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vendredi 7 novembre 2014

Gone girl


Titre : Gone girl
Réalisateur : David Fincher
Acteurs : Ben Affleck, Rosamund Pike, Neil Patrick Harris
Date de sortie en France : 8 octobre 2014
Genre : thriller

Synopsis : 
A l’occasion de son cinquième anniversaire de mariage, Nick Dunne signale la disparition de sa femme, Amy. Sous la pression de la police et l’affolement des médias, l’image du couple modèle commence à s’effriter. Très vite, les mensonges de Nick et son étrange comportement amènent tout le monde à se poser la même question : a-t-il tué sa femme ?

Avis : 
Quand viendra l'heure du bilan de l'année 2014, David Fincher aura sans doute, une nouvelle fois, une place dans les classements répertoriant les meilleurs films de l'année. Car avec Gone girl, adaptation du best-seller de Gillian Flynn, il livre l'une des oeuvres les plus abouties d'une carrière pourtant jonchées de bijoux. Un thriller machiavélique, où le réalisateur de Seven s'amuse avec les apparences et joue avec le spectateur comme il sait si bien le faire.


Bénéficiant d'un scénario particulièrement intelligent, Gone girl nous ballade ainsi totalement, nous entraînant sur certaines pistes pour mieux nous surprendre ensuite, jouant parfaitement sur nos a priori, sur les clichés habituels du genre, mais aussi sur l'interprétation d'un Ben Affleck dont la démarche pataude est merveilleusement exploitée pour développer un personnage tour à tour antipathique et victime. Rosamund Pike (Jack Reacher, Le Dernier pub avant la fin du monde) n'est pas en reste, offrant quelques moments de frissons par le seul biais d'un regard.

Fincher en profite pour égratigner largement les médias, n'hésitant pas à utiliser leur influence pour détruire la réputation d'une personne sur la base d'une simple rumeur, d'une simple photo sortie de son contexte. Gone girl joue ainsi beaucoup sur les apparences, sur les réactions de ses personnages emportés par une situation qui les dépasse et ne réagissant ni comme ils le devraient, ni comme le public attend qu'ils ne le fassent.

Ajoutez à tout cela une bande sonore formidable, signée Trent Reznor et Atticus Ross, et vous avez ici l'un des meilleurs films de ces dernières années, et une nouvelle réussite dans la filmographie de David Fincher. A voir d'urgence si ce n'est déjà fait !

Note : 9,5.10


jeudi 26 septembre 2013

Le Dernier pub avant la fin du monde


Titre : Le Dernier pub avant la fin du monde (The World's end)
Réalisateur : Edgar Wright
Acteurs : Simon Pegg, Nick Frost, Martin Freeman
Date de sortie en France : 28 août 2013
Genre : comédie, science-fiction

Synopsis :
L’histoire débute le 22 juin 1990 dans la petite ville anglaise de Newton Haven : cinq adolescents au comble de l’âge ingrat fêtent la fin des cours en se lançant dans une tournée épique des pubs de la ville. Malgré leur enthousiasme, et avec l’absorption d’un nombre impressionnant de pintes de bière, ils ne parviennent pas à leur but, le dernier pub sur leur liste : The World’s End (La Fin du Monde). Une vingtaine d’années plus tard, nos cinq mousquetaires ont tous quitté leur ville natale et sont devenus des hommes avec femme, enfants et responsabilités, à l’alarmante exception de celui qui fut un temps leur meneur, Gary King, un quarantenaire tirant exagérément sur la corde de son adolescence attardée. L’incorrigible Gary, tristement conscient du décalage qui le sépare aujourd’hui de son meilleur ami d’antan Andy, souhaite coûte que coûte réitérer l’épreuve de leur marathon alcoolisé.

Avis : 
Après une petite pause où ils se sont séparés pour des projets distincts (l'excellent Scott Pilgrim vs the world pour l'un, le sympathique Paul pour les deux autres), Edgar Wright, Simon Pegg et Nick Frost se réunissent enfin pour terminer leur Blood & ice cream / Three flavours Cornetto trilogy débutée avec les fabuleux Shaun of the dead et Hot fuzz. Après le film de zombies et le film policier, c'est avec ce World's end le film de science-fiction qui inspire le trio, pour une aventure débutant comme un film de potes avant de changer de cap.


C'est avec un infini bonheur que l'on retrouve les éléments caractéristiques et les détails des deux premiers films de la trilogie, avec cette réalisation et ce montage si caractéristiques (les pintes de bière qui se remplissent), ces dialogues millimétrés, cet humour si particulier (et même assez difficile à appréhender par moments si l'on ne maîtrise pas l'anglais, les sous-titres français peinant à retranscrire bon nombre de jeux de mots). On s'amuse et on rit beaucoup, avec des situations et des répliques qui font mouche à chaque fois et un vrai sens du rythme, le tout enrobé avec une formidable bande originale.

Et quand au beau milieu de tout ça, l'aspect science-fiction débarque sans crier gare, le film prend encore une autre dimension, part dans un délire encore plus fou en même temps que les héros enchainent les pintes. Inspiré des classiques de la SF, autant littéraires (John Wyndham, Nigel Kneale, John Christopher) que cinématographiques (L'Invasion des profanateurs de sépultures, Le Jour où la Terre s'arrêta...), Edgar Wright nous offre quelques affrontements dantesques où les robots-qui-ne-sont-pas-vraiment-des-robots se font démembrer dans des effusions de sang bleu par les acteurs fétiches du réalisateur : outre Pegg et Frost, on retrouve ainsi Martin Freeman (Le Hobbit : un voyage inattendu), Paddy Considine (Tyrannosaur) et quelques autres (Rafe Spall, Julia Deakin) dans de simple caméos.

Le seul bémol vient sans doute du fait que Wright ne semble pas savoir comment terminer son film, nous livrant quelques dernières minutes moins réussies, pour des scènes que l'on retrouve généralement en fin de générique. Reste qu'avec cet hommage hilarant à la science-fiction classique, doublé d'une belle réflexion sur la nostalgie, le conformisme et le rapport à l'alcool, Le Dernier pub avant la fin du monde est un des meilleurs films de cette année, et une nouvelle réussite pour un réalisateur au parcours sans faute jusqu'à maintenant.

Note : 9/10


samedi 19 janvier 2013

Jack Reacher


Titre : Jack Reacher
Réalisateur : Christopher McQuarrie
Acteurs : Tom Cruise, Rosamund Pike, Robert DuVall
Date de sortie en France : 26 décembre 2012
Genre : action, polar

Synopsis : 
Un homme armé fait retentir six coups de feu. Cinq personnes sont tuées. Toutes les preuves accusent l’homme qui a été arrêté. Lors de son interrogatoire, le suspect ne prononce qu’une phrase : « Trouvez Jack Reacher. »
Commence alors une haletante course pour découvrir la vérité, qui va conduire Jack Reacher à affronter un ennemi inattendu mais redoutable, qui garde un lourd secret. 


Avis : 
On le prétend souvent au fond du trou, fini, has-been, entre sa vie privée mouvementée, son soutien à l'Eglise de scientologie, ses débordements... Pourtant, à 50 ans passés, Tom Cruise montre qu'il en a toujours dans le ventre et, après le succès de Mission Impossible : Protocole Fantôme, il endosse ici le rôle de Jack Reacher, héros d'une saga littéraire écrite par Lee Child, pour l'adaptation du neuvième volume de ses aventures : One Shot.

Réalisé par Christopher McQuarrie, à qui l'on doit notamment le scénario de Usual Suspects, Jack Reacher ne réinventera pas le film d'action policier, dont il reprend les éléments classiques : une enquête qui modifiera les convictions des personnages, un complot, des trahisons, un grand méchant russe, une jeune idéaliste... Pourtant, on a l'impression que ceci est totalement délibéré, afin de permettre au spectateur d'apprécier au mieux le personnage de Jack Reacher, ancien militaire dont la mémoire n'a rien a envier aux compétences derrière une arme ou à mains nues. Un personnage auquel Tom Cruise insuffle son humour et son autodérision, et dont il parvient également à retranscrire la soif aveugle de justice. A la manière d'un Chuck Norris ou d'un Charles Bronson, il ne faut pas venir emmerder ce Jack Reacher à moins de vouloir, au mieux, terminer aux urgences.


Car le personnage est déterminé et brutal, ce qui nous offrira quelques superbes scènes d'action, dont la violence soudaine et la réalisation particulièrement claire rappellent certains passages de Drive. On ne perd pas une mienne des combats, les scènes de poursuites sont parfaitement lisibles, et la dernière fusillade est une merveille.

Tom Cruise endosse donc avec ce Jack Reacher le costume de justicier sans concession, sans demi-mesure, sans peur mais avec un sens certain de la répartie. Parfaitement mis en valeur par la réalisation de Christopher McQuarrie, voilà un film qui, s'il n'invente rien et se montre souvent prévisible, remplit parfaitement son rôle de divertissement de haut niveau !

Note : 7,5/10