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dimanche 1 octobre 2017

La Planète des singes - suprématie


Titre : La Planète des singes - suprématie (War for the Planet of the apes)
Réalisateur : Matt Reeves
Acteurs : Andy Serkis, Woody Harrelson, Steve Zahn
Date de sortie en France : 2 août 2017
Genre : science-fiction

Synopsis : 
Dans ce volet final de la trilogie, César, à la tête des Singes, doit défendre les siens contre une armée humaine prônant leur destruction. L’issue du combat déterminera non seulement le destin de chaque espèce, mais aussi l’avenir de la planète. 
Avis : 
Après Les Origines puis L'Affrontement, la trilogie préquelle-remake de la saga La Planète des singes a pris fin cet été avec Suprématie, qui voit l'affrontement entre César et ses singes et une armée d'hommes menée par le colonel McCullough. Pour un final en apothéose ? Pas forcément, hélas.
Le film se divise en trois parties bien distinctes : tout d'abord les assauts des humains sur la base des singes, pour des séquences extrêmement réussies, intenses et dramatiques. Puis une partie misant davantage sur l'introspection, où César et un groupe réduit par la recherche du camp humain et fait la rencontre d'une jeune fille muette (personnage très attachant bien qu'un peu prétexte) et d'un singe un peu maboule (personnage inutile et incompréhensible). Et enfin, la tout dernière partie, où les singes sont enfermés dans un camp de travail dont ils vont tenter de s'échapper. 

Niveau réalisation, niveau effets spéciaux (les singes sont plus vrais que nature), niveau interprétation, pas grand chose à jeter, Suprématie est sur la forme un excellent blockbuster, sans temps mort, avec quelques passages très impressionnants et touchants. C'est plutôt sur le fond que ça se gâte, avec un César sorti tout droit de l'Ancien Testament, quelque part entre Jésus Christ et Moïse, et la tarte à la crème préférée d'Hollywood : le parallèle avec les camps de concentration. Plus gênant encore, l'hommage à Apocalypse Now par le biais du personnage interprété par Woody Harrelson, aussi inutile que lourdingue. Enfin, on pourra regretter l'éternelle rengaine sur qui est le plus sauvage, entre l'homme et l'animal, rendue insupportable par l'absence presque totale de nuance (à l'exception des quelques doutes de César), là où les précédents volets apportaient plus de recul avec les personnages de Koba ou des humains bienveillants.


La Planète des singes - suprématie constitue donc un dernier volet réussi, concluant de manière satisfaisante une trilogie de très haut niveau. On pourra néanmoins reprocher à cet ultime chapitre un fond beaucoup plus banal, beaucoup moins travaillé, cédant trop facilement aux éternels clichés du cinéma hollywoodien.

Note : 7/10

dimanche 29 novembre 2015

Hunger Games : la révolte - partie 2


Titre : Hunger Games : la révolte - partie 2 (Hunger Games : mockingjay - part 2)
Réalisateur : Francis Lawrence
Acteurs : Jennifer Lawrence, Josh Hutcherson, Liam Hemsworth
Date de sortie en France : 18 novembre 2015
Genre : action, drame

Synopsis : 
Alors que Panem est ravagé par une guerre désormais totale, Katniss et le Président Snow vont s’affronter pour la dernière fois. Katniss et ses plus proches amis – Gale, Finnick, et Peeta – sont envoyés en mission pour le District 13 : ils vont risquer leur vie pour tenter d’assassiner le Président Snow, qui s’est juré de détruire Katniss. Les pièges mortels, les ennemis et les choix déchirants qui attendent Katniss seront des épreuves bien pires que tout ce qu’elle a déjà pu affronter dans l’arène…

Avis : 
Ultime épisode de la saga, Hunger Games : la révolte - 2 vient enfin nous offrir le dénouement tant attendu. Enfin, "attendu", surtout parce qu'il a été différé pour une raison purement économique (les deux épisodes auraient facilement pu tenir en un seul), car en voyant les trois épisodes, tous plus mauvais que les précédents, on avait surtout hâte de voir la tétralogie se terminer.


On reprend donc exactement là où l'épisode 3 nous avait laissés : Peeta vient d'essayer de tuer Katniss, après avoir été conditionné par les grands méchants, les districts se sont rebellés contre Snow. Dans ce dernier épisode, la jeune femme va, entre deux couinements et deux hésitations sur le mec qu'elle doit se taper à la fin, s'introduire dans la capitale pour tuer le président. Evidemment, ce ne sera pas une promenade de santé : la ville est pleine de pièges (heureusement, ils s'arrêtent toujours juste à temps pour épargner les héros), les souterrains remplis de mutants, et les seconds rôles sont condamnés à périr dans l'indifférence la plus totale.

Comme pour les épisodes précédents, Hunger Games 4 nous offre la promesse de thèmes intéressants et matures, mais comme pour les épisodes précédents, va préférer saborder tout ça pour se contenter d'un développement minimaliste, évacuant chaque problématique d'un revers de main, à l'image d'un final s'ouvrant sur une scène formidable aux portes du palais de Snow pour se conclure de la façon la plus impersonnelle possible. Une dernière partie qui résume finalement assez bien la saga : on entrevoit ce qu'il y a de meilleur, mais on reste en surface au profit de thématiques plus adolescentes...

Hunger games 4 est donc moins bien que le 3, qui était moins bien que le 2, qui était moins bien que le 1, qui était déjà pas terrible. Une saga qu'on aura aucun mal à oublier, même si l'interprétation grotesque d'une Jennifer Lawrence toute en exagération risque de marquer les esprits...

Note : 2/10


lundi 29 juin 2015

2012


Titre : 2012
Réalisateur : Roland Emmerich
Acteurs : John Cusack, Chiwetel Ejiofor, Amanda Peet
Date de sortie en France : 11 novembre 2009
Genre : catastrophe

Synopsis :
Les Mayas, l'une des plus fascinantes civilisations que la Terre ait portées, nous ont transmis une prophétie : leur calendrier prend fin en 2012, et notre monde aussi. Depuis, les astrologues l'ont confirmé, les numérologues l'ont prédit, les géophysiciens trouvent cela dangereusement plausible, et même les experts scientifiques gouvernementaux finissent par arriver à cette terrifiante conclusion. La prophétie maya a été examinée, discutée, minutieusement analysée. En 2012, nous saurons tous si elle est vraie, mais quelques-uns auront été prévenus depuis longtemps... Lorsque les plaques tectoniques se mettent à glisser, provoquant de multiples séismes et détruisant Los Angeles au passage, Jackson Curtis, romancier, et sa famille se jettent à corps perdu, comme des millions d'individus, dans un voyage désespéré. Tous ne pourront pas être sauvés...

Avis : 
Avec la sortie il y a quelques semaines au cinéma de San Andreas, revenons sur le maître-étalon du genre très spécifique du film catastrophe over-apocalyptique-de la mort : 2012, de Roland Emmerich, qu'on imaginait difficilement à l'époque être surpassé en terme d'exagération et de puritanisme. Profitant du thème alors très à la mode de la fin du monde prétendument imaginée par les Mayas, le réalisateur d'origine allemande va nous offrir ce qu'il sait faire de mieux : de la destruction à grande échelle pendant plus de deux heures.


Très, très con, 2012 est heureusement très spectaculaire : séismes et glissements de terrain géants, explosion du supervolcan de Yellowstone, tsunamis gigantesques... On assiste à une sorte de best-of du film catastrophe, vraiment impressionnant sur un écran de ciné et surtout bien plus réussie que Le Jour d'après du même réalisateur. Le problème, c'est qu'il y a un scénario, et que Emmerich va attacher trop d'importance à des personnages trop nombreux (la famille américaine décomposé mais destinée à être réunie, les russes mafieux, l'adepte de la théorie du complot, le président courageux, le chien...). Si vous connaissez un minimum Emmerich, la description des personnages ci-dessus doit vous donner une idée assez précise de qui va survivre et qui va mourir.

On notera, dans le même ordre d'idées, un symbolisme assez primaire. Comme moi, vous rirez peut-être en voyant le USS. John F. Kennedy dégommer la Maison Blanche, le plafond de la Chapelle Sixtine se fissurer au beau milieu de La Création d'Adam, la statue du Christ Rédempteur s'écrouler à Rio, ou le dernier espoir des survivants se situer au Cap de...Bonne Esperance. Oui, Dieu nous a abandonnés, et les pélerins priant sur la Place Saint-Pierre ne seront pas épargnés. Heureusement, si Dieu nous renie, le salut viendra, comme dans "Le Jour d'après", du Tiers Monde, avec cette phrase lourde de sens accompagnant l'élévation tellurique du continent africain: "c'est toute l'Afrique qui s'est soulevée".  Enfin, doit-on s'étonner de voir le héros, incarné par John Cusack, frôler la mort d'encore plus près et encore plus souvent que Tom Cruise dans La Guerre des Mondes ? Le problème, c'est que c'est très répétitif, et que Emmerich réussit à nous caser trois fois la même "poursuite" en avion (là encore, on pense à Independence Day), et deux fois la même poursuite en voiture (façon Twister cette fois). Elles n'en restent pas moins efficaces, et voir la voiture zigzaguer entre les roches expulsées par le volcan reste spécialement jouissif.

2012 est un film très spectaculaire, comportant son lot de séquences dantesques, mais également son lot de stéréotypes, d'héroïsme, de mise en avant de la figure paternelle américaine et d'incohérences. Du pur cinéma de divertissement, tout en spectacle et sans cervelle.

Note : 4/10


samedi 29 novembre 2014

Hunger Games : la révolte - partie 1


Titre : Hunger Games : la révolte - partie 1 (The Hunger Games - mockingjay : part 1)
Réalisateur : Francis Lawrence
Acteurs : Jennifer Lawrence, Josh Hutcherson, Liam Hemsworth
Date de sortie en France : 19 novembre 2014
Genre : action, drame

Synopsis : 
Katniss Everdeen s’est réfugiée dans le District 13 après avoir détruit à jamais l’arène et les Jeux. Sous le commandement de la Présidente Coin, chef du district, et suivant les conseils de ses amis en qui elle a toute confiance, Katniss déploie ses ailes pour devenir le symbole de la rébellion. Elle va se battre pour sauver Peeta et libérer le pays tout entier, à qui son courage a redonné espoir.

Avis : 
C'est devenu la mode : afin d'engranger le plus possible d'argent, les sagas pour adolescents se terminent désormais par un double épisode, deux films destinés à scinder le dernier livre d'une série en deux : on a ainsi eu Harry Potter et les reliques de la mort partie 1 et Partie 2, Twilight : Révélation chapitre 1 et 2 et donc désormais Hunger Games : la révolte. Et à l'exception des aventures du sorcier à lunettes, on ne peut pas vraiment dire que ce soit justifié. Après deux heures de vide, il faut en effet se poser la question : pourquoi diviser en deux une oeuvre dont la première partie aurait pu être torchée en 30 minutes ? Le remplissage est ici flagrant, les scénaristes parfaitement conscients de l'obligation d'étirer au maximum une intrigue sans temps fort, usant au maximum la corde jusqu'à nous laisser remarquer la stupidité formidable du film.


Car après un Hunger Games puis un HG : l'embrasement déjà très moyens, la saga passe un cap : celui du mode d'emploi de la rébellion pour adolescent(e) neuneu. D'un côté, les gentils, très gentils, qui chantent et s'apitoient sur les faibles, qui n'hésitent pas à se sacrifier par dizaines juste parce qu'ils ont vu une photo leur donnant la foi (apparemment, la propagande tant critiquée tant les deux premiers volets n'est pas bien grave quand c'est au profit des gentils, curieux !) ; de l'autre, les méchants, qui torturent des innocents, massacrent les faibles et passent la journée à comploter en sirotant des tisanes dans des habits d'apparat. Horrible !

Jennifer Lawrence gaspille donc une nouvelle fois son talent en incarnant une héroïne amorphe, qu'il est difficile de concevoir comme l'inspiratrice d'un soulèvement. Elle n'incarne rien, ne dégage rien, sinon le charme tranquille d'un bovin, et passe son temps à chouiner et à bouder. Et si elle semble parfois au-dessus de la mêlée, c'est sans doute parce que le casting qui l'entoure a sans doute été volontairement composé d'acteurs sans aucun charisme (Josh Hutcherson, incroyablement fade) ou réduits à se ridiculiser en cabotinant le plus possible (Donald Sutherland, Julianne Moore, Philip Seymour Hoffman, Woody Harrelson...).

Ajoutez à tout cela des décors incroyablement cheaps, et l'impression constante que le film a été écrit par une jeune fille en pleine crise d'adolescence, et on n'a cette fois plus une oeuvre moyenne : on a le plus mauvais Hunger Games de la saga, et tout simplement une de ces inepties balourdes et idiotes qui prend le public pour un troupeau de cons... et on pourra difficilement lui donner tort, vu les chiffres du box office...

Note : 2,5/10


lundi 17 février 2014

Les Brasiers de la colère


Titre : Les Brasier de la colère (Out of the furnace)
Réalisateur : Scott Cooper
Acteurs : Christian Bale, Woody Harrelson, Casey Affleck
Date de sortie en France : 15 janvier 2014
Genre : drame

Synopsis : 
À Braddock, une banlieue ouvrière américaine, la seule chose dont on hérite de ses parents, c’est la misère. Comme son père, Russell Baze travaille à l’usine, mais son jeune frère Rodney a préféré s’engager dans l’armée, en espérant s’en sortir mieux. Pourtant, après quatre missions difficiles en Irak, Rodney revient brisé émotionnellement et physiquement. Lorsqu’un sale coup envoie Russell en prison, son frère cadet tente de survivre en pariant aux courses et en se vendant dans des combats de boxe. Endetté jusqu’au cou, Rodney se retrouve mêlé aux activités douteuses d’Harlan DeGroat, un caïd local sociopathe et vicieux.

Avis : 
 Avec Les Brasiers de la colère, Scott Cooper nous plonge dans la Rust Belt américaine, dans une ville marquée par le déclin industriel et une région où les activités clandestines se multiplient. Une zone où le temps semble s'être arrêté, où le coeur des hommes est d'une infinie sécheresse et qui sera le cadre d'un thriller étouffant opposant Russell Blaze, ouvrier à la ville, et Harlan DeGroat, trafiquant de drogues et organisateur de combats clandestins vivant dans les montagnes.


On se croirait en fait dans une histoire de Cormac McCarthy, avec ces personnages typiques enfermés dans une histoire particulièrement sombre, où les destins finissent par se rejoindre dans une violence banalisée où le drame n'est jamais loin. Le détonateur sera ici Rodney (Casey Affleck), revenu d'Irak traumatisé et perdu, cumulant les dettes et ne trouvant que des solutions à court terme. L'une d'elles lui fera rencontrer DeGroat, un personnage aussi brutal que radical, profondément inquiétant et dont la folie est particulièrement rendue par un Woody Harrelson totalement habité.

S'il est assez linéaire, le film bénéficie d'un casting impressionnant : Christian Bale et Woody Harrelson sont absolument parfaits, tout comme Willem Dafoe, Forest Whitaker et Casey Affleck. Ils portent largement le film sur leurs épaules, y apportant une intensité et une folie remarquables, faisant oublier le côté assez basique du scénario malgré des thèmes très forts et une ambiance crépusculaire très prenante.

Note : 7/10


lundi 16 décembre 2013

Hunger Games : l'embrasement


Titre : Hunger Games : l'embrasement (The Hunger Games - Catching Fire)
Réalisateur : Francis Lawrence
Acteurs : Jennifer Lawrence, Josh Hutcherson, Liam Hemsworth
Date de sortie en France : 27 novembre 2013
Genre : fantastique, action

Synopsis : 
Katniss Everdeen est rentrée chez elle saine et sauve après avoir remporté la 74e édition des Hunger Games avec son partenaire Peeta Mellark. Puisqu’ils ont gagné, ils sont obligés de laisser une fois de plus leur famille et leurs amis pour partir faire la Tournée de la victoire dans tous les districts. Au fil de son voyage, Katniss sent que la révolte gronde, mais le Capitole exerce toujours un contrôle absolu sur les districts tandis que le Président Snow prépare la 75e édition des Hunger Games, les Jeux de l’Expiation – une compétition qui pourrait changer Panem à jamais…

Avis : 
Après un premier volet très moyen, la saga Hunger Games revient...et reprend exactement les mêmes ingrédients : une première partie doucement cynique, et une seconde partie plus portée sur l'action. Cette fois, Katniss et Peeta ne sont plus de simples candidats devant séduire des sponsors avant leur entrée dans les Hunger Games : en tant que vainqueurs de l'édition précédente, ils doivent néanmoins continuer à donner le change, à jouer le jeu des médias, à se fondre dans le moule destiné à promouvoir le Capitole. Mais rapidement, le caractère insoumis de la jeune femme va déranger cette mécanique bien huilée, et entraîner dans son sillage les prémices d'une révolution...


Globalement, on retrouve donc cette même hypocrisie constante, ce même règne du paraître et cette même propagande que l'on retrouvait dans la première partie du premier volet. A ceci près que, cette fois, les dirigeants de Panem et leurs conseillers semblent vouloir battre des records d'idiotie, ou souhaiter voir effectivement démarrer une guerre : prenant les pires décisions possibles (renvoyer les ancients vainqueurs aux Hunger Games, sérieusement ?), incapables de gérer le moindre écart, le Président Snow et son encourage font tout pour que ça pète.

Hélas, nous ne verrons que les premières étincelles de cette révolte, très cinématographique, dont on n'aura rapidement, comme Katniss, que des nouvelles rapportées. Car le film nous replonge dans le Hunger Game pour sa seconde partie, toujours aussi loupée. Vaguement incohérente (les organisateurs espèrent faire survivre la jeune rebelle, mais lui envoient tous les dangers dans la tronche), elle fait de nouveau la part belle aux ficelles scénaristiques, aux bons sentiments, aux personnages secondaires inexistants et à la violence édulcorée. 

Hunger Games : l'embrasement suit donc parfaitement les rails mis en place par le premier volet, reprenant la même structure en l'adaptant à peine à de nouvelles thématiques bien trop effleurées. Au-delà d'une symbolique simpliste et parfois envahissante (le geais moqueur, la robe qui se transforme), le film ne va jamais bien loin dans ce qu'il entend critiquer, mais donne l'impression que ça va, enfin, se décanter...après la dernière image, qui donnerait presque envie de voir la suite, ne serait-ce que pour savoir si Jennifer Lawrence va toujours en faire des tonnes quand il s'agit de pleurer...

Note : 5/10


mardi 10 septembre 2013

Insaisissables


Titre : Insaisissables (Now you see me)
Réalisateur : Louis Leterrier
Acteurs : Jesse Eisenberg, Woody Harrelson, Mark Ruffalo
Date de sortie en France : 31 juillet 2013
Genre : thriller

Synopsis : 
« Les Quatre Cavaliers », un groupe de brillants magiciens et illusionnistes, viennent de donner deux spectacles de magie époustouflants : le premier en braquant une banque sur un autre continent, le deuxième en transférant la fortune d’un banquier véreux sur les comptes en banque du public. Deux agents spéciaux du FBI et d’Interpol sont déterminés à les arrêter avant qu’ils ne mettent à exécution leur promesse de réaliser des braquages encore plus audacieux. Ils font appel à Thaddeus, spécialiste reconnu pour expliquer les tours de magie les plus sophistiqués. Alors que la pression s’intensifie, et que le monde entier attend le spectaculaire tour final des Cavaliers, la course contre la montre commence.

Avis : 
J'avoue pour le moment avoir détesté la plupart des films du réalisateur français Louis Leterrier, des films d'action soit mauvais (le remake de Le Choc des Titans), soit à la limite du nauséabond (Danny the dog, Le Transporteur). Aussi, à l'annonce de son nouveau film, j'avoue avoir été complètement indifférent...jusqu'à lire le synopsis, prometteur, et voir les noms de Jesse Eisenberg (Social network), Woody Harrelson (Tueurs nés, Bienvenue à Zombieland), Morgan Freeman (Seven, Invictus), Michael Caine (Pulsions, The Dark Knight rises), Mélanie Laurent (Inglourious basterds) ou encore Mark Ruffalo (Avengers) à l'affiche.


Bien m'en a pris : Insaisissables se révèle être un excellent divertissement, certes pas exempt de défaut mais très agréable à suivre. Les spectacles magicaux sont ainsi des passages très forts, où la caméra virevolte dans tous les sens, apportant un aspect épique à des passages pourtant relativement calmes, et insistant sur le spectaculaire des numéros. On s'amuse ainsi follement durant ces passages, cherchant à voir le détail permettant de résoudre le tour.

On regrettera d'ailleurs que les secrets entourant le premier exploit du groupe soit rapidement éventés, pour les besoins d'une enquête un peu moins intéressante. Le duo, très classique Ruffalo / Laurent ne fonctionne qu'à moitié, et l'on attend en fait impatiemment la prochaine démonstration des 4 horsemen. Autre défaut : cette tendance à la révélation qui tue en fin de film, où les personnages semblent se livrer à une surenchère d'aveux pas toujours crédibles.

Insaisissables est donc une vraie réussite lorsqu'il s'intéresse aux tours de magie, pour des scènes à couper le souffle, grâce à un visuel particulièrement travaillé. L'aspect policier peine en revanche à convaincre, handicapé par un duo bien trop banal et effacé, très loin du charisme du quatuor qu'ils poursuivent. Le meilleur de Leterrier, et de très loin...

Note : 7/10


mardi 10 avril 2012

Hunger Games


Titre : Hunger Games (The Hunger Games)
Réalisateur : Gary Ross
Acteurs : Jennifer Lawrence, Josh Hutcherson, Liam Hemsworth
Date de sortie en France : 21 mai 2012
Genre : fantastique, action

Synopsis : 
Chaque année, dans les ruines de ce qui était autrefois l'Amérique du Nord, le Capitole, l'impitoyable capitale de la nation de Panem, oblige chacun de ses douze districts à envoyer un garçon et une fille - les "Tributs" - concourir aux Hunger Games. A la fois sanction contre la population pour s'être rebellée et stratégie d'intimidation de la part du gouvernement, les Hunger Games sont un événement télévisé national au cours duquel les tributs doivent s'affronter jusqu'à la mort. L'unique survivant est déclaré vainqueur.
La jeune Katniss, 16 ans, se porte volontaire pour prendre la place de sa jeune sœur dans la compétition. Elle se retrouve face à des adversaires surentraînés qui se sont préparés toute leur vie. Elle a pour seuls atouts son instinct et un mentor, Haymitch Abernathy, qui gagna les Hunger Games il y a des années mais n'est plus désormais qu'une épave alcoolique. Pour espérer pouvoir revenir un jour chez elle, Katniss va devoir, une fois dans l'arène, faire des choix impossibles entre la survie et son humanité, entre la vie et l'amour...

Avis :
«The Hunger Games» est une trilogie littéraire signée Suzanne Collins et dont le premier tome est paru en 2008. Très grand succès public, la saga est naturellement récupérée par le cinéma qui pour bien en profiter va, comme pour Harry Potter ou Twilight, adapter l’histoire en un film de plus qu’il n’y a de livres. Une future tétralogie donc, ce qui devrait permettre à tout le monde de s’en foutre plein les poches. Ce premier volet raconte donc l’histoire de Katniss, qui n’a vraiment pas de chance : en plus d’avoir un prénom horrible, elle est contrainte de participer aux Hunger Games, un événement qui consiste à sélectionner des adolescents au hasard et à les faire s’entretuer. Si je vous dis que Suzanne Collins a été vivement critiquée, notamment au Japon, pour avoir pompé Battle Royale, ça vous étonne ? On pourrait également noter de nombreuses autres similitudes, avec Marche ou crève de Stephen King par exemple, mais je n’aurais sans doute pas assez de place...

Les Hunger Games ont pour but principal de punir les districts pour une rebellion passée, et surtout de les empècher de recommencer. Car, évidemment, le meilleur moyen pour enlever toute idée de révolte à une population est de sacrifier ses enfants dans un show télévisé...24 jeunes personnes que l’on va scruter attentivement, pour évaluer leurs forces et faiblesses, les entraîner à l’art de la survie et du combat, et surtout les présenter à des sponsors qui pourront choisir de les avantager pendant l’épreuve. Pendant une grosse heure, on va donc suivre ces préparatifs, qui dégagent un certain cynisme plutôt réjouissant, même si on attend surtout que tout ce beau monde se foute enfin sur la gueule. Hélas, quand ça arrive, on remarque rapidement que la seconde partie va éviter au maximum toute violence à l’écran et, pire, va peu à peu sombrer dans un côté fleur bleue que ne renierait pas la saga Twilight...


Violence édulcorée, personnage stéréotypés (les gentils sont très gentils, les méchants sont très méchants, voire très très méchants !), romance niaise, rebondissements idiots...La partie «survival» du film cumule presque toutes les tares. Le personnage, pourtant intéressant au début du film, de Katniss, devient insipide à un rythme que ne semble concurrencer que sa faculté à éviter tout danger : la jeune fille peut tranquillement foutre le bordel à côté d’une ruche pleine de guêpes mortelles, évite les projectiles de façon surnaturelle et semble capable de rendre ses ennemis surentraînés soudainement incapables de viser correctement. Quelle chance ! Jennifer Winter’s Bone Lawrence, également vue dans X-Men : le commencement ou House at the end of the street, méritait quand même mieux que ça...

On notera par ailleurs la richesse du casting en ce qui concerne les personnages secondaires : on y retrouve ainsi Woody Harrelson (Tueurs nés, Bienvenue à Zombieland), Stanley Tucci (Lovely Bones), Donald Sutherland (impossible de ne citer qu’un ou deux films), Isabelle Fuhrman (Esther), Elizabeth Banks ou encore Lenny Kravitz, qui apparaissent principalement dans la première moitié du film et ajoutent au cynisme ambiant grâce à des personnages hauts en couleurs. On regrettera donc d’autant plus que cet aspect faussement sucré ne soit pas contrebalancé par une seconde partie plus froide, plus violente...

Ajoutez donc une grosse pincée de Twilight dans votre Battle Royale, faites-en un show télévisé, et vous obtenez votre Hunger Games. Un film qui met 1h30 à préparer le terrain pour une seconde partie d’une nullité assez incroyable, et qui n’est surtout que le premier volet d’une saga qui s’annonce bien mal...

Note : 5,5/10