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vendredi 19 août 2022

L'Année du requin

 

Titre : L'Année du requin
Réalisateurs : Ludovic Boukherma, Joran Boukherma
Acteurs : Marina Foïs, Kad Merad, Jean-Pascal Zadi
Date de sortie en France : 3 août 2022
Genre : thriller

Synopsis : 
Maja, gendarme maritime dans les landes, voit se réaliser son pire cauchemar : prendre sa retraite anticipée ! Thierry, son mari, a déjà prévu la place de camping et le mobil home. Mais la disparition d’un vacancier met toute la côte en alerte : un requin rôde dans la baie ! Aidée de ses jeunes collègues Eugénie et Blaise, elle saute sur l’occasion pour s’offrir une dernière mission… 
 
Avis : 
Le premier film de requins français est une comédie. C'est écrit partout, les bandes-annonces mettent l'accent dessus, et il y a même des acteurs que l'on connaît surtout pour des comédies, comme Kad Mérad ou JP Zadi. Pourtant, le discours des réalisateurs, Ludovic et Joran Boukherma, semble plus modéré : ils définissent L'Année du requin comme un film de monstre ("On aimait l’idée du monstre, de la menace, de cette plage mais on n’avait pas du tout envie de traiter ça comme une blague") destiné à faire peur ("Si on réalise un film de requin, il faut se confronter aux scènes d’affrontements, aux cadavres, à la peur. Il y a tout ça dans le film"). Le problème, c'est que le nouveau film des réalisateurs de Teddy ne fait ni peur, ni sourire. 
 
 
On a en fait l'impression d'un film qui ne sait pas quelle direction prendre, et finit par se perdre en chemin. Si l'ossature est clairement celle d'un thriller estival avec un animal dangereux, on y retrouve des éléments de comédie bien franchouillarde (avec ces flics bien demeurés, ces commerçants bien bornés, ces blagues zizi-pouet), du drame social (le personnage de Marina Foïs, totalement perdu lorsqu'on évoque sa retraite), quelques séquences gentiment horrifiques (l'introduction), le tout saupoudré d'un peu de critique des réseaux sociaux (notamment un parallèle bien bourrin avec la pandémie de Covid-19), d'un fumet d'écologie (vite évacué, cependant) et d'une grosse pincée de Jaws. Aucun de ces points n'est vraiment développé, donnant un film bancal échouant partout, parfois en même temps. On pense ainsi à une séquence assez marquante de violence... avec des personnages avec un nez énorme (ils sont rigolo parce qu'ils ont un gros nez), ou à la mort d'un des personnages principaux, qui ne sera totalement indifférente. 

Il m'aura fallu quelques secondes avant d'émerger du film au moment du générique, tellement j'ai trouvé ce film navrant. Ni comédie, ni film d'horreur, ni drame, ni thriller, à peine le petit téléfilm rappelant l'époque de ces feuilletons sans vie que l'on voyait parfois défiler en allant chez ses grands-parents le dimanche, jusque dans des effets spéciaux dégueulasses et une voix off insupportable...





mercredi 9 mars 2016

Bis


Titre : Bis
Réalisateur : Dominique Farrugia
Acteurs : Kad Mérad, Franck Dubosc, Alexandra Lamy
Date de sortie en France : 18 février 2015
Genre : comédie

Synopsis : 
Éric et Patrice sont amis depuis le lycée. Au fil des années, chacun a pris un chemin très différent : d’un côté Éric, hédoniste sans attaches aux multiples conquêtes, et de l’autre Patrice, père de famille « monogame » à la vie bien rangée. Après une soirée bien arrosée, les deux amis d’enfance se retrouvent propulsés en 1986 alors qu’ils n’ont que 17 ans. Ce retour dans le passé est l’occasion rêvée pour tenter de changer le cours de leur vie. Que vont-ils faire de cette seconde chance ?

Avis : 
L'une des grandes malédictions du cinéma français populaire de ces dernières années, c'est cette foi apparemment inébranlable dans le fait qu'il suffit de mettre sur l'affiche un ou deux humoristes / acteurs à la mode, et que le reste va suivre. Pour une fois, ce n'est pas Kev Adams, mais deux de ses compères parmi les plus irritants du paysage français : Kad Mérad et Franck Dubosc.


L'absence d'imagination de Dominique Farrugia se retrouve dans le synopsis : on nous rebalance la thématique de la seconde chance, qu'on a notamment déjà vue dans Peggy Sue s'est mariée ou tout récemment dans Camille redouble. Mérad et Dubosc sont donc renvoyés à leurs années d'adolescence. L'occasion de corriger ce qui ne leur plaît pas dans leurs vies d'adultes, mais aussi de renouer avec ceux qu'ils ont perdu.

Si on fait abstraction de l'humour forcément un peu lourd, des facilités un peu grotesques (le passage en animation pour éviter de reconstituer le Paris de l'époque), on est finalement assez surpris de la tendresse du film pour ses personnages. Les événements sont convenus, mais finalement assez touchants, tant dans la relation entre Dubosc et Darmon que dans l'amour intact de Mérad pour son épouse alors toute jeune.

Cela reste évidemment très moyen, rarement drôle et jamais original, mais certains passages sont assez réussis pour ne pas trop avoir l'impression d'avoir perdu son temps. Enfin, un peu quand même...

Note : 3/10


lundi 30 décembre 2013

Le Grand méchant loup


Titre : Le Grand méchant loup
Réalisateur : Nicolas Charlet, Bruno Lavaine
Acteurs : Benoît Poelvoorde, Kad Merad, Fred Testot
Date de sortie en France : 10 juillet 2013
Genre : comédie

Synopsis : 
Il était une fois trois frères qui vivaient heureux. Du moins le pensaient-ils. Un jour leur maman eut un accident. Alors Henri, Philippe et Louis se mirent à se questionner sur le sens de leur vie. Une grande vague de doutes pour ces quarantenaires versaillais sans histoire, qui suffit à leur faire entrouvrir la porte à l'inédit, à l'interdit, à l'aventure... au Grand Méchant Loup !

Avis : 
Remake du film québecois Les 3 p'tits cochons, Le Grand méchant loup est une adaptation très libre du célèbre conte traditionnel. Dans le rôle des trois petits cochons, trois frères, Henri (Fred Testot) et sa maison de paille, Philippe (Benoït Poelvoorde) et sa maison de bois, et Louis, le plus âgé, et sa maison de briques. Dans celui du grand méchant loup, la crise de la quarantaine et la femme, incarnant la tentation de l'infidélité.


Dans cette comédie pas très fine, la principale attraction est évidemment Poelvoorde, dans un rôle rappelant par moments celui qu'il avait dans Podium, entre séduction et lâcheté. Souvent hilarant, l'acteur belge n'est concurrencé que par Fred Testot, lui aussi très drôle mais également plus attachant, un peu plus présenté en victimes que son compère. En revanche, Merad est une nouvelle fois décevant, se contentant de nous ressortir la même interprétation passe-partout dont il est coutumier...

Si l'on s'amuse régulièrement devant le film, on l'oublie néanmoins assez vite, les gags étant assez classiques, tout comme le déroulement de l'histoire. On pourra même y trouver quelques éléments gênants, comme la description générale des femmes, réduites au rang de bobonne dans la cuisine ou de chaudasse uniquement bonne à baiser et à détourner l'homme vertueux du droit chemin.

Bref, Le Grand méchant loup rejoint la longue liste de comédies françaises pas désagréables, mais aussi facultatives que vite oubliées malgré un Poelvoorde et un Testot en grande forme.

Note : 5,5/10