lundi 17 février 2014

Les Brasiers de la colère


Titre : Les Brasier de la colère (Out of the furnace)
Réalisateur : Scott Cooper
Acteurs : Christian Bale, Woody Harrelson, Casey Affleck
Date de sortie en France : 15 janvier 2014
Genre : drame

Synopsis : 
À Braddock, une banlieue ouvrière américaine, la seule chose dont on hérite de ses parents, c’est la misère. Comme son père, Russell Baze travaille à l’usine, mais son jeune frère Rodney a préféré s’engager dans l’armée, en espérant s’en sortir mieux. Pourtant, après quatre missions difficiles en Irak, Rodney revient brisé émotionnellement et physiquement. Lorsqu’un sale coup envoie Russell en prison, son frère cadet tente de survivre en pariant aux courses et en se vendant dans des combats de boxe. Endetté jusqu’au cou, Rodney se retrouve mêlé aux activités douteuses d’Harlan DeGroat, un caïd local sociopathe et vicieux.

Avis : 
 Avec Les Brasiers de la colère, Scott Cooper nous plonge dans la Rust Belt américaine, dans une ville marquée par le déclin industriel et une région où les activités clandestines se multiplient. Une zone où le temps semble s'être arrêté, où le coeur des hommes est d'une infinie sécheresse et qui sera le cadre d'un thriller étouffant opposant Russell Blaze, ouvrier à la ville, et Harlan DeGroat, trafiquant de drogues et organisateur de combats clandestins vivant dans les montagnes.


On se croirait en fait dans une histoire de Cormac McCarthy, avec ces personnages typiques enfermés dans une histoire particulièrement sombre, où les destins finissent par se rejoindre dans une violence banalisée où le drame n'est jamais loin. Le détonateur sera ici Rodney (Casey Affleck), revenu d'Irak traumatisé et perdu, cumulant les dettes et ne trouvant que des solutions à court terme. L'une d'elles lui fera rencontrer DeGroat, un personnage aussi brutal que radical, profondément inquiétant et dont la folie est particulièrement rendue par un Woody Harrelson totalement habité.

S'il est assez linéaire, le film bénéficie d'un casting impressionnant : Christian Bale et Woody Harrelson sont absolument parfaits, tout comme Willem Dafoe, Forest Whitaker et Casey Affleck. Ils portent largement le film sur leurs épaules, y apportant une intensité et une folie remarquables, faisant oublier le côté assez basique du scénario malgré des thèmes très forts et une ambiance crépusculaire très prenante.

Note : 7/10


vendredi 14 février 2014

R


Titre : R
Réalisateur : Tobias Lindholm, Michael Noer
Acteurs : Pilou Asbæk, Dulfi Al-Jabouri, Roland Møller
Date de sortie en France : 15 janvier 2014
Genre : drame

Synopsis : 
Rune est un jeune criminel qui vient d’arriver en prison. Il découvre ce nouveau monde régi par les codes et les missions à exécuter. Réduit à néant, il n’est désormais qu’un numéro, que la lettre R. Dans sa quête de survie, il rencontre Rachid, un jeune musulman, avec lequel il met en place un trafic qui lui permet d’être désormais respecté. Mais leur réussite suscite la convoitise d’autres détenus, qui ne tarderont pas à leur faire savoir.

Avis : 
Datant de 2010, R est le premier long métrage de Tobias Lindholm (réalisé avec Michael Noer), à qui l'on doit déjà ces derniers mois Hijacking et le scénario de La Chasse. Profitant peut-être du succès de ces deux derniers films, et appartenant au genre si particulier du "film de prison", R sort donc sur nos écrans en ce début d'année 2014.


R, c'est donc Rune, le personnage principal, mais aussi Rachid. Deux jeunes adultes découvrant l'univers carcéral et confrontés à sa dure réalité, où le nouveau et le faible sont des cibles faciles pour les vétérans, et doivent rentrer dans leurs bonnes grâces afin de survivre. Deux prisonniers appartenant à deux ailes différentes, les danois étant séparés des arabes, mais se liant d'amitié en travaillant ensemble aux cuisines et en découvrant ensemble le moyen de grimper dans la hiérarchie carcérale. 

On pense fortement à Un prophète de Jacques Audiard dans le parcours de ces deux prisonniers, passant des sales besognes à un business qui leur ouvre davantage de portes...mais ne le rend pas intouchables. Car la prison reste un lieu dangereux, où l'on peut facilement être trahi, passé à tabac ou pire encore. Lindholm et Noer réussissent à parfaitement retranscrire l'atmosphère anxiogène des lieux, grâce à un rythme très lent, mais aussi un réalisme clinique lors des scènes les plus violentes, autant au niveau visuel que sonore.

Bref, R est un excellent film de prison, qui confirme à rebours tout le bien que l'on pensait de Tobias Lindholm (mais aussi de l'acteur Pilou Asbæk, impeccable) depuis Hijacking. Très cru, très sombre, il donne de l'univers carcéral une description très dure, implacable où les règles de vie entre détenus finissent toujours par rattraper le plus faible, même lorsqu'il pense enfin avoir trouvé sa place. 

Note : 8,5/10


jeudi 13 février 2014

RoboCop (2014)


Titre : RoboCop
Réalisateur : José Padilha
Acteurs : Joel Kinnaman, Michael Keaton, Gary Oldman
Date de sortie en France : 5 février 2014
Genre : science-fiction, action

Synopsis : 
En 2029, Alex Murphy, mari et père aimant, est un flic honnête faisant de son mieux pour endiguer la vague de criminalité et de corruption qui envahit Detroit. À la suite d'une blessure mortelle, Alex est sauvé par OmniCorp et la science robotique. Il peut alors retourner patrouiller dans les rues de sa ville mais avec de nouvelles capacités, mais surtout de nouveaux problèmes auxquels aucun homme ordinaire n'a eu à faire face.

Avis : 

Ayant récemment revu le RoboCop de Paul Verhoeven à la baisse, c'est avec l'espoir d'une modernisation efficace de l'histoire que j'allais voir ce nouveau remake d'un classique des années 80. Dès l’introduction, cette nouvelle version nous plonge dans un futur proche où les machines sont envoyées dans les pays étrangers à la place des soldats humains. Une omniprésence néanmoins impossible aux Etats-Unis, où la population reste réfractaire à l’idée de voir un robot avoir le pouvoir de tuer un être humain malgré la pression des médias. La solution : RoboCop. Le temps de se procurer un policier à l’agonie (Murphy aura d’ailleurs un « accident » bien différent du film de Verhoeven), de remplacer la quasi-totalité de ses organes par des machines et de trafiquer son cerveau, et le tour est joué.


Jusqu’à l’apparition de RoboCop, on va surtout suivre les tentatives de l’OCP pour obtenir la légalisation des cyborgs dans la police sur le sol américain. Relayée par l’émission présentée par Samuel L. Jackson (qui sera l’un des rares éléments de cynisme du film),  l’ambition du Directeur Général interprété par Michael Keaton se heurtera rapidement à l’éthique fluctuante du Docteur Norton (Gary Oldman), mais aussi de la femme de Murphy, très présente ici, qui ne reconnaît plus son mari dans cette machine peu à peu désensibilisée. En revanche, dès que le Murphy cybernétique est lâché, on va suivre un scénario qui va foncer tête baissée et ne plus s’embêter avec la moindre finesse : RoboCop enchaîne les scènes d’action, souvent poussives, fonce à travers la ville sur sa super-moto, massacre du cyborg par dizaines le temps d’un entraînement, retrouve les suspects en quelques secondes et résiste à tous les obstacles.

Evidemment, au centre du film, nous aurons les questions de la place du robot dans la société moderner, et de l’identité de Murphy, l’homme sous la machine, qui finira par refaire surface au grand désarroi des concepteurs qui chercheront alors à l’éliminer. L’absence de finesse se retrouve alors dans l’évolution de la mémoire et des réactions de RoboCop, dont les émotions seront effacées et réapparaîtront comme par magie, tandis que son principal antagoniste, apparemment lassé de ces rebondissements factices, se dévoile dans les dernières minutes sans que ses motivations ne soient particulièrement claires…

Bref, ce Robocop version 2014 n’est finalement qu’une énième série B friquée mêlant science-fiction et action. Relativement efficace, et tentant de caresser le fan du film original dans le sens du poil en reprenant certains éléments (les premières couleurs de RoboCop, le thème musical, les ED-209), il ne se démarque ni par ses scènes d’action banales, ni par son scénario très linéaire, et réussit, à l’image de Total Recall : mémoires programmées,  à ne rien apporter à une œuvre originale qui avait pourtant besoin d’être dépoussiérée…Et qui contrairement à son modèle, sera sans doute très rapidement oublié.

Note : 3,5/10