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lundi 27 octobre 2014

Sin City : j'ai tué pour elle


Titre : Sin City : j'ai tué pour elle (Si City : a dame to kill for)
Réalisateur : Robert Rodriguez, Frank Miller
Acteurs : Eva Green, Josh Brolin, Jessica Alba
Date de sortie en France : 17 septembre 2014
Genre : thriller, drame

Synopsis : 
Dans une ville où la justice est impuissante, les plus désespérés réclament vengeance, et les criminels les plus impitoyables sont poursuivis par des milices. Marv se demande comment il a fait pour échouer au milieu d'un tas de cadavres. Johnny, jeune joueur sûr de lui, débarque à Sin City et ose affronter la plus redoutable crapule de la ville, le sénateur Roark. Dwight McCarthy vit son ultime face-à-face avec Ava Lord, la femme de ses rêves, mais aussi de ses cauchemars. De son côté, Nancy Callahan est dévastée par le suicide de John Hartigan qui, par son geste, a cherché à la protéger. Enragée et brisée par le chagrin, elle n'aspire plus qu'à assouvir sa soif de vengeance. Elle pourra compter sur Marv…

Avis : 
9 ans après le premier Sin City, superbe adaptation du comic book de Frank Miller à l'univers visuel fantastique, Robert Rodriguez nous en livre une "suite" (certains chapitres se déroulent avant le premier, d'autres viennent après), s'associant avec Miller derrière la caméra. Une longue absence pendant laquelle Rodriguez aura eu tout le loisir de nous révéler les limites les plus mauvaises (enfin, on l'espère...) de son exploitation de l'exploitation avec l'immonde Machete kills, pendant que l'auteur avait inspiré des adaptations bien moins inspirées de ses oeuvres, notamment avec 300 : la naissance d'un empire.


Ce ne sera ainsi pas une véritable surprise : J'ai tué pour elle est à des lieues de la qualité du premier volet. Histoires moins intéressantes, personnages beaucoup moins marquants (alors que beaucoup d'entre eux sont les mêmes que dans le premier volet), dialogues moins inspirés et surtout un visuel à la ramasse. Plus qu'une suite à Sin City, on a en fait l'impression d'en regarder un produit dérivé où chaque élément aurait été pillé et reproduit sans imagination et avec bien moins de talent.

Tout ce que le premier film avait de jubilatoire devient ainsi vulgaire et plat, malgré les tentatives désespérées pour s'accrocher aux branches en nous livrant un casting de premier ordre (Brolin, Green, Gordon-Levitt, Lloyd viennent notamment s'ajouter aux acteurs que l'on vyait déjà dans le premier opus) et nous jetant en pâture une Eva Green dont le seul talent est apparemment de se foutre à poil. Le résultat n'est pas forcément désagréable, bien qu'encore une fois, les segments soient inégaux, mais le film n'a jamais autant d'impact que son aîné.

Sin City : j'ai tué pour elle est donc une suite décevante, livrant un sous-produit du premier dont on aurait enlevé tout le sel pour n'en garder que les éléments les plus racoleurs. Même l'élément le plus remarquable de Sin City, le visuel, est ici complètement bâclé, nous éjectant purement et simplement de l'univers si particulier du premier film pour une impression bien plus classique... Finalement, seule l'affiche avec Eva Green vaudra véritablement le détour pour un nouveau raté dans les filmographies de Rodriguez et de Miller...

Note : 3/10


jeudi 10 avril 2014

Sin City


Titre : Sin City
Réalisateur : Robert Rodriguez
Acteurs : Bruce Willis, Mickey Rourke, Jessica Alba
Date de sortie en France : 1er juin 2005
Genre : thriller

Synopsis : 
Sin City est une ville infestée de criminels, de flics ripoux et de femmes fatales. Hartigan s'est juré de protéger Nancy, une strip-teaseuse qui l'a fait craquer. Marv, un marginal brutal mais philosophe, part en mission pour venger la mort de son unique véritable amour, Goldie. Dwight est l'amant secret de Shellie. Il passe ses nuits à protéger Gail et les filles des bas quartiers de Jackie Boy, un flic pourri, violent et incontrôlable. Certains ont soif de vengeance, d'autres recherchent leur salut. Bienvenue à Sin City, la ville du vice et du péché. 

Avis : 
Auteur des comics Sin City, Frank Miller avait toujours été contre une adaptation au cinéma, estimant que l'univers graphique de son oeuvre était impossible à retranscrire au cinéma. Il faudra que Robert Rodriguez,le réalisateur d'Une nuit en Enfer et grand fan du comic, lui montre ce qu'il comptait faire, à travers une scène qui deviendra l'introduction du film, pour que Miller accepte de voir son film porté à l'écran.
 

Et s'il faut bien reconnaître une chose à Sin City, c'est qu'il respecte scrupuleusement le visuel du comic, reprenant certaines images à l'identique, et reprenant surtout le noir et blanc presque intégral du support d'origine. Le résultat à l'écran est bluffant, et même beaucoup plus lisible et fluide que ce qu'on avait parfois du mal à déchiffrer dans l'oeuvre de Miller. Il permet également de stylise et d'atténuer la violence, omniprésente, et de mettre l'accent sur certains éléments, comme évidemment la couleur du Yellow Bastard.

Divisé en trois histoires, celles de Marv, de Dwight et de Hartigan, le film est un excellent divertissement, même si l'on regrettera que l'histoire du milieu, avec les prostituées, soit clairement en-dessous, tant au niveau du rythme que du scénario. En revanche, on accrochera particulièrement au segment de Marv, superbement interprété par Mickey Rourke (The Wrestler), notamment grâce à l'ambiance très glauque du passage chez Kevin (terrifiant Elijah Wood), et au segment mettant en scène Bruce Willis dans le rôle d'Hartigan, avec la superbe Jessica Alba à ses côtés.

Remarquable adaptation du comic de Frank Miller, Sin City propose un visuel formidable au service d'un film très violent et cru, et met en scène un casting formidable. Dommage que le second segment soit vraiment moins bon que les deux autres, ce qui empêche le film de Robert Rodriguez d'être un plaisir absolu. Attendons maintenant la suite, avec Sin City : j'ai tué pour elle qui devrait sortir cet été.

Note : 8/10


jeudi 26 décembre 2013

Machete kills


Titre : Machete kills
Réalisateur : Robert Rodriguez
Acteurs : Danny Trejo, Mel Gibson, Michelle Rodriguez
Date de sortie en France : 2 octobre 2013
Genre : action

Synopsis : 
Le président des Etats-Unis confie une mission suicide à Machete : sauver le pays d'un redoutable chef de cartel mexicain, qui menace d'envoyer un missile nucléaire sur le sol américain.

Avis : 
Les derniers films de Robert Rodriguez, c'est un peu l'équivalent cinématographique d'un ami pétomane ou enclin à vous assassiner d'un lapidaire "dans ton cul" quand, baissant votre garde, vous oubliez qu'il ne faut jamais débuter une question par "où" en sa présence. C'est gras et stupide, mais c'est assez amusant au début. Puis de moins en moins, jusqu'à devenir franchement lourd, indigeste, jusqu'à même provoquer une certaine honte à l'idée d'être surpris avec. Et si cela arrache parfois un sourire, au détour d'un timing impeccable ou d'une situation improbable, il faut bien le dire : on en a marre.


Car après le projet Grindhouse avec Tarantino, Rodriguez n'a pas su s'arrêter. Sa fausse bande-annonce de Machete a fait un carton ? Il en fait un film, qui ne remplira jamais les promesses entrevues, se limitant à un film sympathique mais qu'on ne verra pas une seconde fois. Plein de bonnes idées, le réalisateur annonçait de façon amusante deux suites à la fin du film. Seul problème, ce qui n'était qu'un clin d'oeil sympathique au cinéma d'exploitation est devenu un film. Et on tremble d'avance à l'idée de voir la bande-annonce de Machete kills again...in space ! se transformer en véritable film. 

Car avec Machete kills, Rodriguez est déjà proche du fond. Entre médiocrité et opportunisme, il se contente d'aligner les scènes faussement anthologiques mettant en scène un Danny Trejo plus pachydermique que jamais (on le préférera largement dans les publicités Old el paso) au milieu de guest-stars sentant déjà le réchauffé : si Mel Gibson amuse un peu la galerie, Amber Heard, Lady Gaga, Cuba Gooding Jr., Charlie Sheen, Antonio Banderas et les autres ne servent à rien et ancrent un peu plus le film dans le néant. 

Rodriguez a beau se démener, tenter d'insuffler de l'énergie à son oeuvre en multipliant les rebondissements, en coupant le plus possible dans son scénario prétexte, rien n'y fait : Machete kills lasse très rapidement, et chaque tentative ressemble au dernier spasme d'agonie d'un animal mourant. Rarement drôle, chiant, lourd, indigeste et prétentieux, il ne réussit finalement à rendre hommage au cinéma grindhouse que par sa capacité à creuser toujours plus dans la médiocrité et par un opportunisme crétin à toute épreuve, ce qui est en soi presque une performance remarquable...

Note : 2,5/10