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mercredi 6 octobre 2021

Malignant

  

Titre : Malignant
Réalisateur : James Wan
Acteurs : Annabelle Wallis, Maddie Hasson, George Young
Date de sortie en France : 1er septembre 2021
Genre : épouvante, horreur
 
Synopsis :
 La vie de Madison Mitchell est perturbée lorsque de terribles visions viennent la hanter. Quelle est cette créature malveillante qui la poursuit et commet ces meurtres atroces ?
 
Avis : 
Entre deux films Aquaman, James Wan revient, comme souvent, à son genre de prédilection avec Malignant. Un film d’épouvante donc, pour celui qui alimente depuis quelques années certaines des franchises les plus rentables – et redondantes – du genre, de la saga Saw, qu’il a initiée, à la saga Insidious et au triste Conjuringverse, dont il a signé les deux premiers volets. Ces dernières années, le réalisateur semble s’être enfermé dans une recette paresseuse, mais gagnante, à base de films copiés-collés, à l’emballage plutôt élégant, mais se reposant uniquement sur les jump-scares. 
 

Bref, on a peu de doutes sur ce qui nous attend en allant voir ce Malignant, et pendant une bonne partie du film, on ne sera pas surpris : James Wan va nous proposer des plans très travaillés, faire virevolter sa caméra, faire des travellings acrobatiques, le tout juste pour étaler sa technique et finalement balancer un jump-scare. James Wan, c’est ce gamin qui fait 3 fois le tour du terrain en jonglant, en multipliant roulettes et passements de jambes, pour finalement tirer à côté. Dans les deux cas, ça manque sa cible, et c’est terriblement frustrant parce qu’on sait qu’il y a quelque chose : Wan sait faire naître la tension, il sait mettre le spectateur mal à l’aise… mais gâche systématiquement ses approches par le pire gimmick du cinéma d’épouvante moderne, aussi contreproductif (non, sursauter, ce n’est pas avoir peur) qu’insultant pour le spectateur.

Puis peu à peu, le film propose autre chose. On sort du cadre de l’épouvante pure pour explorer d’autres horizons. En fait, on sort même de l’épouvante à la mode de 2021 pour revenir plusieurs décennies en arrière : il y a presque du giallo dans cet étrange tueur à la longue veste, aux mains gantées, utilisant une arme blanche et jouant volontiers avec la lumière et les reflets. Il y a du slasher, de l’horreur psychologique, du body horror bien sale, notamment lorsque l’identité de la menace se dévoile pleinement… Le film ose enfin sortir des sentiers battus, et ça fait franchement du bien.

Et surtout, il y va avec une vraie générosité, plongeant intégralement dans l’étrangeté de son histoire : Malignant en devient un film un peu fou, sans doute bourré de défauts, sans doute un peu grotesque par moments (le poste de police), sans doute souvent de mauvais goût, mais d’une folie que l’on perd malheureusement dans le cinéma horrifique sur grand écran. Forcément, on va perdre les adeptes de l’épouvante bien lisse et bien calibrée, mais de mon côté, je préfère mille fois cette proposition à l’idée de me refaire un Conjuring

 


 

lundi 13 novembre 2017

Saw


Titre : Saw
Réalisateur : James Wan
Acteurs : Leigh Whannell, Cary Elwes, Danny Glover
Date de sortie en France : 16 mars 2005
Genre : thriller

Synopsis : 
Deux hommes se réveillent enchaînés au mur d'une salle de bains. Ils ignorent où ils sont et ne se connaissent pas. Ils savent juste que l'un doit absolument tuer l'autre, sinon dans moins de huit heures, ils seront exécutés tous les deux...

Avis : 
Un peu plus d'1 million de dollars de budget. Plus de 100 millions de dollars de recettes. Sept suites depuis 2005, pour un succès public jamais démenti. Un réalisateur désormais reconnu parmi les meilleurs du genre. Sorti en France en 2005, le premier Saw est rapidement devenu un classique, grâce notamment à une idée de base très forte, clairement inspirée du Seven de David Fincher (les victimes punies par là où elles ont péché) et un scénario machiavélique.


Le film de James Wan (Insidious, Conjuring...) se présente comme un thriller (là où les suites glisseront assez vite dans le torture porn), dont les révélations successives annoncent les différents twists qui seront l'un des signatures de la saga. Tout le récit s'articule autour d'un huis clos, avec une pièce qui révèle au compte-gouttes ses différents secrets, dans une ambiance que le décor (cadavre au milieu de la pièce, murs abîmés, rouille omniprésente) rend vraiment anxiogène. Avec un rythme plutôt lent, il prend le temps de s'intéresser à ses personnages (surtout au Dr Gordon) et de nous lancer sur de fausses pistes, et nous propose en parallèle une enquête assez classique mais efficace.

Saw introduit également son principe central, à savoir ces pièges particulièrement vicieux, qui demandent aux victimes un énorme sacrifice pour survivre. Loin des débordements gores des futurs épisodes, ces épreuves jouent ici sur leur mise en scène macabre pour marquer les esprits, alors même que ces séquences seront plutôt brèves, comme celle concernant Amanda. Finalement, les seuls véritables bémols viendront de l'interprétation, souvent approximative, et certains effets de réalisation insupportables.

Le premier Saw restera mon volet préféré de la saga : thriller efficace, au scénario très travaillé, sans verser dans les débordements sanglants parfois un peu puérils de certaines de ses suites. Une vraie réussite !

Note : 8/10


mercredi 20 juillet 2016

Conjuring 2 : le cas Enfield


Titre : Conjuring 2 : le cas Enfield (The Conjuring 2: the Enfield poltergeist)
Réalisateur : James Wan
Acteurs : Vera Farmiga, Patrick Wilson, Frances O'Connor
Date de sortie en France : 29 juin 2016
Genre : épouvante

Synopsis : 
Lorraine et Ed Warren se rendent dans le nord de Londres pour venir en aide à une mère qui élève seule ses quatre enfants dans une maison hantée par des esprits maléfiques. Il s'agira d'une de leurs enquêtes paranormales les plus terrifiantes…

Avis : 
En voilà que j'ai bien failli ne pas aller voir au cinéma. Pas fan du premier volet, que je trouvais plutôt moyen et absolument pas effrayant, refroidi par les comptes-rendus de chaos rencontrés lors de certaines séances et dans certaines salles, j'avais préféré utiliser ma carte illimitée pour aller voir des films plus intéressants. Puis, finalement, je me suis laissé tardivement tenter, dans des conditions royales (seul dans la salle !).


Après l'histoire de la famille Perron, James Wan s'intéresse ici aux deux plus célèbres enquêtes du couple Warren : Amityville, le temps d'une introduction à l'ambiance très réussie, puis le poltergeist d'Enfield, célèbre pour la couverture médiatique et les nombreux documents enregistrés à l'époque (on appréciera d'ailleurs d'en entendre et d'en voir certains pendant le générique de fin). Une nouvelle enquête donc, mais une structure similaire à celle du premier épisode, avec une première partie consacrée aux manifestations paranormales, et une seconde moitié s'articulant autour des interrogations des Warren.

Deux parties distinctes, mais un problème commun : l'énorme impression de déjà-vu. Pour les séquences où le poltergeist fait des siennes, le soucis vient du fait que James Wan ne connaît qu'une seule et unique recette pour tenter de faire frissonner le spectateur. Tout d'abord, un des personnages semble constater une situation anormale. Rapidement, il a la confirmation de l'étrangeté, ce qui se traduit à l'écran par un mouvement de caméra bien appuyé, accompagné d'une musique effrayante. On ne sait jamais, le spectateur est idiot, il pourrait très bien ne pas avoir remarqué que le camion de pompier a été relancé vers le jeune garçon, par exemple. Puis on s'approche peu à peu du visage du personnage, la musique cesse... On change de perspective et BIM ! JUMP-SCARE DE BOURRIN DANS TA FACE !


Déjà peu efficace en soit, le procédé a en plus l'immense désavantage d'être utilisé systématiquement par Wan depuis le premier Insidious. Résultat : alors que le réalisateur est parfaitement capable d'installer une vraie ambiance, il choisit, pour une raison inconnue, de la saborder dès qu'il le peut pour se contenter de jump-scares ratés. Ainsi, comme Insidious, comme Conjuring : les dossiers Warren, comme Insidious : chapitre 2, Conjuring 2 ne fait pas peur, alors qu'il y avait un potentiel formidable.

On doit donc se farcir une bonne heure d'un film d'épouvante qu'on a déjà vu (ce serait pas mal aussi d'oublier un peu Poltergeist un jour, James...) avant l'arrivée de Ed et Lorraine Warren qui viennent enfin donner un second souffle au film. Certes, il n'y aura là non plus pas beaucoup d'originalité ni de surprises, mais l'enquête fonctionne plutôt bien, on se prend au jeu, et même si l'on connaît le fin mot de l'histoire, l'opposition entre faits surnaturels avérés et canular est bien amenée, et répond agréablement aux doutes émis pendant la véritable affaire.

Une première partie sans saveur, en forme de film d'épouvante ne faisant jamais peur, et une seconde plus prenante concentrée sur l'enquête des Warren et la lutte contre l'entité démoniaque : Le Cas Enfield se révèle finalement aussi moyen que Les Dossiers Warren, avec exactement les mêmes qualités (oui, James Wan sait manier une caméra, même s'il se regarde parfois filmer et cède trop souvent à la facilité) et les mêmes défauts que son aîné. Vraiment pas de quoi s'exciter dans les salles de cinéma, donc...

Note : 4.5/10


lundi 28 octobre 2013

Insidious : chapitre 2


Titre : Insidious : chapitre 2 (Insidious chapter 2)
Réalisateur : James Wan
Acteurs : Patrick Wilson, Rose Byrne, Barbara Hershey
Date de sortie en France : 2 octobre 2013
Genre : horreur, épouvante

Synopsis : 
Après tout ce qu’elle a affronté, la famille Lambert s’efforce de reprendre une vie normale, mais le monde des esprits semble en avoir décidé autrement. Josh et Renai vont tenter de découvrir le secret qui les relie au terrifiant monde des esprits.

Avis : 
 En réalisant trois films semblables à la suite, dont les deux derniers (Conjuring et Insidious 2) à quelques semaines d'intervalle, James Wan nous permet de noter un point important : il semble que le réalisateur de Death sentence devient de plus en plus fainéant. On l'avait ainsi remarqué un peu avec le néanmoins sympathique Insidious, et beaucoup avec le très moyen Conjuring, et Insidious : chapitre 2 le confirme définitivement : alors que le réalisateur est clairement capable de créer une ambiance horrifique, il cède maintenant systématiquement à la facilité du jump-scare.


Un défaut d'autant plus rédhibitoire que les histoires de ses films deviennent de moins en moins intéressantes. Après une dernière partie complètement bâclée pour Conjuring, il ne tente cette fois même plus de construire son récit : il se contente de reprendre quelques éléments du volet précédent pour les développer, un peu à la manière d'une saga Saw qu'il a lui-même initiée. En donnant une explication ad hoc à des éléments mystérieux du premier opus, Wan risque surtout d'en enlever la saveur, réussissant l'exploit de plomber deux films en une fois.

Cet ensemble de stéréotypes que l'on retrouve dans Insidious 2, qui mange à tous les râteliers, du cinéma d'épouvante nippon et espagnol à Shining en passant par... Paranormal activity, finit même par provoquer l'hilarité quand les personnages s'envoient des ustensiles de cuisine à la tronche, et de vrais moment de gêne quand l'humour du film tombe à plat.

Si Insidious et Conjuring faisaient office de trains fantômes, avec leurs effets éculés et prévisibles, ils avaient  au moins le mérite de développer un univers assez intéressant pour que l'on s'intéresse un minimum aux protagonistes. Ca n'a pas grand intérêt, mais avec Insidious 2, c'est comme si ledit train fantôme était en panne et que tous les éléments du décor restaient figés. Et cette fois, l'intérêt devient même nul.

Note : 2/10


mercredi 28 août 2013

Conjuring : les dossiers Warren


Titre : Conjuring : les dossiers Warren (The Conjuring)
Réalisateur : James Wan
Acteurs : Vera Farmiga, Patrick Wilson, Ron Linvingston
Date de sortie au cinéma : 21 août 2013
Genre : horreur, épouvante

Synopsis : 
Avant Amityville, il y avait Harrisville…Conjuring : Les dossiers Warren, raconte l'histoire horrible, mais vraie, d'Ed et Lorraine Warren, enquêteurs paranormaux réputés dans le monde entier, venus en aide à une famille terrorisée par une présence inquiétante dans leur ferme isolée… Contraints d'affronter une créature démoniaque d'une force redoutable, les Warren se retrouvent face à l'affaire la plus terrifiante de leur carrière…

Avis : 
 J'avoue me poser la question de plus en plus souvent : le fan de films d'horreur est-il à se point sevré d'oeuvres de qualités qu'au moindre film un peu moins mauvais que les précédents, il se sente obligé de crier au chef d'oeuvre, au futur classique, à la bobine destinée à devenir culte ? Je dois bien avouer qu'en sortant de la séance de Conjuring, c'est l'unique explication que je trouve aux critiques dithyrambiques que je peux lire sur les divers sites et blogs orientés "horreur".


Car ce nouveau film d'épouvante de James Wan (Saw, Dead silence) n'est rien de plus qu'une nouvelle brique à l'édifice d'un cinéma de peur stéréotypé et paresseux. Evidemment, le réalisateur de Death sentence sait manier la caméra, et nous propose quelques scènes réussies, comme ce cache-cache les yeux bandés. Mais à l'image d'Insidious, il va choisir la facilité : alors qu'il sait parfaitement utiliser son décor pour installer une ambiance plutôt glauque, il va systématiquement choisir de conclure en tentant de nous faire sursauter. Hélas, à l'image de beaucoup de film d'épouvante de ces dernières années (Sinister, par exemple), le procédé est tellement stéréotypé et prévisible qu'il en devient inefficace...et agaçant. 

C'est d'autant plus frustrant que cette utilisation du jump-scare intervient par moments à des moments incongrus (comme cette balle dans la cave), et réduit à néant la volonté de Wan de reprendre à son compte les éléments provoquant une peur irrationnelle chez les enfants, comme cette menace se cachant sous le lit, derrière la porte, à la cave ou dans le placard. L'arrivée du couple Warren, chasseurs de fantômes, relance un peu le film en lui apportant un peu de rythme, mais provoque à son tour une impression de déjà-vu.

Ainsi, si l'histoire n'est pas inintéressante, bien que comportant son lot d'incohérences (il est toujours assez étonnant que des médiums si expérimentés ne voient rien venir...), et si Wan reste un réalisateur doué, malgré une forte tendance à la citation, Conjuring : les dossiers Warren donne, dans la lignée d'un Insidious ou d'un Sinister, l'impression d'un immense gâchis, sacrifiant tout son potentiel effrayant pour faire paresseusement sursauter les midinettes...

Note : 5/10