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mercredi 9 avril 2014

The Grand Budapest Hotel

 

Titre : The Grand Budapest Hotel
Réalisateur : Wes Anderson
Acteurs : Ralph Fiennes, Tony Revolori, Adrien Brody
Date de sortie en France : 26 février 2014
Genre : comédie

Synopsis : 
Le film retrace les aventures de Gustave H, l’homme aux clés d’or d’un célèbre hôtel européen de l’entre-deux-guerres et du garçon d’étage Zéro Moustafa, son allié le plus fidèle.
La recherche d’un tableau volé, oeuvre inestimable datant de la Renaissance et un conflit autour d’un important héritage familial forment la trame de cette histoire au coeur de la vieille Europe en pleine mutation.

Avis : 
Pour son huitième long-métrage, Wes Anderson nous emmène dans un pays imaginaire d'Europe centrale, au sein d'un hôtel prestigieux où officient monsieur Gustave, le concierge, et Zéro, le garçon d'étage. Le duo va se retrouver au beau milieu d'une histoire mêlant le vol d'une oeuvre d'art, un héritage convoité, la montée des extrémismes et l'idylle du jeune homme avec Agatha.


Avec l'éternelle élégance qui caractérise ses oeuvres, Wes Anderson va ainsi nous plonger au sein d'un tourbillon de couleurs et de saveurs, jonglant avec les genres et les univers dans une oeuvre dont l'ampleur grandit à chaque seconde. On suit ainsi avec un plaisir croissant les aventures des deux hommes, brillamment interprétés par Ralph Fiennes et Tony Revolori, dans un film au rythme infernal et dont l'humour rappelle les films d'Ernst Lubisch ou Buster Keaton.

Cet humour se retrouve jusque dans la réalisation d'Anderson, qui s'amuse avec des techniques classiques, utilisant plusieurs formats, insistants sur les champs-contrechamps, osant quelques ringardises volontaires, quelques clins d'oeil rafraichissants au profit de situations parfois saugrenues, dans un ensemble qui tient incroyablement bien la route et se révèle vraiment euphorisant. Ajoutez à tout cela une brochette formidables d'acteurs en pleine forme, et vous obtenez une des meilleures oeuvres de ces premiers mois de 2014.

The Grand Budapest Hotel est donc une succulente comédie, une mille-feuille réunissant de nombreux genres, de nombreux thèmes et devenant encore meilleur à chaque minute. A dévorer sans aucune modération (oui, j'ai bien conscience de la ringardise de la formule !).

Note : 9/10




lundi 6 mai 2013

Effets secondaires


Titre : Effets secondaires (Side effects)
Réalisateur : Steven Soderbergh
Acteurs : Jude Law, Rooney Mara, Catherine Zeta-Jones
Date de sortie en France : 3 avril 2013
Genre : drame, thriller

Synopsis : 
Jon Banks est un psychiatre ambitieux. Quand une jeune femme, Emilie, le consulte pour dépression, il lui prescrit un nouveau médicament. Lorsque la police trouve Emilie couverte de sang, un couteau à la main, le cadavre de son mari à ses pieds, sans aucun souvenir de ce qui s’est passé, la réputation du docteur Banks est compromise… 

Avis : 
Pour l'une de ses dernières réalisation avant une pause sabbatique d'une durée indéterminée, Steven Soderbergh choisit de lancer, après Contagion, une nouvelle charge contre l'industrie pharmaceutique. Ici, il s'interroge sur les pratiques psychiatriques et le recours systématique aux antidépresseurs, et sur les expérimentations de médecins bien décidés à s'en mettre plein les poches. Dans le rôle de la victime, Emilie Taylor, interprétée tout en nuances par la formidable Rooney Mara. Dans celui du médecin, Jude Law. Mais tout n'est pas si simple que ça.



Car si Soderbergh met un place un thriller centré sur la psychopharmacologie et ses effets chez les malades, avec en point d'orgue le meurtre par Emilie, dépressive et somnambule, de son mari à peine sorti de prison, le film va doucement basculer du côté du thriller hitchcockien, où les duperies, les manipulations et les révélations vont se succéder, donnant à cet Effets secondaires un second souffle salvateur là où l'aspect médical commençait à perdre de son intérêt.


Ce glissement s'opère par de petits détails, quelques incohérences dans l'histoire d'Emilie, quelques coincidences troublantes. Soderbergh nous entraîne dans un jeu de piste haletant, nous piégeant à merveille avec le personnage de Jon Banks, personnage central du récit que l'on estime d'abord coupable de la folie de la jeune femme, avant que l'histoire ne nous fasse peu à peu changer d'avis, à mesure que l'on découvre les zones d'ombre de l'affaire. Un véritable tour de force, rendu possible par l'extraordinaire prestation de Jude Law (A.I. : Intelligence Artificielle, Hugo Cabret).

 Entre thriller pharmaceutique et jeu de piste hitchcockien, Steven Soderbergh (pour son avant-dernier film ?) livre une oeuvre intelligente, implacable, s'amusant avec les certitudes du spectateur pour mieux le piéger avec des révélations subtiles et justes. Un film porté par le superbe duo Rooney Mara (Millenium, les hommes qui n'aimaient pas les femmes) - Jude Law, et qui rebondit parfaitement au moment où il semblait s'empêtrer dans un développement pénible.

Note : 8/10



dimanche 15 janvier 2012

Hugo Cabret


Titre : Hugo Cabret (Hugo)
Réalisateur : Martin Scorsese
Acteurs : Asa Butterfield, Chloë Moretz, Ben Kingsley
Date de sortie en France : 11 décembre 2011
Genre : conte, drame

Synopsis : 
Paris, au tournant des années 1930. Hugo Cabret vient de perdre son père, horloger, et se retrouve orphelin. Alors qu'il vit dans une gare, le jeune garçon tente de réparer l'automate que son père cherchait à restaurer avant sa mort. N'hésitant pas à l'occasion à voler viennoiseries ou petits objets, il est pris en flagrant délit par un vieux monsieur tenant une boutique de jouets, qui lui confisque son carnet de croquis.

Avis :
Il faut bien l’avouer : l’annonce de l’adaptation du roman pour enfants L’Invention de Hugo Cabret, de Brian Selznick, par Martin Scorsese, plus habitué aux oeuvres sombres qu’à cet univers plus léger, rendait immédiatement curieux. Quand en plus on apprenait que le film sera en 3D, la perplexité venait s’ajouter à cette curiosité. Des sentiments qui, à la sortie des 127 minutes que dure le film, sont vite oubliés, effacés par cette impression délicieuse d’avoir vécu un moment merveilleux, de cette magie qui imbibait les oeuvres d’un certain Georges Méliès.

 Pendant toute sa première partie, Hugo Cabret suit le schéma classique du film d’aventures familial : le jeune orphelin débrouillard doit échapper au terrible inspecteur, se lie d’amitié avec une jeune fille et est amené à résoudre un mystère. Il évolue ainsi dans une gare parisienne pleine de personnages hauts en couleurs, des personnages âgées tentant maladroitement de se faire la cour, à la jolie fleuriste, en passant par le vieux responsable d’une boutique de jouets autour duquel l’intrigue se centrera finalement. Une partie fort réussie, riches en émotions, en passages cocasses et en morceaux de bravoure (les poursuites entre Hugo, l’inspecteur et le chien de ce dernier sont de grands moments) qui se révélera n’être qu’une introduction au coeur même du film.

 
Car Martin Scorsese vient ici rendre un hommage exceptionnel aux premières heures du cinéma. Si les films de Georges Méliès, et principalement son Voyage dans la Lune, constituent l’essentiel du spectacle, Hugo Cabret fait défiler devant nos yeux émerveillés des images des tous premiers films, de L’arrivée d’un train en gare de La Ciotat à Safety Last !, film qu’Hugo Cabret ira voir au cinéma avec son amie avant de reproduire malgré lui la célèbre scène où Harold Lloyd est suspendu aux aiguilles d’une horloge en haut d’un gratte-ciel. Scorsese remplit d’ailleurs son film de détails résonnant comme autant d’hommages aux films de cette époque, de cet automate à réparer à la jambe de l’inspecteur dont les mouvements saccadés rappellent inévitablement ceux des comédiens des années 1900.

Pour nous plonger dans cet univers si particulier et si propice à la nostalgie, le réalisateur de Shutter Island s’est entouré d’une bien belle brochette d’acteurs, notamment parmi les seconds rôles. Le jeune Hugo Cabret est interprété par Asa Butterfield (Nanny McPhee et le Big Bang) ; Chloë Moretz, qui entre Kick-Ass ou Laisse-moi entrer commence déjà à avoir une jolie filmographie, est son amie Isabelle ; le responsable de la boutique de jouets, dont la véritable identité sera le principal mystère du film, est joué par Ben Kingsley (La Liste de Schindler, La Jeune fille ou la mort ou encore Shutter Island). Le reste du casting réunit des noms tels que Christopher Lee (faut-il encore le présenter ?), Sacha Baron Cohen (Borat), Jude Law (eXistenZ, Contagion), Michael Stuhlbarg (Mensonges d’Etat), Emily Mortimer (Scream 3, Shutter Island), et des acteurs récurrents de la saga Harry Potter : Helen McCrory, Richard Griffiths et Frances de la Tour.

Bref, Hugo Cabret est une déclaration d’amour aux origines du cinéma et à sa magie. Une magie devenue trop rare mais que le réalisateur, très loin de ses thèmes habituels, ressuscite pendant environ 2 heures, nous transportant dans un autre monde.

Note : 9/10