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jeudi 26 décembre 2013

Machete kills


Titre : Machete kills
Réalisateur : Robert Rodriguez
Acteurs : Danny Trejo, Mel Gibson, Michelle Rodriguez
Date de sortie en France : 2 octobre 2013
Genre : action

Synopsis : 
Le président des Etats-Unis confie une mission suicide à Machete : sauver le pays d'un redoutable chef de cartel mexicain, qui menace d'envoyer un missile nucléaire sur le sol américain.

Avis : 
Les derniers films de Robert Rodriguez, c'est un peu l'équivalent cinématographique d'un ami pétomane ou enclin à vous assassiner d'un lapidaire "dans ton cul" quand, baissant votre garde, vous oubliez qu'il ne faut jamais débuter une question par "où" en sa présence. C'est gras et stupide, mais c'est assez amusant au début. Puis de moins en moins, jusqu'à devenir franchement lourd, indigeste, jusqu'à même provoquer une certaine honte à l'idée d'être surpris avec. Et si cela arrache parfois un sourire, au détour d'un timing impeccable ou d'une situation improbable, il faut bien le dire : on en a marre.


Car après le projet Grindhouse avec Tarantino, Rodriguez n'a pas su s'arrêter. Sa fausse bande-annonce de Machete a fait un carton ? Il en fait un film, qui ne remplira jamais les promesses entrevues, se limitant à un film sympathique mais qu'on ne verra pas une seconde fois. Plein de bonnes idées, le réalisateur annonçait de façon amusante deux suites à la fin du film. Seul problème, ce qui n'était qu'un clin d'oeil sympathique au cinéma d'exploitation est devenu un film. Et on tremble d'avance à l'idée de voir la bande-annonce de Machete kills again...in space ! se transformer en véritable film. 

Car avec Machete kills, Rodriguez est déjà proche du fond. Entre médiocrité et opportunisme, il se contente d'aligner les scènes faussement anthologiques mettant en scène un Danny Trejo plus pachydermique que jamais (on le préférera largement dans les publicités Old el paso) au milieu de guest-stars sentant déjà le réchauffé : si Mel Gibson amuse un peu la galerie, Amber Heard, Lady Gaga, Cuba Gooding Jr., Charlie Sheen, Antonio Banderas et les autres ne servent à rien et ancrent un peu plus le film dans le néant. 

Rodriguez a beau se démener, tenter d'insuffler de l'énergie à son oeuvre en multipliant les rebondissements, en coupant le plus possible dans son scénario prétexte, rien n'y fait : Machete kills lasse très rapidement, et chaque tentative ressemble au dernier spasme d'agonie d'un animal mourant. Rarement drôle, chiant, lourd, indigeste et prétentieux, il ne réussit finalement à rendre hommage au cinéma grindhouse que par sa capacité à creuser toujours plus dans la médiocrité et par un opportunisme crétin à toute épreuve, ce qui est en soi presque une performance remarquable...

Note : 2,5/10


dimanche 20 octobre 2013

Le Majordome


Titre : Le Majordome (Lee Daniels' The Butler)
Réalisateur : Lee Daniels
Acteurs : Forest Whitaker, Oprah Winfrey, David Oyewolo
Date de sortie en France : 11 septembre 2013
Genre : biopic

Synopsis : 
Le jeune Cecil Gaines, en quête d'un avenir meilleur, fuit, en 1926, le Sud des États-Unis, en proie à la tyrannie ségrégationniste. Tout en devenant un homme, il acquiert les compétences inestimables qui lui permettent d’atteindre une fonction très convoitée : majordome de la Maison-Blanche. C'est là que Cecil devient, durant sept présidences, un témoin privilégié de son temps et des tractations qui ont lieu au sein du Bureau Ovale.

Avis : 
 Inspiré de la vie de Eugene Allen, majordome à la Maison Blanche pendant 34 ans, Le Majordome nous détaille la vie d'un Noir et de sa famille tout au long du vingtième siècle, d'une plantation de coton en Géorgie dans les années 20, où il assistera au viol de sa mère et au meurtre de son père, jusqu'à l'élection de Barack Obama en 2008. Un parcours qui lui permettra de rencontrer plusieurs Présidents, tout en étant un témoin privilégié de l'évolution des droits des Noirs aux Etats-Unis.


Croisant ainsi Dwight David Eisenhower (Robin Williams), John Fitzgerald Kennedy (James Marsden), Lyndon B. Johnson (Liev Schreiber), Richard Nixon (John Cusack) ou encore Ronald Reagan (Alan Rickman), il va ainsi assister de près à certaines décisions, évoquant parfois directement la situation raciale du pays avec eux. Il verra ainsi l'envers d'un décor auquel participeront ses fils : si le plus jeune décidera d'aller combattre au Vietnam, l'aîné sera un fervent militant de la cause Noire, étant régulièrement emprisonné, participant à des sit-in, subissant une violente attaque de Ku Klux Klan et rejoignant les Black Panthers après l'assassinat de Martin Luther King.

Le Majordome offre ainsi deux regards sur l'histoire récente des Etats-Unis, étroitement liée à l'évolution de la famille de Cecil Gaines, l'image d'un Forrest Gump. Le film nous réserve quelques scènes parfois très fortes (l'attaque du Bus de la liberté) ou particulièrement poignantes, notamment au travers des liens entre le personnage interprété par Forest Whitaker, toujours impeccable, et son fils, en conflit permanent alors qu'ils poursuivent, de façon radicalement différente, les mêmes idéaux. On notera d'ailleurs la qualité du casting, d'une Oprah Winfrey impressionnante à des seconds rôles prestigieux (outre les acteurs interprétant les différents présidents, on croisera Jane Fonda, Lenny Kravitz, Cuba Gooding Jr., Mariah Carey, Vanessa Redgrave ou encore Terence Howard).

S'il n'évite pas toujours un ton moralisateur, Le Majordome est un très bon film, retraçant à l'image de Forrest Gump un pan de l'histoire des Etats-Unis à travers les yeux d'un personnage simple confronté à des événements historiques majeurs, dans la peau duquel Forest Whitaker fait, comme souvent, des merveilles.

Note : 7,5/10