mardi 1 octobre 2013

Ma vie avec Liberace


Titre : Ma vie avec Liberace (Behind the candelabra)
Réalisateur : Steven Soderbergh
Acteurs : Michael Douglas, Matt Damon, Dan Aykroyd
Date de sortie en France : 18 septembre 2013
Genre : drame, biopic, romance

Synopsis : 
Durant l'été 1977, le jeune Scott Thorson entre dans la loge du célèbre pianiste Liberace... Malgré leur différence d'âge et leurs origines sociales opposées, les deux hommes entament une liaison secrète. Cette relation, souvent orageuse, va durer cinq ans...

Avis : 
Voilà donc le dernier film de Steven Soderbergh avant sa retraite. Quelques mois après le thriller Effets secondaires, il se penche sur plusieurs années de la vie du célèbre artiste Liberace, roi du show-business à Las Vegas pendant plusieurs décennies, et sa relation cachée avec Scott Thorson jeune apollon qu'il prendra sous son aile...et qu'il emprisonnera dans une prison dorée.


Michael Douglas est impressionnant dans le rôle de ce monstre sacré, de ce vampire qui semble avoir besoin d'aspirer la jeunesse de Matt Damon, semblant renaître à son contact, s'offrant une seconde jeunesse avec la chirurgie esthétique, et sculptant son homme-objet selon son bon vouloir, comme un enfant peut jouer avec une poupée, jusqu'à en déformer le visage avant de l'abandonner, sur un caprice ou parce qu'il a remarqué un nouveau modèle, moins usé.

On assiste ainsi à la descente progressive aux enfers du jeune Scott, véritable marionnettes entre les doigts du showman et de son imprésario. Soderbergh nous met aux prises avec un monde particulièrement kitsch, entièrement soumis à la tyrannie de l'apparence, jusqu'à faire froid dans le dos (le sourire de Douglas est aussi effrayant que les visages déformés par la chirurgie), offrant avec cette figure phare du divertissement un parallèle évident avec le cinéma d'aujourd'hui, ses paillettes et son paraître, ses mensonges et ses manipulations.

Pourtant, aussi intéressante que soit l'histoire, aussi inspirés que soient Douglas et Damon, il manque un peu de liant dans ce Ma vie avec Liberace : on a souvent l'impression d'assister à une succession de scènes, ce qui donne un aspect assez décousu à l'ensemble, et peine à retranscrire l'évolution des personnages. Un petit bémol qui n'enlève pas grand chose à la qualité de ce dernier film de Soderbergh, décidément en forme depuis qu'il a annoncé sa retraite.

Note : 7,5/10


Riddick


Titre : Riddick
Réalisateur : David Twohy
Acteurs : Vin Diesel, Dave Bautista, Katee Sackhoff
Date de sortie en France : 18 septembre 2013
Genre : science-fiction, action

Synopsis : 
Riddick a été laissé pour mort sur une planète brûlée qui semble exempte de toute vie. Pourtant, il se retrouve rapidement obligé de lutter pour sa survie contre des prédateurs aliens plus mortels que tous les humains qu’il a affrontés au cours de sa vie. Il trouve un refuge précaire dans une ancienne gare de transit interstellaire désaffectée. La seule façon pour lui de s’en tirer est d’activer une balise d’urgence et d’alerter les mercenaires et autres chasseurs de primes, qui se ruent vers la planète à la recherche de leur proie.

Avis : 
Après Pitch black, Les Chroniques de Riddick, le film d'animation Dark fury et les jeux vidéo Escape from Butcher Bay et Assault on Dark Athena, le furien interprété par Vin Diesel revient dans une nouvelle aventures, toujours dirigé par David Twohy. Et pour l'occasion, le réalisateur et scénariste va opérer un retour aux sources, revenant à un l'aspect survival du premier volet et retrouvant un budget trois fois moins imposant que sa suite.


On se retrouve donc sur une planète déserte, uniquement peuplée de créatures féroces, où Riddick va devoir réapprendre à survivre en terrain hostile. Après un rapide flash-back expliquant comment il est arrivé sur ce monde désolé, et un monologue envahissant en voix off, il va donc passer la première partie du film à dégommer de la bestiole alien avec des armes de fortune, avant d'être confronté à deux clans de mercenaires aussi stéréotypés que limités intellectuellement. Tout va bien dans le meilleur des mondes donc, ou presque : une tempête approche, ce qui risque de foutre rapidement un joyeux boxon autour du camp où tout le monde s'affronte en s'échangeant joyeusement les punchlines les plus viriles (et ringardes, donc) possibles.

Il faut bien l'avouer, ça commence assez mal. Une première créature aux effets spéciaux mal incrustés, une voix off irritante, quelques aspects grand public, quelques passages répétitifs, le héros qui se mithridatise avec une facilité déconcertante...Et pourtant, quand Riddick sera enfin confrontés aux mercenaires, tout ce qui pouvait constituer des défauts devient étrangement sympathique : les bidasses bodybuildées (parmi lesquelles l'ancien catcheur Dave Bautista, que l'on a également vu dans L'Homme aux poings de fer) deviennent sympathiques, on accepte mieux les punchlines assassines, on voit les seins de Katee Sackhoff (Battlestar Galactica) et, si l'on est clairement dans une resucée de Pitch black, le film se suit parfaitement, sans temps mort et avec quelques passages vraiment jubilatoires.

Riddick est donc une surprise plutôt agréable après le très moyen Les Chroniques de Riddick. Sans atteindre la qualité du premier volet de la saga, il offre un bon film d'action de science-fiction où l'on finit par faire abstraction des (nombreux) défauts pour passer un très bon moment. Un divertissement qui n'a d'autre but que de divertir, et qui le fait plutôt bien.

Note : 6,5/10


lundi 30 septembre 2013

No pain no gain


Titre : No pain no gain (Pain & gain)
Réalisateur : Michael Bay
Acteurs : Mark Wahlberg, Dwayne Johnson, Ed Harris
Date de sortie en France : 11 septembre 2013
Genre : thriller, comédie

Synopsis : 
À Miami, Daniel Lugo, coach sportif, ferait n’importe quoi pour vivre le « rêve américain » et profiter, comme sa clientèle fortunée, de ce que la vie offre de meilleur : maisons de luxe, voitures de course et filles de rêve… Pour se donner toutes les chances d’y arriver, il dresse un plan simple et (presque) parfait : enlever un de ses plus riches clients et… lui voler sa vie. Il embarque avec lui deux complices, Paul Doyle et Adrian Doorbal, aussi influençables qu’ambitieux.

Avis : 
 En adaptant l'histoire vraie du gang des Sun Gym, des bodybuilders de Miami devenus criminels, Michael Bay met deux côtés deux éléments inhérents à son cinéma : le déluge incessant d'action et les budgets pharaoniques auxquels il était habitué (il s'agit de son film le moins cher depuis Bad boys). Pour parvenir à un budget de 20 millions de dollars, il a d'ailleurs choisi de ne toucher aucun salaire, tout comme Wahlberg et Johnson (mais ils recevront quand même un pourcentage des recettes).


Avec No pain no gain, Bay met donc en scène des culturistes pas très futés voulant eux aussi leur part du rêve américain : Daniel Lugo estime que son corps parfait doit être associé à un mode de vie luxueux ; Adrian Doorbal doit financer ses soins pour compenser les dégâts que les stéroïdes ont causé à son sexe ; Paul Doyle, tout juste sorti de prison, son choix de se tourner vers la religion a tourné court quand il a agressé son tuteur qui lui faisait des avances. Des situations qu'il est difficile de prendre au sérieux, d'autant que Bay va largement insister sur la bêtise du trio et le ridicule de certaines situations.

Avec une bonne dose d'humour noir, il nous décrit donc le trio comme incapable de réussir proprement ce qu'il entreprend, ne réussissant dans ses tentatives que par hasard : le passage où ils tentent d'éliminer le personnage interprété par Tony Shalhoub (Monk) est par exemple formidable. Les quiproquos se succèdent, les situations dégénèrent sans crier gare, et on s'amuse vraiment à suivre les aventures de ce gang qu'on a du mal à prendre au sérieux. C'est d'ailleurs là l'un des rares bémols : ces trois guignols semblent tellement inoffensifs que le véritable fait divers semble presque anecdotique, au point même d'être surpris de la peine que recevrons les personnages.

En abandonnant l'action parfois illisible et indigeste de ses précédents films (Transformers, Bad boys 2), Michael Bay fait mouche et livre un thriller souvent très drôle, tournant en dérision le rêve américain grâce à son trio de personnages principaux dont le QI est inversement proportionnel à la masse musculaire. On assiste même à ce curieux paradoxe : c'est quand il se pose un peu que Michael Bay réalise les films les moins ennuyeux !

Note : 8/10