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lundi 6 février 2017

Resident Evil


Titre : Resident Evil
Réalisateur : Paul W.S. Anderson
Acteurs : Milla Jovovich, Michelle Rodriguez, Eric Mabius
Date de sortie en France : 3 avril 2002
Genre : horreur, action

Synopsis : 
 Dans un immense laboratoire souterrain, ont lieu des recherches ultras secrètes, supervisées par des centaines de scientifiques. Lorsque l'alarme retentit, tout le monde croit à une simple simulation d'évacuation. Mais bientôt, l'horreur les rattrape. Un virus hautement mortel se propage à un rythme effréné dans les couloirs : en quelques minutes, il met fin à toute vie humaine. Au même moment, Alice se réveille dans un somptueux manoir.

Avis : 
  L'adaptation des jeux Resident Evil au cinéma est presque un cas d'école. D'un côté, une série de jeux vidéo dont les premiers volets font l'objet d'un véritable culte, et de l'autre une saga cinématographique qui multiplie les navets et affiche le mépris le plus total pour le joueur d'une licence dont elle est pourtant bien contente de reprendre le nom. Difficile d'imaginer ce que serait devenue la saga entre les mains de George Romero, mais on a assez pleuré à ce sujet : revenons donc sur ce que Paul W.S. Anderson (Mortal Kombat, Event Horizon) et sa clique dont fait subir à un matériau de base pourtant si prometteur.


 Tout le monde le sait désormais : Resident Evil n'est pas, ou si peu, une adaptation du jeu vidéo. De l'exploration effrayante dans un manoir, où chaque créature pouvait devenir une menace, nous passons à un film d'action bien ringard dans un immense complexe scientifique, avec pour seuls liens quelques noms de lieux (Raccoon City) et de virus (le virus T), et quelques clins d'oeil destinés à donner le change. Pourquoi pas, après tout : une adaptation peut être excellente tout en s'écartant du média de base.

Hélas, ce n'est pas le cas de ce Resident Evil, qui réunit tout ce que l'on pouvait de plus ringard dans le cinéma d'action des années 90. Problème : le film date de 2002. Une époque où le bullet-time est déjà ringard, où les poses iconiques et les répliques couillues ne peuvent plus fonctionner au premier degré, où l'on demande un peu plus à des acteurs qu'un regard hagard (Milla Jovovich, exceptionnelle de non-présence) ou des sourcils froncés (Michelle Rodriguez, apparemment constipée pendant tout le film).

Adaptation ratée et mauvais film d'action : ce premier Resident Evil est un échec total, à peine sauvé par quelques plans réussis (la dernière image, avec ce travelling arrière nous faisant découvrir le chaos dans Raccoon City, est formidable) et lorgnant directement sur le travail de... Romero. Hélas, ce n'était que le début : dès 2004, nous assisterons au viol en réunion de la saga avec Resident Evil : Apocalypse, qui choisit sciemment de se mettre les fans à dos...

Note : 3/10

jeudi 26 décembre 2013

Machete kills


Titre : Machete kills
Réalisateur : Robert Rodriguez
Acteurs : Danny Trejo, Mel Gibson, Michelle Rodriguez
Date de sortie en France : 2 octobre 2013
Genre : action

Synopsis : 
Le président des Etats-Unis confie une mission suicide à Machete : sauver le pays d'un redoutable chef de cartel mexicain, qui menace d'envoyer un missile nucléaire sur le sol américain.

Avis : 
Les derniers films de Robert Rodriguez, c'est un peu l'équivalent cinématographique d'un ami pétomane ou enclin à vous assassiner d'un lapidaire "dans ton cul" quand, baissant votre garde, vous oubliez qu'il ne faut jamais débuter une question par "où" en sa présence. C'est gras et stupide, mais c'est assez amusant au début. Puis de moins en moins, jusqu'à devenir franchement lourd, indigeste, jusqu'à même provoquer une certaine honte à l'idée d'être surpris avec. Et si cela arrache parfois un sourire, au détour d'un timing impeccable ou d'une situation improbable, il faut bien le dire : on en a marre.


Car après le projet Grindhouse avec Tarantino, Rodriguez n'a pas su s'arrêter. Sa fausse bande-annonce de Machete a fait un carton ? Il en fait un film, qui ne remplira jamais les promesses entrevues, se limitant à un film sympathique mais qu'on ne verra pas une seconde fois. Plein de bonnes idées, le réalisateur annonçait de façon amusante deux suites à la fin du film. Seul problème, ce qui n'était qu'un clin d'oeil sympathique au cinéma d'exploitation est devenu un film. Et on tremble d'avance à l'idée de voir la bande-annonce de Machete kills again...in space ! se transformer en véritable film. 

Car avec Machete kills, Rodriguez est déjà proche du fond. Entre médiocrité et opportunisme, il se contente d'aligner les scènes faussement anthologiques mettant en scène un Danny Trejo plus pachydermique que jamais (on le préférera largement dans les publicités Old el paso) au milieu de guest-stars sentant déjà le réchauffé : si Mel Gibson amuse un peu la galerie, Amber Heard, Lady Gaga, Cuba Gooding Jr., Charlie Sheen, Antonio Banderas et les autres ne servent à rien et ancrent un peu plus le film dans le néant. 

Rodriguez a beau se démener, tenter d'insuffler de l'énergie à son oeuvre en multipliant les rebondissements, en coupant le plus possible dans son scénario prétexte, rien n'y fait : Machete kills lasse très rapidement, et chaque tentative ressemble au dernier spasme d'agonie d'un animal mourant. Rarement drôle, chiant, lourd, indigeste et prétentieux, il ne réussit finalement à rendre hommage au cinéma grindhouse que par sa capacité à creuser toujours plus dans la médiocrité et par un opportunisme crétin à toute épreuve, ce qui est en soi presque une performance remarquable...

Note : 2,5/10