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jeudi 28 avril 2016

La Chute de Londres


Titre : La Chute de Londres (London has fallen)
Réalisateur : Babak Najafi
Acteurs : Gerard Butler, Aaron Eckhart, Morgan Freeman
Date de sortie en France : 2 mars 2016
Genre : action

Synopsis : 
Les plus grands leaders du monde occidental sont attendus à Londres aux funérailles du Premier ministre britannique, mort dans des circonstances plus que douteuses. Mais ce qui avait commencé comme l’évènement le plus sécurisé de la planète tourne rapidement au désastre. Cible d’un complot terroriste, la capitale anglaise est mise à feu et à sang et la plupart des chefs d’état faits prisonniers. Seuls ont pu s’échapper le président américain et l’agent secret Mike Banning, qui vont devoir à la fois combattre pour survivre et mettre fin aux agissements des terroristes.

Avis : 
Après une attaque nord-coréenne visant le président des Etats-Unis dans La Chute de la Maison Blanche, Gerard Butler revient protéger le maître du monde. Cette fois, c'est à Londres, et face à des terroristes arabes, que Mike Banning va faire ce qu'il fait de mieux : massacrer sans sourciller des dizaines de méchants pour sauver son président.


La Chute de Londres est la digne suite de La Chute de la Maison Blanche, dont il n'est finalement que le décalque. Alors que tout explose dans la capitale anglaise, dans un festival d'effets spéciaux approximatifs, Gerard Butler (300) conduit à toute vitesse, survit au crash d'un hélicoptère, peut castrer une mouche à 300 mètres avec son pistolet, et tant pis si cela doit passer par la mort de ses coéquipiers, de civils ou de plusieurs présidents européens.

On regrettera simplement quelques intrigues secondaires moins intéressantes, comme la recherche d'une taupe, la famille de Mike Banning, sa volonté de quitter son travail, ou le bras droit du grand méchant (qui ne débouchera sur rien du tout, le personnage se faisant liquider de façon aussi expéditive que les autres sbires).

Aucun temps mort, des séquences spectaculaires à la chaîne, et une idéologie toujours aussi réactionnaire que dans le premier volet signé Antoine Fuqua : London has fallen offre exactement ce que l'on pouvait en attendre : un divertissement aussi con que bourrin, mené tambour battant par un Gerard Butler toujours aussi inamovible. Vivement le prochain volet, en espérant voir l'acteur affronter des communistes soviétiques à Paris, ce qui serait l'évolution logique !

Note : 6.5/10

vendredi 11 décembre 2015

Ted 2


Titre : Ted 2
Réalisateur : Seth MacFarlane
Acteurs : Mark Wahlberg, Seth MacFarlane, Amanda Seyfried
Date de sortie en France : 5 août 2015
Genre : comédie

Synopsis : 
Ted a emménagé avec Tamy Lynn, la bombe de ses rêves. Alors qu’ils traversent leurs premiers orages maritaux, ils décident de faire un enfant pour consolider leur couple. Leurs espoirs sont brisés lorsque la cour du Massachussetts refuse de reconnaître le statut de personne à Ted, et lui octroie celui de « propriété », ce qui le rend inapte à l’adoption.

Avis : 
L'ours en peluche le plus vulgaire du monde est de retour ! Et cette fois, l'heure est grave : afin de pouvoir se marier, adopter un enfant, ou même travailler, Ted va devoir faire reconnaître juridiquement son existence. Recherche d'un échantillon de sperme, d'une nouvelle petite amie pour John, d'un avocat, et le retour de Donny : Ted 2 va partir dans tous les sens, avec un bonheur inégal.


Les séquences se succèdent ainsi à un rythme infernal, et si certaines tombent à côté de la plaque (j'avoue que les délires liés aux joints ne m'amusent que très rarement), certains passages sont destinés à devenir instantanément cultes, comme la poursuite et la bagarre géante en plein Comic-con. Seth MacFarlane digère et nous ressert parfaitement ses innombrables références à la pop-culture, notamment dans une étonnante parodie de Jurassic Park.

Encore plus surprenant : l'humour potache et souvent vulgaire se double d'un fond relativement profond, qui fait notamment échos aux thèmes du mariage pour tous, du droit à la différence, ou de la reconnaissance en droit civil de la sensibilité des animaux domestiques en France. Evidemment, avec Ted, ces éléments sont avancés sans grande finesse et articulés autour de deux ou trois grossièretés à la minute, mais on se surprend à s'interroger sur la nature juridique de cet ours en peluche vivant.

Malgré quelques ratés, ce second volet se révèle plus réussi que le précédent, en limitant les longueurs et offrant de bonnes doses de rires, mais aussi un peu d'émotion et de réflexion, ce qu'on n'attendait pas vraiment !

Note : 7.5/10



lundi 8 septembre 2014

Lucy


Titre : Lucy
Réalisateur : Luc Besson
Acteurs : Scarlett Johansson, Morgan Freeman, Choi Min Sik
Date de sortie en France : 6 août 2014
Genre : action, fantastique

Synopsis : 
A la suite de circonstances indépendantes de sa volonté, une jeune femme voit ses capacités intellectuelles se développer à l’infini. Elle « colonise » son cerveau, et acquiert des pouvoirs illimités.

Avis : 
Depuis quelques années, cela semblait n'être qu'une question de temps. Avec Lucy, c'est enfin chose faite : les réalisations de Luc Besson (Malavita, Léon) ont enfin rattrapé en médiocrité les pires de ses productions. En résumé, c'est très moche, c'est très con, et ça embarque dans sa chute des acteurs talentueux dans un film d'action qui semble tout droit sorti des pires productions vidéo de ces dernières années.


Pourtant, le point de départ était intéressant : alors qu'on n'utilise en moyenne que 10% de nos capacités mentales (beaucoup moins pour suivre le film, et sans doute encore mois pour l'écrire et le réaliser, sans doute), une jeune femme va peu à peu parvenir à exploiter l'intégralité de son potentiel, devenant ainsi un être omniscient et omnipotent. Cette femme, c'est Lucy (interprétée par une Scarlett Johansson bien loin de ses excellents rôles de ces derniers mois dans Her ou Under the skin).

Oui, Lucy, comme le célèbre australopithèque (qu'elle rencontrera d'ailleurs en fin de film, reproduisant pour l'occasion une image du plafond de la Chapelle Sixtine dans un symbolisme de pacotille qui vous fera certainement beaucoup rire). Et Lucy, quand son cerveau se développe, elle ne devient pas plus intelligente. Non : elle devient juste capable de jouer avec des appareils électroniques, de contrôler un peu tout ce qui lui passe sous le nez et de conduire à toute vitesse dans Paris en massacrant des dizaines de civils innocents. Cela donne des passages très drôles, où l'absence de direction d'acteurs de Besson bat des records ("hé Scarlett, tu as vu Le Cinquième élément ? ben joue exactement comme Milla Jovovich !") et où les fautes de goût s'enchaînent à un rythme soutenu.

Avec un synopsis rappelant le déjà très moyen Transcendance, Luc Besson nous livre donc un très mauvais film d'action, transpirant l'idiotie et l'incompétence à tous les niveaux, et rarement divertissant. On se demandera d'ailleurs ce que sont venus faire Morgan Freeman, Choi Min Sik (Old boy, J'ai rencontré le Diable) et Pilou Asbæk (R, Hijacking) dans cette galère dont ils auront certainement honte...

Note : 2/10


samedi 19 juillet 2014

Transcendance


Titre : Transcendance (Transcendence)
Réalisateur : Wally Pfister
Acteurs : Johnny Depp, Rebecca Hall, Paul Bettany
Date de sortie en France : 25 juin 2014
Genre : thriller, science-fiction

Synopsis : 
Dans un futur proche, un groupe de scientifiques tente de concevoir le premier ordinateur doté d’une conscience et capable de réfléchir de manière autonome. Ils doivent faire face aux attaques de terroristes anti-technologies qui voient dans ce projet une menace pour l’espèce humaine. Lorsque le scientifique à la tête du projet est assassiné, sa femme se sert de l’avancée de ses travaux pour « transcender » l’esprit de son mari dans le premier super ordinateur de l’histoire. Pouvant désormais contrôler tous les réseaux liés à internet, il devient ainsi quasi omnipotent. Mais comment l’arrêter s’il perdait ce qui lui reste d’humanité ?

Avis : 
Pour son premier film en tant que réalisateur, Wally Pfister, directeur de la photographie de Christopher Nolan, se penche sur un thème souvent évoqué au cinéma : celui de l'évolution des intelligences artificielles, du danger lié au pouvoir grandissant des super-ordinateurs. Un sujet évidemment alléchant, d'autant qu'il semble de plus en plus plausible, mais qui ne bénéficiera pas du traitement qu'il méritait.


Car Transcendance, s'il ne sera ni mauvais ni désagréable à suivre, restera désespérément quelconque, n'osant jamais développer des thèmes pourtant forts (notamment le froid pragmatisme de l'ordinateur), au profit d'un thriller convenu et sans réel climax. Les enjeux ne sont jamais très clairs, on peine à vraiment ressentir la menace planétaire que constitue l'esprit de Johnny Depp, et on a beaucoup de mal à accepter l'idée que le petit groupe de résistants puisse avoir une réelle influence...

Le film ne décolle donc jamais, peu aidé par un casting certes prestigieux (Depp, Freeman, Murphy...) mais se contentant du minimum, et des effets visuels réussis mais sans ampleur et trop classiques. On a en fait l'impression tenace que Pfister se contente de suivre sagement les recettes du maître Nolan, sans apporter ni intensité, ni profondeur à un film finalement bien trop lisse qui ne... transcendera jamais son sujet.

Dommage donc que Transcendance se contente de rester trop sage, car Wally Pfister tenait sans doute ici un sujet très fort, qui aurait pu donner un excellent film de science-fiction aussi noir qu'intelligent. Hélas, le directeur de la photographie des films de Christopher Nolan montre qu'il est encore bien loin de son modèle, et son film sera sans doute complètement oublié d'ici quelques semaines...

Note : 3,5/10





samedi 5 avril 2014

La Grande aventure Lego


Titre : La Grande aventure Lego (The Lego movie)
Réalisateur : Phil Lord, Chris Miller
Acteurs : Chris Pratt, Will Ferrell, Elizabeth Banks
Date de sortie en France : 19 février 2014
Genre : animation, aventures

Synopsis : 
Emmet est un petit personnage banal et conventionnel que l'on prend par erreur pour un être extraordinaire, capable de sauver le monde. Il se retrouve entraîné, parmi d'autres, dans un périple des plus mouvementés, dans le but de mettre hors d'état de nuire un redoutable despote. Mais le pauvre Emmet n'est absolument pas prêt à relever un tel défi !

Avis : 
 Depuis quelque temps, la marque Lego envahit nos écrans : sur consoles de jeux d'abord, ou après avoir proposé de très sympathiques relectures de grandes sagas cinématographiques (Indiana Jones, Harry Potter ou encore Le Seigneur des anneaux), elle s'est récemment lancée dans une aventure inédite avec Lego City Undercover ; en DVD ensuite, avec des mini-séries et de nouvelles adaptations de ces univers (Lego Batman, le film : unité des superhéros). C'est tout naturellement que les personnages jaunes et les briques de construction débarquent enfin sur grand écran, avec une aventure totalement inédite.


Sans surprise, nous allons retrouver l'humour et les délires visuels caractéristiques des oeuvres Lego. Constructions loufoques, univers décalés, personnages issus de films, références au catalogue de jeu et au cinéma, et surtout omniprésence des briques de construction (tout, ou presque, est en Lego), le tout au service de situations forcément improbables et d'un scénario faisant la part belle à l'action insensée : on en a vraiment pour notre argent à ce niveau là.

Mais là où le film va surprendre, c'est avec son double degré de lecture : au-delà du film d'animation pour enfant, La Grande aventure Lego va ainsi citer directement George Orwell dans sa description d'un univers dictatorial où tout le monde est surveillé, où chacun doit se fondre dans la masse (et quoi de plus idéal pour cela que le visage classique des personnages Lego), respecter les instructions à la lettre... Le film devient ainsi une célébration de la liberté et de l'imagination, offrant une profondeur assez inattendue.

Si l'on attendait un film d'animation sympathique, The Lego movie va donc plus loin encore en conjuguant le divertissement familial à des thèmes plus matures et particulièrement cohérents avec l'univers Lego. Un vrai plaisir aussi drôle qu'intelligent, et qui donne presque envie de se relancer dans la constructions d'oeuvres improbables avec les célèbres briques !

Note : 8/10


jeudi 20 mars 2014

Seven


Titre : Seven
Réalisateur : David Fincher
Acteurs : Brad Pitt, Morgan Freeman, Kevin Spacey
Date de sortie en France : 31 janvier 1996
Genre : policier, thriller

Synopsis : 
Pour conclure sa carrière, l'inspecteur Somerset, vieux flic blasé, tombe à sept jours de la retraite sur un criminel peu ordinaire. John Doe, c'est ainsi que se fait appeler l'assassin, a décidé de nettoyer la société des maux qui la rongent en commettant sept meurtres basés sur les sept péchés capitaux: la gourmandise, l'avarice, la paresse, l'orgueil, la luxure, l'envie et la colère. 

Avis : 
 Second film de David Fincher, Seven met en scène Brad Pitt (World war Z, Cartel) et Morgan Freeman (Oblivion, La Chute de la Maison Blanche) dans le rôle de deux flics que tout oppose (Freeman, policier méthodique, blasé et proche de la retraite ; Pitt, jeune loup fonceur) lancés dans une enquête sordide, à la poursuite d'un tueur s'inspirant des péchés capitaux pour assassiner ses victimes.


Seven est d'abord remarquable par son ambiance très sombre : des couleurs très ternes, une pluie permanente, des décors particulièrement glauques et des victimes horriblement assassinées : Fincher nous plonge dans un univers cauchemardesque et étouffant, encore renforcé par un scénario très malin. Car ce jeu de piste macabre est très bien ficelé, les indices s'enchaînant à la perfection jusqu'à un final formidable.

Et si le film est parfois prévisible, ou dépasse les limites de la crédibilité, il se suit avec un plaisir toujours intact à chaque fois, grâce au duo Freeman / Pitt dont les rapports évoluent parfaitement, mais aussi grâce à l'interprétation extraordinaire de Kevin Spacey, dont l'apparition dans la dernière partie du film permet de relancer l'intérêt de l'histoire et de l'amener vers une conclusion très forte, au nihilisme glaçant.

Seven est l'un des meilleurs thrillers policiers que l'on ait vus au cinéma, consacrant définitivement Brad Pitt et lançant véritablement la carrière de David Fincher. Une ambiance formidable, un scénario intelligent et un sens du détail impressionnant, et un trio d'acteurs au sommet, pour un véritable bijou.

Note : 9/10


mardi 10 septembre 2013

Insaisissables


Titre : Insaisissables (Now you see me)
Réalisateur : Louis Leterrier
Acteurs : Jesse Eisenberg, Woody Harrelson, Mark Ruffalo
Date de sortie en France : 31 juillet 2013
Genre : thriller

Synopsis : 
« Les Quatre Cavaliers », un groupe de brillants magiciens et illusionnistes, viennent de donner deux spectacles de magie époustouflants : le premier en braquant une banque sur un autre continent, le deuxième en transférant la fortune d’un banquier véreux sur les comptes en banque du public. Deux agents spéciaux du FBI et d’Interpol sont déterminés à les arrêter avant qu’ils ne mettent à exécution leur promesse de réaliser des braquages encore plus audacieux. Ils font appel à Thaddeus, spécialiste reconnu pour expliquer les tours de magie les plus sophistiqués. Alors que la pression s’intensifie, et que le monde entier attend le spectaculaire tour final des Cavaliers, la course contre la montre commence.

Avis : 
J'avoue pour le moment avoir détesté la plupart des films du réalisateur français Louis Leterrier, des films d'action soit mauvais (le remake de Le Choc des Titans), soit à la limite du nauséabond (Danny the dog, Le Transporteur). Aussi, à l'annonce de son nouveau film, j'avoue avoir été complètement indifférent...jusqu'à lire le synopsis, prometteur, et voir les noms de Jesse Eisenberg (Social network), Woody Harrelson (Tueurs nés, Bienvenue à Zombieland), Morgan Freeman (Seven, Invictus), Michael Caine (Pulsions, The Dark Knight rises), Mélanie Laurent (Inglourious basterds) ou encore Mark Ruffalo (Avengers) à l'affiche.


Bien m'en a pris : Insaisissables se révèle être un excellent divertissement, certes pas exempt de défaut mais très agréable à suivre. Les spectacles magicaux sont ainsi des passages très forts, où la caméra virevolte dans tous les sens, apportant un aspect épique à des passages pourtant relativement calmes, et insistant sur le spectaculaire des numéros. On s'amuse ainsi follement durant ces passages, cherchant à voir le détail permettant de résoudre le tour.

On regrettera d'ailleurs que les secrets entourant le premier exploit du groupe soit rapidement éventés, pour les besoins d'une enquête un peu moins intéressante. Le duo, très classique Ruffalo / Laurent ne fonctionne qu'à moitié, et l'on attend en fait impatiemment la prochaine démonstration des 4 horsemen. Autre défaut : cette tendance à la révélation qui tue en fin de film, où les personnages semblent se livrer à une surenchère d'aveux pas toujours crédibles.

Insaisissables est donc une vraie réussite lorsqu'il s'intéresse aux tours de magie, pour des scènes à couper le souffle, grâce à un visuel particulièrement travaillé. L'aspect policier peine en revanche à convaincre, handicapé par un duo bien trop banal et effacé, très loin du charisme du quatuor qu'ils poursuivent. Le meilleur de Leterrier, et de très loin...

Note : 7/10


jeudi 25 juillet 2013

La Chute de la Maison Blanche


Titre : La Chute de la Maison Blanche (Olympus has fallen)
Réalisateur : Antoine Fuqua
Acteurs : Gerard Butler, Morgan Freeman, Aaron Eckhart
Date de sortie en France : 20 mars 2013
Genre : thriller, action

Synopsis : 
Mike Banning, ancien garde du corps du président des États-Unis, s’occupe désormais des basses besognes des services secrets. Lorsqu’un commando nord-coréen lance une attaque sur la Maison Blanche, prenant en otage le président américain et son fils, il se retrouve seul à pouvoir leur venir en aide. Deux ans après avoir été tenu responsable de la mort accidentelle de la Première Dame, il va pouvoir faire preuve de sa loyauté et de sa bravoure. 

Avis : 
La Maison Blanche à moitié détruite, le monolithique Gerard Butler (300) posant avec un flingue devant un drapeau américain en flammes ? Il n'en fallait pas plus pour attirer mon attention vers ce Olympus has fallen (traduit en France par La Chute de la Maison Blanche...une confusion avec le White House down de Roland Emmerich ?), promesse du bon gros film d'action bien bourrin au patriotisme ringard qui fait passer une soirée à se reposer, le cerveau tournant à vide.


Victoire ! C'est exactement ce que nous aurons : de méchants nord-coréens attaquent Washington, d'abord avec un avion (ça, c'est pour faire comme Al-Qaïda, modèle ultime de méchants), décapitant même le Washington Monument ; ensuite, en attaquant directement la Maison Blanche, y entrant comme dans du beurre en tuant tout le monde et en prenant en otage le chef du monde  libre, le président des Etats-Unis (et accessoirement, le premier ministre sud-coréen, mais il sera vite exécuté dans l'indifférence générale).

Piquée en plein coeur, l'Amérique n'a plus qu'un seul espoir pour éviter la fin du monde : Mike Banning, au mauvais endroit au mauvais moment, clone de John McClane traînant comme un boulet l'échec de sa dernière mission pour le Président. Le rapport de force s'inverse aussitôt : les méchants deviennent incapables de tuer, et le bon vieux héros américain aura même quelques bons mots pour le grand méchant de l'histoire, pour bien lui faire comprendre qu'on ne bafoue pas la grande Amérique comme ça !

S'ensuit donc un festival d'explosions, de scènes héroïques où Butler défonce tous les méchants et sauve le monde, et retrouve surtout la confiance du président en sauvant au passage son fils (l'un des rares à avoir survécu à l'assaut) et une de ses collaboratrices. En gros, il ne faut pas être allergique à ce patriotisme un peu nauséabond - et très premier degré - ni aux scènes de bravoure bigger than life. Et il faut bien avouer qu'aussi con qu'il puisse être, le film d'Antoine Fuqua (Training day) est très efficace dans le genre. Un vrai plaisir coupable finalement ! 

Note : 6,5/10


samedi 13 avril 2013

Oblivion


Titre : Oblivion
Réalisateur : Joseph Kosinski
Acteurs : Tom Cruise, Olga Kurylenko, Morgan Freeman
Date de sortie en France : 10 avril 2013
Genre : science-fiction, anticipation

Synopsis : 
En 2077, après des décennies de guerre contre la terrible menace des Chacals, les humains ont quitté la Terre. Jack Harper vit dans une station au dessus des nuages et a pour mission de réparer et d'entretenir les drones présents à la surface de la Terre afin qu'ils extraient des ressources vitales aux humains expatriés. Un jour, témoin d'un crash, il voit sa vie bouleversée…

Avis : 
Si, à la surprise générale, la fin du monde n'a pas eu lieu en 2012, elle n'aura pas manqué d'inspirer les scénaristes : de After Earth à Cloud Atlas, d'Elysium à World War Z, notre bonne vieille planète va devenir un lieu parfaitement inhospitalier pour l'homme. Dans Oblivion, c'est en utilisant l'arme nucléaire pour repousser un envahisseur extraterrestre qu'il a rendu la planète en grande partie inhabitable. Les survivants ont ainsi été contraints de s'exiler sur Titan, tandis que quelques techniciens restent sur place afin de leur fournir les ressources nécessaires.

C'est Robert Kosinski, réalisateur de la triste suite Tron : l'héritage qui va mettre en image le quotidien de ces techniciens du futur. Il se base sur son propre roman graphique, non publié, et va recevoir dès la genèse du projet un soutien de poids, celui de Tom Cruise (Mission : Impossible, Jack Reacher). Il sera plus tard rejoint par l'inoxydable Morgan Freeman (Seven, The Dark Knight rises) et d'Olga Kurylenko (La Terre outragée, Quantum of Solace). Mais ils n'auront que peu de place à côté de Tom Cruise, le film ne s'attardant finalement que sur son personnage, au point d'en devenir une publicité géante. Tom Cruise est beau, Tom Cruise est ingénieux, Tom Cruise est agile, Tom Cruise est intelligent, Tom Cruise est courageux, Tom Cruise aime la nature (au point de se comporter, parfois, comme Wall-E). Et du coup, Tom Cruise est partout, et si je n'ai absolument rien contre l'acteur, cela finit vraiment par lasser...


Mais avant de nous agacer de cette omniprésence, nous aurons droit à une première partie très réussie, nous faisant découvrir les paysages désolés de la Terre, ses villes enterrées, ses bâtiments en ruine. En fait, c'est en voulant associer une histoire à ces images superbes que le film va commencer à devenir moins intéressant, essayant vainement de créer la surprise mais ne s'écartant jamais du sentier tracé par d'autres oeuvres avant lui. On assiste dès lors à une succession de coups de théâtre sans grand impact, et même la tentative du personnage interprété par Tom Cruise pour sauver le monde (quand même !) apparaît comme totalement dénuée d'enjeux.

La seconde partie du film nous réserve néanmoins quelques passages très spectaculaires, notamment avec quelques superbes séquences de poursuites aériennes. Et si l'on pensera à Independence Day dans les dernières minutes, après avoir pensé à La Planète des singes, Matrix ou même 2001: l'odyssée de l'espace, on s'interrogera surtout sur la bêtise des envahisseurs, qui se laisseront sciemment détruire.

Ce ne sera d'ailleurs pas l'unique étrangeté d'un scénario trop classique pour maintenir l'intérêt du spectateur intact pendant 120 minutes. Aussi, si l'on appréciera la qualité visuelle du film, notre planète étant horriblement belle après l'apocalypse, cette ode à Tom Cruise finit par ennuyer, voire même irriter. Une petite déception d'un film dont j'attendais quand même un peu plus...

Note :  5/10