mercredi 24 juin 2015

Imitation game


Titre : Imitation game (The Imitation game)
Réalisateur : Morten Tyldum
Acteurs : Benedict Cumberbatch, Keira Knightley, Matthew Goode
Date de sortie en France : 28 janvier 2015
Genre : biopic, drame

Synopsis : 
1940 : Alan Turing, mathématicien, cryptologue, est chargé par le gouvernement Britannique de percer le secret de la célèbre machine de cryptage allemande Enigma, réputée inviolable.

Avis : 
C'est l'histoire d'un homme qui a eu un rôle majeur dans la Seconde Guerre Mondiale, mais dont le rôle est longtemps resté secret. Un homme qui aura permis de raccourcir la guerre de deux ans, et donc d'épargner des millions de vies en décryptant les messages nazis. Avec Imitation game, Morten Tyldum nous fait découvrir Alan Turing, principalement à travers ses travaux pour décrypter l'Enigma, mais aussi en revenant sur certains événements de sa jeunesse, puis sur son homosexualité.


Le film s'attarde donc sur les réflexions et les différentes étapes du décryptage par Turing et son équipe, nous présentant un personnage brillant mais incapable de gérer les relations avec ses collègues. Dans le rôle du mathématicien, Benedict Cumberbatch (Sherlock, Star Trek into darkness) est comme toujours impeccable, même si son personnage et son interprétation rappellent fortement le Sheldon Cooper de The Big bang theory.

Même si l'on sait parfaitement comment l'enquête va se finir, l'intérêt pour le personnage et le scénario parviennent à nous tenir en haleine : le suspense reste très présent, les révélations intéressantes, les démonstrations passionnantes. En fait, toute la partie concernant Enigma est de loin la meilleure du film, tandis que les révélations sur l'enfance, l'interrogatoire après les faits ou même la question de l'homosexualité de Turing, qui semble presque emmerder les scénaristes, sont bien moins réussies.

Prenant et intelligent, Imitation game doit beaucoup à son interprète principal, mais aussi à un scénario qui profite pleinement de la dramaturgie des événements historiques dont il s'inspire. On regrettera néanmoins que tous les ajouts effectués autour de ce film soient bien moins convaincants, ou que le film n'évite pas toujours la caricature pour son personnage principal, mais cela n'empêche pas l'ensemble d'être très réussi.

Note : 8/10


lundi 22 juin 2015

San Andreas


Titre : San Andreas
Réalisateur : Brad Peyton
Acteurs : Dwayne Johnson, Alexandra Daddario, Carla Gugino
Date de sortie en France : 27 mai 2015
Genre : catastrophe

Synopsis : 
Lorsque la tristement célèbre Faille de San Andreas finit par s'ouvrir, et par provoquer un séisme de magnitude 9 en Californie, un pilote d'hélicoptère de secours en montagne et la femme dont il s'est séparé quittent Los Angeles pour San Francisco dans l'espoir de sauver leur fille unique. Alors qu'ils s'engagent dans ce dangereux périple vers le nord de l'État, pensant que le pire est bientôt derrière eux, ils ne tardent pas à comprendre que la réalité est bien plus effroyable encore…

Avis : 
Il faut bien l'avouer : on ne pensait pas avoir un jour l'impression que le 2012 de Roland Emmerich est en fait un film contemplatif. Pourtant, avec San Andreas, Brad Peyton va repousser encore plus loin les limites du blockbuster catastrophe bourrin, tout en restant horriblement fidèle aux éternelles valeurs puritaines de la grande et belle Amérique.


Le point de départ, qui rappelle un peu Volcano, c'est donc le réveil de la faille de San Andreas qui va transformer Los Angeles et San Francisco en nids à séismes. Oui, séismes, car la terre va trembler à de nombreuses reprises, de plus en plus fort, menaçant régulièrement les héros (et dégommant au passage des milliers d'anonymes, mais qui s'en soucie ?). La recette est simple : la meilleure façon d'enchaîner après une scène de séisme, c'est de balancer une autre scène de séismes quelques minutes plus tard. Et si vous voulez varier un peu les plaisirs, laissez un immeuble s'écrouler ou balancez un tsunami.

Dans une course à la démesure qui ferait pâlir de jalousie Michael Bay, le film enchaîne donc les événements apocalyptiques, souvent jusqu'à la surenchère (le tsunami en est l'exemple parfait), mais n'oublie pas de réunir au beau milieu de tout ça une famille en crise, faisant renaître l'amour entre deux adultes divorcés (et en écrasant violemment le nouvel amant, qui n'était de toute façon qu'un bellâtre richissime et lâche), leur permettant de retrouver leur fille perdue dans ce petit village qu'est San Francisco (où elle trouvera néanmoins l'amour), le tout en parvenant enfin à faire le deuil de leur autre fille décédée quelques années plus tôt.

Bref, ça tremble (et pas seulement la poitrine d'Alexandra Daddario), ça s'écroule (et pas seulement le scénario), ça inonde (et pas seulement de bons sentiments) et c'est très con (et pas seulement Dwayne Johnson) pendant deux heures. Mais surtout, ça nous lasse après 20 minutes, tout ce spectaculaire puéril et ce puritanisme nauséabond ("nous allons reconstruire", nous dit à la fin Dwayne Johnson en voyant flotter la bannière étoilée) nous achevant de façon plus radicale qu'un séisme de 10 sur l'échelle de Richter...

Note : 3/10


samedi 20 juin 2015

Dark places


Titre : Dark places
Réalsateur : Gilles Paquet-Brenner
Acteurs : Charlize Theron, Nicholas Hoult, Chloe Grace Moretz
Date de sortie en France : 8 avril 2015
Genre : thriller

Synopsis : 
1985. Libby Day a huit ans lorsqu’elle assiste au meurtre de sa mère et de ses sœurs dans la ferme familiale. Son témoignage accablant désigne son frère Ben, alors âgé de seize ans, comme le meurtrier. 30 ans plus tard, un groupe d’enquêteurs amateurs appelé le Kill Club convainc Libby de se replonger dans le souvenir de cette nuit cauchemardesque. De nouvelles vérités vont émerger, remettant en cause son témoignage clé dans la condamnation de son frère.

Avis : 
Dark Places est l'adaptation d'un roman de Gillian Flynn, à qui l'on doit également Gone girl, superbement adapté par David Fincher. Au menu, un nouveau thriller à tiroirs, aux nombreuses fausses pistes, aux mystères insoupçonnés. Mais surtout, un thriller qui va obliger l'héroïne à replonger dans son passé, 30 ans après une nuit cauchemardesque dont elle ne pouvait saisir toutes les nuances et les implications.


Car le ressenti d'une enfant paniquée est forcément biaisé, et ce n'est qu'en tirant quelques ficelles vieilles de plusieurs décennies qu'elle pourra découvrir une vérité qu'elle était loin de soupçonner. Gilles Paquet-Brenner alterne entre l'enquête actuelle et les flash-backs pour nous faire découvrir le rôle de chaque protagoniste, dans une progression assez classique qui n'évite pas toujours l'overdose de révélations un peu trop grosses, notamment vers la fin du film.

On appréciera néanmoins le personnage interprété par Charlize Theron (Mad Max fury road, Prometheus...), assez ambigu et tentant toujours de profiter de la notoriété morbide née du drame auquel elle a survécu. De même, le fin mot de l'histoire, qui va mêler de façon assez inattendue deux situations différentes, réussit à faire oublier l'aspect un peu forcé des diverses révélations, notamment dans le destin du personnage joué par Christina Hendricks (Lost river).

Dark places est donc un thriller assez classique et efficace, bien que souvent maladroit. Parmi le flot de révélations et de retournements, certaines font mouche, et Theron et Hendricks relèvent le niveau d'une interprétation souvent très moyenne, Nicholas Hoult (Warm bodies) et Chloe Moretz (Kick Ass, Carrie, la vengeance) en tête. On est quand même bien loin du Gone girl de Fincher, même si l'ensemble est plutôt sympathique.

Note : 6,5/10