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mardi 17 novembre 2015

Youth


Titre : Youth (La Giovinezza)
Réalisateur : Paolo Sorrentino
Acteurs : Michael Caine, Harvey Keitel, Rachel Weisz
Date de sortie en France : 9 septembre 2015
Genre : drame

Synopsis :
Fred et Mick, deux vieux amis approchant les quatre-vingts ans, profitent de leurs vacances dans un bel hôtel au pied des Alpes. Fred, compositeur et chef d’orchestre désormais à la retraite, n’a aucune intention de revenir à la carrière musicale qu’il a abandonnée depuis longtemps, tandis que Mick, réalisateur, travaille toujours, s’empressant de terminer le scénario de son dernier film. Les deux amis savent que le temps leur est compté et décident de faire face à leur avenir ensemble.
Mais contrairement à eux, personne ne semble se soucier du temps qui passe…

Avis:
Paolo Sorrentino est décidément un cinéaste qui me laisse indifférent. Après avoir déjà trouvé peu d'intérêt à La Grande Bellezza, en dehors d'une réalisation très soignée et de dialogues parfois percutants, j'ai exactement le même sentiment à l'égard de Youth, gentille petite histoire sur la façon de vivre la vieillesse. 


Encore une fois, le film s'est limité pour moi à quelques situations loufoques, quelques dialogues piquants mais souvent trop écrits, une mise en scène très appliquée et deux acteurs (Michael Caine et Harvey Keitel) forcément impeccables. Pour le reste, ce fut surtout de l'ennui devant un film dont les deux heures avaient, finalement, été résumées par une bande-annonce qui se suffisait à elle-même.

Youth se limite en fait à une accumulation de clichés, avec des personnages terriblement archétypaux, confrontés à des situations d'une triste banalité. Les personnages principaux sont ainsi deux artistes, l'un piégé dans son passé et refusant d'avancer (mais qui finira par le faire), l'autre obsédé par la volonté de toujours aller de l'avant (mais qui devra finalement s'arrêter). Les clichés s'enchaînent, les démonstrations convenues également (oui, une très belle femme peut être intelligent, et un acteur de série B peut dégager des émotions), prenant largement le pas sur la poésie et la tendresse qui émanent de certaines séquences.

Convenu et quelconque, Youth est au final une jolie coquille que j'ai trouvé désespérément vide, et finalement assez prétentieuse. Le cinéma de Sorrentino ne semble vraiment pas fait pour moi...

 Note: 4/10


lundi 1 avril 2013

Le Monde fantastique d'Oz


Titre : Le Monde fantastique d'Oz (Oz : the great and powerful)
Réalisateur :  Sam Raimi
Acteurs : James Franco, Mila Kunis, Rachel Weisz, Michelle Williams
Date de sortie en France : 13 mars 2013
Genre : fantastique, fantasy

Synopsis : 
Lorsque Oscar Diggs, un petit magicien de cirque sans envergure à la moralité douteuse, est emporté à bord de sa montgolfière depuis le Kansas poussiéreux jusqu’à l’extravagant Pays d’Oz, il y voit la chance de sa vie. Tout semble tellement possible dans cet endroit stupéfiant composé de paysages luxuriants, de peuples étonnants et de créatures singulières ! Même la fortune et la gloire ! Celles-ci semblent d’autant plus simples à acquérir qu’il peut facilement se faire passer pour le grand magicien dont tout le monde espère la venue. Seules trois sorcières, Théodora, Evanora et Glinda semblent réellement douter de ses compétences…
Grâce à ses talents d’illusionniste, à son ingéniosité et à une touche de sorcellerie, Oscar va très vite se retrouver impliqué malgré lui dans les problèmes qu’affrontent Oz et ses habitants. Qui sait désormais si un destin hors du commun ne l’attend pas au bout de la route ?

Avis : 
Plus de 70 ans après Le Magicien d'Oz de Victor Fleming, Sam Raimi nous propose de replonger dans le pays d'Oz afin de découvrir les origines de son Magicien, mais aussi de sa méchante sorcière de l'ouest. C'est également l'occasion de retrouver la ville d'emeraude, Glinda la gentille sorcière du sud, les Munchkins et la célèbre route de brique jaune. Sam Raimi glissera aussi quelques clins d'oeil aux personnages du film de 1939, avec ce que l'on devinera être le Lion et le créateur de l'Homme de fer-blanc.


Autre hommage appuyé au film de Victor Fleming : Sam Raimi débute son film en noir et blanc, la couleur n'apparaissant, comme pour l'oeuvre originale, que lorsque nous arrivons au pays d'Oz. Il va également reprendre le système de doubles, les acolytes du magicien au Kansas ayant leur équivalent dans le monde féerique. Le réalisateur reproduit donc fidèlement le célèbre univers afin de retracer le parcours du Magicien et des sorcières, tout en restant dans le divertissement familial.


Dans un univers très coloré et délicieusement kitsch, nous découvrirons ainsi pourquoi la Méchante sorcière de l'ouest est si méchante, à travers une ambiance et une histoire très "disneyienne". Les nouveaux compagnons d'Oz, moins attachants que l'Epouvantail, l'Homme de fer-blanc et le Lion, restent ainsi très enfantins, et seul le personnage de Theodora est véritablement intéressant. La progression est également très linéaire, le groupe se contentant finalement d'aller et venir sur la route de brique jaune, et l'évolution du Magicien restant très prévisible.

On a ainsi un peu de mal à véritablement se passionner pour le film, jusqu'au formidable final opérant la jonction entre le film et son modèle, à grands renforts d'effets spéciaux et d'explosions multicolores. Un passage très réussi où le réalisateur des Evil Dead et des Spiderman glisse quelques images assez effrayantes, mais rappelle aussi par moments les duels de Harry Potter et la Coupe de feu ou de Star Wars épisode II : l'attaque des clones.

Sam Raimi signe ainsi un film familial agréable bien que trop convenu, la naïveté inhérente à l'univers d'Oz fonctionnant beaucoup moins 70 ans plus tard. Retrouvant pour l'occasion James Franco, par ailleurs très bien entouré (Mila Kunis, Rachel Weisz, Michelle Williams, quand même !), et glissant l'habituel caméo de Bruce Campbell, le réalisateur risque d'agacer encore ses fans de la première heure, outrés de voir un ancien réalisateur de films d'horreur vendre son âme et réaliser des films tout public. Personnellement, je préfère largement voir ce Monde fantastique d'Oz plutôt que le paresseux Jusqu'en Enfer, par ailleurs bien moins effrayant.

Note : 6/10