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samedi 17 août 2024

Alien : Romulus

 
Titre : Alien : Romulus
Réalisateur : Fede Alvarez
Acteurs : Cailee Spaeny, David Jonsson, Archie Renaux
Date de sortie en France : 14/08/2024
Genre : science-fiction, horreur
 
Synopsis : 
 Alors qu’il entreprend des fouilles dans une station spatiale abandonnée, un groupe de jeunes voyageurs se retrouve confronté à la forme de vie la plus terrifiante de l'univers…
 
Avis : 
La saga Alien fait partie de ces rares séries de films à conserver une aura relativement intacte, malgré des épisodes de plus en plus clivants au fil des années. Très clairement, depuis Aliens, le retour (il y a presque 40 ans...), le moins que l'on puisse dire, c'est que chaque film divise... ou fait quasiment l'unanimité contre lui, comme le dernier en date, Alien : Covenant. Pourtant, malgré ces échecs, malgré les projets avortés, malgré les crossovers médiocres, l'arrivée sur nos écran d'un nouveau film de la saga initiée par Ridley Scott reste un événement, surtout lorsqu'il est mis en scène par l'une des figures montantes du genre : Fede Alvarez, le réalisateur de Don't breathe - la maison des ténèbres et de Evil dead (2013).


Le réalisateur uruguayen va justement se raccrocher aux deux plus grands succès de la série, en situant son histoire entre Alien, le huitième passager et Aliens, le retour. Un choix chronologique qui va également avoir un impact direct sur l'identité de Alien : Romulus, ce dernier étant à bien des égards un "Alien 1.5" : la première partie, où les personnages parcourent une épave abandonnée et découvrent la menace, s'inspire clairement du film de Scott ; la seconde, plus musclée, évoque celui de Cameron. Et si quelques éléments rappellent Alien 3 ou Alien : la résurrection, Alvarez semble vouloir nous montrer qu'il aime et connaît ses classiques, quitte à parfois rester un peu sage. 

Car, même si l'on prend un véritable plaisir à retrouver les couloirs sombres typiques de la saga, si l'on adore replonger dans cette ambiance craspec et violente, si l'on retrouve plus de vagins et de pénis que dans une soirée organisée par DSK, si l'on apprécie de voir les facehuggers et les xénomorphes redevenir des menaces crédibles, si l'on frissonnera même un peu durant la première heure, il faut bien avouer que le film ne réserve que peu de surprises, et le spectateur averti aura systématiquement une longueur d'avance sur les personnages. Cet aspect sera même plus présent encore pour les amateurs de jeux vidéo, certains éléments rappelant Alien : Isolation
 

 Ce n'est certes pas un défaut rédhibitoire, mais Alien : Romulus ne propose finalement que très peu de nouvelles idées et, lorsqu'il le fait, c'est en jouant avec le réalisme (la gravité, par exemple, qui donne de superbes séquences sur lesquelles il ne faudra pas être trop pointilleux). De même, on pourra regretter les innombrables clins d'oeil du film à ses aînés... jusqu'à l'indigestion (certain plans, les répliques cultes des précédents films, le personnage de Rook). 

Renouant avec l'identité des premières heures de la saga, pour le meilleur comme pour l'un peu moins bon, Fede Alvarez nous en offre de façon presque inattendue son épisode le plus réussi depuis 1986. Et je dois bien l'avouer : ça fait bien longtemps que je n'avais pas eu envie de suivre de nouvelles aventures dans cet univers... tant qu'on laisse Ridley Scott loin de tout ça !



lundi 24 octobre 2016

Don't breathe - la maison des ténèbres


Titre : Don't breathe - la maison des ténèbres (Don't breathe)
Réalisateur : Fede Alvarez
Acteurs : Stephen Lang, Jane Levy, Dylan Minnette
Date de sortie en France : 5 octobre 2016
Genre : thriller

Synopsis : 
Pour échapper à la violence de sa mère et sauver sa jeune sœur d’une existence sans avenir, Rocky est prête à tout. Avec ses amis Alex et Money, elle a déjà commis quelques cambriolages, mais rien qui leur rapporte assez pour enfin quitter Détroit. Lorsque le trio entend parler d’un aveugle qui vit en solitaire et garde chez lui une petite fortune, ils préparent ce qu’ils pensent être leur ultime coup. Mais leur victime va se révéler bien plus effrayante, et surtout bien plus dangereuse que ce à quoi ils s’attendaient…

Avis : 
Décidément, le pauvre Fede Alvarez semble être abonné aux accroches promotionnelles foireuses. Après le "vivez l'expérience cinématographique la plus terrifiante" de son Evil Dead, dont le but n'était certainement pas de faire peur, voici le "le meilleur film d'horreur américain des 20 dernières années". Utilisé à toutes les sauces, le slogan donne déjà naturellement envie de fuir le film plutôt que de lui donner une chance : il suffit de voir tous les navets qualifiés de meilleur film de ces vingt dernières années. Mais quand, en plus, il est utilisé pour promouvoir un film qui n'est même pas un film d'horreur, on nage dans les eaux profondes de l'idiotie la plus complète...


Bref, pour son second long-métrage, le réalisateur uruguayen Fede Alvarez signe un thriller, inversant pour l'occasion les codes du home invasion : alors que le genre met généralement en scène un foyer envahi par des étrangers malintentionnés (on pense par exemple au récent You're next), Don't breathe imagine que les intrus tombent sur un propriétaire beaucoup plus dangereux qu'ils ne l'imaginaient. Ici, un trio de cambrioleurs décide de s'attaquer à un ancien militaire aveugle, qui vit seul dans une maison isolée. Facile, sur le papier.

Mais voilà, le vétéran est resté terriblement efficace lorsqu'il s'agit de se défendre, d'autant qu'il a un lourd secret à garder. Cela donne des séquences terriblement efficaces, où Stephen Lang (Avatar) incarne une menace particulièrement angoissante malgré son handicap, à l'affût du moindre bruit pouvant trahir les intrus, les plongeant dans le noir afin de mieux les désorienter. Hélas, le film finit par être rattrapé par les défauts assez classiques du genre : la révélation du secret du propriétaire tombe un peu comme un cheveu sur la soupe, et les personnages multiplient soudain tous les clichés possibles, refusant d'appeler la police, revenant sur leurs pas ou hésitant à achever leurs adversaires. Un peu frustrant.

Quelques moments de tension,un antagoniste très impressionnant, mais quelques gros défauts dans le dernier tiers : c'est assez pour faire de Don't breathe un petit thriller sympathique, bien meilleur que ne le laissait craindre cette accroche ringarde. Et c'est assez pour donner envie de continuer à suivre la carrière de Fede Alvarez, peut-être pour une adaptation de Dante's Inferno, de Monsterpocalypse ou d'Incognito ?

Note : 7/10