dimanche 22 juillet 2012

The Amazing Spider-man


Titre : The Amazing Spider-Man
Réalisateur : Marc Webb
Acteurs : Andrew Garfield, Emma Stone, Rhys Ifans
Date de sortie en France : 4 juillet 2012
Genre : super-héros, action

Synopsis :
Abandonné par ses parents lorsqu’il était enfant, Peter Parker a été élevé par son oncle Ben et sa tante May. Il est aujourd’hui au lycée, mais il a du mal à s’intégrer. En retrouvant une mystérieuse mallette ayant appartenu à son père, Peter entame une quête pour élucider la disparition de ses parents, ce qui le conduit rapidement à Oscorp et au laboratoire du docteur Curt Connors, l’ancien associé de son père. Spider-Man va bientôt se retrouver face au Lézard, l’alter ego de Connors. En décidant d’utiliser ses pouvoirs, il va choisir son destin…

Synopsis :
Je pourrais revenir longuement sur la génèse du projet et sur l’intérêt de proposer, après la trilogie Spiderman de Sam Raimi réalisée lors des dix dernières années, un reboot de la saga. Et je l’aurais sans doute fait si cette nouvelle version de l’homme-araignée, réalisée par le bien nommé Marc Webb, ne m’avait pas autant satisfait. Evidemment, le film n’échappe pas à la comparaison avec ses jeunes aînés, mais va réussir à s’en affranchir suffisamment et à proposer une nouvelle version bien distincte de la version du réalisateur des Evil Dead.

Car le principal risque, en revenant une nouvelle fois sur les origines du super-héros, est l’impression de déjà-vu. Et ça ne manque pas : pendant la première partie du film, on pense régulièrement à celle de la version de 2001 : les humiliations à l’école, la mort de l’oncle Ben, la découverte des pouvoirs...Pourtant, le film de Webb va parvenir à s’écarter de son modèle grâce à des choix scénaristiques différents. Le plus marquant est l’abandon du personnage de Mary Jane Watson (interprétée par Kirsten Melancholia Dunst dans la trilogie de Raimi) au profit de celui de Gwen Stacy, jouée par la jolie Emma Stone, déjà vue dans Bienvenue à Zombieland.

On abandonne également les personnages de Harry et Norman Osborne (dont l’ombre plane néanmoins sur le film, qui se déroule en grande partie autour de la société Oscorp) et de J. Jonah Jameson, dont l’interprétation donnée par J.K. Simmons aurait de toute manière été difficile à faire oublier. En revanche, on obtient enfin des informations sur les parents de Peter Parker, qui affronte dans cet épisode un nouvel adversaire, le docteur Curtis Connors, alias le Lézard.


Après une première partie consacrée à la présentation de Peter Parker, puis à la découverte de ses pouvoirs, dans des passages non dénués d’humour, l’apparition de cet ennemi va donner au film une atmosphère plus sombre, ponctuée de scènes particulièrement spectaculaires, tel cet affrontement dans l’école ou ce final très réussi. Des passages bénéficiant par ailleurs d’effets spéciaux impeccables, bien plus réussis que dans la trilogie de Raimi. Si dans cette dernière les envolées du Tisseur souffraient d’un aspect artificiel, ce n’est plus du tout le cas ici, ce qui permet à Marc Webb de nous offrir des passages vraiment réjouissants, nous glissant par exemple dans la peau de Spiderman lors de ses envolées.

Enfin, au niveau de l’interprétation, Andrew Garfield (L’Imaginarium du docteur Parnassus, The Social Network) parvient sans peine à faire oublier Tobey Maguire en campant un Peter Parker plus crédible, moins impopulaire et surtout plus cynique et plus responsable. Bref, un adolescent classique, ni moins ni plus introverti que les autres. De même, Emma Stone est une alternative plus que convaincante à Kirsten Dunst, dans un rôle il est vrai bien plus étoffé.

Malgré un score musical un peu paresseux et une certaine impression de déjà-vu pendant sa première partie, The Amazing Spiderman est la meilleure réponse que pouvait offrir Marc Webb aux détracteurs de ce reboot. Spectaculaire, bénéficiant d’effets spéciaux impressionnants et d’un excellent casting, ce nouveau-premier épisode des aventures de Peter Parker s’impose sans peine comme l’un des meilleurs films de super-héros de ces dernières années. Dommage quand même qu’une aussi belle relecture concerne un super-héros ayant déjà fait l’objet d’une adaptation réussie, quand d’autres ont été véritablement violés par une transposition honteuse à l’écran, n’est-ce-pas monsieur Daredevil ?

Note : 7/10

mardi 10 avril 2012

Hunger Games


Titre : Hunger Games (The Hunger Games)
Réalisateur : Gary Ross
Acteurs : Jennifer Lawrence, Josh Hutcherson, Liam Hemsworth
Date de sortie en France : 21 mai 2012
Genre : fantastique, action

Synopsis : 
Chaque année, dans les ruines de ce qui était autrefois l'Amérique du Nord, le Capitole, l'impitoyable capitale de la nation de Panem, oblige chacun de ses douze districts à envoyer un garçon et une fille - les "Tributs" - concourir aux Hunger Games. A la fois sanction contre la population pour s'être rebellée et stratégie d'intimidation de la part du gouvernement, les Hunger Games sont un événement télévisé national au cours duquel les tributs doivent s'affronter jusqu'à la mort. L'unique survivant est déclaré vainqueur.
La jeune Katniss, 16 ans, se porte volontaire pour prendre la place de sa jeune sœur dans la compétition. Elle se retrouve face à des adversaires surentraînés qui se sont préparés toute leur vie. Elle a pour seuls atouts son instinct et un mentor, Haymitch Abernathy, qui gagna les Hunger Games il y a des années mais n'est plus désormais qu'une épave alcoolique. Pour espérer pouvoir revenir un jour chez elle, Katniss va devoir, une fois dans l'arène, faire des choix impossibles entre la survie et son humanité, entre la vie et l'amour...

Avis :
«The Hunger Games» est une trilogie littéraire signée Suzanne Collins et dont le premier tome est paru en 2008. Très grand succès public, la saga est naturellement récupérée par le cinéma qui pour bien en profiter va, comme pour Harry Potter ou Twilight, adapter l’histoire en un film de plus qu’il n’y a de livres. Une future tétralogie donc, ce qui devrait permettre à tout le monde de s’en foutre plein les poches. Ce premier volet raconte donc l’histoire de Katniss, qui n’a vraiment pas de chance : en plus d’avoir un prénom horrible, elle est contrainte de participer aux Hunger Games, un événement qui consiste à sélectionner des adolescents au hasard et à les faire s’entretuer. Si je vous dis que Suzanne Collins a été vivement critiquée, notamment au Japon, pour avoir pompé Battle Royale, ça vous étonne ? On pourrait également noter de nombreuses autres similitudes, avec Marche ou crève de Stephen King par exemple, mais je n’aurais sans doute pas assez de place...

Les Hunger Games ont pour but principal de punir les districts pour une rebellion passée, et surtout de les empècher de recommencer. Car, évidemment, le meilleur moyen pour enlever toute idée de révolte à une population est de sacrifier ses enfants dans un show télévisé...24 jeunes personnes que l’on va scruter attentivement, pour évaluer leurs forces et faiblesses, les entraîner à l’art de la survie et du combat, et surtout les présenter à des sponsors qui pourront choisir de les avantager pendant l’épreuve. Pendant une grosse heure, on va donc suivre ces préparatifs, qui dégagent un certain cynisme plutôt réjouissant, même si on attend surtout que tout ce beau monde se foute enfin sur la gueule. Hélas, quand ça arrive, on remarque rapidement que la seconde partie va éviter au maximum toute violence à l’écran et, pire, va peu à peu sombrer dans un côté fleur bleue que ne renierait pas la saga Twilight...


Violence édulcorée, personnage stéréotypés (les gentils sont très gentils, les méchants sont très méchants, voire très très méchants !), romance niaise, rebondissements idiots...La partie «survival» du film cumule presque toutes les tares. Le personnage, pourtant intéressant au début du film, de Katniss, devient insipide à un rythme que ne semble concurrencer que sa faculté à éviter tout danger : la jeune fille peut tranquillement foutre le bordel à côté d’une ruche pleine de guêpes mortelles, évite les projectiles de façon surnaturelle et semble capable de rendre ses ennemis surentraînés soudainement incapables de viser correctement. Quelle chance ! Jennifer Winter’s Bone Lawrence, également vue dans X-Men : le commencement ou House at the end of the street, méritait quand même mieux que ça...

On notera par ailleurs la richesse du casting en ce qui concerne les personnages secondaires : on y retrouve ainsi Woody Harrelson (Tueurs nés, Bienvenue à Zombieland), Stanley Tucci (Lovely Bones), Donald Sutherland (impossible de ne citer qu’un ou deux films), Isabelle Fuhrman (Esther), Elizabeth Banks ou encore Lenny Kravitz, qui apparaissent principalement dans la première moitié du film et ajoutent au cynisme ambiant grâce à des personnages hauts en couleurs. On regrettera donc d’autant plus que cet aspect faussement sucré ne soit pas contrebalancé par une seconde partie plus froide, plus violente...

Ajoutez donc une grosse pincée de Twilight dans votre Battle Royale, faites-en un show télévisé, et vous obtenez votre Hunger Games. Un film qui met 1h30 à préparer le terrain pour une seconde partie d’une nullité assez incroyable, et qui n’est surtout que le premier volet d’une saga qui s’annonce bien mal...

Note : 5,5/10

dimanche 15 janvier 2012

Hugo Cabret


Titre : Hugo Cabret (Hugo)
Réalisateur : Martin Scorsese
Acteurs : Asa Butterfield, Chloë Moretz, Ben Kingsley
Date de sortie en France : 11 décembre 2011
Genre : conte, drame

Synopsis : 
Paris, au tournant des années 1930. Hugo Cabret vient de perdre son père, horloger, et se retrouve orphelin. Alors qu'il vit dans une gare, le jeune garçon tente de réparer l'automate que son père cherchait à restaurer avant sa mort. N'hésitant pas à l'occasion à voler viennoiseries ou petits objets, il est pris en flagrant délit par un vieux monsieur tenant une boutique de jouets, qui lui confisque son carnet de croquis.

Avis :
Il faut bien l’avouer : l’annonce de l’adaptation du roman pour enfants L’Invention de Hugo Cabret, de Brian Selznick, par Martin Scorsese, plus habitué aux oeuvres sombres qu’à cet univers plus léger, rendait immédiatement curieux. Quand en plus on apprenait que le film sera en 3D, la perplexité venait s’ajouter à cette curiosité. Des sentiments qui, à la sortie des 127 minutes que dure le film, sont vite oubliés, effacés par cette impression délicieuse d’avoir vécu un moment merveilleux, de cette magie qui imbibait les oeuvres d’un certain Georges Méliès.

 Pendant toute sa première partie, Hugo Cabret suit le schéma classique du film d’aventures familial : le jeune orphelin débrouillard doit échapper au terrible inspecteur, se lie d’amitié avec une jeune fille et est amené à résoudre un mystère. Il évolue ainsi dans une gare parisienne pleine de personnages hauts en couleurs, des personnages âgées tentant maladroitement de se faire la cour, à la jolie fleuriste, en passant par le vieux responsable d’une boutique de jouets autour duquel l’intrigue se centrera finalement. Une partie fort réussie, riches en émotions, en passages cocasses et en morceaux de bravoure (les poursuites entre Hugo, l’inspecteur et le chien de ce dernier sont de grands moments) qui se révélera n’être qu’une introduction au coeur même du film.

 
Car Martin Scorsese vient ici rendre un hommage exceptionnel aux premières heures du cinéma. Si les films de Georges Méliès, et principalement son Voyage dans la Lune, constituent l’essentiel du spectacle, Hugo Cabret fait défiler devant nos yeux émerveillés des images des tous premiers films, de L’arrivée d’un train en gare de La Ciotat à Safety Last !, film qu’Hugo Cabret ira voir au cinéma avec son amie avant de reproduire malgré lui la célèbre scène où Harold Lloyd est suspendu aux aiguilles d’une horloge en haut d’un gratte-ciel. Scorsese remplit d’ailleurs son film de détails résonnant comme autant d’hommages aux films de cette époque, de cet automate à réparer à la jambe de l’inspecteur dont les mouvements saccadés rappellent inévitablement ceux des comédiens des années 1900.

Pour nous plonger dans cet univers si particulier et si propice à la nostalgie, le réalisateur de Shutter Island s’est entouré d’une bien belle brochette d’acteurs, notamment parmi les seconds rôles. Le jeune Hugo Cabret est interprété par Asa Butterfield (Nanny McPhee et le Big Bang) ; Chloë Moretz, qui entre Kick-Ass ou Laisse-moi entrer commence déjà à avoir une jolie filmographie, est son amie Isabelle ; le responsable de la boutique de jouets, dont la véritable identité sera le principal mystère du film, est joué par Ben Kingsley (La Liste de Schindler, La Jeune fille ou la mort ou encore Shutter Island). Le reste du casting réunit des noms tels que Christopher Lee (faut-il encore le présenter ?), Sacha Baron Cohen (Borat), Jude Law (eXistenZ, Contagion), Michael Stuhlbarg (Mensonges d’Etat), Emily Mortimer (Scream 3, Shutter Island), et des acteurs récurrents de la saga Harry Potter : Helen McCrory, Richard Griffiths et Frances de la Tour.

Bref, Hugo Cabret est une déclaration d’amour aux origines du cinéma et à sa magie. Une magie devenue trop rare mais que le réalisateur, très loin de ses thèmes habituels, ressuscite pendant environ 2 heures, nous transportant dans un autre monde.

Note : 9/10