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mardi 3 mai 2022

Ring

 
Titre : Ring (Ringu)
Réalisateur : Hideo Nakata
Acteurs : Nanako Matsushima, Miki Nakatani, Hiroyuki Sanada
Date de sortie en France : 11 avril 2001
Genre : épouvante
 
Synopsis : 
Tokyo, fin des années 2000, une ru­meur se répand parmi les adoles­cents : visionner une mystérieuse cassette vidéo provoquerait une mort cer­taine au bout d’une semaine. Après le dé­cès inexplicable de sa nièce, la journaliste Reiko Asakawa décide de mener l’enquête mais se retrouve elle-même sous le coup de la malédiction. Pendant les sept jours qui lui restent à vivre, elle devra remonter à l’origine de la vidéo fatale et affronter le spectre qui hante les télévisions : Sadako. 
 
Avis : 
Japon, 1998 : une date pour le cinéma d'épouvante mondial. En adaptant le roman Ring de Koji Suzuki, Hideo Nakata a créé, il y a presque 25 ans, une des figures les plus mythiques du cinéma nippon, et entraîné un élan d'intérêt pour le cinéma d'épouvante asiatique, et plus particulièrement la "J-Horror". Dark Water, du même Hideo Nakata, Kaïro, de Kiyoshi Kurosawa, La Mort en ligne de Takashi Miike, la saga Ju-On de Takashi Shimizu, mais aussi les thaïlandais The Eye des frères Pang ou Shutter de Banjong Pisanthanakun et Parkpoom Wongpoom, jusqu'à la vague de remakes américains par Gore Verbinski (Le Cercle - The Ring), Walter Salles (Dark Water) ou Shimizu lui-même (The Grudge) : tous sont les enfants de Ring
 
 
On retrouve ainsi dans le film de Nakata l'ensemble des ingrédients qui définiront le genre. Si le spectre d'une jeune femme aux cheveux longs était relativement inconnu en Occident, il constitue une figure assez classique du folklore japonais : on pense ainsi fortement à Oiwa, l'esprit vengeur au visage difforme, que Ring semble directement évoquer, ou Kuchisake-onna, la femme à la bouche fendue, directement citée au début du film. Des esprits vengeurs donc, pour une malédiction qui restera souvent attachée à un objet : la cassette vidéo ici, la maison de Ju-On, le téléphone de La Mort en ligne... Une malédiction qui donnera au spectre un aspect dramatique, l'esprit revenant se venger d'une mort souvent brutale. L'épouvante et le drame sont ainsi intimement liés dans ces oeuvres, donnant à ces fantômes une aura toute particulière. 

Cette spécificité explique sans doute le rythme si particulier du film : principalement dédié à l'enquête, il distille ses frissons à petites doses, préférant installer après la diffusion de la vidéo maudite une ambiance qui devient peu à peu pesante. On est loin de la foire aux jump-scares que l'on retrouve dans le cinéma épouvante actuel, ce qui pourra sans doute faire fuir les spectateurs confondant "sursauter" et "avoir peur". En revanche, le procédé est redoutablement efficace pour ceux qui aiment sentir s'installer une tension sournoise, pour n'en être libéré qu'avec la célèbre scène où Sadako apparaît enfin pour exercer sa vengeance.  
 

 
Si Ring fait peur, c'est aussi parce que son histoire est passionnante. Loin d'être un simple prétexte, l'enquête menée par Reiko et Ryuji (interprété par Hiroyuki Sanada, que l'on connaît surtout en France pour San Ku Kai, et qui est depuis devenu un visage récurrent à Hollywood, apparaissant dans des films tels que Sunshine, Army of the dead, Avengers : endgame ou encore Mortal Kombat (2021)) nous plonge dans les superstitions et légendes des îles japonaises. On embarque ainsi vers Izu Ô-shima, dont le volcan accueillerait selon les mythes les suicides des amoureux déçus. Dialecte local, coutumes, importance de la mer, fréquence des typhons : c'est dans ce décor particulier qu'ils découvrent l'histoire de la médium Shizuko Yamamura et de sa fille Sadako. Par le biais de flashbacks, on comprend comment le destin de la mère et de sa fille ont basculé, et comment la malédiction va naître. 

Avec cette légende urbaine qui prend vie devant nos yeux, Hideo Nakata met donc les nerfs du spectateur à rude épreuve, et fait naître un pan tout entier du cinéma d'épouvante. On n'oubliera pas de sitôt l'apparition de Sadako, ni la terrible scène du puits ou même la vidéo maudite, des séquences fortes ponctuant un film à l'ambiance pesante. Un must, qui sera suivi d'une suite (Ring 2), d'une préquelle (Ring 0), d'un remake américain (le pas mauvais du tout Le Cercle) et de ses suites et reboots (Le Cercle 2, Le Cercle : Rings), puis de nouveaux épisodes au Japon (Sadako 3D et sa suite), d'un cross-over avec Ju-On (Sadako vs Kayako) avant un ultime (pour le moment ?) volet conçu comme une suite directe à Ring 2, sobrement intitulé Sadako (mais pas 3D, cette fois). Quelque chose me dit que la jeune fille aux longs cheveux noirs n'a pas fini de nous hanter malgré la mort de la VHS... mais qu'elle n'aura plus jamais la puissance de ses débuts.



samedi 2 novembre 2019

Halloween, 20 ans après


Titre : Halloween, 20 ans après (Halloween H20 : twenty years later)
Réalisateur : Steve Miner
Acteurs : Jamie Lee Curtis, Josh Hartnett, Michelle Williams
Date de sortie en France : 9 décembre 1998
Genre : horreur

Synopsis : 
Vingt ans ont passé depuis le drame de Halloween, La Nuit des masques. Laurie Strode tente péniblement d'oublier le passé. Devenue directrice du college privé d'une petite ville, elle mène une vie tranquille auprès de son fils de dix-sept ans et de son compagnon. Pourtant Michael Myers continue à hanter ses nuits. A la veille d'Halloween, elle se dispute violemment avec son fils qui veut participer à la fête. Finalement elle le convainc de rester au collège et de fêter Halloween en petit comité. Tout ce petit monde ignore que Myers a recommencé à assassiner.

Avis : 

Oubliez tout ce qu’on vous a dit depuis plusieurs années. Non, Laurie Strode n’est pas décédée, elle est toujours bien vivante, a changé de nom, et vit désormais en Californie. Non, elle n’a pas eu de gamine insupportable, mais a eu un fils, aujourd’hui adolescent. Et non, Myers n’a jamais été le bras armé d’une quelconque secte. Halloween H20 met un grand coup de pied aux épisodes 4, 5 et 6, et se replace comme une suite directe du second volet. 


20 ans après la triste nuit d’Halloween donc, Laurie Strode est désormais une femme accomplie, à un détail près : l’ombre de son frère plane toujours au-dessus de son épaule, elle est convaincue qu’il reviendra un jour pour essayer de la tuer. Une peur qui l’éloigne peu à peu de son fils, bien décidé à vivre à fond ses années ingrates sans se laisser enfermer par les délires de sa mère. Evidemment, c’est maman qui aura raison : Michael va retrouver sa trace, et va essayer de finir le boulot.

Avec H20, on revient à un slasher marqué par le suspense. Myers prend son temps, joue avec ses victimes (parfois un peu trop, comme avec LL Cool J), les choisit aussi. La vague post-Scream étant passée par-là (Kevin Williamson est par ailleurs scénariste), les victimes se défendent maintenant et en font parfois voir de toutes les couleurs au tueur, sans pour autant altérer sa détermination. Cela donne quand même des séquences assez étranges, où The Shape semble tantôt inarrêtable^
et implacable, tantôt maladroit et bête comme une poule. L’ensemble reste néanmoins assez agréable à suivre, et on reconnaît derrière la caméra l’expérience de Steve Miner, habitué du genre (Vendredi 13 chapitre 2 et chapitre 3, House, Warlock…).

Cet Halloween : 20 ans après fait office de bouffée d’air pur dans la saga, coincé entre les deux pires volets (Halloween 6 et Resurrection). Le retour de Jamie Lee Curtis, dans la peau d’un personnage plus profond que ce l’on voit généralement dans le genre, et un plus grand soin apporté au suspense et à l’histoire en font sans mal un des meilleurs épisodes de la saga. On y appréciera même le passage, en forme de clin d’oeil pourtant furieusement gratuit et sans intérêt, de Janet Leigh.

Note : 6,5/10

dimanche 27 septembre 2015

Snake eyes


Titre : Snake eyes
Réalisateur : Brian De Palma
Acteurs : Nicolas Cage, Gary Sinise, John Heard
Date de sortie en France : 11 novembre 1998
Genre : thriller

Synopsis :
Le palais des sports d'Atlantic City contient à peine la foule venue assister au match du siècle, où s'affrontent deux poids lourds de la boxe. Soudain des coups de feu éclatent à proximité du ring et le secrétaire d'Etat à la Defense s'effondre, mortellement blessé. L'enquête commence sous la direction de l'inspecteur Rick Santoro, policier corrompu. Rick va s'efforcer de sauver sa réputation ainsi que celle de son ami Kevin Dunne, chargé de la sécurité du secrétaire d'Etat, et qui s'était malencontreusement absenté au moment du drame...

Avis : 
Dernier véritable succès de Brian De Palma à ce jour (ses films suivants seront, de Mission to Mars à Passion, des bides critiques et/ou commerciaux), Snake eyes est un des thrillers les plus réussis de ces dernières années. S'ouvrant sur un plan-séquence devenu célèbre, le film va permettre au réalisateur des Incorruptibles de jouer sur les angles et les différents points de vue, pour une enquête passionnante aux nombreux rebondissements.




On retrouve d'ailleurs pleinement la patte du réalisateur, avec quelques passages rappelant visuellement Pulsions (l'ascenseur) ou Blow out, avec cette caméra survolant les appartements, avec ces split-screens, et quelques thématiques récurrentes, comme la dualité blonde/brune, la corruption ou le pouvoir des images. Le film se savoure d'ailleurs encore plus lors d'un second visionnage, lorsque l'on connaît déjà les pièces du puzzle qui se mettra peu à peu en place.

Snake eyes bénéficie également des interprétations de Nicolas Cage (Rock, Volte/face, Kick-ass) et de Gary Sinise (Forrest Gump, Apollo 13) impeccables dans la peau de personnages aux multiples facettes, loin du manichéisme trop souvent présent dans les films hollywoodiens. La conclusion se veut d'ailleurs particulièrement cynique, comme une dernière marque de la puissance des images et des médias.

Snake eyes est donc un jeu de pistes jubilatoire, au scénario palpitant et parfaitement réalisé par Brian De Palma, qui joue à merveille de ses multiples angles de vue. Dommage qu'on ait perdu le réalisateur de vue depuis, ainsi que Nicolas Cage...

Note : 9/10


dimanche 23 mars 2014

Godzilla (1998)


Titre : Godzilla
Réalisateur : Roland Emmerich
Acteurs : Matthew Broderick, Jean Reno, Maria Pitillo
Date de sortie en France : 16 septembre 1998
Genre : catastrophe, fantastique

Synopsis : 
Une tempête effroyable se dechaîne sur le Pacifique, engloutissant un pétrolier tandis qu'un immense éclair illumine le ciel au-dessus de la Polynésie française. Des empreintes géantes creusent un inquiétant sillon à travers des milliers de kilomètres de forêts et de plages au Panama. Les navires chavirent au large des côtes américaines et ces horribles phénomènes s'approchent de plus en plus près de New York. Le chercheur Nick Tatopoulos est arraché à ses recherches afin d'aider les Etats-Unis à traquer le monstre qui est à l'origine de ces désastres mystérieux. 

Avis : 
 Après  41 ans, la saga Godzilla s'essouffle au Japon, avec des films de qualité variable dans les années 90, du très sympathique Godzilla vs Mechagodzilla II au très moyen Godzilla vs Spacegodzilla. La Toho accepte alors que les américains produisent plusieurs épisodes mettant en scène le monstre et, alors que Jan de Bont, Tim Burton ou même James Cameron furent pressentis, c'est à Roland Emmerich, qui admet ne pas être fan du Godzilla original, qu'échoit la lourde tâche de réaliser la version américain des aventures du monstre.


Très différent de l'original, au point d'être perçu comme une véritable trahison de l'autre côté du Pacifique, le Godzilla de Emmerich reste pourtant un film fantastique très agréable malgré un scénario basique. Soucieux de maintenir au maximum le suspense quant à l'apparence de sa créature, le réalisateur ne nous la montre d'abord que furtivement, avec quelques très belles scènes dont son arrivée à New York. Dès lors, rien de bien original, avec les scènes de destruction, de poursuite, d'enquête des scientifiques.

On s'amusera néanmoins du second degré d'Emmerich, égratignant gentiment les Etats-Unis et les français. Néanmoins, si la première partie est plutôt réussie, bien rythmée et spectaculaire, cela se gâte sérieusement lors du passage dans le Madison Square Garden, lorgnant clairement vers Jurassic Park ou même vers la saga Carnosaur. On pointera également du doigt les acteurs, dans la peau de personnages bien fades, même si Jean Reno tire son épingle du jeu.

Exemple type du blockbuster américain formaté, Godzilla s'éloigne de son original pour se contenter d'être un divertissement agréable, avec plusieurs passages réussis et des effets spéciaux de qualité. On regrettera cependant une baisse de régime dans la seconde moitié du film, et des personnages manquant cruellement de consistance...

Note : 7/10


mardi 12 mars 2013

Le Dîner de cons


Titre : Le Dîner de cons
Réalisateur :  Francis Veber
Acteurs : Thierry Lhermitte, Jacques Villeret, Francis Huster, Daniel Prévost
Date de sortie en France : 15 avril 1998
Genre : comédie

Synopsis : 
Tous les mercredis, Pierre Brochant et ses amis organisent un dîner où chacun doit amener un con. Celui qui a trouvé le plus spectaculaire est déclaré vainqueur. Ce soir, Brochant exulte, il est sur d'avoir trouvé la perle rare, un con de classe mondiale : Francois Pignon, comptable au ministère des Finances et passionné de modèles réduits en allumettes. Ce qu'il ignore c'est que Pignon est passe maître dans l'art de déclencher des catastrophes.

 Avis : 
A force de rediffusions télévisées, il y a certains films que l'on connaît par coeur, mais que l'on suit néanmoins avec un plaisir toujours intact, sinon plus grand, à mesure qu'une espèce de complicité se crée entre le film et le spectateur qui attend la réplique, la situation dont il se souvient à la perfection. Le Dîner de cons fait partie de ces oeuvres-là. Maître-étalon de la comédie française de ces quinze dernières années, le film de Francis Veber, adapté de sa propre pièce de théâtre, cherche toujours un successeur dans un genre souvent décrié ces dernières années, le spectateur gardant principalement en mémoire les ratés uniquement destinés à profiter de la renommée de l'humoriste du moment malgré quelques réussites évidentes.


Que dire qui n'a jamais été dit sur ce film ? On le sait, les acteurs sont formidables, autant le duo Lhermitte - Villeret que les seconds rôles (Daniel Prévost, magnifique). On les connait, ces répliques indémodables, ce quiproquo sur Juste Leblanc ou les gaffes de ce con attendrissant de François Pignon. Et ça fonctionne toujours aussi bien, à l'image des phrases gravées dans l'histoire du cinéma comique français qu'ont pu prononcer Bourvil ou De Funès.

De nombreuses qualités qui permettent de ne pas s'ennuyer une seconde malgré cet unique décor, héritage de la pièce de théâtre (on retrouvera d'ailleurs cette caractéristique dans le récent - et lui aussi très réussi - Le Prénom), et théâtre justement de nombreux retournements de situations, de sautes d'humeur et d'humour, dont la morale un peu naïve n'est même plus un défaut tant le film nous transporte. Un pur bonheur, à chaque vision.

Note : 8,5/10