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jeudi 21 août 2014

Expendables 3


Titre : Expendables 3 (The Expendables 3)
Réalisateur : Patrick Hugues
Acteurs : Sylvester Stallone, Jason Statham, Mel Gibson
Date de sortie en France : 20 août 2014
Genre : action

Synopsis : 
Barney, Christmas et le reste de l’équipe affrontent Conrad Stonebanks, qui fut autrefois le fondateur des Expendables avec Barney. Stonebanks devint par la suite un redoutable trafiquant d’armes, que Barney fut obligé d’abattre… Du moins, c’est ce qu’il croyait. Ayant échappé à la mort, Stonebanks a maintenant pour seul objectif d’éliminer l’équipe des Expendables. Mais Barney a d’autres plans... Il décide d’apporter du sang neuf à son unité spéciale et d’engager de nouveaux équipiers plus jeunes, plus vifs et plus calés en nouvelles technologies. Cette mission se révèle rapidement un choc des cultures et des générations, entre adeptes de la vieille école et experts high-tech. Les Expendables vont livrer leur bataille la plus explosive et la plus personnelle…

Avis : 
Après un premier volet décevant et un second chapitre beaucoup plus convaincant, on attendait les Expendables au tournant pour ce troisième film. Si Bruce Willis et Chuck Norris n'ont pas rempilé, et que Jacky Chan, Milla Jovovich, Nicolas Cage ou encore Steven Seagal, longtemps évoqués, ne rejoignent pas l'équipe, la troupe de Stallone reçoit trois nouveaux renforts de poids : Harrison Ford, Wesley Snipes, Antonio Banderas et Mel Gibson. A leurs côtés, quelques acteurs et sportifs plus jeunes... et méconnus. Changement de réalisateur également : après l'expérimenté Simon West, c'est Patrick Hugues, un seul long-métrage dans les bagages, qui s'y colle.


Hélas, tous ces changements ne suffiront pas à entraîner Expendables 3 dans la ligne du second volet. Au contraire, on va revenir à cette espèce de nombrilisme insupportable qui faisait la signature du premier film, avec en plus des héros qui s'apitoient sur leur sort et une confrontation entre vieilles gâchettes et nouvelle génération sans aucun intérêt : on ne va tout simplement pas voir un Expendables pour voir des inconnus en remontrer aux vieilles gloires, ni pour voir ces vieilles gloires faire dans l'introspection.

Le film se prend ainsi trop au sérieux, à l'exception des nouvelles recrues : Harrison Ford cabotine, Antonio Banderas, incapable de se taire, est hilarant, et Mel Gibson tire une nouvelle fois son épingle du jeu dans un rôle de méchant / badass qui semble lui coller à la peau ces dernières années (Machete kills, Kill the gringo...). Cela ne sauve cependant pas le film, handicapé par une mise en scène pachydermique et une exagération cartoonesque dans les scènes d'action qui ne colle tout simplement pas avec le ton général...

Bref, Expendables 3 constitue une nouvelle déception dans une saga qui aura une nouvelle fois eu les yeux plus gros que le ventre, et qui va en plus dans le sens contraire de ce qu'attend le public d'un tel film. Rendez nous donc nos vieux héros, leur décontraction et un réalisateur aguerri, et reprenez ce film qui n'a d'Expendable que le nom...

Note : 4/10


jeudi 26 décembre 2013

Machete kills


Titre : Machete kills
Réalisateur : Robert Rodriguez
Acteurs : Danny Trejo, Mel Gibson, Michelle Rodriguez
Date de sortie en France : 2 octobre 2013
Genre : action

Synopsis : 
Le président des Etats-Unis confie une mission suicide à Machete : sauver le pays d'un redoutable chef de cartel mexicain, qui menace d'envoyer un missile nucléaire sur le sol américain.

Avis : 
Les derniers films de Robert Rodriguez, c'est un peu l'équivalent cinématographique d'un ami pétomane ou enclin à vous assassiner d'un lapidaire "dans ton cul" quand, baissant votre garde, vous oubliez qu'il ne faut jamais débuter une question par "où" en sa présence. C'est gras et stupide, mais c'est assez amusant au début. Puis de moins en moins, jusqu'à devenir franchement lourd, indigeste, jusqu'à même provoquer une certaine honte à l'idée d'être surpris avec. Et si cela arrache parfois un sourire, au détour d'un timing impeccable ou d'une situation improbable, il faut bien le dire : on en a marre.


Car après le projet Grindhouse avec Tarantino, Rodriguez n'a pas su s'arrêter. Sa fausse bande-annonce de Machete a fait un carton ? Il en fait un film, qui ne remplira jamais les promesses entrevues, se limitant à un film sympathique mais qu'on ne verra pas une seconde fois. Plein de bonnes idées, le réalisateur annonçait de façon amusante deux suites à la fin du film. Seul problème, ce qui n'était qu'un clin d'oeil sympathique au cinéma d'exploitation est devenu un film. Et on tremble d'avance à l'idée de voir la bande-annonce de Machete kills again...in space ! se transformer en véritable film. 

Car avec Machete kills, Rodriguez est déjà proche du fond. Entre médiocrité et opportunisme, il se contente d'aligner les scènes faussement anthologiques mettant en scène un Danny Trejo plus pachydermique que jamais (on le préférera largement dans les publicités Old el paso) au milieu de guest-stars sentant déjà le réchauffé : si Mel Gibson amuse un peu la galerie, Amber Heard, Lady Gaga, Cuba Gooding Jr., Charlie Sheen, Antonio Banderas et les autres ne servent à rien et ancrent un peu plus le film dans le néant. 

Rodriguez a beau se démener, tenter d'insuffler de l'énergie à son oeuvre en multipliant les rebondissements, en coupant le plus possible dans son scénario prétexte, rien n'y fait : Machete kills lasse très rapidement, et chaque tentative ressemble au dernier spasme d'agonie d'un animal mourant. Rarement drôle, chiant, lourd, indigeste et prétentieux, il ne réussit finalement à rendre hommage au cinéma grindhouse que par sa capacité à creuser toujours plus dans la médiocrité et par un opportunisme crétin à toute épreuve, ce qui est en soi presque une performance remarquable...

Note : 2,5/10


vendredi 29 novembre 2013

Les Amants passagers


Titre : Les Amants passagers (Los amantes pasajeros)
Réalisateur : Pedro Almodovar
Acteurs : Javier Cámara, Carlos Areces, Raúl Arévalo
Date de sortie en France : 27 mars 2013
Genre : comédie

Synopsis : 
Une panne technique met en danger la vie des personnes qui voyagent sur le vol 2549 de la compagnie Península. Les pilotes s'efforcent de trouver une solution avec le personnel de la tour de contrôle. Le chef de la cabine et les stewards sont des personnages atypiques et baroques, qui, face au danger, tentent d'oublier leur propre désarroi et se donnent corps et âme pour que le voyage soit le plus agréable possible aux passagers, en attendant que la solution au problème soit trouvée. La vie dans les nuages est aussi compliquée que sur terre, pour les mêmes raisons, qui se résument à deux mots : "sexe" et "mort". 

Avis : 
 Mais qu'est-il donc passé par la tête d'Almodovar ? Après avoir soigneusement évité le film au moment de sa sortie au cinéma, largement refroidi par une bande-annonce gênante, j'ai cédé à la curiosité, appréciant généralement le cinéma du réalisateur espagnol, et notamment Talons aiguilles, Parle avec elle ou le récent La Piel que habito. Bien mal m'en a pris, tant cette nouvelle comédie est ratée.


C'est bien simple, le film réunit tout ce qu'il y a de plus lourdingue dans l'humour. A l'image d'un American pie ou d'un de ses ersatz (oui, la comparaison est violente pour un Almodovar), l'humour ne tourne qu'autour du sexe et de l'alcool. Le personnel de l'avion est entièrement gay (sauf les hôtesses, qui ont heureusement été endormie et n'apparaîtront donc jamais ou presque), les passagers sont tous tordus (de l'icône sado-masochiste au tueur à gage), et les gags tourneront donc intégralement autour de leur besoin d'évacuer la tension d'une hypothétique mort imminente en forniquant et en buvant. 

C'est le plus souvent lamentable, et à l'exception d'une ou deux répliques ou situations qui font mouche, quand elles ne tombent pas du ciel, on est en permanence plus atterré qu'hilare devant une comédie qui, à l'image de son avion, ne vole jamais bien haut et tourne constamment en rond. Bref, Les Amants passagers est une comédie à l'humour d'adolescent un peu attardé, qui s'écrase sous le poids de sa propre lourdeur et constitue un véritable faux pas dans la filmographie de Pedro Almodovar...

Note : 2/10