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vendredi 4 mars 2016

The Revenant


Titre :‭ ‬The Revenant
Réalisateur :‭ ‬Alejandro Gonzalez Iñarritu
Acteurs :‭ ‬Leonardo DiCaprio,‭ ‬Tom Hardy,‭ ‬Domhnall Gleeson
Date de sortie en France :‭ ‬26‭ ‬février‭ ‬2016
Genre :‭ ‬western,‭ ‬aventures

Synopsis :‭ 
Dans une Amérique profondément sauvage,‭ ‬le trappeur Hugh Glass est sévèrement blessé et laissé pour mort par un traître de son équipe,‭ ‬John Fitzgerald.‭ ‬Avec sa seule volonté pour unique arme,‭ ‬Glass doit affronter un environnement hostile,‭ ‬un hiver brutal et des tribus guerrières,‭ ‬dans une inexorable lutte pour sa survie,‭ ‬portée par un intense désir de vengeance.‭

Avis :
Le voilà donc, le film de la consécration pour Leonardo DiCaprio : après 3 nominations à l'Oscar du meilleur acteur, pour Aviator, Blood diamond et Le Loup de Wall Street (en plus de la nomination pour le meilleur rôle secondaire pour Gilbert Grape), l'acteur a enfin obtenu la statuette tant convoitée. Une récompense qui vient s'ajouter à l'Oscar du meilleur réalisateur obtenu, pour la seconde année consécutive (après Birdman), par Alejandro Gonzalez Iñarritu.


The Revenant s'inspire de l'histoire vraie de Hugh Glass, laissé pour mort après l'attaque d'un grizzly et qui parcourra 300 kilomètres en six semaines pour rejoindre la civilisation. Iñarritu va nous emmener dans l'Amérique sauvage du début du dix-neuvième siècle, dans le froid de l'hiver, dans des terres où le danger peut autant venir de la nature que de l'homme. A partir d'une histoire assez simple de vengeance et de survie, le réalisateur de Babel va nous offrir une épopée incroyablement intense.

D'une brutalité inouïe et d'un réalisme cru, The Revenant nous propose des scènes hallucinantes, comme l'attaque de l'ourse ou l'affrontement final, mais aussi un visuel magnifique, avec des paysages à couper le souffle. On est tout simplement transporté dans l'univers imaginé par Iñarritu, qui refuse toute concession, quitte à faire très mal, ou à se permettre quelques séquences oniriques superbes mais un peu gratuites. On relèvera aussi, évidemment, la qualité de l'interprétation : au-delà de l'immense performance de DiCaprio, on sera peut-être encore plus impressionné par Tom Hardy (Mad Max : fury road) particulièrement détestable.

On pardonnera facilement aux petites ficelles scénaristiques (Powaqa) : The Revenant est tout simplement une véritable expérience, d'une folle intensité, dont on ressort complètement lessivés. Une oeuvre à part, qui fera certainement date dans le cinéma, et dont l'audace a été justement récompensée par de multiples récompenses.

Note : 9.5/10


samedi 28 février 2015

Birdman (ou la surprenante vertu de l'ignorance)


Titre : Birdman (ou la surprenante vertu de l'ignorance) (Birdman or the unexpected virtue of ignorance)
Réalisateur : Alejandro Gonzalez Iñarritu
Acteurs : Michael Keaton, Zach Galifianikis, Edward Norton
Date de sortie en France : 25 février 2015
Genre : drame, comédie

Synopsis : 
À l’époque où il incarnait un célèbre super-héros, Riggan Thomson était mondialement connu. Mais de cette célébrité il ne reste plus grand-chose, et il tente aujourd’hui de monter une pièce de théâtre à Broadway dans l’espoir de renouer avec sa gloire perdue. Durant les quelques jours qui précèdent la première, il va devoir tout affronter : sa famille et ses proches, son passé, ses rêves et son ego… S’il s’en sort, le rideau a une chance de s’ouvrir...

Avis : 
Grand gagnant de la cérémonie des Oscars 2015, Birdman met en scène Michael Keaton dans le rôle d’un acteur en bout de course, uniquement reconnu pour son interprétation d’un super-héros il y a bien longtemps et qui tente maintenant de prouver ses talents d’interprétation. Bref, un rôle qui résonne comme une véritable mise en abîme quand on regarde la carrière de celui qui reste attaché aux yeux du public à son rôle de Batman dans les films de Tim Burton il y a maintenant 25 ans.


 Le film d’Alejandro Gonzales Iñarritu (Babel) va d’ailleurs tourner en dérision les mécanismes Hollywoodiens actuels, notamment en montrant comment un acteur peut être oublié, ou relié à un unique rôle par le public et les médias, pendant que leur entourage se déchire et que d’autres acteurs doués se contentent d’apparaître dans des blockbusters… dans des films qui ont fait la gloire de Thomson / Kilmer il y a si longtemps. On sent même l’ironie se déplacer vers ces retours, vingt ans après, de certains personnages (les Expendables et compagnie) avec cette tentation omniprésente d’accepter de porter à nouveau le costume du Birdman pour un nouveau volet.

Devant la mise en scène étourdissante d’Iñarritu, le casting s’en donne à cœur joie, singeant avec beaucoup plus de finesse que le Maps tothe stars de Cronenberg les relations entre vedettes et leurs petits caprices. Edward Norton est ainsi parfait dans le rôle de cet acteur surdoué et prétentieux, capable de ruiner le travail de ses collègues pour un simple détail. Il ne vole cependant pas la vedette à Keaton, méconnaissable et impressionnant dans un rôle qui semble avoir été fait pour lui.


Birdman est ainsi un film jubilatoire, démontant avec un cynisme joyeux les mécanismes du cinéma actuel, et offrant à Michael Keaton un rôle fantastique pendant qu’Iñarritu joue les virtuoses avec sa caméra, flottant e dansant autour de ses personnages dans quelques plans magnifiques. Un Oscar du meilleur film pleinement mérité ! 

Note : 9/10


mercredi 21 mai 2014

Babel


Titre : Babel
Réalisateur : Alejandro Gonzalez Iñarritu
Acteurs : Brad Pitt, Cate Blanchett, Gael Garcia Bernal
Date de sortie en France : 15 novembre 2006
Genre : drame

Synopsis : 
En plein désert marocain, un coup de feu retentit. Il va déclencher toute une série d'événements qui impliqueront un couple de touristes américains au bord du naufrage, deux jeunes Marocains auteurs d'un crime accidentel, une nourrice qui voyage illégalement avec deux enfants américains, et une adolescente japonaise rebelle dont le père est recherché par la police à Tokyo. Séparés par leurs cultures et leurs modes de vie, chacun de ces quatre groupes de personnes va cependant connaître une même destinée d'isolement et de douleur...

Avis : 
Troisième volet d'une trilogie, après Amours chiennes et 21 grammes, Babel raconte donc le destin de quatre familles que rien, ou presque ne rapproche : Ahmed et Youssef sont deux enfants marocains ; Susan et Richard, un couple d'Américains ; Amélia, une nourrice mexicaine ; Chieko, une adolescente japonaise sourde... Quatre histoires pourtant liées, de façon plus ou moins évidentes, et toutes marquées par les préjugés et l'importance du regard de l'autre...


Avouons-le d'emblée : des quatre itinéraires, seuls les deux les plus étroitement liés, ceux des jeunes marocains et du couple américain, seront vraiment passionnants. On y ressent vraiment cette sensation de hasard malheureux, de petite maladresse aux terribles conséquences, mais aussi le choc des cultures, la force des a priori,  le couple Pitt-Blanchett étant abandonné dans une village perdu au milieu de nulle part par des compagnons craignant d'être pris en otage par des terroristes...

A côté de ces deux histoires passionnantes et tragiques, celles se déroulant au Mexique (avec les deux enfants du couple américain) et au Japon (sans véritable lien avec les autres) manquent clairement d'impact. Les personnages sont beaucoup moins attachants, voire même totalement antipathiques, et on s'ennuie royalement à chacune de leurs apparitions malgré une interprétation de qualité : on retrouve notamment Gael Garcia Bernal (La Mauvaise éducation, No) ou Rinko Kikuchi (Pacific Rim, 47 ronin).

Ces passages allongent considérablement la durée d'un film qui devient ainsi pénible à suivre par moments. 2h15 inégales donc, dont on retiendra surtout tout ce qui se déroule au Maroc à travers deux histoires passionnantes et très fortes, tandis que tout le reste est bien moins réussi, et surtout relié à l'histoire du couple de façon très artificielle, comme si l'ajout avait été forcé...

Note : 7/10