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samedi 24 mai 2014

Welcome to New York


Titre : Welcome to New York
Réalisateur : Abel Ferrara
Acteurs : Gérard Depardieu, Jacqueline Bisset, Drena De Niro
Date de sortie en France : mai 2014 (VOD)
Genre : drame

Synopsis : 
Devereaux est un homme puissant. Un homme qui manipule au quotidien des milliards de dollars. Un homme qui contrôle la destinée économique des nations. Un homme gouverné par un irrépressible et vorace appétit sexuel. Un homme qui rêve de sauver le monde et qui ne peut se sauver lui-même. Un homme terrifié. Un homme perdu. Regardez-le tomber.

Avis : 
C'est LE film qui fait parler de lui ces derniers mois : l'adaptation, par Abel Ferrara (L'Ange de la vengeance, 4h44 dernier jour sur Terre), de l'affaire du Sofitel où Dominique Strauss Kahn a été soupçonné d'abuser d'une femme de chambre. Et s'il fait parler de lui, c'est autant pour son sujet, encore brûlant, que pour la personnalité de l'acteur chargé d'incarner l'alter ego de DSK à l'écran : Gérard Depardieu, l'acteur de tous les excès, qui confesse même volontiers détester l'homme politique.


Tout ce bruit sera finalement le principal point fort de Welcome to New York. Un buzz parfaitement orchestré pour ce film sorti directement en VOD en France, attisant la curiosité du public. Il fallait au moins ça pour vendre une oeuvre aussi médiocre. Cela commence comme un porno sordide de bas étage,  absolument irréel de nullité et de mauvais goût, uniquement destiné à décrire le puissant homme politique comme un porc (jusqu'aux grognements poussés pendant le sexe) uniquement intéressé par le cul.

La suite sera principalement centrée autour de Devereaux et de son épouse : l'agression, l'enquête, le procès, l'emprisonnement, ne seront qu'évoqués, au profit d'un face à face étonnant où Simone, inspirée par Anne Sinclair, est présentée comme ivre d'argent et de pouvoir, face à laquelle son mari apparaît presque comme une victime. Etrange. Ces moments plus calmes seront bien plus réussis que la première partie, malgré des dialogues souvent peu inspirés, même si les meilleurs passages du film seront ceux où l'homme politique sera enfermé.

En fait, Welcome to New York vaut surtout pour la performance de Depardieu. S'il n'excelle pas, il réussit sans effort à bouffer le reste du casting, sa truculence et sa nonchalance collant parfaitement au personnage, quand il n'en fait pas des tonnes. Cela ne suffit pas à faire de ce dernier Ferrara un bon film, mais ça permet de passer deux heures sans trop s'ennuyer devant un film qui ne présente pourtant pas beaucoup d'intérêt...

Note : 3/10


jeudi 4 juillet 2013

La Marque des anges - Miserere


Titre : La Marque des anges - Miserere
Réalisateur : Sylvain White
Acteurs : Gérard Depardieu, JoeyStarr, Héléna Noguerra
Date de sortie en France : 26 juin 2013
Genre : thriller, policier

Synopsis : 
A Paris, Lionel Kasdan, commissaire de la BRI à la retraite, enquête sur un meurtre étrange : un chef de chœur a été retrouvé mort dans sa paroisse, les tympans détruits, sans qu'aucun témoin n'ait apparemment assisté à la scène. De son côté, Frank Salek, un agent d'Interpol menacé d'être mis à pied par ses supérieurs à cause de son comportement excessif, traque la piste d'une organisation secrète, spécialisée dans le kidnapping d'enfants. Lorsque Salek apprend la mort du chef de chœur, il pense avoir établi un lien avec sa propre enquête et accepte de faire équipe avec Kasdan. Mais plus l'enquête avance, plus Salek semble perdre pied, comme rattrapé par un secret jusque-là enfoui. Dès lors, les deux hommes vont plonger dans une affaire qui trouve sa source dans les heures les plus sombres de la Seconde Guerre mondiale... 

Avis : 
Attention, pétard mouillé ! Adaptation de Miserere de Jean-Christophe Grangé (également auteur de Les Rivières pourpres), le film de Sylvain White va en effet, malgré un casting prestigieux (Depardieu, JoeyStarr, Lhermitte parmi les seconds rôles) et une base intéressante, se révéler très décevant, la faute à un scénario multipliant les ficelles et les ellipses et à une intrigue qui va peu à peu s'enfoncer dans le grotesque.
 

Pourtant, le duo Depardieu (toujours étonnant de naturel) / JoeyStarr (toujours dans le même rôle depuis quelques films), était assez prometteur, et si les deux s'en sortent plutôt bien (on ne pourra pas en dire autant d'Héléna Noguerra, sans aucune crédibilité en agent d'Interpol), malgré des personnages très limités, ils ne peuvent pas grand chose face à une enquête sans inspiration.

En fait, le mot "enquête" n'est pas vraiment adapté : le duo n'aura jamais à chercher quelque indice que ce soit, tout leur tombant miraculeusement entre les mains, que ce soit par un appel opportun, par un personnage secondaire qui les aiguille directement sur la bonne piste ou tout simplement par des hasards et des coïncidences. L'énormité des ficelles scénaristiques se conjugue en plus à des éléments tout simplement oubliés en court de route, comme ce groupe de gamins tueurs, qui disparaîtront mystérieusement, ou une touche de fantastique, par le biais d'un rêve de Depardieu, tout simplement abandonnée sans autre explication.

Ajoutez à cela des sous-intrigues gratuites et sans grand intérêt, comme cette sombre histoire de vengeance sur fond de nazisme, faisant peu à peu basculer le film vers un final ridicule : La Marque des anges - Miserere n'est finalement qu'un petit thriller policier plutôt idiot, handicapé par une réalisation peu inspirée, et uniquement sauvé par la présence de ses têtes d'affiche.

Note : 3,5/10