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vendredi 20 mars 2015

The Voices


Titre: The Voices
Réalisateur : Marjane Satrapi
Acteurs : Ryan Reynolds, Gemma Arterton, Anna Kendrick
Date de sortie en France : 11 mars 2015
Genre : comédie

Synopsis : 
Jerry vit à Milton, petite ville américaine bien tranquille où il travaille dans une usine de baignoires. Célibataire, il n’est pas solitaire pour autant dans la mesure où il s’entend très bien avec son chat, M. Moustache, et son chien, Bosco. Jerry voit régulièrement sa psy, aussi charmante que compréhensive, à qui il révèle un jour qu’il apprécie de plus en plus Fiona - la délicieuse Anglaise qui travaille à la comptabilité de l’usine. Bref, tout se passe bien dans sa vie plutôt ordinaire - du moins tant qu’il n’oublie pas de prendre ses médicaments...

Avis : 
Après Persépolis et Poulet aux prunes, Marjane Satrapi s'exile aux Etats-Unis et change de registre avec une comédie très noire, avec Ryan Reynolds (Captives, Buried) dans le rôle principal, celui d'une personne mentalement instable qui va, bien malgré lui, devenir un terrible tueur en série, bien encouragé par les conseils de... son chat.


C'est d'ailleurs là l'idée de base (la seule idée ?) du film : Jerry est harcelé par ses animaux de compagnie qui lui donnent des conseils et jugent le moindre de ses faits et gestes, le chien représentant la voix du bien tandis que M. Moustache incarne le mal. Cela donne quelques échanges très drôles, où la méchanceté et la vulgarité du félin font des merveilles. L'artifice finit hélas par tourner un peu en rond, d'autant qu'il devient rapidement le seul point d'intérêt d'un film qui ne vole par ailleurs pas bien haut.

Car si le film est parfois amusant, notamment lors du premier meurtre de Jerry, il faiblit très vite et on finit par s'ennuyer devant un film peinant à trouver son rythme et son ton, entre l'aspect dramatique de la maladie mentale et la farce noire malheureusement un peu retenue. On se retrouve ainsi devant un film un peu bancal, dont les maladresses sont cristallisées par un Ryan Reynolds toujours aussi moyen...

Si vous voulez voir beaucoup d'humour noir, préférez donc Les Nouveaux sauvages : le film de Marjane Satrapi ne vaut finalement la peine que pour de trop rares séquences, principalement lorsque Jerry parle avec ses animaux. Petite déception donc pour un film qui n'exploite pas assez sa formidable idée de base.

Note : 4/10


lundi 3 février 2014

En vrac 2013

Voilà donc, en vrac, plusieurs films qui n'ont pas fait l'objet d'une fiche unique sur ce blog, généralement parce que je n'avais pas assez de choses à en dire, que le film ne m'inspirait pas assez.

20 ans d'écart, de David Moreau, avec Virgina Efira, Pierre Niney...
Une énième comédie sentimentale à la française, avec pour unique originalité la mode de la "femme couguar". Pas désagréable à regarder, mais bien trop convenu pour être mémorable...

A la Merveille (To the Wonder), de Terence Malick, avec Ben Affleck, Olga Kurylenko, Javier Bardem...
Je suis resté un peu le cul entre deux chaises face à ce film, où Malick tente de laisser s'exprimer au maximum les sentiments, quitte à perdre le spectateur en chemin...mais nous impose en permanence les pensées de ses personnages, leur enlevant quasiment tout mystère. Trop ou pas assez radical, A la Merveille est finalement simplement bancal.

Les Apaches, de Thierry de Peretti, avec François-Joseph Culioli, Aziz El Haddachi, Hamza Meziani...
Un film assez glaçant sur la violence en Corse, et sur la façon dont un simple doute peut avoir des conséquences dramatique. On retiendra notamment une virée nocturne interminable et tétanisante, une des scènes les plus marquantes de l'année.

Blue Jasmine, de Woody Allen, avec Cate Blanchett, Alec Baldwin, Sally Hawkins...
Entièrement porté par l'interprétation sublime de Cate Blanchett, le dernier Woody Allen n'a en fait pas vraiment d'autre qualité, et offre notamment une énorme impression de déjà-vu dans le parcours de cette femme accroc aux signes extérieurs de richesse.


Frances Ha, de Noah Baumbach, avec Greta Gerwig...
Beaucoup d'énergie et un vrai sens de l'à-propos pour le portrait de cette jeune artiste désoeuvrée vivant au jour le jour, au fil de ses rencontres et mésaventures. Un film qui laisse un grand sourire pendant toute sa durée, et encore bien après.

Le Géant égoïste, de Clio Barnard, avec Conner Chapman, Shaun Thomas...
Un conte à la Dickens, relatant l'histoire de deux gamins tentant de se débrouiller dans la friche industrielle du nord de l'Angleterre. Une très belle histoire d'amitié doublée d'un drame poignant, où l'innocence de ces enfants se heurte à la réalité du monde des adultes, manipulateurs, menteurs et profiteurs. Une des belles surprises de l'année.

La Grande bellezza, de Paolo Sorrentino, avec Toni Servillo, Carlo Verdone...
Une plongée façon "syndrome de Stendhal" dans la Rome décadente des artistes repliés sur eux-mêmes, rappelant furieusement le cinéma de Fellini. Sans doute l'un des films les plus aboutis techniquement de l'année, et avec un Toni Servillo magnifique dont certains monologues sont d'un sublime cynisme. Très étrangement, on en ressort aussi déprimé qu'euphorique, épuisé par des scènes de fêtes à la démesure épuisante.

The Immigrant, de James Gray, avec Marion Cotillard, Joaquin Phoenix, Jeremy Renner...
Une belle coquille vide. Si la réalisation et l'aspect visuel rappellent certains grands classiques du cinéma, le film de James Gray tourne malheureusement à vide, son scénario ne proposant rien malgré un Joaquin Phoenix comme toujours parfait.

 Je suis supporter du Standard, de et avec Riton Liebman, avec Léa Drucker, Samir Guesmi...
L'idée de traiter le football comme une véritable addiction est formidable, et donne lieu à quelques scènes cocasses (la purge, la rechute, le test de dépendance), mais peine à remplir un film qui ne va jamais plus loin que ses fulgurances humoristiques.

Jobs, de Joshua Michael Stern, avec Ashton Kutcher, Dermot Mulroney...
L'ascension de Steve Jobs, campé par un Ashton Kutcher dont la ressemblance est parfois troublante. Ce biopic s'adresse néanmoins à un public connaissant déjà le parcours de Jobs, utilisant de nombreux raccourcis plombant parfois le rythme d'un récit peu passionnant.

 The Lunchbox, de Ritesh Batra, avec Irrfan Khan, Nimrat Kaur...
Une romance assez originale, rappelant les premiers émois d'adolescents apprenant à se découvrir par courriers. Un joli film, qui évite de sombrer dans la facilité, et qui est aussi touchant que drôle grâce à une belle sobriété et une belle pudeur.

Magic, magic, de Sebastian Silva, avec Michael Cera, Juno Temple...
Un thriller étonnant, qui nous emmène aux confins de la folie avec le personnage interprété par Juno Temple, perdue dans un environnement qui lui est étranger, au milieu de quasi-inconnus. Les barrières de sa réalité s'effacent peu à peu pour l'enferme dans un monde imaginaire, à l'insu de ses camarades, donnant une ambiance très étouffante à certaines scènes.

Mystery, de Lou Ye, avec Hao Lei, Qin Hao, Qi Xi...
Plutôt moyen, ce thriller chinois se perd peu à peu en essayant de brouiller les pistes, gâchant un peu le drame familial et social de ces femmes trahies par le même homme, l'une acceptant la situation, l'autre ne la supportant pas. Cela suffisait amplement, sans avoir finalement besoin d'ajouter cette touche de "mystère" finalement très artificielle...


Song for Marion, de Paul Andrew Williams, avec Terence Stamp, Vanessa Redgrave, Gemma Arterton...
Un joli film, très pudique, sur le deuil et le travail de mémoire d'un vieux bougon devenu veuf depuis peu. Quelques scènes sublimes, d'autres très drôles (le groupe chantant du hard rock), et un couple d'acteurs vraiment touchants.


Spring breakers, de Harmony Korine, avec James Franco, Selena Gomez, Vanessa Hudgens...
On attendait un film un peu sulfureux ou subversif. On a finalement eu un film légèrement acidulé, comme une friandise pour adolescente, où Korine tente de mettre en abîme la vacuité de ses personnages par la vacuité de son scénario. Vain.

Upside down, de Juan Solanas, avec Kirsten Dunst, Jim Sturgess...
Un univers visuellement sublime, au service d'une romance impossible façon Roméo & Juliette. Rien de bien nouveau donc, malgré quelques images magnifiques.

mercredi 15 janvier 2014

Byzantium


Titre : Byzantium
Réalisateur : Neil Jordan
Acteurs : Gemma Arterton, Saoirse Ronan, Caleb Landry Jones
Date de sortie en France : 2 janvier 2014 (DVD)
Genre : fantastique, drame

Synopsis : 
Dans une petite ville côtière, deux jeunes femmes aussi séduisantes que mystérieuses débarquent de nulle part. Clara fait la connaissance de Noel, un solitaire, qui les recueille dans sa pension de famille déserte, le Byzantium. Eleanor, étudiante, rencontre Frank, en qui elle voit une âme sœur. Bientôt, elle lui révèle leur sombre secret… Eleanor et Clara sont nées voilà plus de deux siècles et survivent en se nourrissant de sang humain. Trop de gens vont finir par l’apprendre pour que leur passage dans la ville n’ait aucune conséquence sanglante…

Avis : 
En 1994, Neil Jordan réalisait Entretien avec un vampire, un film de vampires horriblement ringard et ennuyeux avec Brad Pitt, Tom Cruise ou encore Kirsten Dunst. Vingt ans plus tard, il s'intéresse de nouveau aux buveurs de sang avec ce Byzantium, mettant en scène Gemma Arterton (Hansel & Gretel : witch hunters, Song for Marion), Saoirse Ronan (Lovely bones, Les Âmes vagabondes) et Caleb Landry Jones (Antiviral). Bref, ça n'annonçait rien de bon...


Et sans surprise, on se retrouve une nouvelle fois devant un film plutôt chiant et poseur, dont le déroulement extrêmement balisé n'est que le plus gros défaut d'un film sans relief, sans intensité, et sans grand intérêt. Nous avons donc les deux vampires, l'une acceptant et appréciant son statut, se nourrissant de ses victimes sans regret, l'autre souffrant de la solitude que cela entraîne et ne tuant que des personnes consentantes, à l'article de la mort. Un duo d'une mortelle banalité donc, même si Neil Jordan joue à fond la carte du sex-appeal de Gemma Arterton, contrainte de travailler comme strip-teaseuse ou comme prostituée pour subsister.

Comme si cela ne suffisait pas, on nous balance aussi une sombre histoire de confrérie de vampires, où les femmes sont interdites, et une histoire d'amour entre la mélancolique Saoirse Ronan et le mourant Caleb Landry Jones. Le film ne recule devant aucune ficelle, et nous la joue même Highlander pour un final franchement grotesque. Finalement, tout ce qu'on retient de ce Byzantium est sa réalisation, très soignée, qui nous offre quelques superbes séquences comme celle de la cascade de sang. Du moins, la première fois qu'on la voit, car l'effet semble avoir tellement plu à Neil Jordan qu'on y a droit plusieurs fois, ce qui en détruit totalement la magie.

Bref, s'il n'est pas aussi ringard que Entretien avec un vampire, Byzantium reste une nouvelle variation du thème du vampire (sans crocs, sans crainte du soleil, mais avec reflet dans le miroir) sans grand intérêt, qui ne vole finalement pas beaucoup plus haut que la saga Twilight. A oublier rapidement donc...

Note : 2,5/10