Largement supérieur au téléfilm, cette nouvelle adaptation de Ça est aussi réussie au niveau aventures que moyenne au niveau horrifique.Trop de bruit, trop de gimmicks visuels et sonores qui nous pourrissent le cinéma d'épouvante depuis bien trop longtemps, mais une bande de gosses dont on suit avec plaisir les péripéties. Si on ne pourra s'empêcher d'imaginer qu'il y a nettement mieux à faire avec le roman de Stephen King (j'aurais aimé avoir un peu peur), on appréciera quand même que le film ne soit pas aussi catastrophique que ce que l'on pouvait craindre.

Note : 6.5/10

jeudi 17 mars 2016

Point break (2016)


Titre : Point break
Réalisateur : Ericson Core
Acteurs : Edgar Ramirez, Luke Bracey, Ray Winstone
Date de sortie en France : 3 février 2016
Genre : action,

Synopsis : 
Une série de braquages spectaculaires aux quatre coins du monde met en péril l’équilibre des marchés financiers. Les criminels opèrent aussi bien en motos dans des gratte-ciels new yorkais qu’en « wingsuits » pour s’échapper d’avions au-dessus de la jungle. Johnny Utah, une ancienne légende du moto-cross devenue agent du FBI, va devoir infiltrer le groupe de sportifs de l’extrême que l’on soupçonne d’être à l’origine de ces sidérants braquages. Pour gagner leur confiance, Utah affronte des défis insensés, du surf au snowboard en passant par la chute libre ou l’escalade à mains nues. Alors qu’il pense avoir identifié le cerveau des braquages, il se retrouve entrainé contre son gré dans les activités criminelles du groupe dopé à l’adrénaline…

Avis : 
Dans la longue liste des remakes improbables, celui du film d'action culte de Kathryn Bigelow est presque un cas d'école. Pourquoi effectuer une relecture d'un film aussi ancré dans son temps, et surtout aussi moyen ? Surtout si c'était pour y enlever les principales qualités, à savoir la mise en scène, qui réservait quelques passages d'anthologie, et le charisme de Patrick Swayze, impeccable en gourou.


Ici, la réalisation de Ericson Core ne rend absolument pas hommage aux cascades que l'on devine pourtant formidables, dans des paysages magnifiques. Le montage ultra-rapide, censé dynamiser l'ensemble, a l'effet exactement inverse, et enlève tout impact à ces scènes d'action.Le défaut est d'autant plus gênant que le film se repose entièrement sur ces passages : les héros font du parachute, de la moto, du surf, sans que quiconque ne se préoccupe de l'enquête ou des braquages.

En dehors de ces passages, il ne se passe donc rien, sinon quelques discussion philosophico-gogoles entre Bodhi et Utah. Là encore, gros problème : on ne retrouve jamais la fascination que l'on pouvait avoir pour Patrick Swayze, ni même l'attachement que l'on avait pour Keanu Reeves, d'autant que Edgar Ramirez (Zero Dark Thirty, Cartel) ne dégage pas suffisamment de charisme dans le rôle du leader du groupe.

Scènes d'action ratées, personnages sans envergure, histoire réduite à sa plus simple expression : ce remake de Point break est un raté total, qui réussirait même à faire passer l'original pour un chef d'oeuvre...

Note : 2/10


mercredi 26 août 2015

Poltergeist (2015)


Titre : Poltergeist
Réalisateur : Gil Kenan
Acteurs : Sam Rockwell, Rosemarie DeWitt, Jared Harris
Date de sortie en France : 24 juin 2015
Genre : épouvante

Synopsis : 
Lorsque les Bowen emménagent dans leur nouvelle maison, ils sont rapidement confrontés à des phénomènes étranges. Une présence hante les lieux. Une nuit, leur plus jeune fille, Maddie, disparaît. Pour avoir une chance de la revoir, tous vont devoir mener un combat acharné contre un terrifiant poltergeist…

Avis : 
C'était sans doute inévitable, mais on pourra quand même, à nouveau, s'interroger sur la pertinence d'un remake du Poltergeist de Tobe Hooper et Steven Spielberg, classique du film d'épouvante et d'horreur des années 80, très ancré dans son époque mais qui n'a pas beaucoup vieilli. Cela n'empêchera pas Gil Kenan (Monster House) d'en tirer une relecture à la mode 2010 : jumps-scares à toutes les sauces, caractérisation des personnages inexistante et absence totale de progression scénaristique.


On ne sait d'ailleurs pas trop si c'est une volonté de respecter l'original ou par simple paresse, mais cette nouvelle version de Poltergeist va se contenter d'en reprendre les grandes lignes et les passages phares de son modèle, mais en prenant bien soin de les édulcorer au maximum (l'arrachage de visage, le clown, l'arbre, tout y passe) et d'en livrer une version abâtardie par des années de cinéma d'épouvante au rabais. Paranormal activity et compagnie sont passés par là, et ça se voit : plus aucun effort n'est fait pour créer une ambiance, à aucun moment le film ne cherche à installer un mystère, et il n'y a plus aucune montée en puissance des manifestations paranormales.

Apparemment conscients de leur incapacité à agencer correctement leurs passages chocs, les responsables du film ont trouvé une parade : ils nous proposent en fait une comédie. Les scènes volontairement drôles s'enchaînent en effet de façon plus naturelle que les scènes d'épouvante, et on sourit bien plus qu'on ne frissonne. Oh, bien entendu, on rira aussi aux dépens du film, notamment devant l'interprétation complètement à l'ouest de Sam Rockwell ou pendant toute la dernière partie repompant sans vergogne Insidious (qui lui-même s'inspirait de Poltergeist, dans une espèce de mouvement perpétuel de fainéantise créative).

Poltergeist version 2015 vient donc s'inscrire dans la longue liste des remakes inutiles et bien en-dessous de leur modèle. Avec l'unique volonté de livrer une version réchauffée des passages les plus remarquables de l'original en l'assaisonnant avec les ingrédients qui font tout l'ennui du genre ces dernières années, le film de Gil Kenan ne parvient même pas à être désagréable : il n'est que quelconque, et on l'oubliera bien assez tôt.

Note : 3/10


dimanche 24 mai 2015

Mad Max : Fury road


Titre : Mad Max : fury road
Réalisateur : George Miller
Acteurs : Tom Hardy, Charlize Theron, Nicholas Hoult
Date de sorte en France : 14 mai 2015
Genre : action, science-fiction

Synopsis : 
Hanté par un lourd passé, Mad Max estime que le meilleur moyen de survivre est de rester seul. Cependant, il se retrouve embarqué par une bande qui parcourt la Désolation à bord d'un véhicule militaire piloté par l'Imperator Furiosa. Ils fuient la Citadelle où sévit le terrible Immortan Joe qui s'est fait voler un objet irremplaçable. Enragé, ce Seigneur de guerre envoie ses hommes pour traquer les rebelles impitoyablement…

Avis : 
Il aura donc fallu attendre 30 ans après le médiocre Max Max : au-delà du Dôme du tonnerre pour que le personnage interprété à l'époque par Mel Gibson revienne sur nos écrans. Trente ans d'annonces contradictoires, de retours manqués, de projets annulés pour qu'enfin débarque ce Mad Max : fury road, attendu comme le messie à une époque où le cinéma de genre est devenu bien trop sage, et où les remakes et relectures se succèdent sans aucune ambition. Mais ça, c'était avant que George Miller, bien loin d'Happy Feet ou de Babe 2, revienne à ses premières amours pour tout faire péter.


Peu de films peuvent se vanter d'avoir généré autant d'attentes que le quatrième volet de la saga consacrée au Road Warrior. Encore moins peuvent prétendre y avoir répondu, et ceux qui ont dépassé les espoirs les plus fous se comptent sur les doigts d'une main ayant imprudemment tenté de rattraper un boomerang au vol. Fury Road est de ces oeuvres là : tout ce que vous espériez est là, et même beaucoup plus. Suivant la maxime "too much is never enough", le film nous en fout plein les yeux et plein les oreilles pendant 2 heures, allant jusqu'à faire passer Max Max : le défi pour un film d'action plutôt calme et gentillet.

A l'image de ce second volet, Mad Max 4 transcende des éléments qui auraient pu faire sombrer le tout dans une ringardise insupportable : scénario réduit à sa plus simple expression, personnage principal on ne peut plus archétypal (que Miller ose d'ailleurs reléguer au second plan pendant un long moment), méchants aux looks improbables, clins d'oeil pas toujours très fins, ralentis et accélérations, répliques honteusement destinées à devenir cultes et une furieuse tendance à toujours en rajouter, quitte à nous balancer le dies irae de Verdi en pleine course-poursuite ou à insister lourdement sur la présence d'un char occupé par un guitariste infernal. Et franchement, tous ces ingrédients qui auraient pu provoquer l'indigestion se marient à merveille, tous ces petits défauts qui auraient été handicapants pour n'importe quel autre film deviennent autant de détails jubilatoires... et on en redemande.


Le film ne nous laisse ainsi aucun répit, et nous réserve des scènes de poursuite dans le désert interminables et absolument fabuleuses, avec des dizaines de véhicules, dont les occupants voltigent de véhicule en véhicule : je n'ai franchement pas le souvenir d'avoir déjà vu ça au cinéma, en tout cas pas dans Fast & furious 14, ni même dans les deux premiers Mad Max. Le sens du rythme de Miller fait des merveilles, les cascades et les décors naturels renforcent l'intensité de l'action, et le duo Hardy / Theron fonctionne parfaitement.

Bref, Mad Max : Fury road est LE film qu'on attendait... et qui parvient à nous offrir en se montrant encore plus furieux, encore plus intense que dans nos plus fous espoirs. Une oeuvre épique, une série B monstrueusement jouissive qui dynamite le cinéma actuel, que l'on a envie de revoir à peine sorti de la salle. On en vient même à redouter la (les ?) suite déjà annoncée, tant il risque d'être compliqué de passer après ce monument...

Note : 9,5/10


dimanche 11 mai 2014

Godzilla (2014)


Titre : Godzilla
Réalisateur : Gareth Edwards
Acteurs : Aaron Taylor-Johnson, Ken Watanabe, Elisabeth Olsen
Date de sortie en France : 14 mai 2014
Genre : catastrophe, fantastique, action

Synopsis : 
Le monstre le plus célèbre au monde devra affronter des créatures malveillantes nées de l'arrogance scientifique des humains et qui menacent notre existence.

Avis : 
Nouveau reboot américain pour la saga Godzilla : après la version réalisée par Roland Emmerich, rejetée par la plupart des fans, c'est Gareth Edwards, à qui l'on doit l'excellent Monsters, qui s'y colle, avec l'avantage d'être fan du monstre et de savoir travailler ses créatures autant que ses personnages. Un gage de réussite ? Pas vraiment quand on voit le résultat.


Car ce nouveau Godzilla est, à l'image du Emmerich, très américain : une narration très moyenne, faite d'une suite de passages semblant parfois tomber du ciel, et une vision très puritaine (la famille typique américaine, l'absence totale de violence envers les enfants ou les animaux de compagnie, la destruction de Las Vegas...). Pourtant, ce n'est pas faute de nous montrer qu'il a vu des kaiju eiga japonais, notamment ceux réalisés dans les années 90 : du clin d'oeil discret à Mothra ou au personnage principal du Godzilla d'Ishirô Honda aux éléments scénaristiques repris de façon brute de certains Godzilla et Gamera (on pensera à plusieurs reprises à Gamera : l'attaque de Legion par exemple).

Cela donne un film hybride, où Edwards va même se louper sur les éléments pour lesquels on lui faisait confiance : ses personnages sont loupés (Elisabeth Olsen ne sert strictement à rien), et ses monstres sont mis de côté par la volonté d'insister sur l'aspect humain de la catastrophe. On ne verra finalement pas grand chose de MUTO ou de Godzilla, et leurs apparitions manqueront cruellement d'ampleur, loin des affrontements dantesques de leurs modèles.

Evidemment, tout cela reste souvent spectaculaire, et on ne passe pas un mauvais moment. Mais très sincèrement, j'attendais autre chose qu'un simple blockbuster américain sans âme pour un Godzilla signé Gareth Edwards... Une petite déception donc, à laquelle on préférera nettement Pacific Rim, hommage bien plus réussi aux monstres japonais...

Note : 6/10


dimanche 23 mars 2014

Godzilla (1998)


Titre : Godzilla
Réalisateur : Roland Emmerich
Acteurs : Matthew Broderick, Jean Reno, Maria Pitillo
Date de sortie en France : 16 septembre 1998
Genre : catastrophe, fantastique

Synopsis : 
Une tempête effroyable se dechaîne sur le Pacifique, engloutissant un pétrolier tandis qu'un immense éclair illumine le ciel au-dessus de la Polynésie française. Des empreintes géantes creusent un inquiétant sillon à travers des milliers de kilomètres de forêts et de plages au Panama. Les navires chavirent au large des côtes américaines et ces horribles phénomènes s'approchent de plus en plus près de New York. Le chercheur Nick Tatopoulos est arraché à ses recherches afin d'aider les Etats-Unis à traquer le monstre qui est à l'origine de ces désastres mystérieux. 

Avis : 
 Après  41 ans, la saga Godzilla s'essouffle au Japon, avec des films de qualité variable dans les années 90, du très sympathique Godzilla vs Mechagodzilla II au très moyen Godzilla vs Spacegodzilla. La Toho accepte alors que les américains produisent plusieurs épisodes mettant en scène le monstre et, alors que Jan de Bont, Tim Burton ou même James Cameron furent pressentis, c'est à Roland Emmerich, qui admet ne pas être fan du Godzilla original, qu'échoit la lourde tâche de réaliser la version américain des aventures du monstre.


Très différent de l'original, au point d'être perçu comme une véritable trahison de l'autre côté du Pacifique, le Godzilla de Emmerich reste pourtant un film fantastique très agréable malgré un scénario basique. Soucieux de maintenir au maximum le suspense quant à l'apparence de sa créature, le réalisateur ne nous la montre d'abord que furtivement, avec quelques très belles scènes dont son arrivée à New York. Dès lors, rien de bien original, avec les scènes de destruction, de poursuite, d'enquête des scientifiques.

On s'amusera néanmoins du second degré d'Emmerich, égratignant gentiment les Etats-Unis et les français. Néanmoins, si la première partie est plutôt réussie, bien rythmée et spectaculaire, cela se gâte sérieusement lors du passage dans le Madison Square Garden, lorgnant clairement vers Jurassic Park ou même vers la saga Carnosaur. On pointera également du doigt les acteurs, dans la peau de personnages bien fades, même si Jean Reno tire son épingle du jeu.

Exemple type du blockbuster américain formaté, Godzilla s'éloigne de son original pour se contenter d'être un divertissement agréable, avec plusieurs passages réussis et des effets spéciaux de qualité. On regrettera cependant une baisse de régime dans la seconde moitié du film, et des personnages manquant cruellement de consistance...

Note : 7/10


samedi 8 mars 2014

La Belle et la Bête (Christophe Gans)


Titre : La Belle et la Bête
Réalisateur : Christophe Gans
Acteurs : Léa Seydoux, Vincent Cassel, André Dussollier
Date de sortie en France : 12 février 2014
Genre : conte, fantastique

Synopsis : 
 1810. Après le naufrage de ses navires, un marchand ruiné doit s'exiler à la campagne avec ses six enfants. Parmi eux, Belle, la plus jeune de ses filles. Lors d'un éprouvant voyage, le marchand découvre le domaine magique de la Bête qui le condamne à mort pour lui avoir volé une rose. Se sentant responsable, Belle décide de se sacrifier à la place de son père. Elle se rend au Château...

Avis : 
Après une adaptation au cinéma d'un manga (Crying Freeman), d'un mystère historique (Le Pacte des loups) et d'un jeu vidéo (Silent Hill), Christophe Gans s'attaque au conte de Gabrielle-Suzanne de Villeneuve, La Belle et la Bête. Neuvième adaptation de l'histoire, après notamment les versions de Jean Cocteau et de Disney, et avant peut-être celle de Guillermo del Toro, le film de Gans va hélas se révéler très moyen.


Car malgré un budget conséquent, et visible à chaque instant, ce cru 2014 va surtout n'être qu'une belle coquille vide. Les décors sont ainsi exceptionnels, les effets spéciaux très réussis, mais cela ne permettra pas d'oublier une histoire très légère, sans surprise, et qui donne même le sentiment de comporter quelques zones d'ombre, comme s'il était nécessaire de connaître les adaptations précédentes de l'histoire pour véritablement suivre le film. On a ainsi l'impression d'être devant un film totalement destructuré, ou certains éléments ne sont pas développés (les chiens, meilleurs amis de Seydoux ?) ou débarquent sans crier gare (les géants ?). Que dire également de la relation entre Belle et la Bête, totalement délaissée et n'évoluant que par à-coups, sans aucune finesse.

Mais le pire vient sans doute du casting. Vincent Cassel est, comme souvent, à côté du personnage, et Léa Seydoux n'est clairement pas une Belle crédible. Quant aux seconds rôles, ânonnant leurs répliques avec l'application d'un enfant récitant un poème, ils tirent encore vers le bas un film déjà handicapé par la faiblesse de ses dialogues. Mention spéciale à Audrey Lamy, qui nous nous fait regretter dès les premières minutes de nous être installés dans la salle.

Cette nouvelle adaptation de La Belle et la Bête est donc un film très moyen, préférant en mettre plein les yeux plutôt que de livrer l'essence dramatique d'une histoire qui ne semble pas intéresser Gans. Aucune profondeur, aucune poésie, aucune beauté, le film sombre même dans une certaine vulgarité et se contente d'aligner sans aucune imagination ses séquences d'une platitude extrême.

Note : 3/10


jeudi 20 février 2014

Oldboy


Titre : Oldboy
Réalisateur : Spike Lee
Acteurs : Josh Brolin, Elizabeth Olsen, Samuel L. Jackson
Date de sortie en France : 1er janvier 2014
Genre : drame, thriller

Synopsis : 
Joe Doucett est brutalement kidnappé et séquestré en cellule d'isolement pendant 20 ans, sans la moindre explication. Enfin libéré, sans plus de raisons apparentes, il se lance dans une quête forcenée pour découvrir qui l'a emprisonné, prenant progressivement conscience que le vrai mystère demeure dans sa libération.

Avis : 
POURQUOI ? Pourquoi faire un remake de Old Boy, le bijou de Park Chan-wook ? Pour en ôter toute la substance ? Pour le rendre infiniment plus lisse que l'original ? Pour l'américaniser à outrance ? Pour prouver une nouvelle fois que, malgré les déclarations prétendant que "ce n'est pas un remake mais une relecture du manga de base", c'est bien ici un remake poussant même le vice jusqu'à singer certaines scènes de l'original ? Alors oui, si Spike Lee a réalisé ce remake pour tout cela, chapeau : il a parfaitement réussi.


Car Oldboy se retrouve amputé de tout ce qui faisait l'ambiguïté, la cruauté et la beauté de l'original, simplifiant le scénario tout en y ajoutant de longues séquences explicatives pour guider le spectateur neuneu par la main. Chez Spike Lee, la détention dure 5 ans de plus que chez Park Chan-wook, mais elle aurait tout autant pu ne pas exister, n'ayant absolument aucune conséquence sur la suite. Au contraire, alors que Oh Dae-soo tentera de comprendre les raison de son enfermement et de se venger, Joe Doucett voudra simplement retrouver sa fille, en bon père de famille américain. 

Et si le film reste violent, on peine à y retrouver la furie qui caractérisait l'original. Le comble, c'est que même quand Lee reprend les plans de son modèle, on n'y retrouve pas l'intensité, le pire étant atteint dans la relecture du célèbre plan-séquence où le personnage principal affronte de nombreux adversaires avec un marteau. En fait, Old Boy est à ce point vidé de son contenu qu'il devient un film à twist, ce qui le rend encore plus inutile pour celui qui a vu l'original. Et quand on conjugue cette absence de surprise et d'enjeu à l'interprétation de Sharlto Copley (District 9, Elysium), on obtient un dernier acte ridicule, annihilant une nouvelle fois toute la puissance visuelle et narrative que l'on avait chez son aîné.

La qualité principale d'un remake vient souvent de la capacité qu'a le réalisateur à s'approprier l'oeuvre originale au point de nous la faire oublier. Avec Oldboy, Spike Lee réussit tout le contraire : on ne peut que penser en permanence à Old Boy, et la comparaison est extrêmement douloureuse pour Josh Brolin (True grit, Gangster squad), la jolie Elizabeth Olsen (Martha Marcy May Marlene) et Samuel L. Jackson (Pulp fiction, Django unchained), plus cabotin que jamais... Et si le film comblera peut-être ceux qui n'ont jamais vu le film de Park Chan-wook, les pauvres passent quand même à côté de quelque chose avec ce remake allégé...

Note : 2/10


jeudi 13 février 2014

RoboCop (2014)


Titre : RoboCop
Réalisateur : José Padilha
Acteurs : Joel Kinnaman, Michael Keaton, Gary Oldman
Date de sortie en France : 5 février 2014
Genre : science-fiction, action

Synopsis : 
En 2029, Alex Murphy, mari et père aimant, est un flic honnête faisant de son mieux pour endiguer la vague de criminalité et de corruption qui envahit Detroit. À la suite d'une blessure mortelle, Alex est sauvé par OmniCorp et la science robotique. Il peut alors retourner patrouiller dans les rues de sa ville mais avec de nouvelles capacités, mais surtout de nouveaux problèmes auxquels aucun homme ordinaire n'a eu à faire face.

Avis : 

Ayant récemment revu le RoboCop de Paul Verhoeven à la baisse, c'est avec l'espoir d'une modernisation efficace de l'histoire que j'allais voir ce nouveau remake d'un classique des années 80. Dès l’introduction, cette nouvelle version nous plonge dans un futur proche où les machines sont envoyées dans les pays étrangers à la place des soldats humains. Une omniprésence néanmoins impossible aux Etats-Unis, où la population reste réfractaire à l’idée de voir un robot avoir le pouvoir de tuer un être humain malgré la pression des médias. La solution : RoboCop. Le temps de se procurer un policier à l’agonie (Murphy aura d’ailleurs un « accident » bien différent du film de Verhoeven), de remplacer la quasi-totalité de ses organes par des machines et de trafiquer son cerveau, et le tour est joué.


Jusqu’à l’apparition de RoboCop, on va surtout suivre les tentatives de l’OCP pour obtenir la légalisation des cyborgs dans la police sur le sol américain. Relayée par l’émission présentée par Samuel L. Jackson (qui sera l’un des rares éléments de cynisme du film),  l’ambition du Directeur Général interprété par Michael Keaton se heurtera rapidement à l’éthique fluctuante du Docteur Norton (Gary Oldman), mais aussi de la femme de Murphy, très présente ici, qui ne reconnaît plus son mari dans cette machine peu à peu désensibilisée. En revanche, dès que le Murphy cybernétique est lâché, on va suivre un scénario qui va foncer tête baissée et ne plus s’embêter avec la moindre finesse : RoboCop enchaîne les scènes d’action, souvent poussives, fonce à travers la ville sur sa super-moto, massacre du cyborg par dizaines le temps d’un entraînement, retrouve les suspects en quelques secondes et résiste à tous les obstacles.

Evidemment, au centre du film, nous aurons les questions de la place du robot dans la société moderner, et de l’identité de Murphy, l’homme sous la machine, qui finira par refaire surface au grand désarroi des concepteurs qui chercheront alors à l’éliminer. L’absence de finesse se retrouve alors dans l’évolution de la mémoire et des réactions de RoboCop, dont les émotions seront effacées et réapparaîtront comme par magie, tandis que son principal antagoniste, apparemment lassé de ces rebondissements factices, se dévoile dans les dernières minutes sans que ses motivations ne soient particulièrement claires…

Bref, ce Robocop version 2014 n’est finalement qu’une énième série B friquée mêlant science-fiction et action. Relativement efficace, et tentant de caresser le fan du film original dans le sens du poil en reprenant certains éléments (les premières couleurs de RoboCop, le thème musical, les ED-209), il ne se démarque ni par ses scènes d’action banales, ni par son scénario très linéaire, et réussit, à l’image de Total Recall : mémoires programmées,  à ne rien apporter à une œuvre originale qui avait pourtant besoin d’être dépoussiérée…Et qui contrairement à son modèle, sera sans doute très rapidement oublié.

Note : 3,5/10


samedi 28 décembre 2013

Carrie, la vengeance


Titre : Carrie, la vengeance (Carrie)
Réalisateur : Kimberly Peirce
Acteurs : Chloe Moretz, Julianne Moore, Judy Greer
Date de sortie en France :  4 décembre 2013
Genre : horreur, drame

Synopsis : 
Timide et surprotégée par sa mère très pieuse, Carrie est une lycéenne rejetée par ses camarades. Le soir du bal de fin d’année, elle subit une sale blague de trop. Carrie déchaîne alors de terrifiants pouvoirs surnaturels auxquels personne n’échappera…

Avis : 
  Après Carrie au bal du Diable, après Carrie 2 : la haine, après un téléfilm en 2002, la jeune adolescente créée par Stephen King revient une nouvelle fois pour ce Carrie, la vengeance (la stupidité du titre français du De Palma était compliquée à dépasser, mais saluons quand même l'effort) destiné à être une nouvelle adaptation du roman plutôt qu'un remake du film de 1976. 


Malgré la promesse intéressante de transposer l'histoire à l'époque contemporaine (le film de Brian De Palma commençant quand même à subir le poids des années au niveau visuel), cette nouvelle Carrie ne va hélas jamais s'éloigner du décalque très sage de son modèle, n'évoquant par exemple le cyber-harcèlement que très légèrement (en faisant notamment penser à une scène de Carrie 2) et peinant à retranscrire l'innocence de la jeune souffre-douleur. 

En fait, on attend très vite la fameuse scène du bal, pour laquelle Kimberly Peirce a le bon goût de ne pas recopier les procédés de De Palma : pas de split-screen donc (mais une scène repassée trois fois de suite, selon un angle différent, façon retransmission sportive), pour une réalisation plus sobre qui fait la part belle à la vengeance de Carrie, aussi radicale qu'encline au pardon, terrassant certains de ses ennemis de façon cruelle et spectaculaire tout en épargnant ceux qui l'ont protégée. Dommage quand même que Chloe Moretz (Kick Ass & Kick Ass 2) joue de façon si outrée, de même que Julianne Moore, qui fait ce qu'elle peut avec un personnage caricatural et grotesque.

Bref, Carrie, la vengeance est à des années-lumières des adaptations précédentes du Carrie de Stephen King. Trop sage, trop scolaire, le film de Kim Peirce se contente de livrer les recettes faciles du genre et ne fait qu'effleurer son sujet, tout en gâchant le talent de ses deux interprètes principales. Et si l'on s'amusera un peu lors de la partie du bal, tout cela reste très décevant et très moyen...

Note : 3/10


mercredi 1 mai 2013

Evil Dead (2013)


Titre : Evil Dead
Réalisateur : Fede Alvarez
Acteurs : Jane Levy, Shiloh Fernandez, Lou Taylor Pucci
Date de sortie en France : 1er mai 2013
Genre : horreur

Synopsis : 
Mia a déjà connu pas mal de galères dans sa vie, et elle est décidée à en finir une bonne fois pour toutes avec ses addictions. Pour réussir à se sevrer de tout, elle demande à son frère David, sa petite amie Natalie et deux amis d’enfance, Olivia et Eric, de l’accompagner dans la cabane familiale perdue au fond des bois. Dans la cabane isolée, les jeunes gens découvrent un étrange autel, et surtout un livre très ancien, dont Eric commet l’erreur de lire un passage à haute voix. Les plus épouvantables des forces vont se déchaîner sur eux…

Avis : 
 La vague des remakes des classiques de l'horreur continue. Dernière victime en date : Evil Dead, le bijou de Sam Raimi, modèle d'efficacité et d'ingéniosité malgré un budget plus que serré. Cette fois, c'est Fede Alvarez (qui ça ?) qui se charge de donner une nouvelle jeunesse à ce classique de 1982, Sam Raimi et Bruce Campbell se contentant de le produire et, pour le second, d'apparaître dans une scène inutile après le générique.

Le film a beaucoup fait parler de lui avant même sa sortie grâce à une bande-annonce laissant entrevoir des scènes particulièrement violentes, grâce à une affiche annonçant de façon fort modeste "le film le plus terrifiant que vous ayez jamais vu", et des déclarations du réalisateur estimant avoir réalisé la scène la plus gore de tous les temps. Une publicité à double tranchant : si cela éveille évidemment l'intérêt du spectateur potentiel, cela crée surtout une attente qu'il serait dommage de décevoir. Oups...


Evil Dead ne fait jamais peur (à moins de se contenter de jump-scares grotesques), et ne semble d'ailleurs jamais chercher à le faire. Et la scène finale n'est pas la plus gore de tous les temps, loin de là. Au-delà de ces deux considérations, il faut bien reconnaître une chose : le film est vraiment très violent et sanglant, et bénéficie en plus d'effets spéciaux de qualité, réalisés à l'ancienne, à base de faux sang, de maquillages et de prothèses. Une vraie réussite qui ne parvient pas à éclipser les nombreux défauts du film.

Très long à se mettre en place, à cause d'une volonté de présentation des personnages qui n'ont pourtant aucun intérêt, le film est surtout horriblement explicatif. On passe la moitié du temps à nous expliquer ce qui se passe dans la cabane, parfois en ayant recours à des flashbacks d'événements survenus quelques minutes auparavant...En plus de donner l'impression de prendre le spectateur pour un imbécile, cela plombe constamment le rythme d'une histoire pourtant extrêmement simple...Et puis, le film souffre de la comparaison avec ses modèles, les démons étant moins réussis que dans l'original, et semblant d'ailleurs issus d'une copie ratée de L'Exorciste, lentilles de contact colorées et grossièretés comprises.

Ce remake d'Evil Dead prouve donc une nouvelle fois qu'il ne suffit pas d'aligner quelques scènes gore, aussi réussies soient-elles, pour faire un bon film d'horreur. A trop vouloir nous prendre par la main, le réalisateur uruguayen Fede Alvarez finit par nous perdre, ne nous laissant finalement qu'avec la sensation d'avoir été trompés sur la marchandise par une campagne publicitaire un poil prétentieuse...

Note : 4,5/10


dimanche 3 février 2013

Camille redouble


Titre :  Camille redouble
Réalisateur : Noémie Lvovsky
Acteurs : Noémie Lvovsky, Samir Guesmi, Yolande Moreau
Date de sortie en France : 12 septembre 2012
Genre : drame, comédie

Synopsis : 
Camille a seize ans lorsqu’elle rencontre Eric. Ils s’aiment passionnément et Camille donne naissance à une fille…
25 ans plus tard : Eric quitte Camille pour une femme plus jeune. Le soir du 31 décembre, Camille se trouve soudain renvoyée dans son passé. Elle a de nouveau seize ans. Elle retrouve ses parents, ses amies, son adolescence… et Eric. Va-t-elle fuir et tenter de changer leur vie à tous deux ? Va-t-elle l’aimer à nouveau alors qu’elle connaît la fin de leur histoire ? 

Avis : 
Le voici donc, le film qui balaie tout sur son passage, qui fait l'unanimité dans la presse et qui compte 13 nominations aux Césars 2013, devant le Amour de Michael Haneke ou De rouille et d'os de Jacques Audiard. Autant le dire tout de suite, je trouve ce succès vraiment étonnant, le film de Noémie Lvovsky m'ayant vraiment ennuyé.


Relecture à peine déguisée du Peggy Sue s'est mariée de Francis Ford Coppola, dont il reprend l'intrigue, certains thèmes ou quelques scènes (chez Coppola, Peggy Sue revient dans son passé à la fin d'une soirée où elle la seule à être déguisée ; chez Lvovsky, Camille est la seule à ne pas être déguisée...), Camille redouble va inévitablement souffrir de la comparaison, notamment en abandonnant la fraicheur de son modèle pour un récit manquant souvent de spontanéité. Ainsi, si Nicolas Cage était souvent touchant avec ses déclarations maladroites et son romantisme d'une gentille niaiserie, les ados de Noémie Lvovsky sont tous des philosophes marginaux et rebelles, ne concevant leur quotidien qu'avec un recul froid. Cest simple, on ne croit à aucun moment en cette adolescence idéalisée.

A côté de ses camarades, Camille, du haut de ses 25 ans d'expérience supplémentaires, sera finalement la seule à se comporter en adolescente, petite conne qui ne doit rien à personne, n'apprenant ni de son passé (enfin, de son futur...) ni de ses erreurs, elle finit par devenir irritante, irresponsable. On se demande bien comment le pauvre Eric a pu tenir 25 ans avant de la quitter. Enfin, on notera la transparence totale des personnages secondaires, dont les parents de Camille. Impossible dans ces conditions de s'émouvoir du décès de l'un d'eux...

Bref, en plus d'être une relecture bien moins réussie que l'original, Camille redouble n'est qu'une petite comédie romantique banale et sans grand intérêt, plombée par une vision de l'adolescence à côté de la plaque et une complaisance assez agaçante. Clairement le succès incompréhensible de ces derniers mois...

Note : 3,5/10

samedi 5 janvier 2013

Maniac



Titre : Maniac
Réalisateur : Franck Khalfoun
Acteurs : Elijah Wood, Nora Arnezeder, America Olivo
Date de sortie en France : 2 janvier 2013
Genre : horreur, thriller

Synopsis : 
Dans les rues qu'on croyait tranquilles, un tueur en série en quête de scalps se remet en chasse. Frank est le timide propriétaire d'une boutique de mannequins. Sa vie prend un nouveau tournant quand Anna, une jeune artiste, vient lui demander de l'aide pour sa nouvelle exposition. Alors que leurs liens se font plus forts, Frank commence à développer une véritable obsession pour la jeune fille. Au point de donner libre cours à une pulsion trop longtemps réfrénée - celle qui le pousse à traquer pour tuer.

Chronique : 
Parmi la vague de remakes actuelles, Alexandre Aja a une place assez particulière. Après sa version de La Colline a des yeux, qui explosait la version de Wes Craven (ce n'était certes pas bien compliqué), son Piranha extrêmement fun, il nous avait livré avec Mirrors une relecture sans grand intérêt de Into the mirror, dont on ne retiendra finalement qu'une scène particulièrement gore. Aussi, avec le remake de Maniac, dont il signe le scénario avec son compère Grégory Levasseur (la réalisation revenant à Franck Khalfoun), on pouvait avoir des doutes, d'autant que l'original n'était lui-même pas bien terrible.

Pas de miracle : ce remake s'avère aussi moyen que le film de William Lustig. Malgré quelques tentatives de s'en démarquer, notamment avec la présence d'Elijah Wood dans le rôle du tueur et l'emploi d'un point de vue subjectif, le film souffre des mêmes défauts que son aîné. C'est tout d'abord irritant de connerie, l'aspect psychologique étant au mieux absent, au pire balancé avec un manque de finesse grotesque. C'est ensuite horriblement répétitif : le personnage rencontre une fille, la suit, la tue, puis rentre chez lui parler à ses mannequins.

Le film comporte néanmoins des tares qui lui sont propres, principalement ce point de vue subjectif qui, en plus de ne pas apporter grand chose (mais ça évite sans doute à Elijah Wood de trop se salir les mains) est techniquement loupé. Ou alors, le personnage est capable d'allonger certains de ses membres, et a des yeux sur l'épaule. Sans doute bien conscient de ces défauts, l'équipe du film va alors tenter de nous en détourner par la violence graphique. Ce sera d'ailleurs l'unique point positif de ce Maniac, qui va nous offrir des passages très violents, parfois bien gores et malsains. Hélas, on n'est pas dupes, pas plus que quand on nous montre des filles dénudées dans l'unique but...eh bien, dans l'unique but de nous montrer des filles à poil en fait.

Bref, tout comme l'original, le remake de Khalfoun est un film sacrément con, mais sacrément violent, qui ne vaut au final que pour ses scènes violentes...Ca ne suffit malheureusement pas à faire un film.

Note :  3/10

dimanche 22 juillet 2012

The Amazing Spider-man


Titre : The Amazing Spider-Man
Réalisateur : Marc Webb
Acteurs : Andrew Garfield, Emma Stone, Rhys Ifans
Date de sortie en France : 4 juillet 2012
Genre : super-héros, action

Synopsis :
Abandonné par ses parents lorsqu’il était enfant, Peter Parker a été élevé par son oncle Ben et sa tante May. Il est aujourd’hui au lycée, mais il a du mal à s’intégrer. En retrouvant une mystérieuse mallette ayant appartenu à son père, Peter entame une quête pour élucider la disparition de ses parents, ce qui le conduit rapidement à Oscorp et au laboratoire du docteur Curt Connors, l’ancien associé de son père. Spider-Man va bientôt se retrouver face au Lézard, l’alter ego de Connors. En décidant d’utiliser ses pouvoirs, il va choisir son destin…

Synopsis :
Je pourrais revenir longuement sur la génèse du projet et sur l’intérêt de proposer, après la trilogie Spiderman de Sam Raimi réalisée lors des dix dernières années, un reboot de la saga. Et je l’aurais sans doute fait si cette nouvelle version de l’homme-araignée, réalisée par le bien nommé Marc Webb, ne m’avait pas autant satisfait. Evidemment, le film n’échappe pas à la comparaison avec ses jeunes aînés, mais va réussir à s’en affranchir suffisamment et à proposer une nouvelle version bien distincte de la version du réalisateur des Evil Dead.

Car le principal risque, en revenant une nouvelle fois sur les origines du super-héros, est l’impression de déjà-vu. Et ça ne manque pas : pendant la première partie du film, on pense régulièrement à celle de la version de 2001 : les humiliations à l’école, la mort de l’oncle Ben, la découverte des pouvoirs...Pourtant, le film de Webb va parvenir à s’écarter de son modèle grâce à des choix scénaristiques différents. Le plus marquant est l’abandon du personnage de Mary Jane Watson (interprétée par Kirsten Melancholia Dunst dans la trilogie de Raimi) au profit de celui de Gwen Stacy, jouée par la jolie Emma Stone, déjà vue dans Bienvenue à Zombieland.

On abandonne également les personnages de Harry et Norman Osborne (dont l’ombre plane néanmoins sur le film, qui se déroule en grande partie autour de la société Oscorp) et de J. Jonah Jameson, dont l’interprétation donnée par J.K. Simmons aurait de toute manière été difficile à faire oublier. En revanche, on obtient enfin des informations sur les parents de Peter Parker, qui affronte dans cet épisode un nouvel adversaire, le docteur Curtis Connors, alias le Lézard.


Après une première partie consacrée à la présentation de Peter Parker, puis à la découverte de ses pouvoirs, dans des passages non dénués d’humour, l’apparition de cet ennemi va donner au film une atmosphère plus sombre, ponctuée de scènes particulièrement spectaculaires, tel cet affrontement dans l’école ou ce final très réussi. Des passages bénéficiant par ailleurs d’effets spéciaux impeccables, bien plus réussis que dans la trilogie de Raimi. Si dans cette dernière les envolées du Tisseur souffraient d’un aspect artificiel, ce n’est plus du tout le cas ici, ce qui permet à Marc Webb de nous offrir des passages vraiment réjouissants, nous glissant par exemple dans la peau de Spiderman lors de ses envolées.

Enfin, au niveau de l’interprétation, Andrew Garfield (L’Imaginarium du docteur Parnassus, The Social Network) parvient sans peine à faire oublier Tobey Maguire en campant un Peter Parker plus crédible, moins impopulaire et surtout plus cynique et plus responsable. Bref, un adolescent classique, ni moins ni plus introverti que les autres. De même, Emma Stone est une alternative plus que convaincante à Kirsten Dunst, dans un rôle il est vrai bien plus étoffé.

Malgré un score musical un peu paresseux et une certaine impression de déjà-vu pendant sa première partie, The Amazing Spiderman est la meilleure réponse que pouvait offrir Marc Webb aux détracteurs de ce reboot. Spectaculaire, bénéficiant d’effets spéciaux impressionnants et d’un excellent casting, ce nouveau-premier épisode des aventures de Peter Parker s’impose sans peine comme l’un des meilleurs films de super-héros de ces dernières années. Dommage quand même qu’une aussi belle relecture concerne un super-héros ayant déjà fait l’objet d’une adaptation réussie, quand d’autres ont été véritablement violés par une transposition honteuse à l’écran, n’est-ce-pas monsieur Daredevil ?

Note : 7/10