samedi 8 mars 2014

300


Titre : 300
Réalisateur : Zack Snyder
Acteurs : Gerard Butler, Rodrigo Santoro, Michael Fassbender
Date de sortie en France : 21 mars 2007
Genre : péplum, historique

Synopsis : 
La Bataille des Thermopyles, qui opposa en l'an - 480 le roi Léonidas et 300 soldats spartiates à Xerxès et l'immense armée perse. Face à un invincible ennemi, les 300 déployèrent jusqu'à leur dernier souffle un courage surhumain ; leur vaillance et leur héroïque sacrifice inspirèrent toute la Grèce à se dresser contre la Perse, posant ainsi les premières pierres de la démocratie. 

Avis : 
Adapté du "roman graphique" (une expression bien pompeuse et à la mode pour qualifier une simple bande-dessinée) de Frank Miller, 300 relate donc la célèbre bataille des Thermopyles, opposant l'immense armée de Xerxès Ier à 300 soldats spartiates (et leurs alliés, dont on se fout ici). Réalisé par Zack Snyder, alors connu pour son remake efficace de Zombie, L'Armée des morts, le film reprend un visuel semblable à celui qu'avait utilisé Robert Rodriguez pour Sin City.


Une orientation artistique qui est ici complètement loupée. En effet, en abusant des effets de style, des ralentis, accélérations, arrêts sur image sans grand intérêt aux plans-séquences grotesques, du recours systématique au numérique, 300 finit par ressembler à une production fauchée, pompeuse et tout simplement très laide. Mais ce ne sera pas l'unique défaut : le film de Zack Snyder va également sombrer dans le ridicule à cause d'un scénario digne d'un enfant jouant avec ses figurines, dialogues puérils et glorification du sacrifice à l'appui.

Hurlées avec une conviction effrayant par le faciès déformé de Gerard Butler (La Chute de la Maison Blanche), les répliques font vraiment sourire par leur bêtise sans limite, leur va-t-en guerre primitif et leurs valeurs sur lesquelles on préfèrera ne pas trop s'attarder, le sous-texte du film étant particulièrement nauséabond. Tout juste soulignerai-je cette espèce de fantasme spartiate, peuple courageux au physique avantageux, très loin de la laideur de leurs ennemis, de ceux qui s'opposent à leur combat, ou même de l'homosexualité pédophile de ces philosophes d'athéniens. Le comble revient à Xerxès, vaguement décrit comme un travesti de base, entre voix grave, maquillage, épilation et bijouterie ostentatoire.

Bref, 300 est le plus mauvais film à ce jour de Zack Snyder. Une espèce de bouillie numérique indigeste, qui déverse à l'écran un flot ininterrompu de laideurs et de conneries, et dont les rares passages mémorables sont noyés dans une masse insupportable. Et le pire, c'est qu'avec son succès public, le film a vu une suite débarquer sur nos écrans : 300, la naissance d'un Empire. Oh oui, j'en reparlerai sans doute sur ce blog...

Note : 2/10


La Belle et la Bête (Christophe Gans)


Titre : La Belle et la Bête
Réalisateur : Christophe Gans
Acteurs : Léa Seydoux, Vincent Cassel, André Dussollier
Date de sortie en France : 12 février 2014
Genre : conte, fantastique

Synopsis : 
 1810. Après le naufrage de ses navires, un marchand ruiné doit s'exiler à la campagne avec ses six enfants. Parmi eux, Belle, la plus jeune de ses filles. Lors d'un éprouvant voyage, le marchand découvre le domaine magique de la Bête qui le condamne à mort pour lui avoir volé une rose. Se sentant responsable, Belle décide de se sacrifier à la place de son père. Elle se rend au Château...

Avis : 
Après une adaptation au cinéma d'un manga (Crying Freeman), d'un mystère historique (Le Pacte des loups) et d'un jeu vidéo (Silent Hill), Christophe Gans s'attaque au conte de Gabrielle-Suzanne de Villeneuve, La Belle et la Bête. Neuvième adaptation de l'histoire, après notamment les versions de Jean Cocteau et de Disney, et avant peut-être celle de Guillermo del Toro, le film de Gans va hélas se révéler très moyen.


Car malgré un budget conséquent, et visible à chaque instant, ce cru 2014 va surtout n'être qu'une belle coquille vide. Les décors sont ainsi exceptionnels, les effets spéciaux très réussis, mais cela ne permettra pas d'oublier une histoire très légère, sans surprise, et qui donne même le sentiment de comporter quelques zones d'ombre, comme s'il était nécessaire de connaître les adaptations précédentes de l'histoire pour véritablement suivre le film. On a ainsi l'impression d'être devant un film totalement destructuré, ou certains éléments ne sont pas développés (les chiens, meilleurs amis de Seydoux ?) ou débarquent sans crier gare (les géants ?). Que dire également de la relation entre Belle et la Bête, totalement délaissée et n'évoluant que par à-coups, sans aucune finesse.

Mais le pire vient sans doute du casting. Vincent Cassel est, comme souvent, à côté du personnage, et Léa Seydoux n'est clairement pas une Belle crédible. Quant aux seconds rôles, ânonnant leurs répliques avec l'application d'un enfant récitant un poème, ils tirent encore vers le bas un film déjà handicapé par la faiblesse de ses dialogues. Mention spéciale à Audrey Lamy, qui nous nous fait regretter dès les premières minutes de nous être installés dans la salle.

Cette nouvelle adaptation de La Belle et la Bête est donc un film très moyen, préférant en mettre plein les yeux plutôt que de livrer l'essence dramatique d'une histoire qui ne semble pas intéresser Gans. Aucune profondeur, aucune poésie, aucune beauté, le film sombre même dans une certaine vulgarité et se contente d'aligner sans aucune imagination ses séquences d'une platitude extrême.

Note : 3/10


jeudi 6 mars 2014

La Belle et la Bête (Disney)


Titre : La Belle et la Bête (Beauty and the Beast)
Réalisateur : Gary Trousdale, Kirk Wise
Acteurs : Paige O'Hara, Robby Benson, Richard White
Date de sortie en France : 21 octobre 1992
Genre : animation, conte, fantastique

Synopsis : 
Belle est une jeune fille sensible et imaginative, qui passe ses journées plongée dans la lecture et qui repousse obstinément les avances de Gaston, un bellâtre musclé et vaniteux. Seul Maurice, son père, un inventeur farfelu, compte dans sa vie. Un jour que ce dernier se perd dans la forêt, il doit se réfugier dans un château pour échapper à une meute de loups. Irrité par son intrusion, le maître des lieux, une Bête gigantesque et terrifiante, le jette dans un cachot. Pour sauver son père, Belle accepte d’être retenue prisonnière à sa place… 

Avis : 
Entre le film de Jean Cocteau et celui de Christophe Gans, l'adaptation la plus célèbre du conte La Belle et la Bête est sans doute celle livrée par les studios Disney en 1991. La plus célèbre, et à mes yeux la plus réussie, grâce à une Belle et une Bête bénéficiant d'un bien meilleur traitement, autant dans leur personnalité propre que dans leur relation.


Pas de Belle cruche uniquement remarquable pour son physique, ou de Bête trop pleurnicharde ou trop désagréable qui parvient à faire naître les sentiments grâce à de précieux cadeaux ou en profitant d'un soudain retournement de situation mal amené : ici, l'héroïne est une jeune femme intelligente et curieuse, et le monstre, s'il souffre de sa condition, fait preuve d'un véritable intérêt, souvent maladroit, pour celle qui pourra lever sa malédiction. 

Rythmé par des musiques mémorables (Beauty and the Beast reçut l'Oscar de la meilleure chanson originale, et Be our guest et Belle furent également nominées), le film profite également de dessins très réussis : la Bête est l'une des plus belles créations de Disney, et ces objets prenant vie ont tous énormément de personnalité, insufflant au film une bonne humeur et une énergie communicatives.

En développant parfaitement ses personnages et leurs relations, La Belle et la Bête de Disney s'impose facilement comme le meilleur film tiré du conte de Gabrielle-Suzanne de Villeneuve, loin devant les versions de Cocteau et de Gans, et reste même l'un des classiques Disney les plus réussis, dont on se souvient des détails et des chansons bien des années plus tard !

Note : 8,5/10