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dimanche 5 novembre 2023

L'Exorciste - Dévotion

 
 
Titre : L'Exorciste - Dévotion (The Exorcist - Believer)
Réalisateur : David Gordon Green
Acteurs : Leslie Odom Jr, Ellen Burstyn, Ann Dowd
Date de sortie en France : 11 octobre 2023
Genre : horreur

Synopsis : 
Depuis que sa femme, enceinte, a perdu la vie au cours d’un séisme en Haïti douze ans plus tôt, Victor Fielding élève, seul, leur fille Angela. Un jour, Angela et son amie Katherine disparaissent dans les bois avant de refaire surface 72 heures plus tard sans le moindre souvenir de ce qui leur est arrivé... Dès lors, d’étranges événements s’enchaînent et Victor doit affronter de redoutables forces maléfiques. Désespéré et terrorisé, il sollicite la seule personne encore en vie qui ait jamais été témoin de pareils phénomènes: Chris MacNeil. 
 
Avis : 
Parmi les grands noms du cinéma d'horreur, L'Exorciste de William Friedkin bénéficie d'une place bien particulière. Souvent cité parmi les films les plus terrifiants, notamment grâce aux anecdotes entourant sa sortie en salles, il a, à l'image des Dents de la mer de Spielberg, dynamité un sous-genre du fantastique et été copié à d'innombrables occasions, sans jamais être égalé. Mieux encore, il a éclipsé toutes ses suites, de qualités certes variables, et on oublie souvent qu'il est le premier film d'une franchise composée de 6 films et d'une série télévisée, auxquels se sont frottés des réalisateurs tels que John Boorman (L'Exorciste 2 : l'hérétique), William Peter Blatty (L'Exorciste, la suite), Paul Schrader (Dominion : prequel to the exorcist) ou encore Renny Harlin (L'Exorciste : au commencement). Mieux encore, tout comme le film de Spielberg, L'Exorciste dispose d'une aura telle qu'il semble toujours impossible d'en proposer un remake. Autant dire que voir David Gordon Green débarquer sur la saga après avoir sauvagement violé Halloween, pour une nouvelle production Blumhouse laissait franchement perplexe. 
 

 
Il va d'ailleurs reprendre une recette similaire à celle de son Halloween, en proposant une suite directe au film originel, oubliant tout ce qui a été fait depuis, et en convoquant quelques illustres figures : Jamie Lee Curtis était revenue pour affronter Myers, Ellen Burstyn vient participer à la lutte contre le démon. Le premier problème, c'est que DGG n'a finalement que ça à proposer au spectateur : un titre d'une renommée qui le dépasse, et un personnage dont il ne sait pas quoi faire. Alors, pour compenser, il va se retrancher derrière ce que propose environ 99% du cinéma fantastique américain contemporain : il va essayer de doper son film pour n'offrir aucun temps mort, dans l'espoir que cette frénésie permette de faire oublier un scénario sans imagination, une absence totale de progression et de frisson, le tout en laissant la porte ouverte aux inévitables suites de ce qui est déjà prévu pour être une trilogie. 

On aurait pourtant pu croire que la possibilité d'étaler le scénario sur trois films permettrait d'étoffer l'histoire, d'approfondir les personnages, d'installer progressivement les enjeux. Il n'en sera rien. Dans L'Exorciste Dévotion, tout va très vite, trop vite. En quelques minutes, quand les parents retrouvent leurs filles après 3 jours d'absence, les personnages ont la certitude qu'elles sont possédées. Nous sommes loin de la progression remarquable du film de Friedkin, qui jonglait habilement entre l'explication médicale et l'explication surnaturelle, et réussissait ainsi à installer insidieusement l'angoisse chez le spectateur. Ici, aucune hésitation : les gamines sont possédées, et se mettent presque immédiatement à agir comme telles, en faisant joujou avec les lumières ou en gueulant des insanités dans une église, dans une scène particulièrement gênante alors qu'elle avait un fort potentiel. Résultat : on n'a pas peur pour les filles, et on ne s'identifie à personne. On attend juste impatiemment l'inévitable scène d'exorcisme pour enfin nous libérer de tout ça. 

Hélas, même de ce côté là, pas grand chose à sauver. Dommage, car l'idée de mêler plusieurs courants spirituels était prometteuse et pouvait offrir des passages originaux, mais David Gordon Green préfère une nouvelle fois se contenter du strict minimum. Pire encore, le film ne propose pas de conclusion satisfaisante, comme enfermé par son statut un peu bâtard de "premier film d'une future trilogie", destiné à laisser la conclusion ouverte pour la suite, tout en essayant de refermer le chapitre en cas d'échec. 

Bref, sans réelle surprise, cet Exorciste - Dévotion n'arrive ni à la cheville de son aîné, ni à celle de la plupart des plus mauvais film du genre. La combinaison BlumHouse - David Gordon Green a encore frappé, pour une nouvelle oeuvre balisée, sans surprise ni frisson. On espère juste que l'échec du film, tant sur le plan critique que financier, sonne le glas du projet de trilogie...



dimanche 31 octobre 2021

The Medium


Titre : The Medium 
Réalisateur : Banjong Pisanthanakun
Acteurs : Narilya Gulmongkolpech, Sawanee Utoomma, Sirani Yankittikan
Date de sortie en France : pfff
Genre : horreur
 
Synopsis : 
Une équipe de film vient tourner un documentaire sur le chamanisme dans un village thaïlandais. Ils s’intéressent tout particulièrement à Nim, une chamane habitée par un esprit qui se transmet de génération en génération dans sa famille. Mais le tournage va prendre une tournure terrifiante…
 
Avis : 
Le cinéma thaïlandais n'est sans doute pas celui que l'on connaît le plus, même pour les amateurs de cinéma asiatique. Une méconnaissance sans doute due à l'exploitation d'un folklore local assez hermétique, avec ses nombreux phi (un terme que l'on pourrait traduire par esprit mais qui est en même temps beaucoup plus riche que ça) et ses légendes locales, comme celle de Nang Nak, exploitée dans de très nombreux films ; mais aussi pour leur goût pour les débordements dérangeants, avec par exemple l'étonnant phi Krasü, créature constituée d'une tête volante d'où pendent ses entrailles, ou l'exploitation horrifique de foetus et de bébés, comme dans The Snow white. Bref, rien de très vendeur pour le grand public occidental, qui ne connaît souvent ce cinéma que par le biais des frères Pang (la saga The Eye, Les Messagers) ou des réalisateurs Parkpoom Wongpoom et Banjong Pisanthanakun (l'excellent Shutter et Alone). Des éléments qui expliquent peut-être pourquoi The Medium ne débarquera sans doute pas sur nos écrans, en dehors de sa projection au Festival du Film Coréen à Paris. Dommage. 
 
                                                          
Pourtant, le film est précédé d'une énorme réputation, née notamment de son exploitation en Corée du Sud : des journalistes qui en pleurent de terreur, des critiques qui en font des cauchemars (ce qui arrivera également à l'un de nos chroniqueurs les plus chevronnés !), des séances où l'on laisse la lumière allumée pour rassurer les spectateurs, d'autres où des bouchons d'oreilles sont distribués... Forcément, même si l'on se méfie toujours de ce genre d'échos (on ne compte plus les films médiocres faisant leur promotion sur les réactions disproportionnées des spectateurs), ça intrigue et donne clairement envie de se faire une idée soi-même. 
 
Une envie d'autant plus grande que le réalisateur n'est autre que Banjong Pisanthanakun (Shutter donc, mais également l'un des plus gros succès de l'histoire du cinéma thaïlandais avec Pee Mak, adaptation... de la légende de Nang Nak), et que le producteur et scénariste est le sud-coréen Na Hong-jin, réalisateur des formidables The Chaser et The Strangers, qui reste l'une des rares expériences cinématographiques de ces dernières années à m'avoir véritablement remué. 
 
 
The Medium se présente comme un reportage suivant le personnage de Nim, une chamane possédée par l'esprit de Ba Yan, et faisant le lien entre la divinité et le village. Dans la famille de Nim, cette tâche se transmet de génération en génération : sa grand mère, puis sa tante ont été possédées par Ba Yan, mais sa soeur Noi a refusé de devenir medium, préférant se tourner vers le Christianisme. Noi vient par ailleurs de perdre son mari, Wiroj, mort d'un cancer, peu après le suicide de leur fils, Mac. Enfin, Nam et Noi ont également un frère aîné, Manit.  

Pisanthanakun prend le temps de nous présenter ces personnages, leurs différents caractères, ce qui les lie et ce qui les sépare, et même certains éléments de leurs passés respectifs, comme le destin du grand-père puis du père de Wiroj. En plus d'apporter une vraie profondeur aux protagonistes (par ailleurs parfaitement interprétés, notamment par Sawanee Utoomma et Narilya Gulmongkolpech), tous ces détails auront leur importance dans l'histoire, renforçant la crédibilité de ce qui leur arrive. Une histoire qui, elle-même, prend le temps de se développer, et réussit même par le biais de ce faux documentaire à donner ou à suggérer au profane les clés nécessaires à la compréhension des événements folkloriques. 
 
 
Et ça fonctionne parfaitement. Comme souvent dans les films traitant de possession, le spectateur attentif pourra repérer les premières manifestations, souvent subtiles, comme un comportement qui change légèrement (un manque d'attention lors de funérailles par exemple) ou un étrange reflet dans une vitre. Les manifestations deviennent ensuite plus classiques, plus évidentes, mais restent terriblement efficaces grâce à un sens aigu de la mise en scène (l'utilisation des caméras portées par l'équipe aura rarement été aussi judicieuse - quitte à parfois sembler artificielle) et du timing. 
 
C'est simple, si le film progresse très lentement durant sa première heure, installant parfaitement ses enjeux et son ambiance, la pression monte ensuite très vite, pour ne plus lâcher le spectateur durant 40 minutes. On bascule alors dans des séquences terrifiantes, où les rares jump-scares viennent simplement nous permettre de souffler quelques secondes avant de replonger dans l'ambiance cauchemardesque accompagnant l'ultime séquence. A l'image de la dernière partie de The Strangers, avec lequel le film partage de nombreux points (le lien entre modernité et tradition, la présence discrète et pourtant omniprésente des croyances, la perversion de l'innocence, l'importance de l'héritage...), on ressort complètement lessivé de cette conclusion, qui nous hante encore bien longtemps après que les lumières se sont rallumées. 
 
The Medium est une vraie expérience, qu'il est presque criminel de ne pas proposer sur grand écran, notamment pour profiter d'une ambiance sonore particulièrement immersive. Clairement le meilleur film horrifique de l'année, et l'une des oeuvres les plus marquantes depuis longtemps, The Medium est un film qu'on a autant envie de vite revoir, afin de mieux appréhender certains détails de l'histoire, que d'oublier, tant il peut être éprouvant. 



dimanche 17 juillet 2016

The Strangers


Titre : The Strangers (Goksung)
Réalisateur : Na Hong-Jin
Acteurs : Kwak Do-Won, Hwang Jeong-min, Chun Woo-hee
Date de sortie en France : 6 juillet 2016
Genre : thriller, épouvante

Synopsis : 
La vie d’un village coréen est bouleversée par une série de meurtres, aussi sauvages qu’inexpliqués, qui frappe au hasard la petite communauté rurale. La présence, récente, d’un vieil étranger qui vit en ermite dans les bois attise rumeurs et superstitions. Face à l’incompétence de la police pour trouver l’assassin ou une explication sensée, certains villageois demandent l’aide d’un chaman. Pour Jong-gu aussi , un policier dont la famille est directement menacée, il est de plus en plus évident que ces crimes ont un fondement surnaturel…

Avis : 
Pour son troisième film après les excellents The Chaser et The Murderer, Na Hong-jin délaisse les environnements urbains pour nous plonger au sein d'un petit village coréen perdu en pleine campagne, sous une pluie qui semble éternelle. Un cadre particulier, où rumeurs, supertitions et préjugés se côtoient, et où Jong-goo, policier nonchalant et désabusé, va être amené à enquêter sur une étrange série de meurtre coïncidant avec l'arrivée d'un mystérieux ermite japonais, bouc-émissaire parfait pour la population locale.


Tout semble pourtant si simple au début : on explique rapidement que les crimes ont été commis par des villageois devenus fous après l'ingestion de champignons toxiques. Pourtant... Pourtant, il y a ces témoignages accusant l'étranger d'être un démon avide de chair fraiche. Il y a ces apparitions soudaines, puis ces disparitions. Il y a enfin la petite Hyo-jin, touchée à son tour par l'étrange mal : et si tout cela avait une explication surnaturelle et non rationnelle ?

Un thème classique, mais brillamment développé par le réalisateur coréen, qui va s'attacher à balayer nos certitudes, qui va nous forcer à revoir plusieurs fois notre copie sur l'origine des crimes et sur leur auteur grâce à une progression millimétrée.Tout comme le policier, l'idée d'une explication surnaturelle nous amuse d'abord, surtout lorsqu'elle prend les traits d'un vieux japonais nu aux yeux rouges. Mais The Strangers réussit à rend crédible l'irrationnel, et nous plonge peu à peu dans un Enfer mêlant adroitement réel et irréel, et qui trouvera son point d'orgue lors d'une étourdissante séquence d'exorcisme dont l'intensité laissera le spectateur sur le carreau.


Face à la menace qui pèse sur sa famille, le policier qui était jusqu'alors plutôt attachant, ne rechignant pas à arriver en retard au travail pour passer quelques minutes de plus avec sa fille, supportant sans broncher les remarques de ses collègues, devient un de ces flics instables que l'on rencontre régulièrement dans les thrillers sud-coréens, n'hésitant plus à menacer verbalement ou physiquement quiconque semble représenter un danger pour ses proches. Il faut saluer l'interprétation de Kwak Do-won, impeccable dans le rôle de ce flic ordinaire confronté à une situation extraordinaire, mais aussi celle de la jeune Kim Hwan Hee, absolument terrifiante.

Quelque part entre L'Exorciste et Memories of murder, Na Hong-jin brise les frontières entre thriller et épouvante, joue avec les codes (les personnages archétypaux du policier, de l'étranger, du shaman ou de la jeune femme mystérieuse) et nous offre une nouvelle plongée les plus sombres recoins de l'âme humaine. Une perle de nihilisme de 2h30, dont on ressort lessivés, mais aussi avec le sentiment de ne rien avoir vu d'aussi puissant dans le cinéma horrifique depuis pas mal d'années...

Note : 9.5/10


dimanche 6 décembre 2015

Les Dossiers secrets du Vatican


Titre : Les Dossiers secrets du Vatican (The Vatican tapes)
Réalisateur : Mark Neveldin
Acteurs : Olivia Taylor Dudley, Michael Peña, Dougray Scott
Date de sortie en France : 29 juillet 2015
Genre : épouvante, horreur

Synopsis :
Angela Holmes, une jeune femme ordinaire de 27 ans, comprend un jour que sa présence a un effet dévastateur sur son entourage, infligeant des blessures, voire la mort, à ceux qui l’approchent. Estimant qu’elle est possédée, le Vatican est sollicité pour pratiquer l’exorcisme. Mais il s’avère que le mal qui ronge Angela est une ancienne force satanique d’une puissance hors du commun. Le père Lozano va tenter d’éliminer le redoutable démon, pas seulement pour sauver l’âme de la jeune femme, mais notre monde...

Avis :
Regarder Les Dossiers secrets du Vatican, c'est un peu la punition de tout cinéphage masochiste qui persiste, malgré un enchaînement de navets, à espérer qu'un film de possession pourra offrir quelque chose d'un peu différent. On sait très bien que le risque de daube atteint 9 points sur l'échelle Jason Blum, mais une curiosité un peu morbide nous pousse, toujours, à vérifier par nous-même.


 Pas de souci en tout cas, nous sommes en territoire connu : Angela est une jeune femme dont le comportement change brutalement, qui voit des choses étranges et qui semble provoquer des catastrophes autour d'elle. Est-elle malade ? Ou est-elle POSSEDEE ? Suspense... Un indice peut-être : elle finira par parler une langue oubliée et faire des acrobaties dignes d'un jeune ado bourré voulant prouver à tout le monde que « si, je peux me tenir sur une jambe et toucher mon genou droit avec mon coude gauche ! ».

Rien de nouveau donc, sauf peut-être une ou deux idées sympathiques, comme cette séquence où Angela pousse d'autres patients à s'entretuer, ou la thématique d'un véritable antéchrist qui ne débouchera que sur une fin cruellement abrupte, comme si les scénaristes n'avaient eu ni l'imagination ni la volonté de développer leur seule idée intéressante. Une impression de bâclage qui touche également l'exorcisme, expédié très rapidement avec une entité surpuissante et des protagonistes totalement incompétents.

On s'étonnera d'ailleurs de voir Michael Peña dans cette galère, lui qui est plus habitué à jouer les seconds rôles dans les blockbusters hollywoodiens (Seul sur Mars, Ant Man, Fury...). On retrouve également Kathleen Robertson (Scary movie 2, Beverly Hills) dans l'improbable rôle d'une psychologue, et Djimon Hounsou. L'interprétation est d'ailleurs au même niveau que le reste du film, prêtant même régulièrement à sourire.

Dieu merci ( !), le calvaire ne dure qu'une heure : Les Dossiers secrets du Vatican (ah oui, il n'y a aucun dossier, et on n'évoque pas spécialement le Vatican, mais bon) ne vaut pas mieux que les autres films de possession qu'on l'on a pu subir ces dernières années. Il a d'ailleurs l'honnêteté de ne même pas essayer, entre idées vite abandonnées et phases horrifiques mises de côté. Un candidat idéal au titre de pire film de l'année s'il n'y avait pas déjà Unfriended...


Note : 1/10


dimanche 15 février 2015

Délivre-nous du mal


Titre : Délivre-nous du mal (Deliver us from evil)
Réalisateur : Scott Derrickson
Acteurs : Eric Bana, Edgar Ramirez, Olivia Munn
Date de sortie en France : 3 septembre 2014
Genre : thriller, horreur

Synopsis : 
La violence et la noirceur, le sergent Ralph Sarchie connaît bien. Flic dans le Bronx, il est chaque jour témoin du pire de la nature humaine. Ce qu’il endure a même fini par affecter sa relation avec sa femme, Jen, et leur petite fille, Christina. Pourtant, rien ne l’avait préparé à l’affaire que lui et son partenaire Butler vont découvrir. Dépassé, Sarchie va devoir s’allier à un prêtre renégat dont la foi a souvent vacillé, qui tente de le convaincre que les horribles événements qui se multiplient sont liés à des possessions démoniaques… Ensemble, le policier et le prêtre accumulent les preuves que le Mal est à l’œuvre, et Sarchie est forcé de remettre en cause tout ce en quoi il a toujours cru pour combattre les puissances occultes qui menacent la ville et sa famille…

Avis : 
Avec L'Exorcisme d'Emily Rose, en 2005, Scott Derrickson avait réussi un film de possession sortant un peu de la masse des navets (Devil inside, Le Rite, Possédée, et la liste est encore longue) que le genre nous livre trop souvent ces dernières années. Certes imparfait, le film avait le mérite d'apporter une réflexion intéressante, bien que largement inaboutie, sur la confusion entre possession et maladie mentale. Avec Délivre-nous du mal, il va à nouveau se démarquer un peu du lot, ce qui n'empêchera pas son film d'être très moyen.


Ce mélange entre thriller policier et film d'épouvante très classique, va surtout s'avérer intéresser dans le premier aspect. L'enquête est intéressante, les lieux visités et les crimes découverts sont glauques, tout comme cette ambiance très sombres, avec ces nombreux passages nocturnes évoquant vaguement des films comme Seven. Eric Bana s'en sort d'ailleurs plutôt bien, dans un rôle auquel il est, c'est vrai, plutôt habitué.

Hélas, ces passages sont parasités par les passages fantastiques. Malgré un fort potentiel, comme lorsque la fille du personnage est menacée alors qu'elle est seule dans sa chambre, ou lors des recherches d'Eric Bana sur les scènes de crimes, Derrickson choisit la facilité et nous balance à la tronche un nombre incalculable de jump-scares pourris. Et, si on pouvait penser que le choix d'un homme adulte, ancien soldat, dans le rôle du possédé allait changer un peu la donne, il ne débouche que sur une séquence d'exorcisme d'une redoutable banalité...

Quelques bonnes idées et un aspect thriller intéressants, mais Délivre-nous du mal se plante lorsqu'il s'attaque à l'horreur, se vautrant dans la paresse que l'on voit trop souvent dans les films de possession... et dans les films de Scott Derrickson, qui semble avoir beaucoup de mal, malgré des films souvent sympathiques (Hellraiser V, Sinister), à vraiment convaincre à 100%...

Note : 5/10


mercredi 28 août 2013

Conjuring : les dossiers Warren


Titre : Conjuring : les dossiers Warren (The Conjuring)
Réalisateur : James Wan
Acteurs : Vera Farmiga, Patrick Wilson, Ron Linvingston
Date de sortie au cinéma : 21 août 2013
Genre : horreur, épouvante

Synopsis : 
Avant Amityville, il y avait Harrisville…Conjuring : Les dossiers Warren, raconte l'histoire horrible, mais vraie, d'Ed et Lorraine Warren, enquêteurs paranormaux réputés dans le monde entier, venus en aide à une famille terrorisée par une présence inquiétante dans leur ferme isolée… Contraints d'affronter une créature démoniaque d'une force redoutable, les Warren se retrouvent face à l'affaire la plus terrifiante de leur carrière…

Avis : 
 J'avoue me poser la question de plus en plus souvent : le fan de films d'horreur est-il à se point sevré d'oeuvres de qualités qu'au moindre film un peu moins mauvais que les précédents, il se sente obligé de crier au chef d'oeuvre, au futur classique, à la bobine destinée à devenir culte ? Je dois bien avouer qu'en sortant de la séance de Conjuring, c'est l'unique explication que je trouve aux critiques dithyrambiques que je peux lire sur les divers sites et blogs orientés "horreur".


Car ce nouveau film d'épouvante de James Wan (Saw, Dead silence) n'est rien de plus qu'une nouvelle brique à l'édifice d'un cinéma de peur stéréotypé et paresseux. Evidemment, le réalisateur de Death sentence sait manier la caméra, et nous propose quelques scènes réussies, comme ce cache-cache les yeux bandés. Mais à l'image d'Insidious, il va choisir la facilité : alors qu'il sait parfaitement utiliser son décor pour installer une ambiance plutôt glauque, il va systématiquement choisir de conclure en tentant de nous faire sursauter. Hélas, à l'image de beaucoup de film d'épouvante de ces dernières années (Sinister, par exemple), le procédé est tellement stéréotypé et prévisible qu'il en devient inefficace...et agaçant. 

C'est d'autant plus frustrant que cette utilisation du jump-scare intervient par moments à des moments incongrus (comme cette balle dans la cave), et réduit à néant la volonté de Wan de reprendre à son compte les éléments provoquant une peur irrationnelle chez les enfants, comme cette menace se cachant sous le lit, derrière la porte, à la cave ou dans le placard. L'arrivée du couple Warren, chasseurs de fantômes, relance un peu le film en lui apportant un peu de rythme, mais provoque à son tour une impression de déjà-vu.

Ainsi, si l'histoire n'est pas inintéressante, bien que comportant son lot d'incohérences (il est toujours assez étonnant que des médiums si expérimentés ne voient rien venir...), et si Wan reste un réalisateur doué, malgré une forte tendance à la citation, Conjuring : les dossiers Warren donne, dans la lignée d'un Insidious ou d'un Sinister, l'impression d'un immense gâchis, sacrifiant tout son potentiel effrayant pour faire paresseusement sursauter les midinettes...

Note : 5/10


dimanche 7 avril 2013

Le Dernier exorcisme : part II


Titre : Le Dernier exorcisme : part II (The last exorcism : part II)
Réalisateur : Ed Gass-Donnelly
Acteurs : Ashley Bell, Julia Garner, Spencer Treat Clark
Date de sortie en France : 13 mars 2013
Genre : horreur

Synopsis : 
Nell Sweetzer n’a pas été complètement guérie par son dernier exorcisme. Elle est de retour et avec elle… ses démons.  

Avis :
Parmi la flopée de films de possession de ces dernières années, Le Dernier exorcisme était celui qui m’avait laissé le "meilleur " souvenir, grâce à scénario un peu moins convenu et quelques passages efficaces, malgré l’aspect found footage qui m’agace souvent. Hélas, le genre étant décidément à la mode, le film de Daniel Stamm voit maintenant arriver une suite, un second dernier exorcisme, dont l’intérêt n’était dès le départ même pas discutable : il n’y en avait aucun.


Le Dernier exorcisme part II prend place juste après la fin du premier. La jeune Nell, ayant survécu à son exorcisme, a perdu la mémoire et est envoyée dans un centre pour jeunes filles perturbées à la Nouvelle-Orléans. Pas de bol, le démon Abalam a toujours envie de s’introduire en elle (si vous n’aviez pas saisi la métaphore sexuelle de la possession, cela va vous être martelé pendant tout le film). Et quel meilleur moyen pour la séduire que de la faire devenir folle en la harcelant de visions, d’hallucinations auditives ou d’apparitions soudaines ? Pour avoir déjà essayé, non, ce n’est pas la méthode de drague idéale.

 
Bienvenue donc à la foire aux jump-scares d’Abalam, où tout est prétexte à vous faire exploser le son à la tronche, souvent pour rien (mon dieu, un ami approche derrière Nell et met sa main sur son épaule !), où tout le monde finit par avoir un comportement suspect et où l’électroménager n’en fait qu’à sa tête. Le scénario de Damien Chazel ne va rien nous épargner, et surtout pas ces personnages qui débarquent de nulle part, ou disparaissent totalement sans crier gare. Et cette pauvre Ashley Bell, si inquiétante dans le premier volet, semble ici se demander ce qu’elle fait là…

Tout ça pour nous mener à une scène d’exorcisme qui ne sauvera pas le film, puisqu’il ne s’y passera absolument rien. De toute manière, on prend bien soin à nous cacher tout débordement de violence, la caméra sortant littéralement de la pièce pour nous éviter toute scène un peu sanglante. En gros, le film ne fait pas peur et n’est pas violent, laissant le cahier des charges désespérément vide. Ah si, nous aurons bien droit à quelques épileptiques, quelques gros mots prononcés du bout des lèvres (et qui choquent immédiatement la pauvre actrice qui les prononce) et une petite lévitation pour le plaisir.

C’est très pauvre, et donc absolument sans intérêt. On espérera ainsi que ce Dernier exorcisme soit cette fois bien le dernier, surtout si les scénaristes restent possédés par cette volonté d’édulcorer un maximum un film de ce genre. Pauvre cinéma d’horreur.

Note : 1/10