mardi 12 mars 2013

Le Dîner de cons


Titre : Le Dîner de cons
Réalisateur :  Francis Veber
Acteurs : Thierry Lhermitte, Jacques Villeret, Francis Huster, Daniel Prévost
Date de sortie en France : 15 avril 1998
Genre : comédie

Synopsis : 
Tous les mercredis, Pierre Brochant et ses amis organisent un dîner où chacun doit amener un con. Celui qui a trouvé le plus spectaculaire est déclaré vainqueur. Ce soir, Brochant exulte, il est sur d'avoir trouvé la perle rare, un con de classe mondiale : Francois Pignon, comptable au ministère des Finances et passionné de modèles réduits en allumettes. Ce qu'il ignore c'est que Pignon est passe maître dans l'art de déclencher des catastrophes.

 Avis : 
A force de rediffusions télévisées, il y a certains films que l'on connaît par coeur, mais que l'on suit néanmoins avec un plaisir toujours intact, sinon plus grand, à mesure qu'une espèce de complicité se crée entre le film et le spectateur qui attend la réplique, la situation dont il se souvient à la perfection. Le Dîner de cons fait partie de ces oeuvres-là. Maître-étalon de la comédie française de ces quinze dernières années, le film de Francis Veber, adapté de sa propre pièce de théâtre, cherche toujours un successeur dans un genre souvent décrié ces dernières années, le spectateur gardant principalement en mémoire les ratés uniquement destinés à profiter de la renommée de l'humoriste du moment malgré quelques réussites évidentes.


Que dire qui n'a jamais été dit sur ce film ? On le sait, les acteurs sont formidables, autant le duo Lhermitte - Villeret que les seconds rôles (Daniel Prévost, magnifique). On les connait, ces répliques indémodables, ce quiproquo sur Juste Leblanc ou les gaffes de ce con attendrissant de François Pignon. Et ça fonctionne toujours aussi bien, à l'image des phrases gravées dans l'histoire du cinéma comique français qu'ont pu prononcer Bourvil ou De Funès.

De nombreuses qualités qui permettent de ne pas s'ennuyer une seconde malgré cet unique décor, héritage de la pièce de théâtre (on retrouvera d'ailleurs cette caractéristique dans le récent - et lui aussi très réussi - Le Prénom), et théâtre justement de nombreux retournements de situations, de sautes d'humeur et d'humour, dont la morale un peu naïve n'est même plus un défaut tant le film nous transporte. Un pur bonheur, à chaque vision.

Note : 8,5/10


Walk the Line


Titre : Walk the Line
Réalisateur : James Mangold
Acteur : Joaquin Phoenix, Reese Witherspoon, Robert Patrick
Date de sortie en France : 15 février 2006
Genre : biopic, drame

Synopsis : 
Né en 1932 dans un bled de l'Arkansas, John R. Cash voit son enfance bouleversée lorsque son frère aîné meurt dans un accident dont il sera injustement tenu responsable par leur père. À l'âge adulte, il se fascine pour la musique et entreprend d'enregistrer sa première chanson en 1955, malgré le peu d'encouragement de sa femme Vivian, qui ne voit pas d'avenir dans ce métier.

Avis : 
Walk the Line retrace la vie, de son enfance à son célèbre concert dans la prison de Folsom, de l’un des artistes américains majeurs du vingtième siècle : Johnny Cash. Réalisé par James Mangold (Identity, Copland, 3h10 pour Yuma), il met en scène l’ascension de l’artiste, de ses premiers tubes à la célébrité, puis sa chute, rattrapé par les problèmes d’alcool, de drogues et de femmes, avant la renaissance, aux côtés de June Carter.


Accompagnés par les chansons des deux artistes, interprétées par Joaquin Phoenix et Reese Witherspoon qui, choisis par Johnny Cash et June Carter en personne, ont pris des cours de chant pendant des mois, nous découvrons ainsi les coulisses des tournées de ces deux artistes, et la part d’ombre du chanteur, expiant la culpabilité de la mort de son frère, l’hostilité de son père et le manque de soutien de son épouse en brûlant la vie par les deux bouts. La descente aux Enfers est violente, la chute est terrible. La rédemption n’en sera que plus belle, dans un retournement de situation comme l’aiment tant les américains.

La vie de Johnny Cash se prêtait merveilleusement à une adaptation cinématographique, mais encore fallait-il un acteur convaincant dans le rôle du «Man in Black», capable d’interpréter la tendance à l’autodestruction du chanteur écorché vif, sa fragilité et sa colère contenue. Le défi sera largement réussi par Joaquin Phoenix, qui confirme tout son talent déjà vu dans Gladiator ou confirmé plus tard dans The Master. A ses côtés, l’étonnante Reese Witherspoon, bien loin de ses rôles précédents (Sexe Intentions, La Revanche d’une blonde) et qui obtiendra même l’Oscar de la meilleure actrice pour son interprétation de la compagne de Cash, June Carter.

Quelques passages très intenses (les confrontations entre Johnny Cash et son père, les scènes dans la prison) achèvent de faire de ce Walk the Line un excellent film, porté par un splendide duo d’acteurs. Une oeuvre qui donne immédiatement envie de se plonger dans les disques de l’artiste américain, et notamment dans le live At Folsom Prison.

Note :
8/10


vendredi 8 mars 2013

The Master

Titre : The Master
Réalisateur :  Paul Thomas Anderson
Acteurs : Joaquin Phoenix, Philip Seymour Hoffman, Amy Adams
Date de sortie : 9 janvier 2013
Genre : drame

Synopsis : 
Freddie, un vétéran, revient en Californie après s’être battu dans le Pacifique. Alcoolique, il distille sa propre gnôle et contient difficilement la violence qu’il a en lui… Quand Freddie rencontre Lancaster Dodd – « le Maître », charismatique meneur d’un mouvement nommé la Cause, il tombe rapidement sous sa coupe...

Avis : 
Il n'aura fallu que quelques films à Paul Thomas Anderson (Boogie Nights, Magnolia, There will be blood) pour devenir une des figures majeures du cinéma américain actuel. Avec The Master, il s'intéresse de nouveau à la relation douloureuse entre deux hommes, réunis ici autour d'une secte rappelant fortement l'Eglise de Scientologie. Deux hommes, deux acteurs immenses : dans le rôle du Maître, un habitué des films de PTA, Philip Seymour Hoffman (Truman Capote), au charisme tranquille, aussi séduisant qu'effrayant ; dans le rôle du vétéran alcoolique, Joaquin Phoenix (Gladiator, Walk the line), entre colère contenue et explosions.


The Master est un film fascinant. Les face-à-face entre les deux hommes sont d'une remarquable intensité (la première séance de thérapie est formidable), l'évolution de la relation entre les deux hommes, entre attraction et répulsion, parfaitement dosée, et chacun finit par se nourrir de l'autre, Freddie s'apaisant pendant que Dodd se durcit, tolérant de moins en moins les critiques. Mais Freddie est ingérable, et sa violence refoulée, son goût pour le sexe, finiront par attirer les rancoeurs des proches de Dodd.

The Master est également un film un peu obscur. Très bavard, il expose parfois les théories de la Cause de façon très brutale, très cérébrale. Evidemment, cela nous met directement dans la peau de Freddie, qui ne comprendra jamais totalement les belles phrases du Maître, et les limites du talent oratoire de Dodd montreront rapidement ses limites face à des objections argumentées. Mais, le film durant plus de deux heures, l'accumulation de dialogues un peu exigeants finit par lasser un peu. D'autant que cela donne l'impression que Paul Thomas Anderson se regarde filmer : c'est souvent parfaitement réalisé, certains plans sont sublimes, mais on a parfois un sentiment de superficialité.

Aussi fascinant qu'exigeant, ce nouveau film de Paul Thomas Anderson déconcerte donc un peu. Néanmoins, les performances exceptionnelles, comme très souvent, de Philip Seymour Hoffman et de Joaquin Phoenix, justifient à elles seules la vision de ce film d'une puissance rare.

Note : 7,5/10