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mercredi 18 février 2015

Intouchables


Titre : Intouchables
Réalisateur : Eric Toledano, Olivier Nakache
Acteurs : François Cluzet, Omar Sy, Audrey Fleurot
Date de sortie en France : 2 novembre 2011
Genre : comédie, drame

Synopsis : 
A la suite d’un accident de parapente, Philippe, riche aristocrate, engage comme aide à domicile Driss, un jeune de banlieue tout juste sorti de prison. Bref la personne la moins adaptée pour le job. Ensemble ils vont faire cohabiter Vivaldi et Earth Wind and Fire, le verbe et la vanne, les costumes et les bas de survêtement... Deux univers vont se télescoper, s’apprivoiser, pour donner naissance à une amitié aussi dingue, drôle et forte qu’inattendue, une relation unique qui fera des étincelles et qui les rendra... Intouchables.

Avis : 
Raz de marée dans les salles de cinéma en 2011, Intouchables est rapidement devenu, avec près de 20 millions d'entrées en salles, le deuxième plus gros succès de l'histoire du box office français, ainsi que la production de langue non anglaise à avoir connu le plus grand succès de tous les temps sur le marché international. Un engouement surprise dû au bouche à oreilles pour une jolie histoire... à défaut d'être du grand cinéma.


La rencontre entre deux être que tout oppose est un grand classique, et ne réservera ici aucune surprise. D'un côté Philippe (François Cluzet), riche, cultivé, bougon et handicapé ; de l'autre Driss, délinquant, chômeur et danseur hors pair. Evidemment, leurs différences deviendront autant d'arguments en faveur d'une amitié apparemment impossible. Bref, c'est d'une incroyable banalité... mais ça fonctionne !

Cela n'évitera certes pas les longueurs et les passages gênants, avec notamment un jeunisme assez irritant. En gros, fumer des joints, c'est cool, aller à l'opéra, c'est ringard. La musique classique, c'est chiant, le funk, c'est top. Le systématisme de ces situations est parfois vraiment agaçant, et on ne l'accepte que grâce à la bonne humeur insufflée dans le film par Omar Sy, véritable révélation du film, qui nous éblouit de son sourire communicatif.

Parmi les immenses succès de la comédie française de ces dernières années, Intouchables s'élève sans problème au-dessus des horreurs comme Bienvenue chez les ch'tis ou Qu'est-ce qu'on a fait au bon Dieu ?. Une histoire simple mais efficace, qui joue pleinement la carte de la bonne humeur sans aucune contrepartie. Cela fait parfois du bien, et permet de presque oublier les (gros) défauts du film.

Note : 7/10


mercredi 16 juillet 2014

Super 8


Titre : Super 8
Réalisateur : J.J. Abrams
Acteurs : Kyle Chandler, Joel Courtney, Elle Fanning
Date de sortie en France : 3 août 2011
Genre : science-fiction, aventures

Synopsis : 
Été 1979, une petite ville de l’Ohio. Alors qu'ils tournent un film en super 8, un groupe d’adolescents est témoin d'une spectaculaire catastrophe ferroviaire. Ils ne tardent pas à comprendre qu'il ne s'agit pas d'un accident. Peu après, des disparitions étonnantes et des événements inexplicables se produisent en ville, et la police tente de découvrir la vérité… Une vérité qu’aucun d’entre eux n’aurait pu imaginer.

Avis : 
Avec Super 8, J.J. Abrams nous replonge dans les années 80, à l'époque des films d'aventures et de science-fiction destinés à toute la famille, mettant en scène un groupe d'enfants confrontés à des événements exceptionnels : ici, comme si Les Goonies rencontraient E.T. l'extraterrestre, le petit cercle d'amis est le témoin de la présence d'une créature extraterrestre qui va bouleverser la vie de leur petite ville.


Le film va ainsi suivre les recettes habituelles du genre, avec une présence fantastique qui ne sera révélée que progressivement, la volonté du gouvernement de garder les événements sous contrôle, le thème de la famille et donc ce groupe de gamins un peu marginaux, réunis autour de la réalisation d'un petit film de zombies en super 8, dans des séquences très réussies et d'une merveilleuse nostalgie. Cela permet au film de se forger une véritable identité tout en restant extrêmement classique dans son développement.

Super 8 va également bénéficier de jeunes acteurs très convaincants, parmi lesquels on découvre la jeune Elle Fanning (Somewhere, Maléfique), auxquels on va rapidement s'identifier, d'autant qu'ils seront placés dans une succession de passages tantôt amusants (les scènes de tournage) tantôt très spectaculaires (l'accident de train). On notera d'ailleurs la qualité des effets spéciaux et celle de la mise en scène, qui met en valeur les nombreux détails permettant au récit de progresser.

Si on pourra éventuellement regretter le côté très linéaire du scénario, Super 8 reste une véritable réussite, un hommage faisant revivre les films d'aventures des années 80 en le remettant au goût du jour. A l'image des Goonies, le film de J.J. Abrams (Star Trek into darkness) nous replonge donc avec bonheur en enfance avec une très belle histoire et un formidable groupe de gamins, tout en jouant sur la nostalgie liée à ces films amateurs, notamment dans son générique de fin.

Note : 9/10


samedi 14 juin 2014

127 heures


Titre : 127 heures (127 hours)
Réalisateur : Danny Boyle
Acteurs : James Franco, Amber Tamblyn, Kate Mara
Date de sortie en France : 23 février 2011
Genre : drame

Synopsis : 
Le 26 avril 2003, Aron Ralston, jeune homme de vingt-sept ans, se met en route pour une randonnée dans les gorges de l’Utah.Il est seul et n’a prévenu personne de son excursion. Alpiniste expérimenté, il collectionne les plus beaux sommets de la région.Pourtant, au fin fond d’un canyon reculé, l’impensable survient : au-dessus de lui un rocher se détache et emprisonne son bras dans le mur de rocaille. Le voilà pris au piège…

Avis : 
Réalisé par Danny Boyle, 127 heures s'inspire de l'histoire vraie d'Aron Ralston, qui fut coincé pendant 6 jours et 5 nuits dans le désert avant de réussir à s'en sortir. Pour retranscrire un tel fait divers, le réalisateur britannique va opter pour une approche minimaliste, mettant en scène James Franco seul dans un décor unique pendant une grande partie du film.


Nous suivrons donc pendant plus d'une heure le calvaire du héros, bloqué au fond d'un canyon par un rocher, souffrant d'hypothermie et de déshydratation et bientôt en proie à des hallucinations. Plus encore que la lutte pour sa survie, nous assisterons surtout à l'évolution de ses pensées, le jeune homme évoluant parfois aux limites de la folie, luttant contre le désespoir et se rappelant certains épisodes de sa vie passée, regrettant de ne pas avoir assez profité de ses proches et se maudissant de n'avoir prévenu personne de l'endroit où il allait.

Danny Boyle va utiliser ces moments de délires pour nous proposer une réalisation très travaillée, multipliant les effets visuels et sonores pour des passages parfois psychédéliques, nous plongeant entièrement dans l'esprit dérivant d'Aron. La mise en scène permet ainsi de sublimer une histoire qui n'était au départ pas très cinématographique, et va également mettre en avant la performance étonnante de James Franco (la trilogie Spiderman de Sam Raimi, Homefront).

127 heures transcende donc une idée de base que l'on aurait pu croire difficile à retranscrire au cinéma, grâce à une réalisation et une interprétation impeccables, nous offrant quelques passages très forts (la scène de l'amputation est vraiment horrible) et la confirmation que Danny Boyle n'est décidément pas un réalisateur comme les autres, même quand il s'intéresse à un sujet assez classique.

Note : 9/10


samedi 24 mai 2014

We need to talk about Kevin


Titre : We need to talk about Kevin
Réalisateur : Lynne Ramsay
Acteurs : Tilda Swinton, John C. Reilly, Ezra Miller
Date de sortie en France : 28 septembre 2011
Genre : drame

Synopsis : 
Eva a mis sa vie professionnelle et ses ambitions personnelles entre parenthèses pour donner naissance à Kevin. La communication entre mère et fils s’avère d’emblée très compliquée. A l’aube de ses 16 ans, il commet l’irréparable. Eva s’interroge alors sur sa responsabilité. En se remémorant les étapes de sa vie avant et avec Kevin, elle tente de comprendre ce qu’elle aurait pu ou peut-être dû faire.

Avis : 
Adaptation du roman du même nom de Lionel Shriver, We need to talk about Kevin met en scène Tilda Swinton (Snowpiercer, Only lovers left alive) dans le rôle d'une mère qui a toujours été incapable de communiquer avec son fils aîné, de sa plus tendre enfance à son adolescence durant laquelle il se rendra coupable d'un horrible crime. La relation mère / fils est donc au centre du film, hélas plombé par une forme particulièrement irritante.


Car nous serons ici devant une narration totalement destructurée, nous proposant de voyager dans les souvenirs de la mère et dans sa vie actuelle. Une volonté évidente de briser le récit comme l'est l'esprit du personnage, afin de tenter d'apporter des réponses à un acte dont on ne connaît alors pas grand chose et d'en montrer les conséquences, mais qui finit par lasser rapidement et par désamorcer totalement le propos du film. Pire : la structure finit même par étouffer l'ambiance étouffante que l'on devinait dans les premières minutes.

Le film en devient ainsi très vite une simple démonstration technique et scénaristique, tentant d'étouffer sous sa forme un fond particulièrement léger. On n'est finalement que devant le petit manuel du petit psychopathe en puissance, avec les éléments classique du genre (solitude, fascination pour la violence et intérêt pour l'informatique) et jamais la relation entre les parents et l'enfant n'est réellement développée, le film préférant manier l'ellipse et la juxtaposition de scènes fortes, s'abstenant habilement d'apporter une quelconque réponse ou de faire naître une véritable réflexion.

Ainsi, malgré une interprétation formidable (Tilda Swinton et Ezra Miller, vu récemment dans Le Monde de Charlie, sont excellents), We need to talk about Kevin se perd en misant trop sur sa forme, au détriment du fond. Une forme agaçante, qui finit même par anéantir tout malaise ou toute horreur pour donner un film poseur et sans âme, et qui peine à dissimuler une progression banale et légère...

Note : 5,5/10


vendredi 11 avril 2014

Captain America : first Avenger


Titre : Captain America : first Avenger (Captain America : the first Avenger)
Réalisateur : Joe Johnston
Acteurs : Chris Evans, Hugo Weaving, Hayley Atwell
Date de sortie en France : 17 août 2011
Genre : super-héros, action

Synopsis : 
Steve Rogers, frêle et timide, se porte volontaire pour participer à un programme expérimental qui va le transformer en un Super Soldat connu sous le nom de Captain America. Allié à Bucky Barnes et Peggy Carter, il sera confronté à la diabolique organisation HYDRA dirigée par le redoutable Red Skull.

Avis : 
Dernier film de la première vague mettant en scène les Avengers, Captain America : first avenger retourne aux origines du groupe en nous montrant la création du premier héros, pendant la Seconde Guerre Mondiale. Une époque historique qui va permettre à Joe Johnston (Jumanji) de nous livrer un film de super-héros plus classique, plus old-school que les aventures des autres Vengeurs.


Avec une histoire très classique, qui nous montre la naissance du héros grâce à une expérience, puis ses premiers faits d'arme avant de devenir un symbole et d'affronter le super-méchant de l'épisode, le très caricatural Red Skull, interprété par Hugo Weaving (Cloud Atlas). Le tout est très linéaire, sans aucune surprise, mais le film n'en reste pas moins divertissant, suivant à la lettre le cahier des charges du genre.

De l'action, des moments de bravoure, mais aussi un peu de romance et une touche d'humour bienvenue, tournant en dérision l'apparence d'opérette du Captain America, et assumant totalement son manichéisme un peu naïf. On pardonne ainsi beaucoup de maladresses au film, emportés par une bonne humeur communicative et un Chris Evans (Scott Pilgrim, Snowpiercer) à l'aise sous le costume.

Une bonne façon de conclure la première vague des Avengers donc, plus sympathique que Thor ou Iron man 2 malgré le super-héros le moins charismatique du lot. Et c'est justement en jouant sur cette ringardise que le film fait mouche, faisant de sa légèreté et de sa naïveté des qualités que l'on n'attendait pas.

Note : 7/10


jeudi 24 octobre 2013

Scream 4


Titre : Scream 4 (Scre4m)
Réalisateur : Wes Craven
Acteurs : Neve Campbell, Courteney Cox, David Arquette
Date de sortie en France : 13 avril 2011
Genre : épouvante, horreur

Synopsis : 
10 ans se sont écoulés depuis les terribles meurtres commis par Ghostface. Sidney Prescott est parvenue à tourner la page mais c’est tout de même avec appréhension qu’elle retourne à Woodsboro pour le lancement de son premier roman.
Ses retrouvailles avec sa cousine Jill ainsi qu’avec le duo de choc Dewey et Gale seront de courtes durées : Ghostface est de retour mais cette fois-ci les règles vont changer...

Avis : 
 Après avoir renouvelé le genre du slasher en s'amusant avec ses codes, puis tourné en dérision les systèmes de suite puis de trilogie (tout en faisant...une suite puis une trilogie...), Wes Craven signe un nouvel épisode de la saga Scream, en promettant une nouvelle fois que les règles vont changer, et se moquant des sagas à rallonge et de la mode des remakes. Dès l'introduction, singeant notamment les Saw, le réalisateur des Griffes de la nuit donne le ton, expliquant en quelques minutes ce que va être Scream 4 : une parodie un poil répétitive qui va rapidement se montrer assez lourde.


Car, tout content de se moquer des remakes, Craven va surtout s'atteler à cuisiner les éléments de la trilogie Scream, et surtout du premier volet, puis en offrir une nouvelle version, de façon encore plus insistante que dans Scream 2 et 3. Une impression de déjà-vu à laquelle s'ajoute une tendance complaisante à l'explication systématique : si Craven n'a jamais été un monstre de finesse, il nous rappelle régulièrement le concept de son film, au point d'en devenir franchement insultant. C'est d'autant plus gênant que ce gout pour la mise en abîme se retrouve déjà souvent dans la filmographie du réalisateur (Freddy sort de la nuit, Shocker, les Scream donc) et ne nécessite vraiment plus d'être aussi longuement expliquée.

C'est dommage, car sur la forme, ce Scream 4 est plutôt réussi : les meurtres sont parfois très violents, Craven multiplie les fausses pistes concernant l'identité du tueur, et il y a par moments un véritable suspense, grâce notamment à une utilisation plutôt pertinente des nouvelles technologies. On regrettera simplement un certain manque de courage quand il s'agit de s'en prendre aux survivants des premiers épisodes, ou une tendance assez puérile à la "réplique qui tue" au moment des meurtres.

Scream 4, c'est ainsi l'impression étrange, et bizarrement pas si désagréable, de voir un Wes Craven gamin attardé et sans couille s'autopomper si fort qu'il réussit à procréer son propre clone tout en reniant le concept même du clonage...Efficace mais puéril, espérons que, cette fois, ce soit enfin le dernier volet de la saga...

Note : 4/10


samedi 8 juin 2013

Une séparation


Titre : Une séparation (Jodaeiye Nader az Simin)
Réalisateur : Asghar Farhadi
Acteurs : Leila Hatami, Peyman Moadi, Shahab Hosseini
Date de sortie en France : 8 juin 2011
Genre : drame

Synopsis : 
Lorsque sa femme le quitte, Nader engage une aide-soignante pour s'occuper de son père malade. Il ignore alors que la jeune femme est enceinte et a accepté ce travail sans l'accord de son mari, un homme psychologiquement instable… 

Avis : 
 Cinquième film d'Asghar Farhadi, Une séparation est l'oeuvre qui a consacré le réalisateur iranien aux yeux du monde, lui apportant un nombre remarquable de récompenses, parmi lesquelles l'Oscar du meilleur film en langue étrangère et le César du meilleur film étranger. Pourtant, à bien y regarder, le film comporte déjà en germes les légers défauts que l'on retrouvera de façon plus évidente dans Le Passé.


Bien sûr, le scénario est particulièrement prenant, avec cette évolution constante de la vérité perçue par le spectateur, une vérité forcément dénaturée par les mensonges et les non-dits des différents protagonistes, mais aussi par des facteurs extérieurs comme le besoin d'argent, la religion, la pression de la famille ou les menaces. Si dans le Rashomon d'Akira Kurosawa, le témoignage apparaît comme une preuve peu fiable au regard de la perception particulière que chacun peut avoir des faits, dans Une séparation, il est totalement vicié par la volonté de chacun de cacher une autre vérité. Farhadi brouille ainsi parfaitement les pistes, nous révèle les indices capitaux au compte-gouttes, et renverse ainsi régulièrement l'attachement que l'on éprouve pour les personnages, tour à tour victimes ou complices de la situation de crise.

Une crise directement issue de cette séparation entre Simin et Nader, à partir de laquelle Asghar Farhadi va évoquer l'éloignement progressif entre diverses strates de la société : la classe moyenne est ainsi clairement opposée aux plus démunis, la religion se heurte à une vision plus pragmatique, et le mode de vie occidental, symbolisé par Simin et sa volonté de quitter le pays, est confronté à une conception plus classique et fondée sur la famille. Des thèmes classiques chez Farhadi, mais surtout des thèmes qu'il a déjà traités de façon plus pertinente dans ses films précédents. 

On a ainsi par moments l'impression que le réalisateur iranien joue la carte de la facilité, récitant sans grande imagination les recettes qui ont déjà fonctionné dans les films précédents, en obéissant finalement à un schéma quasiment identique, ponctué de révélations soudaines destinées à faire avancer l'intrigue et à destabiliser le spectateur. Si cela fonctionne toujours, le trait semble un peu plus forcé qu'à l'accoutumée, ce que confirmera Le Passé

Une séparation reste donc un excellent film, auquel je préfére néanmoins les films précédents de Farhadi. Il ressemble en fait à une transition entre ses premières oeuvres et son dernier film, tourné en France, les thèmes universels prenant peu à peu la place de la chronique de la société iranienne. Et si le scénario reste toujours aussi prenant, l'interprétation toujours aussi réussie, le cinéma d'Asghar Farhadi se fait ici plus classique, mettant de côté ses spécificités si réjouissantes...

Note : 8/10



Du même réalisateur : 
Les Enfants de Belle Ville, La Fête du feu, Le Passé

samedi 25 mai 2013

Tomboy


Titre : Tomboy
Réalisateur : Cécile Sciamma
Acteurs : Zoé Héran, Malonn Lévana, Jeanne Disson
Date de sortie en France : 20 avril 2011
Genre : drame

Synopsis : 
Laure a 10 ans. Laure est un garçon manqué. Arrivée dans un nouveau quartier, elle fait croire à Lisa et sa bande qu’elle est un garçon. Action ou vérité ? Action. L’été devient un grand terrain de jeu et Laure devient Michael, un garçon comme les autres… suffisamment différent pour attirer l’attention de Lisa qui en tombe amoureuse. Laure profite de sa nouvelle identité comme si la fin de l’été n’allait jamais révéler son troublant secret. 

Avis : 
  Tomboy (que l'on peut traduire par "garçon manqué") évoque le sujet des troubles de l'identité sexuelle chez l'enfant. Ici la jeune Laure, 10 ans, aux cheveux coupés court, s'habillant comme un garçon, s'installe avec sa famille dans une nouvelle maison et rencontre rapidement Lisa. Cette dernière va la prendre pour un garçon, ce que Laure ne corrigera pas, se faisant dès lors passer pour Michael.


Un gentil petit mensonge, dont elle ne mesurera pas immédiatement les conséquences. Avec une remarquable simplicité, Cécile Sciamma va mettre en images cette fin d'été marquée par les derniers jeux entre enfants avant la rentrée. Les premiers inconvénients, mineurs, voient la jeune fille bien embêtée au moment de la pause-pipi, puisque contrairement à ses camarades, elle ne peut évidemment pas uriner debout. Et quand ils doivent aller se baigner, elle choisit de sacrifier son maillot de bain et de glisser un faux zizi en pâte à modeler dans son slip.

Evidemment, ces situations cocasses feront bientôt place à des événements plus graves, quand son amie tombera amoureuse de Michael, puis quand sa soeur puis sa mère apprennent qu'elle ment à ses camarades de jeu. Laure se trouve alors au milieu d'une situation qu'elle ne maîtrise pas, et soulève dans son entourage des questions dont la complexité et la gravité tranche radicalement avec la simplicité de son mensonge. Une innocence qu'incarne d'ailleurs parfaitement la jeune Zoé Héran, extrêmement touchante.

Tomboy jongle donc magnifiquement avec les thèmes de la sexualité, de l'apparence, du regard des autres, et confronte la candeur de ces enfants à la réalité de questions qui les dépassent. Cécile Sciamma mêle ainsi à la simplicité apparente de son histoire une vraie réflexion sur des sujets matures, préférant à la lourdeur explicative une démonstration délicate et intelligente. Une très jolie surprise.

Note : 8/10



dimanche 15 janvier 2012

Hugo Cabret


Titre : Hugo Cabret (Hugo)
Réalisateur : Martin Scorsese
Acteurs : Asa Butterfield, Chloë Moretz, Ben Kingsley
Date de sortie en France : 11 décembre 2011
Genre : conte, drame

Synopsis : 
Paris, au tournant des années 1930. Hugo Cabret vient de perdre son père, horloger, et se retrouve orphelin. Alors qu'il vit dans une gare, le jeune garçon tente de réparer l'automate que son père cherchait à restaurer avant sa mort. N'hésitant pas à l'occasion à voler viennoiseries ou petits objets, il est pris en flagrant délit par un vieux monsieur tenant une boutique de jouets, qui lui confisque son carnet de croquis.

Avis :
Il faut bien l’avouer : l’annonce de l’adaptation du roman pour enfants L’Invention de Hugo Cabret, de Brian Selznick, par Martin Scorsese, plus habitué aux oeuvres sombres qu’à cet univers plus léger, rendait immédiatement curieux. Quand en plus on apprenait que le film sera en 3D, la perplexité venait s’ajouter à cette curiosité. Des sentiments qui, à la sortie des 127 minutes que dure le film, sont vite oubliés, effacés par cette impression délicieuse d’avoir vécu un moment merveilleux, de cette magie qui imbibait les oeuvres d’un certain Georges Méliès.

 Pendant toute sa première partie, Hugo Cabret suit le schéma classique du film d’aventures familial : le jeune orphelin débrouillard doit échapper au terrible inspecteur, se lie d’amitié avec une jeune fille et est amené à résoudre un mystère. Il évolue ainsi dans une gare parisienne pleine de personnages hauts en couleurs, des personnages âgées tentant maladroitement de se faire la cour, à la jolie fleuriste, en passant par le vieux responsable d’une boutique de jouets autour duquel l’intrigue se centrera finalement. Une partie fort réussie, riches en émotions, en passages cocasses et en morceaux de bravoure (les poursuites entre Hugo, l’inspecteur et le chien de ce dernier sont de grands moments) qui se révélera n’être qu’une introduction au coeur même du film.

 
Car Martin Scorsese vient ici rendre un hommage exceptionnel aux premières heures du cinéma. Si les films de Georges Méliès, et principalement son Voyage dans la Lune, constituent l’essentiel du spectacle, Hugo Cabret fait défiler devant nos yeux émerveillés des images des tous premiers films, de L’arrivée d’un train en gare de La Ciotat à Safety Last !, film qu’Hugo Cabret ira voir au cinéma avec son amie avant de reproduire malgré lui la célèbre scène où Harold Lloyd est suspendu aux aiguilles d’une horloge en haut d’un gratte-ciel. Scorsese remplit d’ailleurs son film de détails résonnant comme autant d’hommages aux films de cette époque, de cet automate à réparer à la jambe de l’inspecteur dont les mouvements saccadés rappellent inévitablement ceux des comédiens des années 1900.

Pour nous plonger dans cet univers si particulier et si propice à la nostalgie, le réalisateur de Shutter Island s’est entouré d’une bien belle brochette d’acteurs, notamment parmi les seconds rôles. Le jeune Hugo Cabret est interprété par Asa Butterfield (Nanny McPhee et le Big Bang) ; Chloë Moretz, qui entre Kick-Ass ou Laisse-moi entrer commence déjà à avoir une jolie filmographie, est son amie Isabelle ; le responsable de la boutique de jouets, dont la véritable identité sera le principal mystère du film, est joué par Ben Kingsley (La Liste de Schindler, La Jeune fille ou la mort ou encore Shutter Island). Le reste du casting réunit des noms tels que Christopher Lee (faut-il encore le présenter ?), Sacha Baron Cohen (Borat), Jude Law (eXistenZ, Contagion), Michael Stuhlbarg (Mensonges d’Etat), Emily Mortimer (Scream 3, Shutter Island), et des acteurs récurrents de la saga Harry Potter : Helen McCrory, Richard Griffiths et Frances de la Tour.

Bref, Hugo Cabret est une déclaration d’amour aux origines du cinéma et à sa magie. Une magie devenue trop rare mais que le réalisateur, très loin de ses thèmes habituels, ressuscite pendant environ 2 heures, nous transportant dans un autre monde.

Note : 9/10

mercredi 20 juillet 2011

Harry Potter et les reliques de la mort : 2ème partie


Titre : Harry Potter et les reliques de la mort : 2ème partie (Harry Potter and the deathly hallows - part 2)
Réalisateur : David Yates
Acteurs : Daniel Radcliffe, Emma Watson, Rupert Grint
Date de sortie en France : 13 juillet 2011
Genre : fantasy, fantastique

Synopsis :
La quête de Harry Potter touche à sa fin. Le château de Poudlard s’apprête à accueillir le dernier affrontement entre sorciers. Les enjeux n’ont jamais été si considérables et personne n’est en sécurité. Mais c’est Harry Potter qui pourrait être appelé pour l’ultime sacrifice alors que se rapproche l’ultime épreuve de force avec Voldemort. C’est ici que tout prend fin.

Avis :
Cette fois, nous y sommes. Après 10 ans de bons et loyaux services sur grand écran, Harry Potter tire sa révérence avec un huitième et dernier film devant enfin nous montrer le dernier face à face entre Lord Voldemort et le jeune sorcier à la cicatrice en forme d’éclair. Profitant d’un Harry Potter et les reliques de la mort partie 1 fort réussi et d’une bande-annonce alléchante, cette seconde partie devait clore ces aventures de belle façon. Pourtant, mon principal sentiment en sortant de la salle, en plus de maudire les vacances scolaires, était celui d’une déception diffuse. Pas que le film soit mauvais, loin de là, mais il m’était difficile de ne pas attendre mieux de cette conclusion...

Le film reprend donc à la fin de la première partie : Lord Voldemort s’est emparé de la baguette de sureau, l’une des trois reliques de la mort qui doit le rendre encore plus puissant ; Harry Potter et ses amis viennent quant à eux d’enterrer l’elfe Dobby après s’être échappés du manoir des Malefoy, et doivent reprendre leur recherche des horcruxes. Ceux qui ont lu le roman le savent, il ne reste dès lors que deux événements centraux avant la fin de l’aventure, dont la bataille de Poudlard destinée à occuper une place importante dans le film...Une place si importante qu’on a l’impression que le réalisateur est pressé d’y arriver, ce qui rend toute la première partie plutôt laborieuse, manquant souvent de fluidité, peut-être à cause d’ellipses plus visibles que dans le film précédent.


Heureusement, cette première partie est marquée par la visite de la banque Gringotts, l’occasion de profiter d’une scène d’action très spectaculaire et bénéficiant d’impressionnants effets spéciaux. L’apéritif parfait pour le plat principal qui nous attend bientôt avec le retour à Poudlard, dont la bataille tant attendue, si elle débute assez tôt dans le film, ne sera pas si présente que ce que la bande-annonce semblait indiquer. Néanmoins, elle sera le cadre de passages épiques (la formidable préparation des défenses de l’école), rappelant à quelques occasions la démesure du Seigneur des anneaux de Peter Jackson. Un côté épique qu’aurait encore pu renforcer la 3D, mais il n’en sera malheureusement rien : alors que le procédé aurait pu donner un résultat impressionnant, il ne sert ici strictement à rien (et pourtant, je suis plutôt bon public en ce qui concerne le relief), sinon à vous délester de quelques euros supplémentaires.

Autour de cette bataille spectaculaire, David Yates nous offre de nombreux passages émouvants, notamment avec le destin de certains personnages ou les révélations d’autres protagonistes (le passage de la Pensine reste un moment très fort). On notera également de nombreuses touches humoristiques, principalement grâce à Ron Weasley, mais aussi grâce à Minerva McGonagall. Mais surtout, ce dernier film est, comme l’était le livre, l’occasion de se remémorer l’ensemble de la saga grâce à quelques clins d’oeil : on rencontre ainsi quelques lutins des Cornouailles, on aperçoit brièvement le terrain de Quidditch, on retrouve plusieurs lieux familiers (Poudlard évidemment, Gringotts, la Chambre des secrets...) et quelques anciens visages.

Bref, on a parfois l’impression d’être entre deux feux : beaucoup de passages réussis, mais quelques déception, notamment lors d’une dernière partie qui, à trop vouloir nous offrir un ultime affrontement spectaculaire, ne réussit qu’à se prendre les pieds dans le tapis et vire même au ridicule. De quoi laisser un dernier goût amer en guise de conclusion, ce qui est franchement regrettable, d’autant qu’entre les scènes d’action épiques, l’émotion, l’humour, Harry Potter et les reliques de la mort partie 2, s’il reste un bon film, avait largement les arguments pour offrir au sorcier une sortie bien plus réussie.

Note : 6,5/10