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samedi 24 mai 2014

We need to talk about Kevin


Titre : We need to talk about Kevin
Réalisateur : Lynne Ramsay
Acteurs : Tilda Swinton, John C. Reilly, Ezra Miller
Date de sortie en France : 28 septembre 2011
Genre : drame

Synopsis : 
Eva a mis sa vie professionnelle et ses ambitions personnelles entre parenthèses pour donner naissance à Kevin. La communication entre mère et fils s’avère d’emblée très compliquée. A l’aube de ses 16 ans, il commet l’irréparable. Eva s’interroge alors sur sa responsabilité. En se remémorant les étapes de sa vie avant et avec Kevin, elle tente de comprendre ce qu’elle aurait pu ou peut-être dû faire.

Avis : 
Adaptation du roman du même nom de Lionel Shriver, We need to talk about Kevin met en scène Tilda Swinton (Snowpiercer, Only lovers left alive) dans le rôle d'une mère qui a toujours été incapable de communiquer avec son fils aîné, de sa plus tendre enfance à son adolescence durant laquelle il se rendra coupable d'un horrible crime. La relation mère / fils est donc au centre du film, hélas plombé par une forme particulièrement irritante.


Car nous serons ici devant une narration totalement destructurée, nous proposant de voyager dans les souvenirs de la mère et dans sa vie actuelle. Une volonté évidente de briser le récit comme l'est l'esprit du personnage, afin de tenter d'apporter des réponses à un acte dont on ne connaît alors pas grand chose et d'en montrer les conséquences, mais qui finit par lasser rapidement et par désamorcer totalement le propos du film. Pire : la structure finit même par étouffer l'ambiance étouffante que l'on devinait dans les premières minutes.

Le film en devient ainsi très vite une simple démonstration technique et scénaristique, tentant d'étouffer sous sa forme un fond particulièrement léger. On n'est finalement que devant le petit manuel du petit psychopathe en puissance, avec les éléments classique du genre (solitude, fascination pour la violence et intérêt pour l'informatique) et jamais la relation entre les parents et l'enfant n'est réellement développée, le film préférant manier l'ellipse et la juxtaposition de scènes fortes, s'abstenant habilement d'apporter une quelconque réponse ou de faire naître une véritable réflexion.

Ainsi, malgré une interprétation formidable (Tilda Swinton et Ezra Miller, vu récemment dans Le Monde de Charlie, sont excellents), We need to talk about Kevin se perd en misant trop sur sa forme, au détriment du fond. Une forme agaçante, qui finit même par anéantir tout malaise ou toute horreur pour donner un film poseur et sans âme, et qui peine à dissimuler une progression banale et légère...

Note : 5,5/10


jeudi 24 janvier 2013

Le Monde de Charlie


Titre : Le Monde de Charlie (The Perks of Being a Wallflower)
Réalisateur : Stephen Chbosky
Acteurs : Emma Watson, Logan Lerman, Ezra Miller
Date de sortie en France : 2 janvier 2013
Genre : drame, comédie

Synopsis : 
Au lycée où il vient d’arriver, on trouve Charlie bizarre. Sa sensibilité et ses goûts sont en décalage avec ceux de ses camarades de classe. Pour son prof de Lettres, c’est sans doute un prodige, pour les autres, c’est juste un "loser". En attendant, il reste en marge - jusqu’au jour où deux terminales, Patrick et la jolie Sam, le prennent sous leur aile. Grâce à eux, il va découvrir la musique, les fêtes, le sexe… pour Charlie, un nouveau monde s’offre à lui.

Avis : 
Réalisé par Stephen Chbosky, d'après son propre roman Pas Raccord, Le Monde de Charlie semble sur le papier être l'éternel récit initiatique mettant en scène un adolescent mal dans sa peau et rejeté par ses camarades. Et si le film ne réservera aucune surprise dans l'évolution de Charlie, qui trouve enfin des amis, la reconnaissance et l'amour, grâce à d'autres élèves un peu marginaux et le soutien d'un professeur bienveillant, Stephen Chbosky va y mettre tant de sincérité et de sensibilité que ce Perks of being a wallflower va fonctionner au-delà de ce à quoi l'on s'attendait.


Tout d'abord, il met en scène un trio d'acteur particulièrement attachants : Logan Lerman, déjà vu dans Percy Jackson : le voleur de foudre, Ezra Miller (We need to talk about Kevin), et surtout Emma Watson, dans son premier grand rôle après la saga Harry Potter. Ils apportent beaucoup de crédibilité et de fraicheur à leurs personnages, et constituent ainsi la grande force du film, dans la peau de personnages intéressants et très bien dessinés, placés au coeur de situations tantôt amusantes (l'incapacité de Charlie à se séparer de sa petite amie), tantôt dramatiques (l'homosexualité de Patrick).

Stephen Chbosky décrit ainsi autant de situations assez classiques pour des ados de cet âge, de la passion pour la musique (avec la chanson Heroes de David Bowie) ou le cinéma (The Rocky Horror Picture Show) à la découverte de l'amour, du sexe, de la drogue. Là où il va plus loin, c'est dans la profondeur qu'il donne à Charlie qui, en plus de ses centres d'intérêt considérés comme particuliers par ses camarades, est hanté par un événement de son enfance dont la révélation sera un moment extrêmement fort.

Le Monde de Charlie est donc une très bonne surprise sur l'adolescence,signée par un réalisateur qui cerne à merveille les états d'âme de ses héros dans un film aussi rafraichissant que déchirant.

Note : 7,5/10