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mardi 3 janvier 2023

Avatar : la voie de l'eau

 


Titre : Avatar : la voie de l'eau (Avatar :the way of water)
Réalisateur : James Cameron
Acteurs : Sam Worthington, Zoe Saldana, Sigourney Weaver
Date de sortie en France : 14 décembre 2022
Genre : science-fiction, aventures

Synopsis : 
Jake Sully et Ney'tiri ont formé une famille et font tout pour rester aussi soudés que possible. Ils sont cependant contraints de quitter leur foyer et d'explorer les différentes régions encore mystérieuses de Pandora. Lorsqu'une ancienne menace refait surface, Jake va devoir mener une guerre difficile contre les humains.
 
Avis : 
Suite à l'immense succès d'Avatar en 2009, James Cameron a très rapidement évoqué l'idée de continuer à explorer l'histoire de Pandora, envisageant même tout une saga se prolongeant sur quatre suites. Pourtant, il aura fallu attendre 13 ans, et une multitude de reports, pour enfin voir débarquer une première suite qu'on n'attendait plus vraiment, avant d'enchaîner, en principe en 2024, suite le troisième volet, puis en cas de succès sur les quatrième et cinquième épisodes. Un succès qui semble d'ores et déjà au rendez-vous, le film continuant à cartonner au box-office américain. En France, il a même dépassé l'autre méga-blockbuster de l'année, Top Gun : Maverick après deux semaines d'exploitation. 
 
 
Bref, Avatar et James Cameron confirment leur statut de machines à faire du fric... ce qui n'est pas nécessairement gage de qualité. L'idée même d'une suite, treize ans après, était plutôt de nature à inquiéter, surtout à une époque où les producteurs ressuscitent des sagas qui auraient dû être enterrées, ou nous balancent des suites sorties de nulle part. Mais en sortant de La Voie de l'eau, le constat est simple : James Cameron a, une nouvelle fois, réussi son pari, et nous a une nouvelle fois emmené sur Pandora, pour le meilleur comme pour le pire. 
 
Très clairement, si vous n'avez pas aimé Avatar, cette suite n'est pas faite pour vous. Car La Voie de l'eau est globalement le même film, puissance 10. Le même émerveillement, le même sentiment de visiter une planète qui existe réellement, la même euphorie dans la découverte, et le même scénario prétexte, les mêmes personnages un peu creux, les mêmes enjeux et les mêmes messages. James Cameron renoue avec l'idée même de magie du cinéma, celle qui préfère nous en mettre plein les yeux que plein le crâne... et ça fait un bien fou, comme il y a treize ans. 
 
 
Et ça tombe d'ailleurs plutôt bien : il s'est également déroulé un peu plus de 10 ans entre les événement d'Avatar et ceux de cette suite. Si les humains étaient repartis la queue entre les jambes de Pandora, ils sont bien décidés à revenir exploiter les formidables ressources de la planète... et à se venger des Na'vi, et surtout du traitre, Jake Sully. L'appât du gain, au détriment de toute logique, et dans l'irrespect le plus total de la faune, de la flore et des autochtones. On connaît la musique, on est en terrain connu, et on n'a finalement pas besoin de plus compliqué. 
 
On y ajoute une petite histoire de vengeance, avec le retour un peu tiré par les cheveux d'un personnage (enfin, de son clone), dans ce qui est sans doute l'unique erreur un peu gênante du film. Comme dans le premier volet, les antagonistes brillent par leur absence de consistance, et on ne peut même plus se raccrocher au charisme de Stephen Lang pour se rattraper aux branches. Et pourtant, ça fonctionne, notamment grâce à la grande nouveauté de cette suite : l'apparition d'un nouvel environnement et d'un nouveau peuple. 
 
 
Cameron délaisse ainsi les paysages de forêts pour nous mener au large, dans un clan Na'vi adapter à une vie aquatique : queue plus large, couleur plus claire, membres plus musclés... La famille de Jake Sully devra s'adapter à une nouvelle façon de vivre, à de nouvelles créatures, à un nouveau statut de réfugiés (hybrides, qui plus est). Et là encore, on va en prendre plein les yeux, dans des séquences à couper le souffle qui, si elles reprennent régulièrement celles du premier volet, n'en restent pas moins d'une efficacité folle, où les jeux avec les couleurs et les formes sont magnifiés par le mouvement constant des vagues, par une nature foisonnante et par l'effet miroir de l'eau. C'est une magie héritée directement de L'Etrange créature du lac noir, couplée à une euphorie proche de celle de Leonardo DiCaprio se penchant au dessus de la proue du Titanic. C'est pour cela que l'on se déplace au cinéma, tout simplement. 

On en vient à oublier les menus défauts évoqués plus haut : Avatar : la voie de l'eau est, comme son aîné, du grand spectacle simple et généreux, qui nous transporte ailleurs, nous fait rêver. Personnellement, j'ai déjà hâte de retourner sur Pandora pour le troisième volet.



lundi 24 octobre 2016

Don't breathe - la maison des ténèbres


Titre : Don't breathe - la maison des ténèbres (Don't breathe)
Réalisateur : Fede Alvarez
Acteurs : Stephen Lang, Jane Levy, Dylan Minnette
Date de sortie en France : 5 octobre 2016
Genre : thriller

Synopsis : 
Pour échapper à la violence de sa mère et sauver sa jeune sœur d’une existence sans avenir, Rocky est prête à tout. Avec ses amis Alex et Money, elle a déjà commis quelques cambriolages, mais rien qui leur rapporte assez pour enfin quitter Détroit. Lorsque le trio entend parler d’un aveugle qui vit en solitaire et garde chez lui une petite fortune, ils préparent ce qu’ils pensent être leur ultime coup. Mais leur victime va se révéler bien plus effrayante, et surtout bien plus dangereuse que ce à quoi ils s’attendaient…

Avis : 
Décidément, le pauvre Fede Alvarez semble être abonné aux accroches promotionnelles foireuses. Après le "vivez l'expérience cinématographique la plus terrifiante" de son Evil Dead, dont le but n'était certainement pas de faire peur, voici le "le meilleur film d'horreur américain des 20 dernières années". Utilisé à toutes les sauces, le slogan donne déjà naturellement envie de fuir le film plutôt que de lui donner une chance : il suffit de voir tous les navets qualifiés de meilleur film de ces vingt dernières années. Mais quand, en plus, il est utilisé pour promouvoir un film qui n'est même pas un film d'horreur, on nage dans les eaux profondes de l'idiotie la plus complète...


Bref, pour son second long-métrage, le réalisateur uruguayen Fede Alvarez signe un thriller, inversant pour l'occasion les codes du home invasion : alors que le genre met généralement en scène un foyer envahi par des étrangers malintentionnés (on pense par exemple au récent You're next), Don't breathe imagine que les intrus tombent sur un propriétaire beaucoup plus dangereux qu'ils ne l'imaginaient. Ici, un trio de cambrioleurs décide de s'attaquer à un ancien militaire aveugle, qui vit seul dans une maison isolée. Facile, sur le papier.

Mais voilà, le vétéran est resté terriblement efficace lorsqu'il s'agit de se défendre, d'autant qu'il a un lourd secret à garder. Cela donne des séquences terriblement efficaces, où Stephen Lang (Avatar) incarne une menace particulièrement angoissante malgré son handicap, à l'affût du moindre bruit pouvant trahir les intrus, les plongeant dans le noir afin de mieux les désorienter. Hélas, le film finit par être rattrapé par les défauts assez classiques du genre : la révélation du secret du propriétaire tombe un peu comme un cheveu sur la soupe, et les personnages multiplient soudain tous les clichés possibles, refusant d'appeler la police, revenant sur leurs pas ou hésitant à achever leurs adversaires. Un peu frustrant.

Quelques moments de tension,un antagoniste très impressionnant, mais quelques gros défauts dans le dernier tiers : c'est assez pour faire de Don't breathe un petit thriller sympathique, bien meilleur que ne le laissait craindre cette accroche ringarde. Et c'est assez pour donner envie de continuer à suivre la carrière de Fede Alvarez, peut-être pour une adaptation de Dante's Inferno, de Monsterpocalypse ou d'Incognito ?

Note : 7/10