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samedi 31 août 2019

Memories of murder


Titre : Memories of murder (Salinui chueok)
Réalisateur : Bong Joon-ho
Acteurs : Song Kang-Oh, Kim Sang-kyung, Hie bong Hyeon
Date de sortie en France : 23 juin 2004
Genre : policier, thriller

Synopsis : 
En 1986, dans la province de Gyunggi, le corps d'une jeune femme violée puis assassinée est retrouvé dans la campagne. Deux mois plus tard, d'autres crimes similaires ont lieu. Dans un pays qui n'a jamais connu de telles atrocités, la rumeur d'actes commis par un serial killer grandit de jour en jour. Une unité spéciale de la police est ainsi créée dans la région afin de trouver rapidement le coupable. Elle est placée sous les ordres d'un policier local et d'un détective spécialement envoyé de Séoul à sa demande. Devant l'absence de preuves concrètes, les deux hommes sombrent peu à peu dans le doute...
Avis : 
Deuxième film de Bong Joon-ho, Memories of murder fait partie de ces classiques qui ont permis de mettre le cinéma sud-coréen en avant dans les années 200, aux côtés des Na Hong-jin (The Chaser, The Strangers) et Park Chan-wook. Précédé de l'horripilante mention "inspiré d'une histoire vraie", le film va nous entraîner à la poursuite d'un tueur en série insaisissable, au beau milieu de la campagne Coréenne que rien ne pouvait préparer à ça.


Le film commence presque comme une parodie, en nous montrant les difficultés que rencontrent les policiers, face à des crimes qui les dépassent, face à des procédés qu'ils n'ont pas l'habitude d'utiliser, face à une population tantôt insouciante, tantôt hostile. On s'amuse presque de voir les enquêteurs incapables de relever ou d'exploiter le moindre indice... jusqu'à ce que cette incompétence prenne à son tour le caractère d'une parodie, de justice cette fois : falsification de preuves, intimidations de suspects, aveux arrachés par la force, tout est bon pour dénicher un coupable pour donner une impression d'efficacité. Jusqu'à finalement se mettre la population à dos et négliger des éléments importants.

Et si l'on pense que l'arrivée d'un détective de la capitale va permettre de faire avancer les choses, on en sera pour nos frais. S'il remet un peu d'ordre et de méthode dans l'enquête, quitte à entrer en conflit avec les policiers locaux, il va peu à peu être à son tour dépassé par les événements et sombrer dans les travers de ses collègues. Bref, malgré des rebondissements et des découvertes régulières, on aura surtout l'impression que les recherches tournent en rond, et les déductions ne mènent finalement pas à grand chose.

Memories of murder est ainsi de plus en plus sombre, et réussit même à nous placer aux côtés du duo de policier (dont le formidable Song Kang-Oh), et questionne en fin de métrage notre rapport à l'éthique, notre perception du bien et du mal. Un véritable tour de force, magnifié par quelques séquences formidables, teintées d'humour noir. Un incontournable du genre.

Note : 9/10


 

samedi 3 mai 2014

Infernal affairs


Titre : Infernal affairs (Mou gaan dou)
Réalisateur : Alan Mak, Andrew Lau
Acteurs : Andy Lau, Tony Leung Chiu-Wai, Anthony Wong
Date de sortie en France : 1er septembre 2004
Genre : policier, thriller

Synopsis : 
Il y a dix ans, Yan et Ming étaient les deux meilleurs élèves de l'école de police. Yan a été sélectionné en secret par ses supérieurs pour devenir un agent infiltré dans les Triades. Ming est devenu un officier respecté mais qui a voué sa cause au parrain de la mafia. Aujourd'hui, ils sont chargés de découvrir le traître qui se cache dans leur camp. Mais ce qu'il ne savent pas encore, c'est qu'ils vont se traquer eux-mêmes !

Avis : 
Premier film d'une trilogie, dont le remake américain, Les Infiltrés, réalisé par Martin Scorsese, a remporté 4 Oscars, Infernal affairs raconte donc l'histoire croisée de deux taupes, deux infiltrés dans les camps opposés, et qui finiront par devoir enquêter l'un sur l'autre, tout en gérant les soupçons naissant autour d'eux.


Grâce à une excellente séquence où l'on découvre les deux hommes dans leurs doubles-rôles respectifs dans la même affaire (Yan communiquant les faits et gestes des truands à son supérieur pendant que Ming renseigne le parrain sur les manoeuvres policières) jusqu'à ce que chaque camp se rende compte que quelqu'un transmet les informations, on est rapidement pris dans l'intrigue, qui montera ensuite crescendo grâce à un scénario remarquablement ficelé.

Même s'il est hélas assez compliqué d'être surpris si on a vu le remake de Scorsese, on appréciera la progression de l'histoire et des deux personnages principaux, parfaitement interprétés, tous deux assaillis par le doute, s'attachant à leurs ennemis d'origine (le passage où Yan assiste à la mort d'un policier puis d'un truand, avec une même émotion, en est l'exemple parfait) tout en souhaitant revenir à une vie normale. Chaque transaction des Triades devient dès lors l'occasion d'un vrai suspense, d'une véritable intensité où chacun peut être découvert.

Porté par d'excellents acteurs, Infernal affairs est donc un très bon thriller policier, bénéficiant d'un scénario solide bien qu'assez prévisible. Un film passionnant dont je ne regrette finalement que la réalisation, souvent en-dessous du reste, très "hong-kongaise" et très stylisée, usant et abusant d'effets inutiles juste pour en abuser, ce qui est parfois fatiguant.

Note : 8/10


vendredi 2 mai 2014

Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban


Titre : Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban (Harry Potter and the prisoner of Azkaban)
Réalisateur : Alfonso Cuarón
Acteurs : Daniel Radcliffe, Emma Watson, Rupert Grint
Date de sortie en France : 2 juin 2004
Genre : aventures, fantastique

Synopsis : 
Sirius Black, un dangereux sorcier criminel, s'échappe de la sombre prison d'Azkaban avec un seul et unique but : retrouver Harry Potter, en troisième année à l'école de Poudlard. Selon la légende, Black aurait jadis livré les parents du jeune sorcier à leur assassin, Lord Voldemort, et serait maintenant déterminé à tuer Harry...

Avis : 
Troisième volet de la saga, et premier changement de réalisateur puisqu'Alfonso Cuarón (Les Fils de l'Homme, Gravity) succède ici à Chris Columbus. L'occasion d'ancrer encore un peu plus la série dans une relative noirceur, pour un épisode qui marque le véritable début de l'histoire entre Harry Potter et Voldemort, mettant en place plusieurs des éléments scénaristiques importants de la suite des aventures du sorcier.


Nous rencontrerons ainsi plusieurs protagonistes importants, tels que Sirius Black (Gary Oldman) ou Peter Pettigrow, de nouvelles créatures magiques (Buck l'hippogriffe, l'épouvantard) dont l'une restera parmi les plus belles créations de la saga (les terrifiants Détraqueurs), de nouveaux sortilèges (le Patronus)... La toile de fond se met en place, bénéficiant en plus de l'histoire qui gagne en maturité, et qui est parfaitement mise en image par le talent de Cuarón.

Des Détraqueurs qui aspirent l'âme de leur victime, un loup-garou qui ne peut se contrôler, un traître meurtrier, une horrible prison... Le Prisonnier d'Azkaban nous plonge par moments dans une ambiance presque horrifique, atténuée par une seconde partie très ludique jouant avec les paradoxes temporels de façon très plaisante. Etrangement, on ressent en tout cas bien plus que dans les premiers volets la menace de Voldemort, alors qu'il n'apparaît pas ici, en donnant plus de consistance à ses fidèles et au côté sombre de la Magie.

Malgré quelques défauts, comme cet insupportable scène du Magicobus ou quelques effets spéciaux vieillissants, Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban est l'un des épisodes les plus réussis de la saga. Un épisode pilier, qui lance définitivement l'histoire du jeune sorcier en mettant en place de nombreuses thématiques qui seront développées dans les films suivants, et où l'on retrouve en plus avec un infini plaisir Gary Oldman.

Note : 8,5/10




mardi 5 février 2013

Les Enfants de Belle Ville


Titre : Les Enfants de Belle Ville (Shah-re ziba)
Réalisateur : Asghar Farhadi
Acteurs : Taraneh Alidoosti, Babak Ansari, Faramarz Gharibian
Date de sortie en France : 11 juillet 2012
Genre : drame

Synopsis : 
Akbar est jeune, il vient d’avoir 18 ans, mais Akbar est condamné à mort. Alors qu’il attend son exécution dans une prison de Téhéran, son meilleur ami et sa sœur vont tenter d’obtenir le pardon du père de sa victime, seul moyen pour lui d’échapper à son destin. 

Avis : 
Il aura fallu le succès d'Une séparation (Oscar du meilleur film en langue étrangère, Golden Globe du meilleur film étranger, César du meilleur film étranger, Ours d'or du meilleur film, et bien d'autres prix en 2011 et 2012) pour voir sortir sur nos écrans, en été 2012, l'inédit Les Enfants de Belle Ville, film réalisé en 2004 par Asghar Farhadi. Les deux oeuvres ont d'ailleurs de nombreux points communs, abordant toutes deux les thèmes de la recherche de la justice ou de la frontière toujours floue entre le bien et le mal.

La principale force de ces Enfants de Belle Ville est de ne pas prendre parti pour l'une ou l'autre des causes défendues dans le film. D'un côté, le chagrin d'un père dont la fille a été assassinée, de l'autre la volonté d'éviter la peine de mort à un adolescent de 18ans. Si Farhadi suit principalement le meilleur ami et la soeur de l'assassin, l'acharnement de l'un et le découragement de l'autre se répondant parfaitement, les apparitions de M. Abolqasem nous montrent un homme brisé, dont le besoin de vengeance est l'unique réponse qu'il a trouvée pour combler le vide laissé par sa fille.



Le tragique de sa situation est renforcé par l'iniquité de la justice iranienne : afin d'obtenir l'exécution du meurtrier de sa fille, il doit payer le "prix du sang" à sa famille, puisque la vie d'un homme est plus important que la vie d'une femme. Une situation impensable pour un homme qui doit déjà s'occuper d'une fille handicapée et d'une femme lassée par son comportement. De l'autre côté, on s'attache peu à peu aux deux jeunes personnages, à leur amour impossible naissant...Ce que nous montre Asghar Farhadi, c'est finalement une situation bien tangible, aux nombreuses ramifications, impossible à conclure sans léser l'un ou l'autre...

Les nombreuses visites à M.Abolqasem se ressemblent toutes, mais évoluent en permanence, par des détails, des concessions, dans une progression incroyablement subtile et juste. La qualité de l'interprétation de Taraneh Allidousti (que l'on reverra notamment dans A propos d'Elly, du même Asghar Farhadi) dans le rôle de la jeune mère d'apparence si fragile, et de Faramarz Gharibian, dans la peau du vieil homme inflexible, apporte énormément à ces scènes, leur donnant une intensité impressionnante.

Les Enfants de Belle Ville, film par lequel j'ai découvert Asghar Farhadi, est donc un film magnifique, très intelligent, offrant une belle réflexion sur la société iranienne contemporaine et ses dysfonctionnements. A voir d'urgence, tous comme les autres films de cet immense réalisateur !

Note : 9/10