mardi 19 novembre 2019

Haine



Titre : Haine
Réalisateur : Dominique Goult
Acteurs : Klaus Kinski, Maria Schneider, Patrice Melennec
Date de sortie en France : 9 janvier 1980
Genre : drame

Synopsis : 
A l'entrée d'un village, une petite fille se fait renverser par un motard vétu de noir. Plus tard, un motard, habillé en blanc de la tête au pied arrive au village. L'arrivée de celui-ci va alors susciter interrogation et doute de la part des habitants du village 
Avis : 
Il y a parfois des films dont le propos est bien plus intéressant que ce que l’on a vu pendant 90 minutes. Haine en est un bon exemple. Car malgré un fond particulièrement fort, et toujours aussi tristement d’actualité, le film de Dominique Goult est quand même salement ennuyeux. 


Si le début nous intrigue, avec les premières confrontation d’un Kinski ignorant encore qu’il vient de mettre le pied dans la fourmilière et ces villageois marqués par le drame récent, on en vient rapidement à tourner en rond de façon aussi frustrante que le motard blanc coincé (un peu inexplicablement) dans le lieu. On n’échappera hélas pas à quelques lieux communs, avec cette alliance entre parias, ou ce symbole christique un peu grotesque en fin de métrage.

Pourtant, certaines séquences sont efficaces, et évoquent notamment le Duel de Spielberg, et j’ai vraiment apprécié Patrice Melennec (Frantic) dans le rôle du camionneur inquiétant et dangereux. Mais à force de se répéter, d’utiliser quelques grosses ficelles (pardonnez-moi, mais le principal problème du motard blanc est quand même d’être un peu con…), Haine ne m’a vraiment pas convaincu sur la forme, et j’ai eu beaucoup de mal à le terminer.

Mais évidemment, le message qu’il véhicule, notamment avec cette peur irraisonnée de l’étranger, cette façon de lui foutre sur le dos les crimes d’un autre, sonne encore tellement fort à nos oreilles actuellement que cette grotesque chasse à l’homme, gratuite et ridicule, reste une œuvre à voir. Avec quand même de quoi vous donner un peu d’énergie !

Note : 6/10

mercredi 13 novembre 2019

Vigilante


Titre : Vigilante
Réalisateur : William Lustig
Acteurs : Robert Forster, Fred Williamson, Richard Bright
Date de sortie en France : 12 janvier 1983
Genre : drame, thriller

Synopsis : 
Apres le meurtre de son fils et les violences faites a sa femme, un modeste electricien rejoint la milice de son quartier a laquelle il avait toujours refuse sa participation.

Avis :  
Jusqu’à il y a encore quelques jours, pour moi, William Lustig, c’était Maniac et Maniac cop. Pourtant, si la filmographie du réalisateur New Yorkais n’est pas très longue, elle comporte au moins une autre perle : Vigilante. Dans la lignée des vigilante movies tels que Un justicier dans la nuit, qui nous décrivent des individus sans histoire entraînés dans la spirale de la violence après avoir voulu venger un proche, Vigilante nous fait donc suivre le parcours de Eddie. 


Avec un point de départ terriblement efficace, bien qu’un peu difficile à avaler, le film de Lustig nous fait donc suivre la descente aux enfers de son personnage, et des conséquences de ses actes : tuer le chef d’un gang n’est pas anodin, et selon l’adage, « la violence engendre la violence ». D’autant que le meurtre de sang froid n’est pas non plus sans conséquence sur la psychologie d’un être humain normal.

En dehors de quelques séquences de remplissage, dans lesquelles il semble légitimer le recours à la justice civile, Vigilante réussit à nous faire poser pas mal de questions sur les actions de Eddie : d’un côté, on les comprend, et on peut comprendre qu’il ne croie plus en la justice. Mais à quel moment une telle vendetta doit-elle prendre fin ? A quel moment le châtiment est-il proportionnel au crime ? La dernière image du film résume à elle seule l’ambiguïté de la question, dans l’aspect dramatique est parfaitement retranscrit par l’interprétation de Robert Forster.

Avec une thématique n’a pris aucune ride (il suffit de regarder les réactions lorsqu’un meurtrier ou pédophile est arrêté – ou lorsqu’il demande une remise en liberté anticipée), Vigilante est un film terriblement efficace (l’attaque du gang dans la maison d’Eddie est glaçante) et qui nous amène à contempler la face sombre de notre propre personnalité en nous interrogeant : imiterions-nous Eddie dans sa quête de vengeance, accompagnerions-nous Nick et son groupe dans sa chasse aux criminels impunis ? Ou continuerions-nous de faire confiance à la police et à la justice ?

Note : 7,5/10

dimanche 3 novembre 2019

Halloween Resurrection


Titre : Halloween Resurrection
Réalisateur : Rick Rosenthal
Acteurs : Jamie Lee Curtis, Busta Rhymes, Ryan Merriman
Date de sortie en France : 30 octobre 2002
Genre : slasher

Synopsis : 
Un groupe de jeunes gens est sélectionné pour participer en direct à une émission de real TV. Ils doivent passer la nuit dans la maison d'enfance de Michael Myers. Les participants présument tous que ce jeu sera une simple partie de plaisir pouvant éventuellement leur apporter un peu de notoriété et de publicité gratuite.
Mais les choses vont vite tourner au cauchemar. Michael Myers est de retour. L'un après l'autre, les candidats disparaissent. Le but du jeu va vite consister à essayer de sortir vivant de la demeure.

Avis :
Parfois, on se demande vraiment comment producteurs et scénaristes peuvent avoir des idées aussi cons, et surtout comment cet amas de conneries peut se retrouver à l’écran. Avec Halloween : Resurrection, on a l’impression que tout le monde a tenté de battre un record, noyant une seule bonne idée (celle de la victime guidée par les téléspectateurs) sous des tonnes d’inepties. 


Déja, « Resurrection » de quoi ? De qui ? On nous apprend que Myers n’est pas mort, aucun personnage ne revient de l’au-delà, bref, aucune résurrection. Forcément, ça part mal. Ensuite, ce postulat de base : une émission de télé-réalité va être tournée dans l’ancienne maison des Myers. Qui a pu penser une seule seconde que c’était une bonne idée ? Qui a pu croire que coller un rappeur (Busta Rhymes) dans le rôle d’un producteur opportuniste fan de films de kung fu donnerait quelque chose de positif ?

C’est simple, Halloween Resurrection réussit l’exploit improbable de déloger Halloween de la place de pire film de la saga. Tout est raté : les personnages sont insupportables, et ont des réactions idiotes. Les incohérences se multiplient : la production a fouillé et aménagé toute la maison… mais n’a pas trouvé l’antre de Michael ; certains hurlements ne sont pas entendus d’une pièce à l’autre ; et surtout, alors qu’il y a de nombreuses caméras, personne ne voit Myers pendant une grande partie du film, même quand il tue les participants). Et puis merde, le procédé même de caméras qui donnent des images dégueulasses… ben ça donne des images dégueulasses.

Rien à sauver donc, sauf l'introduction, sur ce 8e volet de la saga qui, à défaut de résurrection, est parvenu à enterrer Myers… avant qu’il ne soit immanquablement ressuscité, par Rob Zombie d’abord, par David Gordon Green ensuite, qui ont tous deux fait table rase de ce qu’il y avait avant pour repartir de zéro. 

Note : 1/10