dimanche 17 novembre 2013

The East


Titre : The East
Réalisateur : Zal Batmanglij
Acteurs : Brit Marling, Alexander Skarsgård, Ellen Page
Date de sortie en France : 10 juillet 2013
Genre : thriller

Synopsis : 
Ancien agent du FBI, Sarah Moss travaille désormais pour une agence de renseignement privée qui protège les intérêts de puissants hommes d’affaires. Elle reçoit pour mission d’infiltrer The East, un mystérieux groupuscule éco-terroriste qui s’attaque aux multinationales coupables de dissimuler leurs agissements criminels. Déterminée, ultra entraînée, Sarah parvient à s’intégrer au groupe malgré leur méfiance, et doit même participer à leur prochaine action. Mais plus elle vit avec les membres passionnés de The East, en particulier Benji, l’anarchiste, plus elle se sent écartelée entre les deux mondes et s’interroge sur elle-même…

Avis : 
En France, nous avions Le Pharmacien de garde, un film qui n'aura pas marqué les mémoires et dans lequel Vincent Pérez luttait contre les méchants capitalistes pollueurs à coups de cigarettes et de coccinelles kamikazes (!!!). A l'international, nous avons donc désormais The East, avec son groupe d'éco-terroristes bien décidés à appliquer une ligne directrice très simple : oeil pour oeil, empoisonnement pour empoisonnement.


Si le thème est intéressant, et que l'introduction fait illusion, on ne saura jamais vraiment où le film veut en venir : doit-on s'attacher au groupe, dont les motivations sont défendables, mais dont les méthodes sont contestables ? Difficile à dire, car ils nous sont présentés comme une bande de hippies un peu idiots (sauf quand ils doivent agir contre les multinationales, avec une efficacité un peu surnaturelle), mais on ne peut raisonnablement pas prendre parti pour les pollueurs. Cela donnera quelques scènes un peu irréelles, comme ce prise de conscience subite d'un homme d'affaires, tandis que le reste sera juste effleuré, comme la puissance de ces multinationales, capables de supprimer leurs ennemis ou les informations compromettantes en levant à peine le petit doigt.

En fait, le film se concentre surtout sur le mode de vie du groupe, à base de récupération, d'entraide, de rejet du gaspillage et de rites étranges. On suit ainsi leur quotidien, loin d'être passionnant, où l'on joue au jeu de la bouteille et se lave en groupe dans la rivière voisine. De ce fait, on perd complètement l'aspect espionnage et thriller, et l'agent infiltré ne fait pas grand chose d'autre que rapporter à ses patrons ce qu'ils savaient déjà. Pire, à l'image d'un Point break, elle va évidemment s'attacher au groupe, dans un retournement de situation horriblement prévisible et mal amené...

The East loupe donc l'occasion d'exploiter un sujet fort pour livrer un petit thriller tout mou et surtout très convenu. On finit par s'ennuyer, d'autant que les acteurs font à peine le minimum pour nous y faire croire (je crois que je n'avais jamais vu Ellen Page jouer si mal...). Vite vu, et vite oublié, ce n'est pas avec ce film que l'on risque d'arrêter de jeter des pommes encore mangeables dans les poubelles (car oui, c'est une des images fortes du film.)

Note : 3,5/10


samedi 16 novembre 2013

Turbo


Titre : Turbo
Réalisateur : David Soren
Acteurs : Ryan Reynolds, Samuel L. Jackson, Maya Rudolph
Date de sortie en France : 16 octobre 2013
Genre : animation, aventures

Synopsis : 
Turbo est un escargot qui n’a qu’un seul rêve en tête : être incroyablement rapide ! Son obsession pour la vitesse l’a rendu quelque peu impopulaire chez les siens, où lenteur et prudence sont de rigueur. Mais il est hors de question pour lui de se conformer. C’est alors que se produit un étrange accident qui lui donne soudainement le pouvoir de foncer à toute vitesse. Il s’embarque alors dans une aventure extraordinaire pour accomplir son invraisemblable destinée : courir contre le plus grand champion de course automobile, Guy La Gagne. Avec l’aide d’une équipe d’escargots aussi rusés que stylés, l’ultime outsider Turbo mettra tout son cœur – et sa coquille, pour prouver qu’aucun rêve n’est trop grand, aucun rêveur n’est trop petit.

Avis : 
 Produit par les studios DreamWorks Animation, Turbo raconte donc une histoire semblable à celle de Planes, sortie quelques jours auparavant. L'histoire d'un personnage souhaitant participer à des courses alors que rien ne l'y destinait avait donné un résultat très moyen avec le film de Klay Hall, manquant cruellement d'imagination et d'énergie. Le film de David Soren (Joyeux Noël Madagascar) va heureusement se montrer bien plus réussi.


Turbo ne manque ainsi pas d'humour, notamment dans sa description du groupe d'escargots au quotidien bien réglé, au point d'à peine réagir quand l'un des leurs se fait, comme chaque jour, emporter par un oiseau. Seul Théo se démarque du lot, avec ses rêves de vitesse inspiré par les 500 miles d'Indianapolis et son champion, le pilote Guy Gagné. Après un accident qui le verra contaminé par du protoxyde d'azote, Theo devient soudain extrêmement rapide, et si cela provoque quelques inconvénients hilarants (l'escargot devient une vraie voiture ambulante, avec phares et radio), cela va lui permettre d'accomplir enfin son rêve.

Si on n'échappe pas aux éléments classiques du genre, avec le méchant souhaitant barrer la route de Turbo par tous les moyens ou les personnages secondaires joyeusement siphonnés, le film se révèle assez drôle et spectaculaire pour divertir, assumant totalement l'aspect loufoque de son synopsis (un escargot qui va faire la course avec de vrais pilotes à Indianapolis !). Très rythmé, le film sait aussi être touchant, grâce à une agréable simplicité qui fait mouche.

S'il reste surtout destiné aux enfants, Turbo est un film d'animation qui pourra plaire à tout le monde, grâce à une action et un humour très présents. Bien plus réussi que Planes malgré une histoire très semblable, il reste néanmoins bien moins abouti que les derniers films de DreamWorks (Les Croods, Les 5 légendes) mais se regarde avec un plaisir certain.

Note : 7/10




dimanche 10 novembre 2013

Prisoners


Titre : Prisoners
Réalisateur : Denis Villeneuve
Acteurs : Hugh Jackman, Jake Gyllenhaal, Viola Davis
Date de sortie en France : 9 octobre 2013
Genre : thriller

Synopsis : 
Dans la banlieue de Boston, deux fillettes de 6 ans, Anna et Joy, ont disparu. Le détective Loki privilégie la thèse du kidnapping suite au témoignage de Keller, le père d’Anna. Le suspect numéro 1 est rapidement arrêté mais est relâché quelques jours plus tard faute de preuve, entrainant la fureur de Keller. Aveuglé par sa douleur, le père dévasté se lance alors dans une course contre la montre pour retrouver les enfants disparus. De son côté, Loki essaie de trouver des indices pour arrêter le coupable avant que Keller ne commette l’irréparable… Les jours passent et les chances de retrouver les fillettes s’amenuisent…

Avis : 
  L'enlèvement, et particulièrement l'enlèvement d'enfants, est toujours un sujet privilégié au cinéma et à la télévision. Thème éminemment anxiogène, il est au centre de ce Prisoners, thriller dans lequel deux petites filles sont kidnappées. On suivra donc l'enquête pour les retrouver, menée par Jake Gyllenhaal (Donnie Darko, Zodiac), mais aussi l'évolution de l'un des pères de famille, interprété par Hugh Jackman (Wolverine, le combat de l'immortel), prêt à tout pour retrouver sa fille et son ravisseur.


Grâce à des acteurs très impliqué, parmi lesquels on retrouve également Terrence Howard (Dead man down, Le Majordome), Paul Dano (Little Miss Sunshine, There will be blood) ou Viola Davis (La Stratégie Ender, Trust), et une réalisation efficace, faisant aisément naître une tension et une atmosphère oppressante. Le film prend cependant une autre dimension lorsque le suspect principal est relâché : l'enquête est alors accompagnée d'une nouvelle intrigue, où le personnage interprété par Jackman cherche à se faire justice lui-même, convaincu que la police ne fait pas le nécessaire. 

Prisoners devient alors plus dur, plus violent, mais perd également en subtilité. Ce côté rentre-dedans semble même contaminer l'enquête policière, qui ne fonctionnera rapidement qu'à base de coïncidences, de hasards, ou de pistes sur lesquelles le spectateur un peu attentif aura une bonne longueur d'avance. Le film tente de reprendre un peu de profondeur en développant quelques intrigues secondaires, destinées à se rejoindre pour le final, mais manquant à leur tour de pertinence...

Finalement, le film de Denis Villeneuve est un très bon thriller, auquel il manque cependant un peu de profondeur. A force de dispersion et de facilités, Prisoners s'éloigne peu à peu de l'excellence, de nombreux détails venant gêner la cohérence d'un ensemble qui reste néanmoins très satisfaisant, nous scotchant à l'écran pendant 2h30 sans jamais nous ennuyer une seconde.

Note : 8/10